Frédérique Dumas, ou Frédérique Dumas-Zajdela, née le à Paris, est une productrice de cinéma et femme politique française. De 2007 à 2014, elle est directrice générale de la filiale cinéma d'Orange. Entre 2017 et 2022, elle est députée à l'Assemblée nationale, jusqu'en 2018 dans le groupe La République en marche, puis dans le groupe UDI et indépendants.
Biographie Formation Frédérique Dumas est née le à Paris.
Elle est titulaire d'un DESS Techniques de l'information et de la communication obtenu à l'Institut français de presse (Paris Assas) et d'un diplôme de Relations internationales obtenu à l'Institut libre d'étude des relations internationales.
Carrière cinématographique De 1989 à 1993, Frédérique Dumas est directrice du développement de Polygram Audiovisuel.
De 1993 à 2003, elle est productrice indépendante, à la tête de Noé Productions.
De 2015 à 2017, elle est présidente d’Inga Films.
À ce titre elle a produit des films aussi divers que Before the Rain de Milcho Manchevski ; Lion d'Or à Venise, Fourbi d'Alain Tanner ; Dobermann de Jan Kounen ; Kini et Adams d'Idrissa Ouedraogo ; Le Plaisir (et ses petits tracas) de Nicolas Boukhrief ; Train de vie de Radu Mihaileanu ; Le Fils adoptif d'Aktan d'Abdykalikov, Les Portes de la gloire de Benoît Poelvoorde et Christian Merret-Palmair.
De 2007 à 2014, elle est directrice générale de Studio 37, la filiale cinéma d’Orange, qui prend ensuite pour nom Orange Studio, qui produit aussi bien des films grand public que des films d'auteurs - par exemple Les Beaux Gosses, Gainsbourg (vie héroïque), À l'origine, etc..... En désaccord sur la stratégie avec Stéphane Richard, patron d'Orange, elle est licenciée.
Licenciée, elle attaque en justice Stéphane Richard et Christine Albanel qui conviennent d'un accord assorti d'une clause de confidentialité...
Avec Studio37/Orange Studio, elle a coproduit une cinquantaine de films aussi différents que The Artist de Michel Hazanavicius qui décroche cinq Oscars, Timbuktu de Abderrahmane Sissako, Welcome de Philippe Lioret, Les Beaux gosses de Riad Sattouf, Gainsbourg de Joann Sfar ou encore Solutions locales pour désordre global de Coline Serreau.
En parallèle, elle occupe en 1998 la présidence du Bureau de liaison des industries cinématographiques (BLIC), assurée à tour de rôle par les différentes branches de la professionUne nouvelle présidente pour le BLIC, Allociné, 14 janvier 1998. De 1997 à 1999, elle est présidente de la Chambre Syndicale des Producteurs et Exportateurs de Films Français (CSPEFF) puis vice-présidente jusqu’en 2002.
En 2005 et 2006 elle est présidente des SOFICA Sogecinéma 4 et 5. Présidente du conseil d'administration de la CAPAC de 2009 à 2014.
De à Juillet 2005, elle est présidente de la Commission d’agrément des œuvres cinématographiques auprès du directeur général du Centre national de la cinématographie (CNC)
De 2005 à 2008 et de 2016 à 2019, elle est membre du Haut conseil à l’éducation artistique et culturelle placé auprès du ministre de la Culture et du ministre de l'Éducation nationale.
Elle est Chevalier de la Légion d’Honneur, Officier des Arts et des Lettres et Chevalier de l’Ordre national du Mérite.
Parcours politique
Débuts au sein de l'UDF et de l'UDI De 1986 à 1988, Frédérique Dumas est chargée de mission puis conseiller technique chargé du cinéma et des musiques actuelles au cabinet du ministre de la Culture et de la Communication François Léotard.
De 1989 à 1997, elle est adjointe UDF au maire d'Antony, Patrick Devedjian, chargée des affaires culturelles. De 2004 à 2010, elle est conseillère régionale Nouvelle UDF d'Ile-de-France.
Elle est porte-parole culture et média de l'Union pour la démocratie française de 2001 à 2005. En 2006, elle devient vice-présidente du courant Société en Mouvement de Gilles de Robien.. Elle fait campagne pour François Bayrou pendant les présidentielles de 2002 et 2007. Elle devient en 2009 secrétaire nationale chargée des nouveaux médias pour le Nouveau Centre créé sur les bases de l’ancienne UDF.
En , elle est élue conseillère régionale d'Ile-de-France à la suite de la victoire de Valérie Pécresse lors des élections régionales de 2015 en Île-de-France. Elle siège au groupe de l'Union des démocrates et indépendants (NC/UDI) au sein de la majorité régionale, et devient présidente de la commission de la Culture. En , elle se voit retirer la présidence de la commission culture du conseil régional après s'être opposée à la baisse du budget de la culture et s'être opposée à la fermeture de l'ensemble des Établissements de coopération Culturels contre l'avis de Valérie Pécresse, et annonce qu'elle quitte le groupe UDI pour rejoindre le groupe d'opposition Radical, Citoyen, Démocrate et Écologiste (RCDE), qui devient ainsi RDCEC (C pour Centriste) et qui comprend notamment Jean-Luc Romero, Emmanuelle Cosse et Jean-Vincent Placé. Elle explique son départ du groupe UDI par le ralliement de ce dernier « sans conditions à François Fillon » qui s'est notamment rapproché de Sens commun en vue de l'élection présidentielle de 2017, et par son « désaccord profond avec la méthode » de Valérie Pécresse. Elle quitte dans la foulée l'UDI présidé par Jean-Christophe Lagarde.
Quelques semaines plus tard, elle rejoint le comité politique d'En marche ! (parti auquel elle a adhéré en ) ainsi que l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron, et intègre le groupe de travail sur le programme culture..
Députée Pour les élections législatives, elle est investie par La République en marche dans la circonscription des Hauts-de-Seine. Elle est élue au second tour contre Georges Siffredi (LR) avec 61,38 % des voix ( voix sur suffrages exprimés).
À l'Assemblée nationale, elle est élue vice-présidente de la commission des Affaires culturelles et de l'Éducation..
En elle devient membre de la Commission des Affaires européennes et en , elle devient membre de la commission des Affaires étrangères.
En , elle est à la tête d'un groupe de députés remettant un rapport au ministère de la Culture sur l'« audiovisuel public à l'heure du numérique ». Selon son résumé, celui-ci propose de . Il refuse notamment toute idée de suppression ou de délinéarisation de la chaîne France 4, comme prôné par le gouvernement d'Édouard Philippe et soutenu par le secrétaire général de l’Élysée Alexis Kohler..
En , elle annonce son départ du groupe La République en marche pour le groupe UAI. Elle est la deuxième députée élue avec le soutien de LREM à quitter le groupe parlementaire majoritaire en évoquant des divergences politiques (notamment sur le manque d'ambition de la politique culturelle de l'exécutif et le caractère hors sol des décisions prises), après Jean-Michel Clément. Selon Libération, . Elle rejoint alors l'UDI et le club de Xavier Bertrand, La ManufactureLe Figaro : La députée Frédérique Dumas claque la porte de LaREM.
Elle rejoint alors le groupe UDI-AI puis le groupe Libertés et territoires..
Livre Récit au cœur du pouvoir
En 2020, au cours d'un entretien avec Denis Robert du site Le Média, elle critique le gouvernement et le président Emmanuel Macron, auquel elle reproche notamment une insensibilité pathologique. Elle affirme alors avoir reçu de nombreux messages d'anonymes la remerciant de son témoignage, ce qui la conduit à écrire le livre Ce que l’on ne veut pas que je vous dise, récit au cœur du pouvoir, qui est publié en et où elle décrit son expérience de l'exercice du pouvoir...
Elle décrit toujours au cours de cet entretien, un gouvernement où Emmanuel Macron et Alexis Kohler concentrent les pouvoirs, Emmanuel Macron étant maître des décisions finales et Alexis Kohler prenant « 80 % des décisions d’arbitrage alors qu’il est seul dans son bureau et qu’il ne rend des comptes à personne d'autre qu'Emmanuel Macron ». D'après elle, Alexis Kohler peut prendre des décisions sans échanger avec les ministres concernés. Elle estime par ailleurs que les députés de l'Assemblée nationale ne sont pas libres de voter en leur âme et conscience. Elle affirme notamment avoir été traitée comme une frondeuse lorsqu'elle brave pour la première fois une consigne donnée par Richard Ferrand, président du groupe La République en marche à l'Assemblée., concernant le retrait de la fréquence TNT à France 4. Selon elle, être entendu et « faire bouger les lignes » est impossible, et donner un avis non « conforme » est déjà vu comme une « fronde ».
Dans cet entretien, elle critique également individuellement certaines personnalités du gouvernement. Elle déclare notamment avoir « très vite remarqué que des ministres pouvaient mentir et n’hésitaient pas à déformer la réalité ». Selon elle, le président Emmanuel Macron «sape méticuleusement tous les contre-pouvoirs ». Lors d'un entretien avec Le Parisien en où elle annonce qu'elle quitte le groupe « La République en marche », elle avait déjà estimé qu'il y avait peu de considération pour le travail du Parlement.
Production filmographique Noé productions (1993-2004) 1994 : Before the Rain de Milcho Manchevski 1994 : Afrique, mon Afrique d’Idrissa Ouedraguo 1994 : Kini et Adams d’Idrissa Ouedraguo 1996 : Dobermann de Jan Kounen 1998 : Le fils Adoptif d’Atkan Abdykalykov 1998 : Train de vie de Radu Mihaileanu 1999 : Les Portes de la gloire de Christian Merret-Palmair 2000 : No Man's Land de Danis Tanovic 2001 : Le Singe d’Atkan Abdykalykov 2008 : Lascars d’Albert Pereira Lazaro et Emmanuel Klotz 2008 : Thelma, Louise et Chantal de Benoît Pétré 2008 : Le Coach d’Olivier Doran 2008 : Cyprien de David Charhon 2011 : The Prodigies d'Antoine Charreyron
Studio 37 / Orange Studio (2007-2014)
2008 : Les Beaux Gosses de Riad Sattouf 2009 : Un barrage contre le Pacifique de Rithy Panh 2009 : Espions de Nicolas Saada 2009 : Welcome de Philippe Lioret 2010 : Fatal de Michael Youn 2010 : Gainsbourg (vie héroïque) de Joann Sfar 2010 : My own love song d’Olivier Dahan 2010 : Lulaby for Pi de Benoît Phillippon 2010 : Elle s’appelait Sarah de Gilles Paquet-Brenner 2011 : The Artist de Michel Hazanavicius 2011 : L’ordre de la morale de Mathieu Kassovitz 2011 : Harakiri de Takashi Miike 2011 : La permission de minuit de Delphine Gleize 2011 : Poulet aux prunes de Marjane Satrapi 2011 : La Nouvelle Guerre des boutons de Christophe Barratier 2012 : À l’origine de Xavier Giannoli 2012 : Après la bataille de Yousry Nasrallah 2012 : La pirogue de Moussa Touré 2013 : Jappeloup de Christian Duguay 2013 : Pierre de patience de Atiq Rahimi 2013 : Mille feuilles de Nouri Bouzid 2013 : Jimmy P de Arnaud Desplechin 2014 : Saint Laurent de Bertrand Bonello 2014 : Sils Maria de Olivier Assayas 2014 : The Search de Michel Hazanavicius 2014 : Jacky au royaume des filles de Riad Sattouf 2014 : Timbuktu d’Abderrhamane Sissako 2015 : Le Petit Prince de Mark Osborne
Documentaires de long métrage
Solutions locales pour un désordre global de Coline Serreau Benda Bilili de Renaud Barret et Florent de La Tullaye Les caricaturistes, fantassins de la démocratie de Stéphanie Valloatto et Radu Mihaileanu
Distinctions
Activité à l'Assemblée nationale Rapport de , synthétisé et actualisé en : « Les médias de service public à l'ère du numérique. Au service de la diversité, du pluralisme et de la cohésion sociale ». Rapport de Frédérique Dumas et Liliana Tanguy, députées – : « Quelle méthode pour définir et mettre en œuvre au niveau européen des outils financiers propres à faciliter la sortie de crise et la relance ? » . Rapport de Frédérique Dumas et Xavier Paluszkiewicz - : « L’espace fiscal européen » Rapport d'information de Mme Frédérique Dumas et Mme Brigitte Liso sur les droits des femmes dans le monde et l’application de la convention d’Istanbul - . Communication de Mme Frédérique Dumas et Mme Liliana Tanguy sur la réforme de la fiscalité internationale des entreprises - .
Publication .
Notes et références
Pour approfondir Articles connexes