André Guérin, dit Drégérin, né le à Flers et mort le à DinardRelevé des fichiers de l'Insee, est un journaliste et écrivain français.

Biographie Journaliste Ancien combattant, il est élève à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm au lendemain de la Première Guerre mondiale et devient agrégé de philosophie. Il est membre du groupe socialiste des normaliens, aux côtés notamment de Marcel Déat. Il est bientôt journaliste, entre au quotidien parisien radicalisant L'Œuvre en 1922 : il y est successivement rédacteur parlementaire, chef des informations politiques en 1932 puis enfin chef de la rubrique « politique intérieure » de 1936 à 1939Gilles Morin, Notice du Maitron..

Il collabore à d'autres journaux comme Le Populaire, quotidien socialisteEn 1925 selon l'article nécrologique du Monde daté du 13 août 1988., L'Europe nouvelle, Le Petit Provençal ou La Dépêche du Midi. Il est aussi échotier politique au Canard enchaîné, animant la page des « mares » sous le pseudonyme de Dréguérin ou DGR. En décembre 1937, il évoque les élections truquées en Union soviétique. En 1939, il rédige les « feuilles de l'ami Bidasse » pour Le Canard enchaînéAndré Guérin était l'un des rares survivants qui avaient connu le fondateur » ; Maurice Maréchal : Le Canard enchaîné, ., il est alors capitaine dans l'infanterie (chasseurs à pied). Ces rubriques étaient censées refléter le quotidien d'un soldat de l'avant.

Il milite à la Ligue des Bleus de Normandie, qui fédère depuis 1908 des hommes de gauche installés en Normandie ou à Paris. Secrétaire général de son comité central, il est élu président en . Il préside encore cette association après la guerre.

Pendant la Seconde Guerre mondiale

André Guérin a un parcours complexe durant les années noires de l'Occupation. Il est mobilisé et reçoit la croix de la Légion d'honneur en 1940. Lors d'une permission en , il aurait tenu à son ami Alain Laubreaux des propos antijuifs et ce dernier se félicitera plus tard : Simon Epstein, Un paradoxe français : antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, Paris, Albin Michel, coll. « Bibliothèque Albin Michel. Histoire », 2008, . Il est fait prisonnier lors de la défaite, est libéré en à la suite de démarches de Marcel Déat, son ancien condisciple de l'ENS et ancien éditorialiste de L'Œuvre, puis il rejoint ce quotidien dirigé désormais par Déat, qui en fait un journal collaborationniste. Il est son rédacteur en chef de à mais il n'y publie pas d'articles politiques et il a été interdit d'exercer par les Allemands en 1943. Il sera taxé à la Libération de collaborateurIl sera désigné comme tel par Pierre Bénard dans son article dans Les Lettres françaises d'août 1944 : « Depuis il a été à L'Œuvre, dès son retour de captivité en 1941, un des sergents recruteurs de la Relève. Il s'est lui-même dégradé » : d'août 1944 : « Depuis il a été à L'Œuvre, dès son retour de captivité en 1941, un des sergents recruteurs de la Relève. Il s'est lui-même dégradé » : .. Pourtant, il a rejoint la Résistance en 1943, notamment un réseau normand lié au mouvement Ceux de la Résistance.

Après la guerre Il est inculpé d'intelligence avec l'ennemi en juillet 1945. Son dossier est classé sans suite en décembre 1945Laurent Wetzel, « Les normaliens durant l'Occupation », La Nouvelle Revue d'histoire, de septembre-octobre 2014, .

En 1946, il entre à L'Aurore dont il devient, peu de temps après, rédacteur en chef. Il est d'abord chef des services politiques puis il succède au poste de rédacteur en chef à Jean Piot, également ancien normalien et ancien de L'Œuvre, malade et qui meurt en .

Il est promu officier de la Légion d’honneur en 1952 à titre militaire et est titulaire de la Croix de guerre 1939-1945.

Il démissionne de L'Aurore en pour être rédacteur en chef d'un éphémère quotidien qui se voulait le rival du Monde, Le Temps de Paris. Il rejoint à nouveau L’Aurore en . Directeur politique de ce journal, il part à la retraite en 1975« Mort d'André Guérin », Le Monde, 13 août 1988. Simon Epstein fait remarquer que la notice nécrologique est muette sur la période de l'Occupation : Un paradoxe français, op. cit., .

Décoration

sans_cadre|50x50px Chevalier de l'ordre du Mérite postal (1955)

Bibliographie Laurent Wetzel, « Les normaliens durant l'Occupation », La Nouvelle Revue d'histoire, , septembre-,

Lien externe Gilles Morin, « Guérin André, Paul dit Drégérin », Notice biographique du Maitron (Lire en ligne)

Notes et références

Publications Manuel des partis politiques en France, par Georges Bourgin, Jean Carrère et André Guérin, Rieder, 1928. Normandie : champ de bataille de la Libération, Caen, Éd. du Bonhomme Libre, 1954. Vacances en Normandie, illustrations de Jeannie Valéry, Gedalge, 1957. Operation Shepherdess en collaboration avec Jack Palmer White, ed. Heinemann, 1961 1871, la Commune, Paris, Hachette (impr. Brodard et Taupin), 1966. La Folle Guerre de 1870, Le Cercle du nouveau livre d'histoire, 1969, prix Thérouanne de l'Académie française en 1970. Il y a cent ans la République, Hachette, 1973. La Vie quotidienne en Normandie au temps de Madame Bovary, Hachette, 1975, prix Albéric-Rocheron de l'Académie française. La Vie quotidienne au Palais-Bourbon à la fin de la Troisième République, Hachette, 1978, prix Thérouanne de l'Académie française. Des Chevaux de guerre hurlant et mordant, Rennes, Ouest-France, 1983.

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