Ambroise de Milan ou saint Ambroise, dont le nom romain en latin est Aurelius Ambrosius, né en 339 à Trèves dans l'Empire romain d'Occident (aujourd'hui en Allemagne) et mort le à Milan, évêque de Milan de 374 à sa mort, docteur de l'Église, est l'un des quatre pères de l'Église d'Occident, avec Augustin d'Hippone, Jérôme de Stridon et Grégoire le Grand.

C'est l'un des protagonistes des débats entre chrétiens nicéens et ariens dans la seconde moitié du et c'est auprès de lui qu’Augustin d'Hippone se convertit au christianisme. vers 386.

Il est aussi connu en tant que poète, quasi fondateur de l'hymnodie latine chrétienne, et écrivain, lecteur de Cicéron et des Pères grecs, dont il reprend les méthodes d'interprétation allégoriques : « La lettre tue, l'esprit vivifie » répétait-il dans ses sermonsDavid Nirenberg, Antijudaïsme : Un pilier de la pensée occidentale, Paris, Labor et Fides, 2023, chap. 3 ..

Il est honoré comme saint par l'Église orthodoxe comme par l'Église catholique qui le fêtent aujourd'hui le 7 décembre, jour de la translation de ses reliques. Au Moyen Âge, sa fête principale avait lieu soit le , date de sa mortD'après le martyrologe d'Usuard., soit le , date de son ordination épiscopaleSelon le martyrologe romain..

Enfance et jeunesse vignette|Gravure d'une statue d'Ambroise de Milan.

Origines familiales Ambroise est le fils d'un haut fonctionnaire de l'Empire romain d'Occident, lui aussi nommé Aurelius Ambrosius, qui occupe à l'époque de sa naissance la fonction de préfet du prétoire des Gaules, dont le siège se trouve à Trèves (Augusta Treverorum), sur la Moselle, non loin du Rhin, frontière de l'Empire romain. Cette fonction très importante le met à la tête des provinces des Gaules, de la Bretagne et de l'Hispanie. Trèves est aussi une résidence impériale de l'Empire d'Occident, aux côtés de Milan.

Ambroise est le frère de saint Satyr et de sainte Marcelline.

Il est également le cousin d'un sénateur romain, Quintus Aurelius Symmaque, lui aussi haut fonctionnaire (préfet de Rome). Il écrira contre lui une défense du christianisme, suite à la demande de Symmaque à l'empereur de restaurer la Curie de la Rome antique à la Curie romaine.

L’histoire des abeilles Selon la Vie d'Ambroise écrite par son secrétaire Paulin de Milan, son berceau se trouvait dans la salle du prétoire, lieu du gouvernement de la préfecture. Un jour qu'il y dormait, un essaim d'abeilles survint et couvrit sa figure et sa bouche de telle sorte qu'il semblait que les insectes entrassent dans sa bouche et en sortissent. Les abeilles prirent ensuite leur envol et s'élevèrent à une telle hauteur que l'œil humain n'était plus capable de les distinguer.

Cet événement frappa son père qui dit : En quittant son visage, les abeilles y avaient laissé un peu de miel dessus, ce qui fut considéré comme un présage de sa grande éloquence.

Jeunesse et formation Durant son enfance, il voit sa mère et sa sœur, qui a consacré sa virginité à Dieu, baiser, selon l'usage, la main des prêtres. Pour plaisanter, il tend un jour la main droite à sa sœur en disant qu'elle devait aussi la baiser comme celles des prêtres. Mais celle-ci refuse, considérant Ambroise comme un enfant qui ne sait pas ce qu'il dit.

À Rome il reçoit une éducation qui lui permet de devenir avocat.

Carrière et sacerdoce À l'âge d'environ 25 ans, Ambroise devient à l'instar de son père fonctionnaire de l'administration impériale.

Haut fonctionnaire À partir de 370, il travaille dans les services du préfet du prétoire d'Illyricum.

Un peu plus tard, on lui confie l'administration de la province de Ligurie-Émilie avec le titre de consulaire, dont le chef-lieu est Milan, dans la préfecture du prétoire d'Italie. Milan est alors la résidence impériale des empereurs d'Occident titrés Auguste, le gouvernement ne se trouvant plus à Rome depuis le règne de Dioclétien (de 284 à 305).

En 374, il intervient en tant que gouverneur pour rétablir l'ordre lors de l'élection du successeur de l'évêque Auxence, de tendance arienne.

Avènement comme évêque de Milan (374) vignette|Antoine Van Dyck, Ambroise et l'empereur Théodose, . vignette|Pierre Subleyras, Ambroise convertissant Théodose (1745).

Bien qu'Ambroise ne soit pas baptisé, les deux partis le choisissent comme évêque de Milan, choix avec lequel il n'est pas d'accord, mais qu'il va finir par accepter.

Son hagiographe raconte l'épisode ainsi :

Ambroise va occuper le siège épiscopal de Milan jusqu'à sa mort.

Évêque de Milan

Ambroise commence par se débarrasser de ses biens considérables en les distribuant aux pauvres, conformément à l'Évangile. Il s’applique à se rendre accessible à tous, sans distinction de rang social, et s’attache à l'étude de l'Écriture sainte et des Pères grecs (Athanase, Basile, etc.) en vue de la prédication pour laquelle il est, au témoignage d'Augustin, particulièrement doué. C'est ainsi qu'Ambroise introduit dans le monde latin la méditation des Saintes Écritures, pratique initiée par le théologien d'Alexandrie Origène (185-253), en introduisant en Occident la pratique de la lectio divina. Sa prédication est avant tout morale, pratique et catéchétique : il vise à édifier ses auditeurs et évite, dans un premier temps, les polémiques autour de l’arianisme.

Habilement mais avec fermeté, il défend les droits de l'Église face aux empereurs successifs, , et Théodose le Grand.

Mort et funérailles

Il meurt le à Milan en Italie, deux ans après la mort de Théodose, sous le règne en Occident de son fils Honorius.

Il est inhumé dans la crypte de la basilique Saint-Ambroise de Milan.

Œuvre Réalisations liturgiques Il est sans doute à l'origine d'une forme particulière de célébration de la messe avec un rite spécifique dit « ambrosien ».

Ambroise de Milan a composé des hymnes (8 strophes de 4 vers brefs), introduisant en Occident le chant liturgique et lui donnant une forme officielle. On continue de chanter les hymnes ambrosiennes dans la liturgie des heures, et de composer des hymnes latines suivant son modèle inclus dans ce qui est appelé le chant ambrosien.

Il aurait aussi élaboré le chant polychoral dit chant antiphonique, utilisé entre autres par Heinrich Schütz.

On a dit d'Ambroise qu'il était plus un catéchiste qu'un théologien. Il faut souligner qu'il fut un grand connaisseur de la littérature patristique grecque, dont il fit usage dans ses œuvres.

Écrits théologiques Il a produit des écrits doctrinaux, parmi lesquels : De officiis ministrorum, en 3 livres, ouvrage d'éthique chrétienne (allusion au De officiis de Cicéron), qui aura une grande influence ; De sacramentis, œuvre en quatre livres, des catéchèses pré- et post-baptismales sur les sacrements du baptême, de la confirmation et l’eucharistie ; le contient une anaphore ; De Abrahamo (Patrologia Latina, 14) ; traité Des mystères (De mysteriis) : catéchèses post-baptismales sur le baptême ; traité De la foi (c’est-à-dire sur la Trinité ; composé pour Gratien en 376 et 379) ; traité Du Saint Esprit (en 381 ; inspiré de celui de Didyme l’Aveugle, dédié à Gratien) ; deux livres Sur la pénitence (vers 384), contre les Novatiens ; Apologie de David, où il tente d'apaiser le scandale provoqué par l'adultère de David avec Bethsabée.

On a également conservé d'Ambroise de Milan des lettresLes lettres XXIV à XXXVI sont adressées à Orontien ; on les trouve dans la Patrologia Latina, 16., des oraisons funèbres (de Théodose le GrandOratio de Obitu Theodosii, 395. et de ), ainsi que des Sermons sur les Psaumes et des Sermons sur la virginité.

centre|vignette|400px|Hymnes ambrosiens sur la verrière de la création du Monde par Sergio de Castro, 1956-59, église du monastère des Bénédictines à La Folie-Couvrechef (Caen), maître-verrier J. J. K. Ray.

Hymnes ambrosiennes vignette|De officiis ministrorum. Manuscrit écrit vers 900 à l'abbaye de Saint-Gall. Bibliothèque de l'abbaye de Saint-Gall, Cod. Sang. 97, p. 51.

Quatre hymnes sont attribuées avec certitude à Ambroise de Milan. L'authentification nous en est donnée à la fois par Ambroise lui-même, et par AugustinLes Ambrosiniens, Chœur d'hommes de la Maîtrise de Dijon.. Il s'agit de : Aeterne rerum conditor ; Splendor paternae gloriae ; Jam surgit hora tertia ; Deus creator omnium. Prier dans la nuit

Iconographie 170px|vignette|Moulage en plâtre de la statue d'Ambroise de Milan, Adolfo Wildt, Université de Milan, ItalieLa statue en bronze tirés de ce moulage se trouve au mémorial de la Première Guerre mondiale, à côté de l'université catholique du Sacré Cœur à Milan..

Ambroise de Milan est représenté vêtu en évêque, avec la crosse pastorale, et parfois un fouet avec lequel il aurait chassé hors d'Italie les ariens, considérés comme hérétiques. C'est par exemple le cas de l'œuvre du sculpteur italien Adolfo Wildt dont il existe un moulage en plâtre et un exemplaire en bronze, tous deux à Milan.

Il peut aussi être représenté à cheval, par exemple sur Saint Ambroise à cheval chasse les ariens d'Ambrogio Figino (œuvre de 1591).

Patron des apiculteurs, il est parfois représenté avec une ruche en paille tressée symbolisant la douceur de son éloquence.

Notes et références

Bibliographie Éditions et traductions de ses textes vignette|Divi Ambrosii Episcopi Mediolanensis Omnia Opera, 1527.

Des devoirs, traduction libre de droits, édition en ligne Commentaire au Psaume 118, Éditions du Soleil Levant, NAMUR, 1963. Richesse et pauvreté ou Naboth le pauvre, Migne, coll. "Les pères dans la foi", 1978. La mort est un bien (De bono mortis – CPL 129 - PL 14, 567-596), trad. P. Cras, Éditions Migne, coll. "Pères dans la foi" 14, Paris, 1980. Les Devoirs, trad. M. Testard, coll. "Des universités de France", 268, Éditions des Belles-Lettres, 1984. Abraham, trad. C. Lavant, F. et J. C. Gaven, Éditions Migne, coll. "Pères dans la foi", 74, Paris, 1999. Sur la mort de son frère, trad. Bonnot M. et Marianelli D., Éditions Migne, coll. "Pères dans la foi" 84, Paris, 2002. . . . . . . .

Ouvrages anciens sur Ambroise Paulin de Milan, Vie d'Ambroise. Jean-Rémy Palanque, Saint Ambroise et l'Empire romain. Contribution à l'histoire des rapports de l'Église et de l'État à la fin du quatrième siècle, De Boccard, 1933 Abbé Louis Baunard, Histoire de Saint-Ambroise, 1871. La seconde édition (1872) contient un chapitre supplémentaire : en effet, le tombeau de Saint-Ambroise a été retrouvé peu après la première édition.

Ouvrages récents L'Histoire littéraire de la France lui consacre un long chapitre (Lire en ligne sur Gallica). . . . . . . . . .

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Théologie .

Annexes

Articles connexes Augustin d'Hippone – Symmaque Hymne religieux Arianisme – Pères de l'Église – Église latine Église Sant'Ambrogio della Massima Miracles de Jésus (370-390), sa traduction latine de l'original grec de Basile de Césarée

Liens externes

Biographie de Maurice Testard dans le bulletin de l'association Guillaume Budé Audience du pape Benoît XVI du 24 octobre 2007 consacrée à Ambroise de Milan Ambroise de Milan dans Lire les Pères de l'Église de la sœur Gabriel Peters, o.s.b. « Souvenirs, fictions, croyances. Le long Moyen Âge d'Ambroise de Milan », cours au Collège de France de Patrick Boucheron en 2016 L'autel d'or de la basilique Saint-Ambroise contenant les reliques du Saint évêque Oeuvres de Santo Ambrósio à la Bibliothèque Nationale du Portugal Textes en latin, wikisource

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