Sous-article d'un taxon biologique center|250px|Dépouille d'un tigre de Java abattu à Malingping (province de Banten) en 1941 Population posant devant une dépouille de tigre à Java.Nom : Tigre Nom latin : Panthera tigris Conservation du tigre Cycle de vie du tigre Sous-espèce du tigre Tigre de Sibérie Tigre de Chine méridionale Tigre de Bali Tigre d'Indochine Tigre de Malaisie Tigre de Java Tigre de Sumatra Tigre du Bengale Tigre de la Caspienne Articles détaillés sur les tigres

La conservation du tigre est un sujet important de la conservation de la nature. Les populations du tigre, animal emblématique de l'Asie, ont fortement décru au cours du , et ce n'est qu'à partir du milieu du que l'Inde lance les bases de la protection de ce félin avant d'attirer l'attention de toute la communauté internationale sur les menaces qui pèsent sur lui. En ce début du , les tigres sauvages sont au bord de l'extinction. « Il faut prendre des décisions urgentes », prévient Tom Kaplan, cofondateur de Panthera, une ONG consacrée aux grands félins.

D'abord légalement chassé, le tigre souffre à présent du braconnage, attisé par une forte demande de la pharmacopée chinoise, et de la réduction de son habitat due à la démographie galopante des pays asiatiques. De nombreuses associations tentent de sauver ce félin, protégé par la loi dans tous les pays de son aire de répartition.

Chorologie Répartition L'aire de répartition du tigre a fortement régressé depuis le . Elle s'étendait de l'Est de la Turquie à l'Extrême-Orient russe, ainsi que sur les îles de Sumatra, de Java et de Bali : elle recouvrait donc presque toute l'Asie, à l'exception de la chaîne de l'Himalaya.

Aujourd'hui, les derniers tigres ne survivent plus que dans quatorze pays : l'Inde, le Népal, le Bhoutan, le Bangladesh, la Birmanie, le Laos, la Thaïlande, le Cambodge, la Malaisie, l'Indonésie (île de Sumatra), la Chine, la Russie et peut-être la Corée du Nord. Les populations de la péninsule indochinoise sont disjointes. C'est en Inde que les tigres sont les plus nombreux , .

Il y a un siècle, environ tigres vivaient en Asie. Décimés par la diminution de leur habitat et le braconnage (y compris de leurs proies), ils sont aujourd'hui moins de à l'état sauvage. La plupart ne survivent que dans des zones protégées. Les défenseurs de la nature tentent de sécuriser les passages entre leurs aires de reproduction.

Présence in situ On estime que, en 1900, la population de tigre atteignait dont en Inde. Le parc national de Bandhavgarh serait trop petit pour la soixantaine de tigres qui y vivent. Pour que le bassin génétique d'une espèce soit viable, il ne faut pas que sa population diminue en dessous de Rémy Marion, , . En 2008, leur population est estimée par l'Union internationale pour la conservation de la nature entre et spécimens aptes à la reproduction dont en Inde.. On en compte environ en captivité en Chine et autant aux États-Unis.

+Estimation des populations de tigres sauvages par pays selon l'UICN en 2008BangladeshBhoutanCambodgeChineToutes sous-espèces confondues.Corée du NordIndeIndonésieLaosMalaisieMyanmarNépalRussieThaïlandeViêt Nam200-41967-8111-5037-50Inconnu-441-6797-23300-493150350-370331-393250-720100

+Estimation des populations de tigres sauvages par sous-espèce selon l'UICN en 2008Tigre de SibérieTigre de Chine méridionaleTigre de BaliTigre d'IndochineTigre de MalaisieTigre de JavaTigre de SumatraTigre du BengaleTigre de la Caspienne331-393Possiblement éteintNon aperçu par un scientifique depuis les années 1970. Par contre, quelques observations non officielles ont été rapportées.ÉteintDonnées extrapolées.493-Éteint441-679-Éteint

Actuellement, il y a en Inde vingt-trois réserves naturelles spécialement créées pour la préservation du tigre. Au Népal, trois réserves peuvent prétendre à héberger des tigres : il s'agit du parc national royal de Chitwan et des réserves royales de faune de Bardia et de Shukla Phanta. Le tigre est présent dans dix-neuf réserves en Thaïlande, quatorze aires protégées du Viêt Nam, cinq réserves à Sumatra, trois réserves en Russie et une en Chine.

Le WWF espère doubler le nombre de tigres du parc national de Kuiburi à l'aide d'un programme de suivis des populations de proies et pense que la population de félins pourrait augmenter dans les forêts sèches des plaines orientales du CambodgePanda magazine . En revanche, le parc national de Sangay et les réserves de Sriska et de Panna sont vierges de ces animaux depuis 2009Panda magazine .

Parmi les mesures prises pour protéger les tigres, on peut citer la création d'une plantation de bois de chauffage et de bois d'œuvre par le WWF, l'Association des usagers de la zone tampon et le parc national du Chitwan, afin de limiter l'utilisation des ressources forestière du parc par les villages environnant. Ainsi, la pression sur l'environnement du tigre est allégée et les rencontres homme/tigre plus rares. L'écotourisme a aussi permis de récolter des fonds pour le développement des communautés voisines. Mais la cohabitation n'est pas aussi harmonieuse partout. En 2002, ce n'est que grâce à l'intervention du WWF que le Kelantan ne s'est pas lancé dans une campagne d'éradication du félinPanda magazine, . En Inde, lorsque des tigres s'attaquent à du bétail, les éleveurs touchent une compensation. Mais celle-ci, de faible valeur et versée tardivement, est peu efficacePanda magazine, . Enfin, des déplacements d'animaux peuvent être envisagés, comme à Sumatra après la mort de six personnes à la suite des attaques de tigres, mais la méthode n'a pas encore prouvé son efficacité.

Présence ex situ thumb|Les roulottes de cirque sont bien souvent trop exiguës pour y loger des tigres. L'élevage conservatoire permet de maintenir une population de tigres vivante quoi qu'il arrive à la population sauvage, mais également, grâce à l'affection du public pour cette espèce de soutenir les programmes de protection in situ : par exemple, la campagne Tigre, troisième campagne de protection de la vie sauvage menée par l'association européenne des zoos et aquariums (EAZA), a permis de récolter plus de pour l'association 21st Century Tigers. Une autre action des zoos est de permettre des actions de recherche sur le tigre afin de mieux connaître sa biologie. Toutefois, les tentatives de réintroduction de tigres nés en captivité n'ont pas été couronnées de succès.

Afin de garder l'espèce en vie de façon pérenne, les zoos s'organisent pour maintenir la variabilité génétique des spécimens captifs. Le tigre de Sibérie et celui de Sumatra font l'objet d'un programme européen d'élevage (EEP).. Ces deux sous-espèces ainsi que la sous-espèce indochinoise font également partie d'un programme américain pour les espèces menacées (SSP)..

Le tigre se reproduit très bien en captivité, ce qui conduit certains zoos à utiliser des moyens de contraception pour réguler les populations, et parfois l'euthanasie.. Il est probable que les tigres en captivité soient plus nombreux que les tigres sauvages, si on prend en compte les individus issus d'hybridation entre sous-espèces. En 2004, le studbook international compte 660 tigres.. Le , un peu plus de tigres sont inscrits sur la base ISIS : parmi ceux-ci, plus de 400 tigres de Sibérie, presque 300 tigres du Bengale, plus de 200 tigres de Sumatra et une cinquantaine de tigres de Malaisie et de tigres d'Indochine et pour finir, 390 tigres à l'origine non spécifiée ou issus d'hybridation ISIS, Panthera tigris sur le site d'ISIS Species Holdings. Consulté le 26 mars 2009.

Les tigres sont également des animaux très prisés dans les zoos privés, où les conditions de détention sont parfois contraires aux droits des animaux : ces tigres souffrent souvent de problèmes nutritionnels ou font l'objet d'un élevage intensif. Les ménageries des cirques contiennent également de nombreux tigres pour les spectacles de domptage : les conditions de détention de ces animaux sont également décriées par les associations de droit des animaux, qui dénoncent des cages trop exiguës et des méthodes de dressage violentes.. Toutefois, des parcs pour animaux retraités du cirque existent, comme celui du cirque Pinder..

Enfin, il existe des centres d'élevage en captivité dont la seule préoccupation est d'accroître le nombre de ces félins à des fins commerciales : par exemple, un tigre blanc peut se vendre à .. En Chine, ces centres d'élevage, couramment appelés « fermes d'élevage », sont apparus lors de l'interdiction du commerce de parties de tigre en 1993. Il s'agissait alors d'un investissement spéculatif dans l'espoir que cette interdiction soit levée ; ils pratiqueraient le trafic d'os et d'organes de tigres. Ces centres sont de véritables centre d'élevage intensif où les petits sont retirés aux tigresses afin qu'elles puissent se reproduire le plus vite possible.

Menaces pesant sur l'espèce Ennemis naturels Le tigre a peu d'ennemis naturels. Toutefois, les meutes de dholes peuvent attaquer et tuer un tigre. Il arrive aussi que des ours ou des tigres mâles tuent les jeunes tigres , .

Chasse thumb|Deux tigres rabattus sur la ligne de chasse lors d’une chasse du roi Georges V à dos d’éléphants en Inde en 1912.

La chasse aux trophées a été une cause importante de régression du tigre au cours du et du début du . La chasse au tigre était en effet un sport apprécié des colons et des maharadjahs. Des battues étaient organisées durant lesquelles les tigres avaient bien peu de chance de survivre. Le tigre, animal craint pour sa force et sa cruauté présumée, était le prédateur à tuer pour sa gloire personnelle. Le félin était également un mangeur d'homme, et cette chasse intensive visait aussi à réduire sa population ..

À la fin du , quelques chasseurs s’inquiètent de la raréfaction des tigres : par exemple, le capitaine du corps du personnel du Bengale signale en 1882 que seuls deux ou trois tigres pouvaient être tués en deux semaines tandis qu’aux temps plus anciens, une douzaine était tuée pour le même intervalleKailash Sankhala, , « La chute du Tigre », .

Le commerce des peaux a également accéléré cette chasse. Au début du , une peau valait 200 roupies, et un tapis avec tête montée 300. Les fourrures étaient négociées par les marchands locaux puis vendues comme souvenirs dans les grandes villes indiennes aux touristes européens. Durant les années 1950 à 1960, on estime que plus de trois mille tigres ont été tués comme trophéesKailash Sankhala, , « Biographie du tigre », .

La chasse au tigre est à présent interdite dans tous les pays où vit ce félin. Le braconnage et la perte de son habitat et de ses proies sont à présent les principales causes du déclin des populations.

Destruction de son habitat Le tigre souffre de la destruction de son habitat. Aujourd'hui, le recul des forêts et des habitats naturels, la croissance démographique, la disparition des proies, l'extension des zones cultivées ainsi que l'augmentation de la pollution aggravent sa situation. Les individus de moins en moins nombreux, et parfois de plus en plus éloignés les uns des autres sur des espaces fragmentés, ont du mal à se rencontrer et reproduire.

Les incendies de forêts, l'utilisation de poison et la perpétuation d'un trafic ou commerce de peau et sous-produits pour certaines médecines traditionnelles continuent à peser sur la survie de l'espèce.

Un nouveau recensement a révélé qu'en Inde près d'un tiers des tigres vivaient en dehors des réserves : une situation dangereuse à la fois pour l'homme et l'animal. Proies et tigres ne peuvent se disperser que si des corridors sont établis entre les zones protégées pour permettre leur passage en toute sécurité. Ces passages jouent aussi le rôle de corridors « génétiques », essentiels pour la survie de l'espèce à long terme.

Médecine asiatique traditionnelle