L’archevêché d'Arles est un ancien archidiocèse catholique ; il est une des Églises les plus anciennes et les plus vénérables des Gaules. Seul l’archevêché de Lyon (répertorié au ) pourrait lui disputer l’honneur de la préséance. La date de la fondation du siège épiscopal d’Arles est inconnue, elle remonte en tout cas au tout début de l’installation de l’Église en France. Selon la tradition, saint Trophime aurait évangélisé la cité d’Arles, et en aurait été le premier pasteur vers 220-240.

Le siège arlésien a été illustré par de grands saints : Honorat, Hilaire, Césaire, Aurélien.

L'influence d’Arles : le diocèse et la province ecclésiastique Le diocèse d’Arles vignette|right|270px|Arles, le portail de la basilique Saint-Trophime.

Au le diocèse d'Arles compte 51 paroisses, dont 39 en Provence, 7 en Languedoc et 5 en Camargue. Il est bordé, à l’ouest, par le diocèse de Nîmes, au nord, par le diocèse d’Avignon et, à l’est, par l'archidiocèse d’Aix et par le diocèse de Marseille.

L’archevêché d’Arles est supprimé et réuni par le concordat de 1801 au diocèse d’Aix.

La province ecclésiastique C'est au concile de Turin, en 401 La date de 401 fait toujours l'objet de controverse. que le mot métropole fait son apparition. En 417, le pape Zosime confère l'autorité métropolitaine à l'évêque d'Arles dans les trois provinces de Viennoise, Narbonnaise et Narbonnaise IIe Cette décision est contestée par les évêques de Narbonne et de Marseille, faisant valoir qu'aucun évêque d'une province déterminée ne pouvait être ordonné par un évêque d'une province étrangère. Cette contestation est rencontrée par le pape Léon qui, en 445, déclare que la primatie concédée à l'évêque Patrocle d'Arles n'était que purement personnelle. En 450, cependant, le pape attribue les fonctions de métropolitain à l'évêque de Vienne dans les diocèses de Valence, Tarentaise, Genève et Grenoble, tandis que les autres cités de la Viennoise et de la Narbonnaise IIe restent du domaine du métropolitain d'Arles. Un siècle plus tard, en 551, la province ecclésiastique arlésienne s'agrandit de l'évêché d'Uzès qui passe sous la métropole d'Arles.

En 794, au concile de Francfort, les limites entre les provinces ecclésiastiques d'Arles et de Vienne sont à nouveau débattues. La province ecclésiastique d'Arles perd treize diocèses dont ceux d'Aix et d'Embrun, qui sont élevés au rang de métropoles. La province ecclésiastique d'Arles comporte dès lors huit diocèses suffragants : Avignon, Carpentras, Cavaillon, Marseille, Orange, Saint-Paul-Trois-Châteaux, Toulon et Vaison.

Par la bulle du , le pape Sixte IV érige l'évêché d'Avignon en archevêché métropolitain avec pour diocèses suffragants ceux de Carpentras, Cavaillon et Vaison.

Dès lors, l'archidiocèse d'Arles a pour seuls diocèses suffragants ceux de Marseille, Orange, Saint-Paul-Trois-Châteaux et Toulon. Ce découpage demeurera inchangé jusqu'à la Révolution française.

Le concordat de 1801 supprime l'archevêché d'Arles. Cependant le concordat du 11 juin 1817, le rétablit avec un certain nombre de suffragants, mais le projet n'est pas ratifié par les chambres Le , un projet de concordat rétablissant les sièges épiscopaux, propose Jean-Claude Leblanc de Beaulieu, évêque de Soissons sur le siège d'Arles. Devant l'opposition des Chambres, le projet est retiré puis repris partiellement dans la loi du 4 juillet 1821, loi qui sera cette fois-ci définitivement funeste à l'archevêché d'Arles.. Depuis 1822, l'archevêque d'Aix porte en même temps les titres d'Arles et d'Embrun.

Histoire du siège d'Arles, de ses évêques et archevêques L'Antiquité tardive

right|200px|vignette|Cyprien de Carthage La date de la fondation de l'évêché d'Arles est inconnue. On suppose toutefois que ce siège épiscopal fut l'un des premiers fondés en Gaule Des sources historiques montrent le christianisme implanté à Lyon à la fin du second siècle. et que Trophime, d'après la légende, en fut l'un des premiers prélats voire le premier prélat vers 240.

Historiquement, la trace la plus ancienne remonte également à ce . Il s'agit d'une lettre de Cyprien, l'évêque de Carthage, adressée au pape Étienne pour la défense des chrétiens repentants de la ville d'Arles après les persécutions de Dèce et mentionnant le premier évêque historiquement connu, Marcianus appelé également Marcien, dont Cyprien demande au pape Étienne , sur le rapport de Faustin, évêque de Lyon, la déposition pour son adhésion au schisme de Novatien. Cette lettre est datée de 254. Pour la petite histoire, cet évêque, le premier historiquement avéré, ne figure pas sur les diptyques de la métropole d’Arles rédigés quelques siècles plus tard et repris dans la Gallia Christiana Novissima ou GCN Sur Gallica : Gallia christiana novissima - (T.III) : Arles (archevêques, conciles, prévôts, statuts). Il avait soutenu, il est vrai, le schisme de Novatien.

Selon certaines traditions Voir en particulier le document ci joint : Full text of "Les origines de l'Église de Paris ; établissement du christianisme dans les gaules; Saint Denys de Paris", Trophime d'Arles aurait renié sa foi lors de la persécution de Dèce et aurait été remplacé par Marcianus Gregory Joseph Guadet - Histoire ecclésiastique des Francs – page 340 ici Le second est Trophime, évêque d'Arles, sur lequel il y a des difficultés que je crois avoir surmontées. Le chanoine Saxi, qui s'est occupé des anciens évêques d'Arles (3), ne l'a point connu, et en voici la raison : c'est qu'il avait été rayé des diptyques. En effet, saint Cyprien parle d'un évêque, appelé Trophime, qui avait le malheur d'être au nombre des tombés (4). Il avait quitté l'Église en offrant de l'encens aux idoles, comme saint Cyprien le marque assez nettement, et il avait entraîné avec lui la plus grande partie de son peuple, ce qu'Eudémon avait tâché de faire à Smyrne dans la même persécution de Décius, et ce que Réposte, évêque d'Afrique, avait fait effectivement. Mais l'erreur ne fut pas longue dans son diocèse. Le peuple et le clergé de la ville d'Arles lui nommèrent un successeur appelé Marcien, inscrit sur la liste des évêques(5). Trophime, rentré en lui-même, avoua sa faute, cl demanda pardon avec toute l'humilité et toutes les œuvres de satisfaction et de pénitence que l'on pouvait désirer. Ce qui contribua le plus à le faire admettre à la communion, ce fut que tout sou peuple revint avec lui, et ce peuple ne serait revenu qu'avec lui., l'évêque pris à partie par saint Cyprien. Marcianus, destitué, aurait été remplacé à son tour par saint Denis en route vers le nord de la Gaule et son destin parisien. En partant d'Arles, saint Denis aurait mis l'évêché d'Arles dans les mains soit de Regulus, soit à nouveau dans celles de saint Trophime. La place de Marcianus, qui ne figure pas dans les diptyques épiscopaux, suivrait donc celle de Trophime. En absence d'informations plus précises, c'est le choix retenu pour la présentation de la liste des évêques du ci-dessous.

Au début du siècle en 303 - 304, les persécutions de Dioclétien contre les chrétiens sont à l'origine d'une légende probablement vraie : le martyre de l'arlésien saint Genest. Cette anecdote rappelle l'implantation précoce du christianisme dans la cité. C'est sous cet empereur, à la fin du ou au début du , que le territoire du diocèse arlésien est réduit en Provence occidentale au profit de ceux d'Aix et de Marseille. Toutefois, l'importance de l'archevêché d'Arles au est illustrée par les conciles qui s'y tiennent respectivement en 314 sous la présidence de Marin pour condamner le donatisme et en 353 sous celle de Saturnin pour imposer l'arianisme, à la demande et en présence des empereurs romains.

La fin du siècle voit apparaître le priscillianisme et après l'exécution de Priscillien en 386, le schisme félicien qui divise l'épiscopat gaulois et provençal. Il semble ainsi que l'évêque d'Arles Ingenuus et celui d'Aix-en-Provence, Triferius aient soutenu l'évêque de Trèves, Félix, s'opposant alors à ceux de Marseille, Proculus, et de Vienne, Simplicius. Cette opposition se retrouve au concile de Nîmes de 396 organisé par les féliciens où figurent les deux premiers et pas les seconds Jean-Rémy Palanque (sous la direction de) - Le diocèse d’Aix en Provence - Paris, Éditions Beauchesne - Collection, Histoire des diocèses de France - 1975 - page 13, ici : ... ceux qui condamnaient cette mesure sanglante (ndlr : l’exécution de Priscillien) et avaient rejeté pour cette raison la communion de l’évêque de Trèves Félix (les « antiféliciens »), étaient appuyés par Ambroise de Milan et le pape Sirice, mais n’étaient en Gaule qu’une minorité, dont faisaient partie Martin de Tours et Proculus de Marseille. Ceux de la majorité, qui, par opportunisme, faiblesse ou ignorance, avaient reconnu Félix de Trèves (les « féliciens ») se rassemblèrent plusieurs fois en conciles, dont celui de Nîmes en 394, qui ne réussit pas à « effacer les scandales et guérir les discordes » comme il se le proposait : parmi eux l’on trouve Ingenuus d’Arles et Triferius d’Aix, qui devaient donc être féficiens, alors que Proculus de Marseille et Simplicius de Vienne n’y ont pas siégé..

450px|right|vignette|Vue panoramique du monastère actuel de Lérins Au , les évêques d'Arles profitant du nouveau statut de leur cité s'efforcent d'unifier l'Église des Gaules sous leur seule juridiction apostolique. Ils y réussissent temporairement une première fois le , lorsque le pape Zosime élève l'Église d'Arles au rang de primatiale des Gaules en faveur de son évêque Patrocle Cf. Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule de Louis Duchesne, pages 86-87 Accessible sur Gallica ici : Le jeudi saint 22 mars 417, le pape Zozime ordonné quatre jours auparavant, délivra à l'évêque d'Arles Patrocle (NDLR - Patrocle se trouvait alors à Rome où il avait probablement participé à l'élection du pape) une lettre qui lui attribuait ou les reconnaissait, à lui et à ses successeurs, des pouvoirs considérables. L'évêque d'Arles devenait métropolitain, non seulement de la province Viennoise, mais encore des deux provinces de Narbonnaise Iere et de Narbonnaise IIeme. De plus le pape faisait de lui une sorte d'intermédiaire entre l'épiscopat des Gaules et le siège apostolique.. Le pape confirme ainsi le rôle important que tient alors Arles, nouvelle préfecture du prétoire des Gaules. Patrocle, devenu vicaire en Gaule, est investi du pouvoir de délivrer aux évêques les " lettres formées " sans lesquelles les évêques ne peuvent s'absenter de leur diocèse et se présenter à Rome. Par ailleurs, par édit du , reçu à Arles le , cette cité est choisie comme lieu d'assemblée annuelle des sept-provinces du diocèse de Viennoise (Viennoise, Narbonnaise I et II, Aquitaine I et II, Novempopulanie et Alpes-Maritimes), laquelle assemblée doit se tenir chaque année entre le et le , en présence du préfet du prétoire, des gouverneurs des provinces, des nobles revêtus de dignités officielles et des députés des curies.

Toutefois le privilège de Patrocle est annulé dès 418 par Boniface , le successeur de Zosime. L'Église d'Arles qui est ensuite investie par des moines-évêques de l'abbaye de Lérins fondée vers 400 par Honorat d'Arles (saint Honorat), est sanctionnée en 445 par le pape Léon à la suite d'interventions imprudentes de son évêque Hilaire.

upright=1.0|gauche|vignette|Date de consécration mentionnée sur un relevé, affiché dans la chapelle Saint-Martin de l'église Notre-Dame-la-Major, d'une inscription gravée sur la façade et disparue en 1592 lors de sa réfection

Néanmoins dès 450, à la l'initiative de dix-neuf évêques de Viennoise, Narbonnaise seconde et Alpes maritimes, il est demandé au pape Léon de reconnaître à nouveau la pleine et entière primatie d'Arles et de son évêque Ravennius sur les Gaules. Ce qu'il fait en partie. Le même archevêque préside ensuite le d'Arles en 453.