L'édit de Caracalla de 212, également appelé Constitution antonine (en latin : ), est une des lois les plus connues de l'Empire romain. Promulgué par Caracalla, empereur romain de 211 à 217, il accorde, à la date de promulgation de l'édit,
Longtemps, l'édit ne nous a été connu que grâce à quelques auteurs antiques, dont seuls deux sont contemporains des faits : une brève citation d'Ulpien dans le Digeste et l'Histoire romaine de Dion Cassius (seul commentaire contemporain des faits). Il faut y ajouter le Livre des Césars d'Aurelius Victor, la Cité de Dieu d'Augustin d'Hippone et d'autres auteurs chrétiens comme Jean Chrysostome. Le texte de l'édit, très endommagé, a finalement été découvert dans le Papyrus Giessensis 40, dans la collection de la bibliothèque de Giessen.
Un texte d'une grande portée
Jusqu'en 212, la citoyenneté romaine (avec ses privilèges mais aussi ses devoirs fiscaux) n'était accordée de façon globale qu'aux habitants de l'Italie et dans les provinces aux municipes ayant le statut de colonie romaine. Elle pouvait aussi s'acheter, avec transmission à toute la descendance existante et à venir. Peu à peu le nombre de citoyens avait donc augmenté et les élites provinciales en avaient largement profité. La citoyenneté romaine était aussi obtenue après de service dans les troupes auxiliaires de l'armée romainefragment de diplôme militaire datant de 160 et conférant la citoyenneté à un ancien soldat de la cohorte V Bracaraugustanorum inscription conservée au Museum Quintana, Künzing. C'était l'un des principaux attraits de la carrière militaire. Le nouvel édit, en accordant le droit de cité romain à tous les hommes libres de l'Empire vise l'unité morale de l'Empire romain.
Les raisons qui ont poussé Caracalla à prendre cette mesure sont mal connues. Élargir l'assiette de l'impôt semble improbable, puisque les populations sous domination romaine en payaient aussi. Raffermir le pouvoir du jeune empereur en s'appuyant sur le peuple des provinces romaines ? Simplifier les procédures administratives en réduisant le nombre de statuts ? L'historien antique Dion Cassius met en exergue la possibilité d'une portée fiscale pour l'édit : en accordant le droit de cité à un grand nombre d'habitants, l'empereur apporte un revenu non négligeable à l'Empire avec l'impôt sur la successionuniversalis.fr Définition de Jean GAUDEMET.. Yann Le Bohec, professeur à l'Université Paris IV Sorbonne, estime que « les historiens se sont d'abord extasiés devant la générosité de Caracalla. En réalité, on considère de nos jours, et à juste titre, que cet empereur n'a fait qu'achever un processus depuis longtemps en marche, et que les bénéficiaires ont dû en être peu nombreux ». On estime pourtant aujourd'hui qu'au maximum 30 pour-cent de la population libre de l'empire devait bénéficier de la citoyenneté romaine.
Texte de l'édit vignette|Papyrus Giessen 40 est un reste de papyrus comportant vraisemblablement un texte tronqué de l'Édit de Caracalla. Le texte de l'édit est connu partiellement par la découverte d'un papyrus égyptien le transcrivant, mais malheureusement très abîmé conservé aujourd'hui à l'université de Giessen en Allemagne.. Des écrits ultérieurs y font référence. Le texte ci-après est donc une reconstitution à partir de ces fragments. :
Impact négatif de l'édit
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Au-delà des divers avantages que ce texte a produits, que ce soit pour la gloire personnelle de l'Empereur, ou bien pour des raisons fiscales, cet édit a pu avoir un impact négatif sur les recrutements de l'armée romaine. En effet, avant 212, le principal moyen d'obtenir la citoyenneté romaine résidait dans le service militaire, ce qui attirait nombre de provinciaux. Le service militaire durait dans l'armée de terre, dans la marine romaine. Cependant, à l'issue de ces années de service, le soldat gagnait la citoyenneté romaine, et touchait une somme de départ équivalente à plusieurs soldes, ce qui lui permettait de s'installer et de s'intégrer dans le monde romain.
Une fois l'édit de Caracalla mis en place, l'attrait de l'armée chuta rapidement aux yeux des provinciaux, ceux-ci étant automatiquement citoyens romains à la date de l'édit, et, par la suite, par hérédité, puisqu'un des fondements de la citoyenneté romaine est qu'elle est héréditaire (filiation ou adoption, et les romains adoptaient beaucoup). L'édit de Caracalla n'institue pas le « droit du sol » dans l'Empire romain, droit qui n'existe jamais dans l'Empire.
Toutefois, selon certains historiens analysant le déclin de l'Empire (par exemple. J..B. Bury, History of the Later Roman Empire, chap. IX), l'édit a pu expliquer, en partie, les grandes difficultés militaires des armées romaines, elles-mêmes nées des difficultés de recrutement des troupes auxiliaires. Difficultés que l'Empire connaît dès lors que l'armée n'est plus une armée de conquête, mais une armée de défense de l'Empire, ceci dès la fin du puis et surtout aux .
Un autre impact négatif est qu'en transformant les pérégrins de l'Empire en citoyens romains, le fait d'être un citoyen romain chrétien constitue un délit puisqu'il refuse de faire un sacrifice aux dieux romains. Dès lors, les persécutions s'accentuent.
La cité de Volubilis, elle, accueille favorablement l'édit de Caracalla en y construisant même un arc de triomphe pour remercier l'empereur.
Conséquences La citoyenneté a été accordée aux pérégrins, hommes nés libres dans l'Empire mais n'étant pas citoyens. La plupart des paysans ne vivant pas en Italie ont aussi gagné la citoyenneté.
Notes et références
Voir aussi
Sources antiques . . .
Bibliographie Arnaud Besson, . Maurice Sartre, « Vous serez tous citoyens romains ! », dans L'Histoire n° 372, , pp. 68–73. , dans . . .
Articles connexes Lètes Citoyenneté romaine Conubium Papyrus Giessen 40
Liens externes Recueil des sources du droit romain (Université Pierre-Mendès-France, Grenoble II) , sur l'Encyclopædia Universalis, en ligne. , sur l'Encyclopædia Universalis, en ligne. , sur l'Encyclopédie, en ligne sur le site des éditions Larousse. , sur l' d'. [Papyri.info] texte du p.giss.40 = HGV P.Giss. 1 40 = Trismegistos 19436 = chr.mitt.377, sur le portail Papyri.info.
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