thumb|350px|Veille de Rosh Hashana a Ouman Le kibboutz Rosh Hashana (hébreu: קיבוץ ראש השנה « rassemblement de Roch Hachana ») est une tradition propre au hassidisme Bratslav.
Lors de la fête solennelle de Roch Hachana, le nouvel an juif, des milliers de Breslover hassidim effectuent généralement un pèlerinage sur la tombe du fondateur de leur mouvement, Rabbi Nahman, à Ouman, bien que des rassemblements se soient tenus en divers endroits, en raison des circonstances.Cette coutume a exercé un impact non négligeable sur les esprits depuis son institution : elle inspirera un siècle plus tard les pionniers laïcs pour le nom de leurs collectivités et attire ces dernières années des juifs ashkenazes de tous niveaux de pratique religieuse ainsi que des séfaradesCourrier International L'année prochaine à Ouman.
Le Rosh Hachana de Rabbi Nahman
De son vivant Le premier kibboutz de Rosh Hachana est initié par Rabbi Nahman de Breslev. En effet, de son vivant, Rabbi Nahman demanda que ses disciples se réunissent en sa présence, trois fois par an : Hanouka, Shavouot et Rosh Hachana. Ces trois réunions étaient respectées, mais Rosh Hachana, plus que toute autre fête, rassemblait toute personne qui avait un rapport proche ou lointain avec le Maître et son École. Des centaines de fidèles se rassemblent autour de lui pour la prière, les repas festifs, et pour écouter les leçons de Torah enseignées par le Rabbi. Lorsqu'on lui demande pourquoi Rosh Hachana est si important, Rabbi Nahman explique : Tsadik pages 403Rabbi Na'hman ordonna de lancer l'appel : Hayé Moharan :Godel Yikrath R.H À un de ses disciples qui dit qu'il préférait visiter le Rabbi le Chabbat après Rosh Hachana, quand il aurait plus de place pour prier, manger et dormir, le Rabbi répondit : Haye Moharan, Tsadik # 404 Il explique également que si ses disciples se ils deviendront car Hayé Moharan : "Tsadik" Godel Yikrath R.H
Le Kibboutz d'alors attire à Breslev, des centaines de Hassidim. Lorsqu'en avril 1810, la ville de Breslev brûle, Rabbi Nahman déménage à Ouman, où il vit pendant les six derniers mois de sa vie. Il est enterré selon son souhait sur cette colline d'Ouman aux milliers de Martyrs, dans le vieux cimetière déjà désaffecté.
Rabbi Nahman ordonna de maintenir la réunion annuelle après sa mort et promit de s'y trouver présent, parmi ceux qui se rassembleraient en cette circonstance: "Je quitterai le Nid de l'Oiseau pour descendre parmi mes hommes à Rosh Hachana !"Hayé Moharane "Mon Rosh Hachana surpasse tout. Qui aura passé Rosh Hachana chez moi devra se réjouir toute l'année !" "Toute personne qui viendra sur ma Tombe, récitera les dix Psaumes et donnera une pièce d'aumône à ma mémoire, je me mettrai en long et en large pour l'aider. Par les papillotes, je le tirerai de l'enfer le plus bas!"Tzaddik #122. "Non seulement vous mes élèves dépendez de mon Roch Hachana mais le monde entier dépend de Mon Roch Hachana"Hayé Moharan 405. En créant le Kibboutz de Rosh Hashana, Rabbi Nahman tente de réunir des hommes sous un même toit, dans l'harmonie, mais avec le respect de la différence. Lorsqu'on lui annonce que parmi ces élèves certains cherchent querelle a d'autre, Il indique qu'il et crée le Kibouts qui est l'opposé-même de la querelle et de la divisionLevi Itshak Bender, Noam Siah
Sachant cela, les participants aux Kibouts redoublent d'efforts et parviennent à une entente unique. Cette effusion d'amitié, Rabbi Nahman l'enjoigne en ces termes dans son testament : Likouté Moharan I,282
Après son décès Le premier kibboutz de Rosh Hashana après la mort de Rabbi Nahman est organisé par Reb Noson autour du mausolée, offert par sa seconde épouse. Depuis, le Kibbouts se perpétue d'année en année. Ainsi comme l'avait demandé le Maître, tous les fidèles se réunissent aux grand kibboutz de Rosh Hashana. Devant le nombre sans cesse croissant d'adeptes, Rabbi Nathan décide de construire une Synagogue, le Kloyz tout d'abord bâti en bois et dont la dernière reconstruction en pierre demeure encore jusqu'à ce jour. Cette synagogue abrita les heures de gloire de la Yeshiva d'Ouman, depuis Rabbi Nathan jusqu'en 1937, soit environ cent ansOuman, Israël Isaac Besançon,Ed. Shir Hadash. Tel Aviv 2004Transformée en fabrique,le Kloyz n'a pas été restitué au culte malgré les nouvelles mesures démocratiques. Il se situe sur la colline face au mausolée et à côté du marché actuel. Étant maintenu et utilisé dans une aire industrielle, il n'est pas permis de le visiter, mais on peut s'en approcher et voir une partie de la façade. Après la mort de Reb Nosson le kibbouts est organisé par : Nahman Hazan, Abraham Sternhartz, Levi Its'hak Bender et Mihal Dorfman. Au début du , le Kibboutz atteint son apogée. Des trains affluent de Pologne et des autres villes de Russie. Mais à l'avènement du bolchévisme, la communauté est fortement éprouvée : les juifs sont spoliés et massacrés, les synagogues sont pillées et confisquées Jews and Judaïsm in U.S.S.R. by R. Guershuni. Mais clandestinement, presque chaque année, le kibbouts avait lieu.
Sous le communisme Contexte historique Après la Révolution d'Octobre, Ouman devient une ville fermée et strictement interdite aux étrangers. Lénine installe au pouvoir la dictature populaire avec sa partenaire indissociable : la dénonciation. Il rend illégales les synagogues, les écoles juives et le rabbinat. Lénine crée la Yevsektsia (section hébraïque), juifs assimilationnistes qui traquent les résistants de l'intérieur. Pourtant, quelques centaines de rabbins bravent cette menace et continuent "pratique et activisme": Le père du Rabbi de Loubavitch, R. Levi Itshak Shneerson (mort en exil) et R. Lévy Itzhak Bender, font partie des quelques rabbins qui tinrent tête à Lénine puis à Staline. R. Lévy Itzhak Bender dirige dans les caves d'Ouman des classes d'enfants clandestines et rassemble tous les ans, jusqu'en 1935, un minyane sur la tombe du RabbiDénoncé et arrêté en 1935, il est condamné à mort sans procès, mais il réussit à fuir la Russie. Rav Lévy Itzhak passa les 40 dernières années de sa vie à reconstruire le noyau Breslev à Jérusalem qui devint le centre mondial..
La Seconde Guerre mondiale et la Shoah déciment le nombre de Breslover hassidim qui vivent en Russie. En 1940, la population juive d'Ouman est anéantie par les nazis et leurs collaborateurs. Ils sont enterrés dans la fosse d'Ouman, Sukhoy Yar. En 1942, le mausolée construit sur la tombe de Rabbi Nahman est détruit par les Allemands. Rav Zanvel, un Hassid d'Ouman, s'empresse alors d'aller repérer en terre, les quatre piliers du petit édifice, ce qui a permis de localiser la dalle jusqu'à nos jours. De 1945 à 1950, Staline renforce les persécutions des Juifs. C'est le fameux procès des Blouses blanches. La population se met à spolier systématiquement quiconque est d'identité juive. En 1953 Staline meurt. Khrouchtchev qui lui succède, prendra comme première mesure l'amnistie de centaines de milliers de détenus. Mais les mesures antisémites ne se sont que partiellement adoucies. Bien que le communisme batte encore son plein, un léger relâchement se fait ressentir au début des années 1960, et dès 1963, la déstalinisation, permet aux premiers groupes extérieurs de revenir à Ouman. C'est le Rav Rosenfeld et Guédalia Fleer de New York, qui forment et dirigent ces groupes. À cette époque, il était très rare d'obtenir des visas pour la ville d'Ouman, visas sans lesquels il est interdit de visiter une ville soviétiqueLes visiteurs de la période 63-89 se procuraient donc un visa pour Kiev, Kichinev ou Odessa, ce qui ne posait généralement aucun problème. Arrivés dans ces métropoles, ils affrétaient des taxis clandestins qu'ils payaient à prix d'or. Il arrivait que ces expéditions clandestines aboutissent ou bien qu'elles échouent au premier barrage de police. Rav Rosenfeld, pionnier de ces expéditions courageuses, effectua 16 voyages successifs dont 4 sans parvenir à son but.. Avec la Perestroïka en 1985 et la fin du communisme, le kibboutz d'Ouman reprend, avec aujourd'hui plus de trente mille personnes qui y participent chaque année.
Chroniques du Kibboutz Depuis le départ de Rabbi Na'hman jusqu'au début du bolchévisme, le Kibboutz incontesté se passe à Ouman. Entre les deux guerres, deux Kibboutzim sont institués: l'un à Varsovie, l'autre à Lublin. Les Hassidim restés en URSS continuent cependant à se réunir, au risque de déportation en Sibérie et parfois même de leur vie. Le dernier kibboutz avant la Seconde Guerre mondiale a lieu en 1938. Vingt-sept hassidim qui ont survécu jusqu'à la purge, risquent leurs vies pour participer à ce rassemblement. Dix-sept de ces Hassidim sont déportés, leur sort demeure inconnu.
Après la Seconde Guerre mondiale, le noyau de Breslev se reconstitue à Jérusalem, la Pologne ayant été littéralement décimée et la Russie demeurant inaccessible derrière son rideau de fer. Le grand Kibboutz se reforma donc à Jérusalem, puis sous l'initiative de Rav Avraham Sternhartz, un autre fut instauré à Méron, sur le tombeau de Rabbi Shimon bar Yohaï. Enfin, aux États-Unis, les Hassidim de Breslev instituèrent eux aussi leur propre Kibboutz, organisés jusqu'à la fin des années 1980.
Le Kiboutz d'Ouman reprend en 1948, lorsque 11 hassidim russes viennent à Ouman pour Roch Hachana. À partir de là jusqu'aux années 1970, alors que la plupart des autres hassidim ont émigré en Israël, entre 9 et 13 hassidim font le voyage chaque année. Ils sont souvent obligés de changer l'emplacement de leurs services de prière, d'année en année, pour échapper à la découverte par les autorités.
Au début des années 1950, Mihal Dorfman de Moscou devint l'organisateur officiel du kibboutz de Rosh Hachana. Les Hassidim de toute la Russie le contactent chaque année, afin de connaitre les détails du voyage, et il écrit des lettres à d'autres, les encourageant à poursuivre cette pratique d'être avec Rabbi Nahman de Rosh Hachana, malgré le long voyage et la menace de la surveillance du gouvernement. Depuis 1960 et jusqu'à la chute du communisme en 1989, plusieurs centaines d'Américains et d'Israéliens se sont rendus illégalement à Ouman, pour prier sur la tombe de Rabbi Nahman. En 1988, pour la première fois le gouvernement soviétique permet à 250 citoyens étrangers de rester à Ouman pour Rosh Hachana.
L'année suivante, entre 700 et 900 hassidim participent aux Kibbouts. En 1990, plus de hassidim y assistent. Le nombre de personnes croît rapidement et en 2009 plus de personnes participent au grand rassemblement.
Voir aussi Kivre Tsadikim Nahman de Bratslav Nathan de Bratslav Dynastie hassidique de Bratslav Tikoun Haklali Na Nah Nahma Nahman Meouman
Liens externes RFI Ukraine : le pèlerinage juif d'Ouman Noemie Grynberg Ouman, la prophétie du Rabbi
Notes et références Notes
Références
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