Gambetta est une station des lignes 3 et 3 bis du métro de Paris, située dans le de Paris.

Situation La station est implantée à l'est du quartier du Père-Lachaise, sous l'avenue Gambetta à hauteur et aux abords de la place éponyme. Les quais sont établis : sur la ligne 3, entre la place Gambetta et la place Martin-Nadaud selon un axe est-ouest (entre les stations Père Lachaise et Porte de Bagnolet) ; sur la ligne 3 bis, au nord-est de la place, le long de la mairie du selon un axe nord-est/sud-ouest (terminus précédé ou suivi par la station Pelleport, selon le sens de circulation). La station constituant jadis le terminus de la ligne 3, elle dispose d'une ancienne boucle de retournement dont une partie des voies servent de raccordement de service entre les deux lignes. Celui-ci s'embranche en talon sur la voie de la ligne 3 en direction de Pont de Levallois - Bécon, en amont de la station, pour se raccorder en talon également à la voie de la ligne 3 bis vers Porte des Lilas, en aval de la station. Un second raccordement donne accès à l'atelier de maintenance de Saint-Fargeau depuis l'ancienne arrière-gare de la ligne 3, entre Gambetta et Porte de Bagnolet.

Le tunnel de l'ancienne ligne de Petite Ceinture entre la gare de Ménilmontant et la gare de Charonne (fermées au trafic de voyageurs depuis le ) passe à proximité de la station.

Histoire Mises en service et remaniements La station est ouverte le en tant que terminus oriental de la ligne 3 depuis Avenue de Villiers (actuelle station Villiers), en remplacement du terminus initial de Père Lachaise. Elle se trouve alors sur une boucle de retournement (dite de type "raquette") effectuant le tour de la mairie du , par la rue Belgrand, la rue de la Chine et l'avenue Gambetta. Deux demi-stations, comportant chacune deux voies latérales encadrant un quai en îlot, sont aménagées sur cette boucle terminale : celle d'arrivée est établie au sud sous l'extrémité occidentale de la rue Belgrand, tandis que celle de départ est aménagée sur la partie nord-ouest de la boucle précitée, sous l'avenue Gambetta.

Le , la ligne est prolongée jusqu'à Porte des Lilas. Dès lors, Gambetta devient une simple station de passage, chaque demi-station accueillant des rames d'une direction différente : celle de débarquement est dorénavant desservie par les circulations poursuivant jusqu'à Porte des Lilas, tandis que la demi-station d'embarquement reçoit les trains en direction de Porte de Champerret.

Dans le courant des années 1960, les pouvoirs publics constatent que le secteur de la porte de Bagnolet est insuffisamment desservi par les transports en commun malgré une forte demande. Afin de répondre à celle-ci, il est décidé de créer un embranchement de la ligne 3 jusqu'à la commune de Bagnolet à partir de Gambetta. Or les études démontrent que le flux de voyageurs sur l'extension de Bagnolet sera nettement supérieur à celui du tronçon historique jusqu'à Porte des Lilas, si bien qu'une exploitation en fourche n'est pas retenue. Le terminus existant de la ligne doit par conséquent céder sa fonction au nouveau terminus de Gallieni, tandis que l'ancien itinéraire de Gambetta à Porte des Lilas doit être isolé sous la forme d'une navette autonome pour devenir l'actuelle ligne 3 bis.

La station fait alors l'objet d'une importante restructuration afin d'assurer cette nouvelle exploitation. La demi-station située au nord-est de la place est mise en impasse et devient le terminus de la ligne 3 bis, tandis que l'autre, trop exiguë pour jouer le rôle d'une station de passage, disparaît au profit d'une voie de garage avec trottoir de manœuvre. Seuls demeurent les carreaux de la voûte, encore aujourd'hui visibles dans le tunnel. Le tronçon de l'ancienne boucle entre les deux stations d'origine, qui n'est dorénavant plus emprunté en service commercial, est transformé en raccordement de service entre les deux lignes, dont l'une des deux voies sert de garage aux rames de la ligne 3.

En parallèle, une nouvelle station de passage à deux quais latéraux est donc aménagée sur les voies existantes de la ligne 3, à l'ouest de la place. Sa proximité avec la station voisine Martin Nadaud, distante de seulement des anciens quais, conduit à l'absorption de celle-ci, qui ne disparaît pas complètement : ses quais s'inscrivent dorénavant dans la continuité des nouveaux quais, tandis que ses accès deviennent les entrées occidentales de Gambetta. La correspondance entre le quai de la en direction de Pont de Levallois - Bécon et celui de la s'effectue dès lors par un couloir atypique : son tracé courbé et sa forme ellipsoïdale témoignent de son usage originel de tunnel à voie unique, emprunté auparavant par les rames quittant l'ancienne demi-station de départ.

La nouvelle station de la ligne 3 est inaugurée le . À la suite de la création de la ligne 3 bis le , Gambetta retrouve son rôle originel de terminus oriental de la ligne 3 durant quelques jours, jusqu'à la mise en service de la dernière extension de cette même ligne vers son terminus actuel de Gallieni, qui est effective le 2 avril suivant.

Origine du nom La station tire sa dénomination de la place Gambetta ainsi que de l'avenue du même nom, ces voies rendant hommage à Léon Gambetta (1838-1882), homme politique, membre du gouvernement de la défense nationale en 1870, président du Conseil et député du arrondissement.

Modernisations À l'occasion du remaniement de la station entre 1969 et 1971, la plupart de ses espaces voyageurs sont modernisés avec la pose de carreaux en céramique beige biseautés, posés verticalement et alignés en colonnes, que l'on retrouve encore aujourd'hui aux stations Porte de Bagnolet et Gallieni sur la même ligne, ainsi qu'à la station Kléber sur la ligne 6, et qui ont également existé dans les couloirs de l'ancien terminus de Porte de la Chapelle sur la ligne 12. Rompant avec le traditionnel carrelage blanc biseauté du réseau historique, cette décoration typique des années 1970 est appliquée à la salle d'échanges et aux accès, ainsi qu'à la station nouvellement reconstruite de la ligne 3. Les quais de cette dernière sont équipés de bancs rouges, remplacés ultérieurement par des sièges de style « Motte » de même couleur, et l'éclairage est assuré par deux bandeaux lumineux suspendus que l'on retrouve également à la station Porte de Bagnolet sur la même ligne, ainsi qu'aux stations École vétérinaire de Maisons-Alfort et Maisons-Alfort - Stade sur la ligne 8. Les piédroits de l'ancienne station Martin Nadaud perdent leur carrossage métallique des années 1960, lequel intégrait des montants horizontaux de couleur vert d'eau, des cadres publicitaires dorés éclairés par le haut ainsi que des bancs jaunes (ce modèle d'aménagement était alors largement déployé sur le réseau en tant que moyen de rénover les stations rapidement et à moindre coût). Enfin, la plupart des bouches d'accès voient leurs entourages remplacés par des balustrades plus sobres, en acier peint en vert afin de s'harmoniser avec les modèles plus anciens.

Dans le cadre du programme « Renouveau du métro » de la RATP, la station est progressivement rénovée en commençant par le quai de la ligne 3 bis au début des années 2000. Les couloirs et la salle de distribution font l'objet du même traitement jusqu'au ., renouant avec le carrelage blanc biseauté des origines du métro de Paris, puis l'opération s'achève le par la modernisation des quais de la , également redécorés avec des carreaux blancs biseautés, ce qui constitue une décoration anachronique pour les stations construites au cours des dernières décennies sur le réseau ferré de la RATP. Cette dernière modernisation intègre un dispositif d'éclairage atypique sous la forme de candélabres.

La salle d'échanges de la station bénéficie d'une nouvelle rénovation durant l'été 2020 avec, notamment, l'installation de nouveaux portiques de validation et de sortie, le réagencement des espaces commerciaux, du comptoir d'information et des appareils de vente, la reprise de l'éclairage à base de dalles LED au plafond ainsi que la pose d'un nouveau carrelage beige au sol en remplacement de l'ancien revêtement en asphalte noir. Ces travaux nécessitent alors la fermeture du hall d'accueil et des accès jusqu'au . En parallèle, la voûte surplombant les quais et voies de la ligne 3 fait l'objet d'un traitement des infiltrations d'eau suivi d'une remise en peinture, tandis que les sièges de style « Motte » rouges sur le quai de la ligne 3 bis sont remplacés par des assises contemporaines « Akiko » de couleur proche.

Fréquentation Selon les estimations de la RATP, la station a vu entrer en 2013, ce qui la plaçe à la des stations de métro pour sa fréquentationTrafic annuel entrant par station (2013), sur le site data.ratp.fr (consulté le 31 août 2014).. Elle connaît par la suite une baisse de trafic avec comptabilisés en 2019., faisant de Gambetta la la plus fréquentée du métro de Paris sur 302 cette année-là. En 2020, avec la crise du Covid-19, son trafic annuel tombe à , la reléguant alors au , avant de remonter progressivement en 2021 avec recensés, ce qui la classe cette fois-ci à la des stations du réseau pour sa fréquentation.

Services aux voyageurs Accès La station dispose de cinq accès : l'accès « Mairie du - Hôpital Tenon », constitué d'un escalier fixe, débouchant à l'angle de la place Gambetta et de la rue Belgrand, au droit de la Mairie du ; l'accès « Place Gambetta », également constitué d'un escalier fixe, se trouvant au nord de la place face au , entre la rue des Pyrénées et l'avenue Gambetta ; l'accès « Père Lachaise - Cimetière du Père-Lachaise », constitué d'un escalier fixe doublé d'un escalier mécanique montant, se situant au sud de la place Gambetta au droit du , entre la rue des Pyrénées et l'avenue du Père-Lachaise ; l'accès « Place Martin-Nadaud », constitué d'un escalier fixe, débouchant sur le terre-plein central de la place, le long de l'avenue Gambetta ; l'accès « Rue Orfila », également constitué d'un escalier fixe, se trouvant au nord de la place Martin-Nadaud face au , entre la rue Orfila et la rue de la Bidassoa. Ces deux derniers accès correspondent aux entrées de l'ancienne station Martin Nadaud : l'accès à la ligne 3 bis ainsi qu'au hall principal n'y est donc possible qu'en transitant par les quais de la ligne 3. L'accès est orné d'un édicule Guimard, lequel fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques par l'arrêté du , protection renouvelée le . Les autres trémies d'accès de la station sont simplement agrémentées d'une balustrade de facture plus simple et sobre, en acier peint en vert, ainsi que d'un mât avec un « M » jaune inscrit dans un cercle.

Quais La station de la ligne 3 est de configuration standard pour le métro de Paris : elle possède deux quais séparés par les voies du métro situées au centre et la voûte est elliptique. En revanche, le point d'arrêt est d'une longueur hors-normes de 196 mètres, car son extrémité occidentale, établie en légère courbe, est constituée des quais de l'ancienne station Martin Nadaud, « absorbée » en 1969. Leur bordure est dorénavant munie de garde-corps métalliques afin de protéger les voyageurs du passage des rames, qui traversent cette ancienne station à vive allure. Celle-ci est également reconnaissable à sa voûte plus basse que celle du nouveau point d'arrêt de la ligne 3, qui se distingue par sa hauteur inhabituelle.