Nissim de Camondo, né le à Boulogne-sur-SeineRegistre d'état civil, n° 563, , Archives municipales, Boulogne-Billancourt, 1892. (Seine) et Mort pour la France le à Leintrey (Meurthe-et-Moselle), est un banquier et aviateur français, qui périt au cours de la Première Guerre mondiale. Grâce à un legs de son père, un musée parisien consacré aux arts décoratifs porte son nom depuis 1936.
Biographie
Famille et éducation
Né en 1892 à Boulogne-Billancourt., Nissim est le fils du banquier et collectionneur Moïse de Camondo et de la comtesse Irène Cahen d'Anvers. Par son père, il descend d'une famille de banquiers juifs séfarades originaire de l'empire ottoman, anoblie en 1867 par le roi d'Italie et établie en France depuis 1869.. Il reçoit le prénom que porte également son grand-père paternel. Il est le frère de Béatrice de Camondo.
vignette|droite|upright=0.75|Comte Nissim de Camondo, son grand-père, par Carolus-Duran, 1882,Musée Nissim de Camondo, Paris. Ses parents, mariés en 1891, se séparent en 1896, puis divorcent en 1902. Nissim de Camondo reçoit une éducation stricte et patriotique, notamment au lycée parisien Janson-de-Sailly, et passe ensuite une licence en droit.
En 1911, il devance l’appel au service militaire et s’engage dans l’armée. Bon cavalier, il est affecté dans un régiment de hussards à Senlis (3ème régiment de hussards) jusqu'au , où il est placé dans la réserve avec le grade de maréchal des logis. Il commence une carrière de banquier au service des titres de la Banque de Paris et des Pays-Bas.
Première Guerre mondiale
Juste avant la mobilisation générale, il est rappelé en activité et rejoint son régiment de hussards à Senlis (3ème régiment de hussards) le avec le grade de sous-lieutenant. Il commence à combattre le , puis participe notamment à la bataille de la Marne. Son courage lui vaut ses citations à cette époquevoir http://albindenis.free.fr/Site_escadrille/Nissim_de_Camondo1.htm.
Intéressé par les nouvelles unités de l’Armée de l’air alors en pleine création, il est affecté au régiment de dragonsLes escadrilles aériennes n’existent pas encore. à pied fin 1915. Évacué à la suite d'une crise d'appendicite en , il est opéré puis envoyé en convalescence à Deauville.
En , il se réengage dans l'aviation française comme volontaire pour la durée des hostilités et devient observateur, photographe et pilote auprès de l'escadrille MF 33. Il participe à la bataille de Verdun, puis à celle de la Somme. Promu lieutenant en , il est breveté pilote en novembre suivant.. Il obtient le brevet de pilote militaire en sur un Farman F 40.
Le , son habileté et son sang-froid lui valent d'être cité à l’ordre de la armée : « Observateur photographe en avion de très haute valeur, tant par son audace et son sang-froid que son habileté professionnelle. Pendant les batailles de Verdun et de la Somme où le Corps d’armée a été engagé, grâce à son courage, il a réussi plusieurs missions photographiques rendues périlleuses par les attaques des avions de chasse ennemis, en particulier dans la journée du , où son avion a été fortement atteint ».
Nissim de Camondo est abattu en combat aérien le en Lorraine, en compagnie du sous-lieutenant Louis Lucien Roch Desessard. Ce jour-là, à bord d'un Dorand AR 1, ils sont pris en chasse au-dessus de Remoncourt. Desessard touche le réservoir de l'avion adverse qui prend feu. Leur avion, également touché, part en vrille. Nissim de Camondo tente d'atterrir, son avion s'écrase entre les villages d'Emberménil, Vého et Leintrey. Les deux français furent d'abord inhumés par les Allemands dans le cimetière de ParroySelon les extraits du livret militaire de Nissim de Camondo et des rapports de guerre, voir http://albindenis.free.fr/Site_escadrille/Nissim_de_Camondo1.htm avant que ses restes ne soient rapportés auprès des siens par son père Moïse de Camondo dans les années 1920.
Distinctions 80px Chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume, le . 80px Croix de guerre 1914-1918, avec deux palmes de bronze, deux étoiles de vermeil et une étoile de bronze.
Hommages Moïse de Camondo reçut une lettre de condoléances de la part de Marcel Proust. Cela est dû à l'amitié liant Nissim de Camondo à l'écrivain et diplomate Jacques Truelle depuis . Ce dernier, pour qui Marcel Proust éprouvait une sincère affection, les avait présentés l'un à l'autreUne lettre inédite de Proust prouverait que Nissim Bernard, l'un des héros d'À la Recherche du Temps Perdu, tirerait son prénom de Nissim de Camondo, selon Pierre Assouline, Le Dernier des Camondo, Paris, Gallimard, 1997..
Pour rendre hommage à son fils, Moïse de Camondo lègue ses collections et son hôtel particulier au de la rue de Monceau à Paris à l’Union centrale des arts décoratifs, à condition d'y établir le musée Nissim-de-Camondo et que les photos qui s'y trouvent ne soient pas déplacées... Jusqu’à sa mort en 1935, il achete des œuvres d’art pour ce faire.
Références
Vidéographie
Frères d'armes - Nissim de Camondo, série Frères d'armes, film-portrait raconté par Doan Bui, co-réalisé par Pascal Blanchard et Rachid Bouchareb, 2016, 2 minutes.
Bibliographie Le Lieutenant Nissim de Camondo, correspondance et journal de guerre, Paris, Les Arts Décoratifs, 2017. Textes de Sophie d'Aigneaux-Le Tarnec, Sylvie Legrand-Rossi, Philippe Landau. Pierre Assouline, Le Dernier des Camondo, Paris, Gallimard, 1997. Nora Şeni et Sophie Le Tarnec, Les Camondo ou l'éclipse d'une fortune, Arles, Actes Sud, 1997.
Liens externes
Site officiel du musée Nissim de Camondo Article sur le site du Souvenir français
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