(de l'allemand, « Pierre l'Ébouriffé »), traduit par Crasse-Tignasse ou par Amusantes histoires et plaisantes images pour enfants de 3 à 6 ans du Heinrich Hoffmann, est un livre allemand d'histoires courtes en vers, publié en 1844. Son auteur, Heinrich Hoffmann (1809-1894), est un psychiatre, écrivain et auteur de livres pour enfants. Sous forme humoristique, il s’agit d’un vrai recueil de leçons de morale pour enfants, sur ce qu’il ne faut pas faire, allant de mal se tenir à table à se moquer des étrangers, en passant par faire du mal aux bêtes, etc. Le livre a été traduit dans plusieurs langues. On peut le trouver (ou en trouver des extraits) chez de nombreux pédopsychiatres allemands.

Le titre et sa traduction en français Le héros du livre est personnifié par la figure du Struwwelpeter [chtrouvelpétère], en français : « Pierre l’ébouriffé », un enfant désobéissant qui ne se laisse couper ni ongles ni cheveux.

En France, le livre a été traduit sur la 360e édition du livre de Dr Heinrich Hoffmann et édité en 1872 chez Sandoz et Fischbacher à Paris par Trim sous le titre : Pierre l'ébouriffé : joyeuses histoires et images drôlatiques pour les enfants de 3 à 6 ansPierre l'ébouriffé, joyeuses histoires et images drôlatiques pour les enfants de 3 à 6 ans, traduit par Trim sur la 360e édition originale du livre de Heinrich Hoffmann , Gallica / BnF, site consulté le 6 décembre 2020 .

Liste des histoires

(L’histoire du méchant Frédéric) (La très triste histoire avec le briquet) (L’histoire des garçons noirs) (L'histoire du chasseur sauvage) (L'histoire du suceur de pouce) (L’histoire du Gaspard-à-la-soupe) (L'histoire de Philippe-le-surexcité) (L'histoire de Jean Tête-en-l'air) (L'histoire de Robert-le-volant)

Naissance du Struwwelpeter Le Struwwelpeter fut conçu à l'occasion des fêtes de Noël de l'année 1844. Heinrich Hoffmann souhaitait se procurer un beau livre d'images à offrir à son fils Carl, âgé de trois ans, mais ce qu'il trouva dans les différents magasins et librairies de Francfort ne le satisfit pas. C'est ainsi qu'il décida d'acheter un cahier vierge et d'y inscrire ses propres histoires et illustrations : le Struwwelpeter était né. Une fois le livre terminé, Heinrich Hoffmann l'offrit simplement à son fils, mais quelques-uns de ses amis, qui avaient eu l'occasion de voir eux aussi l'ouvrage, furent tellement impressionnés par le travail du docteur qu'ils s'efforcèrent de le convaincre de le publier. Au début, Hoffmann refusa catégoriquement d'envisager une publication : il n'avait jamais pensé à faire un tel usage de son livre, et n'avait aucune intention de se lancer dans une activité d'écrivain ou de dessinateur pour enfants.

C'est sur l'intervention d'un ami éditeur, Zacharias Löwenthal, qu'Heinrich Hoffman se laissa finalement persuader de publier le livre. Il accepta de suivre le conseil de son ami mais décida d'utiliser un nom d'emprunt (Reimerich Kinderlieb) car il souhaitait rester anonyme. La première version imprimée apparut en 1845 sous le titre (Histoires drôles et images cocasses avec 15 jolis tableaux colorés pour les enfants de 3 à 6 ans). Le livre ne prit le nom de Struwwelpeter, sous lequel il se rendit célèbre, qu'à partir de 1847, avec la troisième édition.

Le Struwwelpeter devint rapidement célèbre en Allemagne, avant que le succès ne se propage aux pays étrangers. Les histoires courtes du docteur Hoffmann furent traduites en de nombreuses langues. Ainsi en Angleterre, la première traduction parut dès 1848, sous le nom « ».

La signification du livre

Dans son livre, Heinrich Hoffmann raconte les histoires d'enfants turbulents qui se jouent des règles imposées par leurs parents et s'illustrent par des actes de désobéissance, de moquerie ou encore de maltraitance envers les animaux. Autant d'exemples de mauvais comportements attribués à l'enfance, et qu'Hoffmann met en scène au travers d'illustrations délirantes et de textes en rimes à la fois drôles et cruels. En effet, dans chaque histoire, les enfants mal élevés subissent des punitions toutes plus terribles et effrayantes les unes que les autres. Par exemple, dans « L'Histoire Effroyable de Pauline et des Allumettes », une petite fille qui ne peut s'empêcher de jouer avec des allumettes finit par mettre le feu à sa robe et se retrouve réduite en tas de cendres. Dans « L'Histoire du Suceur de Pouce », une mère excédée prévient son fils Konrad qu'il ferait mieux de cesser de se sucer les pouces, sans quoi un tailleur viendra les lui couper. La mère s'absente, laissant son fils seul. Ce dernier se révèle bien entendu incapable de respecter les consignes de sa mère, et c'est alors que le tailleur surgit avec une énorme paire de ciseaux et sectionne les deux pouces du pauvre Konrad.

Le nom du livre, Struwwelpeter, est aussi le titre de la première histoire : un jeune garçon, Pierre, refuse catégoriquement de se laisser peigner, couper les ongles ou les cheveux. Il se laisse donc pousser les cheveux et les ongles pendant des mois, jusqu'à arborer une véritable crinière sur la tête et des griffes au bout des doigts. Si bien qu'il se retrouve au ban de la société, rejeté par sa famille et ses amis.

La particularité de ces histoires courtes réside bien entendu dans leur cruauté. Le but d'Heinrich Hoffmann était en réalité de choquer les jeunes enfants afin de leur inculquer les règles de base de la politesse et de la bienséance. À la fin de chaque histoire se trouve ainsi une morale énoncée en termes simples et évocateurs, à travers le mauvais comportement d'enfants que l'on érige en contre-exemples, victimes de cruelles punitions à même d'inciter les jeunes lecteurs à se comporter en enfants modèles.

Mais le Struwwelpeter contient également d'autres types de leçons morales autour de thèmes graves tels que le racisme ou l'anorexie. L'une des histoires (« L'Histoire des Garçons Noirs »), trois garnements passent leur temps à importuner un pauvre garçon noir. Les trois vauriens sont alors attrapés par le grand Niklas, sorte de figure paternelle, qui les empoigne et les plonge dans un tonneau d'encre. Il les rend ainsi plus noirs encore que le garçon qu'ils chahutaient sans cesse, afin que cela leur serve de leçon. Autre exemple : « L'Histoire de Kaspar qui ne mangeait jamais de soupe ». Il s'agit de l'histoire de Kaspar, un garçon fort et en bonne santé qui proclame soudain qu'il n'avalera plus jamais la moindre goutte de soupe. Cinq jours plus tard il est devenu si maigre et faible qu'il meurt brutalement.

Malgré la cruauté et la dureté de ces histoires, il convient de ne pas limiter la portée du livre d'Hoffmann à de simples leçons morales. Le Struwwelpeter est aussi lié à certaines réflexions autour de l'idée d'éducation dans les classes moyennes. Certains pensent que l'idéal d'éducation propagé par Goethe et Jean-Jacques Rousseau a pu être réinterprété au travers du livre d'Hoffmann.

Le regard porté aujourd'hui sur le Struwwelpeter

Plus de 150 ans après son apparition, le Struwwelpeter jouit toujours d'une belle réputation dans les pays anglo-saxons, surtout en Allemagne. Un musée du Struwwelpeter. a même été ouvert à Francfort-sur-le-Main (la ville où vécut Heinrich Hoffmann) en 1977. Ce musée ne contient pas uniquement des livres, des dessins ou des documents sur le Struwwelpeter ou sur la vie de Heinrich Hoffmann. On peut également y trouver un théâtre pour enfant ainsi qu'une fondation venant en aide aux personnes victimes de troubles psychologiques, Hoffmann lui-même ayant été profondément impliqué dans ces questions au travers de sa profession de psychiatre.

Le succès du Struwwelpeter depuis sa création et jusqu'à aujourd'hui n'est pas démenti. Il a été traduit dans plus de 35 langues comme le chinois ou l'afrikaans. Mais un tel succès comporte bien évidemment sa part de controverse, en raison de la cruauté et du sadisme caractérisant les différentes histoires. Beaucoup considèrent que le propos du livre est trop dur et critiquent le fait que le Struwwelpeter fait plus ou moins l'apologie d'une éducation stricte, sévère et rigide, qui n'a plus lieu d'être aujourd'hui. À cet égard, Heinrich Hoffmann fut l'un des fondateurs de la pédagogie « psychologiquement répressive » et tenait tout particulièrement à se détacher de la tradition des contes fantastiques comme ceux qui firent la renommée des frères Grimm.

Quoi qu'il en soit, le Struwwelpeter reste l'un des personnages les plus célèbres de la littérature enfantine. Des générations d'enfants se souviennent avec effroi des terribles punitions infligées aux garnements de ce livre, qui perpétue à travers les âges des modèles aujourd'hui désuets de la pédagogie enfantine.

Imitations et parodies Le Struwwelpeter rencontra un tel succès qu'il fut bien sûr copié ou imité. En 1890 apparut une « Struwwelliese », version féminine du Struwwelpeter. Il y eut aussi un Struwwelpeter égyptien et même un « Struwwelhitler », une parodie anglaise satirique créée pour soutenir les troupes anglaises et les victimes des bombardements allemands outre-manche durant la Seconde Guerre Mondiale.

Certaines comédies musicales et pièces de théâtre s'appuyant sur l'histoire du Struwwelpeter furent également produites. Mais aucune d'entre elles ne put réitérer le succès rencontré par Heinrich Hoffmann avec son Struwwelpeter. Hoffmann lui-même publia cinq autres livres pour enfants par la suite, mais il ne parvint jamais à en vendre autant que le premier qu'il avait conçu un jour de .

La chanson Hilf Mir du groupe de metal industriel allemand Rammstein, présente dans l'album Rosenrot sorti en 2005, s'inspire de la comptine La très triste histoire avec le briquet..

Une adaptation de Struwwelpeter: Die Rückkehr en bande dessinée par David Füleki est parue en 2009 chez Tokyopop.

Traductions .

Le superflu des phrases, l'ordre des mots, l'étrangeté de certaines expressions (comme « avec sa bouche », «  » : cette précision est inutile et devrait être logiquement « avec sa gueule », «  » — pour le chien) ainsi que les coupures de certains mots ont servi aux rimes et aux pieds allemands. Les traductions sont quasiment mot à mot ; presque rien n'a été enlevé ni déplacé.

Une traduction française de Cavanna publiée par L'École des loisirs sous le titre Crasse Tignasse a été mise en chansons par Un Drame Musical Instantané (cd Auvidis, coll. Zéro de conduite, 1993)

Préface vignette|droite|Préface Texte original TraductionWenn die Kinder artig sind, Kommt zu ihnen das Christkind ; Wenn sie ihre Suppe essen Und das Brot auch nicht vergessen, Wenn sie, ohne Lärm zu machen, Still sind bei den Siebensachen, Beim Spaziergehen auf den Gassen, Von Mama sich führen lassen, Bringt es ihnen Gut’s genug Und ein schönes Bilderbuch. Si les enfants font attentionfaire attention, ici, signifie être studieux, précis, minutieux, etc., Leur vient l’enfant-Christl’enfant-Christ, l’enfant-Jésus, le Christkind, est actuellement l’équivalent du Père Noël (ou de Saint Nicolas, qui a donné le père Noël – l’Alsace connaît les trois mais ne fête que les deux hommes). Il était représenté autrefois par une fée. ; S’ils mangent leur soupe Et le pain n’oublient non plus, S’ils, sans faire de bruitfaire du bruit, ici, signifie se disputer, crier, pleurer, etc., Sont calmes aux sept chosesles sept choses, die Siebensachen, peuvent se traduire par les sept péchés capitaux, les dix commandements, les sept lois, mais évidemment bien moindres ici, pour les enfants., À la promenade dans les rues S'ils obéissent à leur maman Qu'ils leur apporte assez de bonheur Et un beau livre d’images.

Le Struwwelpeter () vignette|droite|Der Struwwelpeter Texte original TraductionSieh einmal, hier steht er, Pfui ! Der Struwwelpeter ! An den Händen beiden Ließ er sich nicht schneiden Seine Nägel fast ein Jahr ; Kämmen ließ er nicht sein Haar. Pfui ! ruft da ein jeder : Garst’ger Struwwelpeter ! Vois une fois, il se tient là, Pouah ! Le Struwwelpeter ! Aux deux mains