Star Trek 2 : La Colère de Khan (Star Trek II: The Wrath of Khan) est un film américain de science-fiction réalisé par Nicholas Meyer et sorti en 1982.
Il s'agit du deuxième opus d'une série de films entamée avec Star Trek, le film et continuant avec Star Trek 3 : À la recherche de Spock. Le nom de « Khan » évoqué dans le titre fait référence à un personnage déjà croisé dans l'épisode 22 de la saison 1 de la série initiale, épisode intitulé Les Derniers Tyrans.
En France, le film est diffusé le sur La Cinq.
En 2024, il est sélectionné par le National Film Registry pour conservation à la bibliothèque du Congrès des États-Unis, en raison de son « importance culturelle, historique ou esthétique ».
Synopsis En 2285, l’ reçoit un appel de détresse venant d'un vaisseau terrien, le Kobayashi Maru, provenant de l'intérieur de la zone neutre. Le commandant de l’Enterprise, le lieutenant Saavik, décide d'enfreindre le traité de paix avec les Klingons pour sauver l'équipage en péril. Il s'avère que l'appel de détresse était un piège, et des vaisseaux de guerre klingons attaquent l’Enterprise et finissent par le détruire.
Tout ceci n'était qu'une simulation, destinée à évaluer les capacités de commandement de Saavik, officier subalterne tout frais émoulu de l'académie de Starfleet, dans la gestion d'une situation désespérée. L'évaluateur n'est autre que l'amiral James T. Kirk, seul officier à avoir réussi ce même test voué à l'échec. Plus tard, le McCoy rejoint Kirk pour son anniversaire. Voyant Kirk décontenancé, le médecin lui conseille de commander un astronef à nouveau pour ne pas vieillir derrière un bureau.
À des années-lumière de là, l'USS Reliant patrouille à la recherche d'une planète qui servira à l'emplacement test d'une nouvelle forme de terraformation. Le commandant en second, le commandeur Pavel Chekov, se téléporte avec son supérieur, le capitaine Clark Terrell sur la surface de Ceti Alpha VI, une planète potentielle où ils ont découvert une embarrassante trace de vie. Il s'avère que cette planète est en réalité Ceti Alpha V, Ceti Alpha VI ayant explosé, déplacé l'orbite de cette dernière et détruit son écosystème, et que cette trace de vie est un ancien équipage humain, abandonné sur la planète par le capitaine Kirk (lors du de la de la série originelle nommé « Les Derniers Tyrans »). Le chef est Khan Noonien Singh, enfant de l'eugénisme de la fin du . Il ne cherche que vengeance envers Kirk qui a déjoué ses plans, et soumet Chekov et Terrell à l'aide d'un parasite qu'il fait pénétrer dans leur cerveau. Maître du Reliant où il installe ses hommes avec Terrell et Chekov, sans que Starfleet n'en sache rien, il se dirige vers la station scientifique Regula 1 pour s'emparer du système de terraformation, le projet Genesis.
Peu avant, la dirigeante de la station, Carol Marcus, lance un appel inquiet à James Kirk, son ancien compagnon et père de son fils car elle a reçu un appel de Chekov (sous influence de Khan) invoquant Kirk pour s'emparer de Genesis. Kirk est alors en voyage d’entraînement de trois semaines sur l’Enterprise (commandé par le capitaine Spock), qui est devenu le navire-école de Starfleet. Avec la permission de Spock, Kirk prend le commandement de l’Enterprise et se dirige vers Regula 1, inquiet pour Carol. Étudiant son projet, il découvre que Genesis est une torpille qui, une fois lancée sur une planète, détruit tout ce qui existe pour élaborer une nouvelle matrice, qui crée une toute nouvelle planète dotée d'une grande diversité biologique en quelques jours.
Khan l'intercepte en chemin, et profite de l'apparence amicale de son astronef pour mettre hors d'action une grande part des systèmes énergétiques de l’Enterprise avant d'obliger Kirk à se rendre. L'amiral refuse en lui-même l'échec et trouve une parade : l'ordinateur de l’Enterprise dispose du code préfixe des boucliers du Reliant. Sans que les hommes de Khan puissent y faire quelque chose, les boucliers du Reliant sont abaissés et l’Enterprise fait feu avec l'énergie de secours.
Le Reliant sévèrement touché se dégage, remettant l'affrontement à plus tard. L’Enterprise, mal en point, décide néanmoins d'aller jusqu'au planétoïde de Regula. Kirk, Saavik et le McCoy découvrent une station spatiale quasiment vide, quelques cadavres jonchant le sol. Les seuls survivants sont Chekov et Terrell, abandonnés par Khan. Une rapide enquête permet à Kirk de trouver où sont passés les scientifiques manquants : le téléporteur de la station les a emmenés au cœur de Regula. Il décide avec son groupe de s'y rendre et découvre la réalisation d'une étape de Genesis : toute une immense caverne foisonnante de vie végétale, bâtie en un seul jour. Ils y découvrent également Carol Marcus et son fils David. Là, Terrell et Chekov mettent en joue le groupe et Terrell tue un des scientifiques. Depuis le Reliant, Khan ordonne la mise à mort de Kirk, mais Terrell préfère se suicider. Quant à Chekov, il est accablé de douleur quand son parasite s'évade de son corps ; ce dernier est éliminé par Kirk. Khan téléporte sur le Reliant la torpille Genesis et abandonne Kirk dans la caverne pensant détruire immédiatement l’Enterprise.
Mais Khan a été dupé par Kirk sur la durée des réparations de l’Enterprise quand il écoutait ses conversations et ne trouve pas l'astronef caché de l'autre côté du planétoïde. Kirk reprend le commandement et décide d'affronter le Reliant. Pour compenser l'infériorité de l’Enterprise face à un vaisseau quasiment intact, il décide de plonger dans la nébuleuse de Mutara, où boucliers et systèmes tactiques sont inopérants. S'engage alors un combat en aveugle, entre la solide connaissance des combats spatiaux de Kirk et l'intelligence eugénique de Khan.
Kirk finit par l'emporter grâce à une tactique exploitant l'ensemble du champ de bataille (en trois dimensions, contrairement à Khan qui ne pense pas que l’Enterprise ait pu l'esquiver en plongeant sous son astronef). Avec son équipage tué, Khan, cherchant la vengeance jusqu'à son dernier souffle, actionne le compte à rebours de la torpille Genesis. L’Enterprise, privée de propulsion superluminique, est sur le point d'être anéantie. Spock, faisant appel à sa logique vulcaine () décide de se sacrifier en réparant la propulsion à la racine du mal, s'exposant à des radiations mortelles.
L’Enterprise se sauve in extremis du piège de Khan, qui meurt seul. L'explosion de la torpille Genesis provoque la reconstitution du gaz contenu dans la nébuleuse en une nouvelle planète. Après avoir été alerté par McCoy, Kirk arrive dans la salle des machines. Avant de mourir d'une intoxication par les radiations, Spock demande à Kirk de ne pas faire de deuil, car sa décision de se sacrifier pour sauver l'équipage du navire est une décision logique. Des funérailles spatiales en son honneur ont lieu dans l’Enterprise et une torpille contenant le corps de Spock est envoyée sur la planète Genesis qui vient d'être créée.
Fiche technique Titre original : Star Trek II: The Wrath of Khan Titre français : Star Trek 2 : La Colère de Khan Réalisation : Nicholas Meyer Scénario : Jack B. Sowards et Nicholas Meyer (non crédité), d'après une histoire de Harve Bennett et Samuel A. Peeples (non crédité) Photographie : Décors : Joseph R. Jennings Costumes : Robert Fletcher Montage : William P. Dornisch Musique : James Horner Producteur : Robert Sallin Société de production : Paramount Pictures Distribution : Paramount Pictures Format : Couleurs - - 2,35:1 (Format 16/9) Pays d'origine : Langue originale : anglais Budget : Box-office - Box Office Mojo Genre : science-fiction Durée : 113 minutes / 116 minutes (Director’s cut) Dates de sortie : États-Unis : France : Affiches : Bob Peak, Matt Ferguson (États-Unis)
Distribution William Shatner (VF : Sady Rebbot) : l'amiral James Tiberius Kirk Leonard Nimoy (VF : Robert Party) : le capitaine Spock DeForest Kelley (VF : François Marié) : Leonard « Bones » McCoy James Doohan (VF : Georges Aubert) : Commandeur Montgomery Scott Walter Koenig (VF : Vincent Violette) : le commandeur Pavel Chekov George Takei (VF : Tola Koukoui) : le commandeur Hikaru Sulu Nichelle Nichols (VF : Jane Val) : le commandeur Nyota Uhura Ricardo Montalbán (VF : François Chaumette) : Khan Noonien Singh Bibi Besch (VF : Denise Metmer) : Carol Marcus Merritt Butrick (VF : Jean-Pierre Leroux) : David Marcus Kirstie Alley (VF : Sylvie Feit) : le lieutenant Saavik Paul Winfield (VF : Marc de Georgi) : le capitaine Clark Terrell Paul Kent (VF : Claude Joseph) : Monsieur Beach Ike Eisenmann (VF : François Leccia) : l'élève-officier Peter Preston John Vargas (VF : Roger Crouzet) : Jedda Judson Scott[en] (VF : Richard Darbois) : Joachim, bras droit de Khan
Production Genèse et développement
Après la sortie de Star Trek, le film (1979), le créateur de la série originale Gene Roddenberry écrit lui-même une ébauche de scénario pour cette suite, alors prévue pour être un téléfilm. Dans son histoire, l'équipage de l’Enterprise doit voyager dans le temps pour réparer la ligne temporelle perturbée par des Klingons voulant empêcher l'assassinat de John F. Kennedy. Mais les cadres de Paramount Pictures rejettent ses idées, en appuyant ce refus sur le budget énorme du premier film pour lequel Gene Roddenberry n'avait pas arrêté de demander des réécritures. Gene Roddenberry est donc évincé du processus de production pour ne se voir attribuer que le titre symbolique de « conseiller exécutif ». Les exécutifs de la Paramount (parmi lesquels se trouvaient Jeffrey Katzenberg et Michael Eisner) engagent alors le producteur Harve Bennett pour produire ce . Il avouera plus tard qu'il avait trouvé le premier film . Après qu'il a accepté le poste, Charles Bluhdorn lui demande franchement (« Pouvez-vous le faire pour moins de 45 putain de millions de dollars » – en référence au budget du premier film) : Harve Bennett répond que là d'où il vient, il peut faire 5 films avec cette somme.
Harve Bennett se rend compte ensuite que sa tâche ne va pas être si facile, notamment parce qu'il n'a vu aucun épisode de la série originale. Après une immersion dans l'univers Star Trek lors de laquelle il avoue avoir visionné toute la série télévisée en une semaine, il est convaincu que le premier film manquait cruellement d'un méchant. Après avoir vu l'épisode Les Derniers Tyrans ( Space Seed, saison 1, épisode 22), il estime que Khan Noonien Singh ferait un excellent antagoniste pour le film Robinson, Ben (septembre 2002). "Special The Wrath of Khan Issue". Star Trek: the Magazine (Fabbri Publishing) 3 (5).. Harve Bennett rédige donc un premier traitement en . Dans cette histoire intitulée The War of the Generations (« la Guerre des générations »), Kirk enquête sur une rébellion dans un monde éloigné et découvre que son fils est le chef des rebelles. Khan est cependant le cerveau qui orchestre le tout. Kirk se joint alors à son fils pour l'affronter. Harve Bennett charge ensuite Jack B. Sowards, fan de Star Trek, de mettre tout cela en ordre et sous forme de scénario. Le scénariste s'attèle à la tâche et écrit un premier script avant une grève des scénaristes en 1981. Il s'intitule The Omega Syndrome et implique le vol de l'arme de la Fédération, l’Omega system. Cette idée est vite abandonnée, au profit de celle de la terraformation, suggérée par l'illustrateur et directeur artistique Michael Minor. Le lendemain, durant une réunion, Harve Bennett félicite fortement Michael Minor en disant qu'il a sauvé Star Trek. En référence au symbole biblique de l'arme, Jack B. Sowards renomme l’Omega system en Genesis (la « genèse »).