vignette|upright=1|Nageurs de combat du commando Hubert (France) en exercice de déploiement amphibie.
Un nageur de combat ou plongeur de combat ou parfois homme-grenouille est un plongeur militaire des forces spéciales ou de régiments conventionnels entraîné pour des missions de plongée sous-marine sous fortes contraintes tactiques ou offensives incluant le combat.
Types de missions Le terme « nageur de combat » se réfère spécifiquement à des missions offensives ou de combat. À l'inverse, un plongeur militaire peut être entraîné pour d'autres types de missions, comme le sauvetage, les travaux sous-marins (réparation, génie) ou le déminage.
Les missions offensives du nageur de combat comprennent notamment : les assauts amphibies où le nageur de combat est capable d'aborder de manière discrète une côte ou un bateau ; le sabotage : notamment le dépôt de mine sur des bateaux ; la reconnaissance des côtes ou l'exploration des fonds de manière clandestine.
Historique Première Guerre mondiale Le , le major Rosetti et le lieutenant Paolucci de l'armée italienne coulent le de la marine austro-hongroise dans le port de Pola (en Croatie dépendant alors de l'Autriche-Hongrie) avec un propulseur de plongée actionné par de l'air comprimé.
Seconde Guerre mondiale Italie vignette|redresse=1|Un SLC, ou maiale, avec ses deux places pour nageurs de combat. vignette|redresse=1|Maiale italien. vignette|redresse=1|Nageur de combat italien du groupe Gamma.
En 1936, deux jeunes ingénieurs, Tesei et Toschi, officiers de la Regia Marina améliorent l'engin du major Rosetti. La démonstration s'avère convaincante et la construction de quelques engins est autorisée. Ils reçoivent le nom officiel de Siluro a Lenta Corsa (SLC) mais seront surnommés par la suite maiale (cochon). Ce surnom vient du fait que lors d'une plongée d'essai, l'engin, qui avait à bord l'un de ses perfectionneurs et un ingénieur des services de la marine, ayant des difficultés à conserver son cap de plongée, échappa à son pilote, et celui-ci, très contrarié lors du retour à la surface, prononça ces mots : « Ce cochon m'a encore échappé » ce qui en italien se dit : « ». Il s'agit, en fait, d'une torpille de de long et de diamètre propulsée par un moteur électrique, chevauchée par deux nageurs de combat équipés d'appareils respiratoires à oxygène. La vitesse maximale est de () et le rayon d'action est de (). La tête détachable contient d'explosif ; elle est accrochée sous le navire à couler. Le « maiale », sans sa tête, assure le transport retour des deux hommes.
Lors de la déclaration de guerre, l'Italie ouvre le recrutement de nageurs de combat et une école est installée à San Leopoldo. Après quelques tâtonnements, on crée la légère, basée à La Spezia et composée de : la division sous-marine comprenant les propulseurs et le groupe Gamma (nageurs de combat) ; la division surface avec des « barchini » (bateaux d'assaut chargés d'explosif, lancés sur l'objectif par leur pilote qui s'éjecte).
La flottille devient célèbre sous le nom de Flottiglia MAS. Ce sont les initiales de « Motobarca Armata SNAV », les bateaux d'assaut utilisés par les Italiens pendant la Première Guerre mondiale. Ce sont aussi celles de la devise de l'unité empruntée à D'Annunzio : « Memento audere semper » (Souviens-toi d'oser toujours).
Le commandement de la flottille est assuré par Ernesto Forza et plus tard par le prince Valerio Borghese. Ce dernier, officier dans l'arme sous-marine, fut séduit très tôt par le concept. Il commande le sous-marin Scirè qui a été spécialement aménagé pour transporter des nageurs de combat et leurs « maiale ».
Au cours de la guerre, l'unité mène diverses opérations dans la Méditerranée : Opérations à Gibraltar
En , le Scirè dépose trois équipes de deux hommes avec « maiale » mais l'opération échoue à la suite de pannes mécaniques. Deux équipes sont récupérées par des agents en Espagne mais l'une est capturée par les Britanniques. Le , le Scirè dépose à nouveau trois équipes qui parviennent cette fois à couler trois navires : le Fiona Shell (), le Durham () et le Denby Dole (). De à , le cargo italien Olterra échoué, près de Gibraltar, à Algésiras (Espagne), sert de base de départ aux nageurs de combat. Une ouverture sous le niveau de l'eau permet aux « maiale » d'effectuer leurs sorties et rentrées. De nombreux navires sont coulés lors de plusieurs sorties. Les Britanniques n'apprendront la ruse qu'en septembre 43, après la reddition de l'Italie.
Opérations à Malte Le port de La Valette à Malte fait l'objet de plusieurs tentatives d'attaque en 1941, notamment le .
Opérations en Crète Un raid de six vedettes suicides, bourrées d’explosifs, contre des navires britanniques eut lieu en Crète dans la baie de La Sude le . Bilan des pertes britanniques : un croiseur et un pétrolier très sévèrement endommagés et trois autres navires également touchés.
Opérations à Alexandrie
Plusieurs raids de nageurs de combat italiens ont été menés contre la base navale britannique d'Alexandrie. Après plusieurs échecs, une nouvelle attaque est lancée le . Trois « maiali » sont mis en place à du port par le sous-marin Scirè commandé par Borghese. Ils attaquent les et le et un pétrolier complètement chargé. Le lieutenant de vaisseau Luigi Durand de la Penne qui chevauche le cochon de tête mène l'opération. Des filets protègent l'accès au port mais, quand les Britanniques les ouvrent pour laisser passer trois de leurs destroyers, les Italiens profitent de cette chance inouïe pour s'infiltrer. Après avoir placé sa charge avec de nombreuses difficultés, de la Penne et son coéquipier doivent faire surface et sont capturés. Interrogés, ils refusent de parler. De la Penne constate qu'il est enfermé dans la soute du HMS Valiant au-dessus de l'endroit où la bombe va exploser. Quinze minutes avant l'explosion, il demande à parler au capitaine britannique, l'informe de l'explosion imminente mais refuse de donner d'autres informations. Il est ramené dans la cale. Miraculeusement, il n'est pas tué par l'explosion. Il est heureux de constater que la charge placée sur le HMS Queen Elisabeth par la deuxième équipe explose également. Cette équipe sera également capturée.
Autres Avec l'amiral Dönitz, Valerio Borghese imaginera d'attaquer New York avec des sous-marins de poche (type CA de 12 T) pilotés par des nageurs de combat.
Allemagne Depuis 1942, Wurzian, plongeur amateur, teste des appareils respiratoires pour l'armée allemande.
En 1943, le grand amiral Dönitz charge le vice-amiral Hellmuth Heye de créer une unité spéciale. On lui donne le nom de Kleinkampf Mittel Verband mais elle est plus connue sous le nom de Force K. L'entraînement des premiers éléments, dont von Wurzian, est confié aux Italiens qui ont déjà acquis une belle expérience. Les premiers éléments sont opérationnels à partir de . Trois MEK (Marine Einsatz Kommando) sont créés comprenant chacun 1 officier et 22 hommes.
Les Allemands mettent au point le canot explosif Linse. Il s'agit d'un bateau rapide et silencieux portant d'explosif. Le pilote dirige l'engin puis saute à l'eau et est recueilli par un autre bateau.
Ils développent également un propulseur sous-marin copié sur celui des Britanniques qui était copié sur celui des Italiens. Curieusement, les Italiens n'ont jamais transmis aux Allemands les plans de leur « Maiale ».
Finalement, les Allemands créent le Neger, une torpille monoplace naviguant en affleurement à la vitesse de 4 nœuds et lançant une torpille portée en dessous. C'est toutefois dans la création de véritables sous-marins de poche (mono et biplace) que les Allemands se montreront les plus astucieux.
Attaques dans la Manche et l'Escaut En , plusieurs attaques par Neger ont lieu au départ de Villers-sur-Mer. Le , ils n'étaient pas prêts. Les résultats assez moyens comportent la destruction du croiseur Dragon et du destroyer Isis. Des attaques par bateaux d'assaut dans l'embouchure de l'Orne coulent 12 bateaux. En 1945, des attaques ont lieu dans la Manche au départ de Fécamp et, plus tard, dans l'Escaut à partir de Rotterdam. Les sous-marins de poche furent également utilisés pour ravitailler la garnison de Dunkerque encerclée.
Les ponts de l'Orne Le , les nageurs de combat parviennent à faire sauter deux ponts sur l'Orne grâce à deux torpilles de .
L'écluse principale d'Anvers Le , deux équipes de 5 hommes quittent Rotterdam sur deux bateaux d'assaut. Lorsque la progression est arrêtée par des filets de protection, les équipes continuent à la nage ; chacune remorquant une torpille de d'explosif. Une équipe parviendra à poser sa torpille et l'écluse d'Anvers sera hors d'usage pendant une période de 3 mois.
Les ponts de Nimègue et du Moerdijk Le pont route et le pont rail de Nimègue et du Moerdijk étaient tombés intacts aux mains des Britanniques qui y avaient installé immédiatement une forte défense anti-aérienne. Dans la nuit du 28 au , trois groupes de quatre hommes sont mis à l'eau à en amont des ponts. Ils devaient placer des charges sous les ponts et ensuite continuer avec le courant pour rentrer dans les lignes plus loin. Le pont rail sauta ; le pont route ne fut que faiblement endommagé car la mine avait été mal placée. Sur les 12 hommes, 3 furent tués, 7 prisonniers et 2 parvinrent à rentrer dans les lignes.
Opérations en Italie De nombreux raids furent exécutés par le MEK 71 stationné en Yougoslavie sur des objectifs en Italie libérée. L'approche était réalisée en kayaks biplaces.
Opérations sur le front de l'Est Des opérations ont été menées sur le front de l'Est : sur la Vistule en et sur l'Oder en .
Opérations en projet Les Allemands avaient imaginé de s'attaquer à PLUTO, le pipe-line qui reliait la Grande-Bretagne à la France. Le premier plan consistait à le détruire, cependant on pensa par la suite qu'il serait plus efficace d'en contaminer l'essence avec un produit qui abîmerait les moteurs des véhicules.
Il fut également imaginé de couler des bateaux dans le canal de Suez pour le bloquer.
Royaume-Uni vignette|upright|Nageur de combat britannique en 1945.
En , à la suite des succès des nageurs de combat italiens, Churchill incite la Royal Navy à étudier ce concept. Trois types de nageurs de combat seront utilisés par les Britanniques dans la « Special Boat Section » (renommée en 1977 « Special Boat Squadron » et en 1987 Special Boat Service) : des équipages de torpilles copiées sur celles des Italiens que les Britanniques appellent Chariot ; des plongeurs chargés de la démolition d'obstacles en mer avant les débarquements : « clearance divers » ; des SBS (Special Boat Section) : plongeurs équipés de kayaks.
Opérations en Gironde Le , après la tombée de la nuit, 10 nageurs de combat britanniques quittent un sous-marin à bord de 5 kayaks biplace. L'opération Frankton vient de débuter. Ces hommes doivent remonter la Gironde. L'objectif est de saboter des navires dans le port de Bordeaux en plaçant des charges explosives sous la ligne de flottaison. La nuit du 11 au , deux bateaux seront coulés et trois sérieusement endommagés. Malheureusement, seuls 2 hommes parviendront à rejoindre le Royaume-Uni. Les autres seront soit pris directement, soit dénoncés par des Français et finalement fusillés par les Allemands.
Opérations en Méditerranée Plusieurs opérations auront lieu en Méditerranée. Le , des nageurs de combat sur leurs « chariots » coulent le croiseur italien Ulpio Traiano et plusieurs autres bateaux près de Palerme en Sicile.
Opérations en Normandie Des « chariots » sont utilisés pour effectuer des reconnaissances des fonds marins devant les futures plages de débarquement de Normandie. Le jour J, des nageurs de combat démolissent de nombreux obstacles sous-marins avant l'arrivée des troupes.
Nettoyage des ports Pour nettoyer les ports de leurs mines et de leurs épaves, les nageurs de combat utiliseront souvent leurs « chariots »
Opérations dans le Pacifique