Claude Roberjot, né le à Mâcon et assassiné le près de Rastatt, est un député de Saône-et-Loire à la Convention nationale et au Conseil des Cinq-Cents sous le Directoire.

Biographie Son père Jean-Baptiste Roberjot est praticien et sa mère Anne Garnier.

Mandat à la Convention La monarchie constitutionnelle mise en place par la constitution du 3 septembre 1791 prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent la palais des Tuileries.

En , Claude Roberjot, alors curé constitutionnel de l'église Saint-Pierre de Mâcon et administrateur de la Saône-et-Loire, est élu député suppléant du département, le cinquième sur six, à la Convention nationale.

En brumaire an II (), il annonce dans une lettre à la Convention qu'il démissionne de ses fonctions ecclésiastiques. Le même mois, il est admis à siéger à la Convention pour remplacer Jean-Louis Carra, député girondin guillotiné.

En nivôse an III (), Claude Roberjot est élu représentant en mission auprès de l'armée du Nord et de l'armée de Sambre-et-Meuse. En vendémiaire an IV (), il est élu membre du Comité de Sûreté générale aux côtés de Pardoux Bordas, de Pierre Guyomar et d'Augustin Kervélégan.

Sous le Directoire En vendémiaire an IV (), Claude Roberjot est réélu député. Il siège au Conseil des Cinq-Cents. Il est tiré au sort pour en partir le prairial an V ().

Le 2 nivôse an VI (), il est nommé ministre plénipotentiaire à Hambourg à la place de Pierre-Louis Guinguené, puis à La HayeGazette nationale ou le Moniteur universel n°92 du 2 nivôse an VI (22 décembre 1797), Politique. République française, p. 1.. En messidor (), il est désigné troisième ministre plénipotentiaire au second congrès de Rastadt aux côtés de Bonnier d'Alco et de DebryGazette nationale ou le Moniteur universel n°282 du 12 messidor an VI (30 juin 1798), Politique. Allemagne, p. 1..

Ce congrès avait pour but de régler les désaccords concernant l'occupation de certaines régions d'Allemagne par la France, en particulier la rive gauche du Rhin, à la suite de la signature du traité de Campo-Formio. Roberjot prend une part importante aux délibérations du Congrès, qui durait depuis six mois déjà, quand les défaites de Jourdan permettent à l'Autriche de rompre les négociations. Le , les trois plénipotentiaires français décident de partir et réclament une escorte qui leur est refusée. Ils quittent le château, le 28, au soir, en cinq voitures, lorsque, un peu plus loin, ils sont attaqués par une troupe de hussards autrichiens. Claude Roberjot et Antoine Bonnier d'Alco sont assassinés et Jean Debry très sérieusement blessé.

upright=1.3|thumb|right|Assassinat des Plénipotentiaires Français à Rastadt (). Typogravure originale de Boussod et Valadon d'après C. Monet, 1893.Le Conseil décide alors que jusqu'à son remplacement son nom soit proclamé solennellement à chaque appel nominal, et qu'à cet appel le président répondrait : « Que le sang des ministres français assassinés à Rastadt retombe sur la maison d'Autriche ! » et que la place du représentant Roberjot soit occupée par un costume couvert d'un crêpe noir. Une fête funèbre est décrétée en son honneur et Garat prononce son oraison funèbre.

Postérité

En , le nom de Claude Roberjot ainsi que ceux de Jean Le Vacher, d'André Piolle, de Nicolas Hugon de Basville, d'Antoine Bonnier, de Victor Fontanier, de Jules Moulin, de Léon Herbin et de quatre autres diplomates français morts victimes du devoir, sont gravés sur une plaque en marbre noir inaugurée par Jean CruppiComœdia, 22 avril 1911, . et fixée dans le péristyle précédant le vestibule du bâtiment des archives au ministère des Affaires étrangèresExcelsior, 21 avril 1911, ..

Une rue et une école maternelle (située dans cette rue) portent son nom à Mâcon.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Paul Huot, Les plénipotentiaires de Rasttat, d'après l'ouvrage allemand Der Rasstater Gesandtenmord de Von Karl Mendelssohn-Bartholdy, Librairie internationale, Paris, 1869.

Alexis Belloc, La télégraphie historique, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, Firmin Didot, Paris, 1894, p. 110-121 Article sur le Directoire et l'attentat de Rastatt Capitaine Oscar Criste, Rasttat. L’assassinat des ministres français le , d'après des documents inédits des archives impériales et royales de Vienne, traduit de l'allemand par un officier supérieur, Librairie militaire R. Chapelot et Compagnie, Paris, 1900, 445 p. J. Souchon, Rasttat, l'assassinat des ministres français le , Extrait du Tome XXXII du Bulletin de la Société académique de Laon, Imprimerie du Journal de l'Aisne, 1907. . « Roberjot Claude », Jean-René Suratteau p. 910-911 in Albert Soboul (sous la dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, Presses Universitaires de France coll. « Quadrige », 1989, réédition 2005, 1132 p.

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