Le fort Carillon, aujourd'hui fort Ticonderoga, fut bâti par Michel Chartier de Lotbinière, lieutenant et ingénieur ordinaire du roi, sur ordre de Pierre de Rigaud de Vaudreuil, gouverneur du Canada, pour protéger le lac Champlain d'une invasion britannique. Le fort était non loin du fort Saint-Frédéric. Il devait empêcher une attaque contre le Canada en retardant l'ennemi assez longtemps pour pouvoir envoyer des renforts W. J. Eccles. France in America, Harper and Row, 1973, .. Préoccupés par le fait que le fort Saint-Frédéric était incapable de résister à la menace croissante des Anglais au sud, les Français entreprirent la construction d’un plus grand fort à l’endroit où le lac George (anciennement lac Saint Sacrement) rejoint le lac Champlain par la rivière appelée La Chute. Les travaux de construction débutent en Boréal Express, Canada-Québec, Éditions du Renouveau Pédagogique Inc. 1977..

Le fort a été le théâtre de entre Français et Britanniques lors de la guerre de Sept Ans, puis entre Britanniques et Américains pendant la guerre d'indépendance des États-Unis.

Emplacement vignette|Localisation du fort Carillon. Le fort Carillon est situé sur une pointe au sud du lac Champlain et au nord du lac George, un point naturel de conflit entre les forces françaises se déplaçant vers le sud du Québec par la rivière Richelieu à travers la vallée du lac Champlain vers la vallée de l'Hudson, et des bandes iroquoises au début de la colonie et des forces britanniques par la suite, remontant vers le nord. Le fort est entouré d'eau sur trois côtés, et sur une moitié du quatrième côté par un marécage. La portion restante a été puissamment fortifiée par de hauts retranchements, soutenus et accompagnés par trois batteries de canons, et devant l'ensemble, cette partie fut bloquée avec des arbres abattus, puis les extrémités des branches furent durcies par le feu, créant ainsi une formidable défense. L’endroit a été choisi car il permettait le contrôle de la pointe sud du lac Champlain autant que l’accès à la vallée de l’Hudson. Handicapée par la corruption, la construction se poursuit péniblement.

À la mi-, quatre bastions hérissés de canons d’une hauteur d’au moins ont été érigés. À l’automne le fort n’est toujours pas terminé quand une surprenante découverte est faite. À mesure que les arbres de la péninsule sont coupés les Français réalisent que l’endroit choisi ne verrouille pas convenablement la jonction entre les deux étendues d’eau. Le fort n’est pas construit au bon endroit ! Pour corriger cette erreur inimaginable un plus petit est construit, plus près du lac, connu sous le nom de « Redoute des Grenadiers ». En , le fort n’est toujours pas terminé et n’est qu’une structure incomplète faite de terre et de rondins, armée malgré les 36 canons qui attendent l’attaque que les Français savent proche. Mais les Français et Canadiens ne veulent pas se contenter d’attendre passivement les Anglais, et décident de passer à l’attaque. En avril, , sous les ordres du marquis de Montcalm, se regroupent à fort Carillon et au fort Saint-Frédéric. En , ils traversent le lac George pour prendre le fort William Henry. L’opération est un succès et Montcalm ramène ses hommes à fort Carillon pour l’été.

Basse et Haute ville de Carillon vignette|Plan du fort Carillon et de la ville en 1758.

En 1756, sur les plaines sablonneuses en bas des hauteurs, les soldats Canadiens et Français travaillèrent pour créer le « Jardin du Roi », qui fut un jardin potager pour nourrir la garnison chargée de la construction du fort.

En 1758, le fort Carillon et son environnement étaient composés d'une basse et d'une haute ville, deux hôpitaux, des hangars, tavernes, et baraques pour les soldats. La basse ville prenait la forme d'un triangle avec le fort, le point nord du triangle, et la basse ville la partie sud. Il y avait des tavernes avec cave à vin, boulangeries et neuf fourneaux The bulletin of Fort Carillon, .. Il était important de construire les batteries de la basse ville avec de la terre prise non loin du fortFrançois Gaston Lévis (duc de), Henri Raymond Casgrain 1 Commentaire, C.O. Beauchemin & fils, 1895 - ..

Le , lorsque les ordres furent donnés de mettre le feu à la ville, les Amérindiens ne pouvaient pas croire que les Français et les Canadiens abandonneraient tout ce qu'ils avaient construit et entrepris à Carillon. Une épaisse fumée s'éleva des deux hôpitaux incendiés, des hangars de la basse et haute ville, et des baraques des soldats. Tout devait être rasé face à l'avancée de l'armée britannique Lettres de Montcalm, C.O. Beauchemin & fils, 1895 - .. Aucun bâtiment n'a été reconstruit comme ce fut le cas à Louisbourg, au Cap-Breton.

Régiments présent au fort Carillon

vignette|droite|Drapeaux de régiments présents au fort Carillon.

Armée française : Les troupes de terre Les troupes de terre étaient composées de soldats professionnels envoyés de France afin de combattre en Amérique. Ceux-ci étaient disciplinés et bien entraînés. À Carillon en 1758, ces forces comprennent les seconds bataillons de cinq régiments d’infanterie provenant de différentes régions de France. Chacun de ces régiments avait sa propre histoire et un uniforme possédant ses propres caractéristiquesNous étions le Nouveau Monde, Jean-Claude Germain, Hurtibise, , 2009.. Les régiments en présence au fort Carillon étaient : Régiment de la Reine , 345 h ; Régiment de Languedoc , 426 h ; Régiment de Guyenne , 470 h ; Régiment de Béarn , 410 h ; Régiment Royal-Roussillon , 480 h ; Régiment de La Sarre , 460 h ; Régiment de Berry 450 h ; Régiment de Berry (compagnie de grenadiers), 50 h ; Canonniers-Bombardiers, 60 h ; Compagnies franches de la marine, 150 h ; Milice canadienne, 250 h à 650 h ; Indiens 15 hM. Chartrand, , 2005..

Régiment de la Reine Provenance : région de Paris Durant la guerre de Sept Ans, ce régiment prend part à plusieurs affrontements, dont celui de fort Saint-Frédéric au lac George en , au cours duquel le général Dieskau est blessé. Le régiment de la Reine prend aussi part à la prise du fort Bull et du fort William Henry et, plus glorieusement, contribue à la victoire française à Carillon en 1758 contre les forces du général Abercromby. Il semble que, contrairement à la pensée populaire, le régiment de la Reine ne participe pas au siège de Québec; il est plutôt envoyé à Carillon en afin de se prémunir contre une éventuelle attaque des Britanniques, puis retiré et envoyé à l’Isle-aux-Noix en juillet de la même année. Le régiment prendra toutefois part à la bataille de Sainte-Foy en 1760.

L’uniforme des soldats du régiment de la Reine est caractérisé par un justaucorps de couleur blanc-gris avec les revers de manches rouges ornés de trois boutons et des poches à huit boutons. La veste est rouge tandis que la culotte, de la même couleur que le justaucorps, se porte avec des bas blancs ou gris et des souliers noirs à boucles métalliques. Des guêtres blanches recouvrent les bas et la culotte et se boutonnent verticalement à l’aide d’une rangée de boutons placés du côté extérieur de même qu’elles s’attachent sous le genou à l’aide d’une courroie de cuir noir. Quant au tricorne, il est de feutre noir et possède un galon argenté.

Le drapeau est quant à lui vert et noir, divisé par une croix blanche sur laquelle figure une série de fleurs de lys dorées dont trois sont entourées par quatre couronnes en or.

Régiment de Guyenne vignette|droite|Uniforme de régiment et tambour.

Provenance : région de Bordeaux Dès son arrivée en Amérique, le , ce régiment est envoyé au fort Frontenac, puis par la suite au fort Niagara. En , certains de ses hommes participent à la prise du fort Bull en empêchant la communication entre le lac George et Oswego. Le régiment de Guyenne participe ainsi à plusieurs batailles : celle du fort Oswego en et celle de la prise de fort William-Henry en 1757. Le régiment se bat aussi à Carillon en 1758, et passe l’hiver posté au même endroit. En , une partie des hommes est envoyée au fort Niagara, environ 30 autres à l’Isle-aux-Noix, et le reste se dirige vers Québec pour participer à la défense de la ville. Il prend part à la bataille de Montmorency, à celle des plaines d’Abraham le (les soldats du régiment de Guyenne sont alors placés au centre de la ligne d’attaque) de même qu’à la bataille de Sainte-FoyNous étions le Nouveau Monde, Jean-Claude Germain, Hurtibise, , 2009..

L’uniforme des soldats du régiment de Guyenne est semblable à celui du régiment de la Reine: un justaucorps gris-blanc avec des revers de manches rouges ornés de trois boutons; veste rouge; culotte de la même couleur que le justaucorps; souliers noirs à boucles métalliques. Contrairement à La Reine, le tricorne de feutre noir est orné d’un galon doré.

Régiment de Berry Provenance : région du Berry À l’origine, les et du régiment de Berry devaient être mobilisés en Inde. Cependant, à la demande de renforts placée par Montcalm et Vaudreuil, la destination du régiment est modifiée : il débarque en Nouvelle-France à la fin de . Les deux bataillons sont postés à Québec. En 1758, le régiment est envoyé à Carillon et contribue à la victoire. À la fin août, le régiment, qui comptait au départ 908 soldats, n’en compte plus que 723 en raison des batailles successives qui sont fatales pour plusieurs. Les soldats restant ne sont pas rapatriés à Québec pour la bataille des Plaines, leurs services étant toujours requis à Carillon. Ils participeront toutefois à la bataille de Sainte-Foy.

L’uniforme des hommes du régiment de Berry est lui aussi gris-blanc avec des revers de manches rouges, mais à cinq boutons plutôt qu’à trois comme La Reine et Guyenne. Le justaucorps possède également de doubles poches verticales attachées par six boutons. La veste est rouge, la culotte et les bas de couleur blanc-gris, les souliers noirs à boucles métalliques et les guêtres blanches. Quant au tricorne, il est de feutre noir et possède un galon doré.

Régiment de Béarn vignette|droite|Régiment de Béarn.

Provenance : région de l'Aquitaine Arrivé en en Nouvelle-France, le régiment de Béarn est envoyé dès le début du mois de juillet au fort Frontenac et, un an plus tard, il contribue à la victoire au fort Oswego, en compagnie des autres régiments, de la milice et des Amérindiens. Après la capitulation des Britanniques, le , une compagnie est envoyée au fort Bull et une autre au fort William-Henry. L’année suivante, l’unité entière se dirige au fort Carillon, pour ensuite revenir à William-Henry et prendre part à cette bataille. En 1758, le régiment de Béarn participe à la défense du fort Carillon et, en 1759, il est présent lors du siège de Québec, à l’exception de 35 soldats qui sont mobilisés au fort Niagara. Le régiment prend aussi part à la bataille de Sainte-Foy l’année suivante.

L’uniforme des soldats du régiment de Béarn qui servent en Nouvelle-France est caractérisé par un justaucorps de couleur blanc-gris avec les revers de manches rouges ornés de trois boutons et de poches verticales à six boutons. La veste est rouge tandis que la culotte, de la même couleur que le justaucorps, se porte avec des bas blancs ou gris et des souliers noirs à boucles métalliques. Des guêtres blanches recouvrent les bas et la culotte et se boutonnent verticalement à l’aide d’une rangée de boutons placés du côté extérieur de même qu’elles s’attachent sous le genou à l’aide d’une courroie de cuir noir. Le tricorne est quant à lui de feutre noir et possède un galon argentéNous étions le Nouveau Monde, Jean-Claude Germain, Hurtibise, , 2009..

Régiment de La Sarre Provenance : région de Lorraine