Entre 1924 et 1929, la production s'est accrue de 5 % par an et si l'indice de production industrielle a atteint en 1931 un sommet qu'elle n'a retrouvé qu'en 1951Kuisel, 1981, p.157, l'industrie française souffrait de la taille modeste de ces sociétés industrielles comparées à celles des autres grands pays industriels. Par ailleurs la forme juridique utilisée, la société holding au lieu de la grande société anonyme, ne favorisait pas la rationalisation et poussait aux ententesKuisel, 1981, p. 158-159. Paradoxalement aux États-Unis l'interdiction des ententes et des cartels favorisa la grande entreprise intégrée c'est l'opinion d'Alfred Chandler dans The Visible Hand: The Managerial revolution in American Business (1977)pp.333-334, 375-376, p.499 cité in Kuisel, 1981, p.69. Si sur certains points la rationalisation et le taylorisme progressent pour Kuisel, ceux qu'il appelle les néolibéraux ou les néocapitalistesle terme néocapitalisme semble surtout concerner la période 1920-1930, le terme néolibéralisme semble davantage usité après cette période dont Ernest Mercier est alors l'archétype n'arrivent à convaincre ni leurs collègues ni les syndicats de l'intérêt d'une société d'abondance de type fordiste. Ils ont beau mettre en avant que Kuisel, 1981, p.160, le pays estime cela trop américain.
En 1928, on assiste à une première ébauche de modèle social français avec la loi LoucheurErnest Mercier doit une partie de sa carrière à Louis Loucheur, Kuisel (1981, p.116) considère Loucheur comme un néolibéral et pour lui de façon générale, (Kuisel, 1981, p.164).
Dans les années suivantes et jusqu'en 1936, peu de choses furent entreprises et la politique gouvernementale visait Kuisel, 1981, p.176. À cette époque, on assiste à la montée du corporatisme qui Kuisel, 1981, p.187. Ce mouvement déteindra sur les deux grands tendances planistes qui apparaissent alors et qui auront après guerre une forte influence : le planisme néolibéral et le planisme socialo-syndicaliste. Les planistes socialo-syndicaliste, la force la plus puissante pour KuiselKuisel, 1981, p.194 s'inscrivaient dans la lignée d'Henri De Man. Les idées de ce dernier s'articulaient autour de plusieurs grands axes : Kuisel, 1981, p.195; l'ennemi était le capital financier () ; il fallait donc ; l'essence des nationalisations étaient d'abord le transfert de l'autorité plus que celui de la propriété, le plan était un ensemble hiérarchisé de mesure et devait constituer Kuisel, 1981, p.196. Le plan de la CGT de , inspiré par ces principes préconisait : une politique de reflation c'est-à-dire de hausse du pouvoir d'achat pour doper la demande intérieure ; des réformes de structure et notamment une nationalisation du crédit et la création comme organisme central de direction d'un conseil économiqueKuisel, 1981, pp.198-199. Par contre l'objectif final était peu clair Kuisel, 1981, p.200 et il n'était pas certain que la planification mène au socialisme. Pour cela et d'autres raisonsvoir Kuisel, 1981, pp.204-211 le plan ne fut adopté ni par Léon Blum lorsqu'il arriva au pouvoir ni par la CGTU (communiste). Les planistes néolibéraux se recrutaient quant à eux surtout parmi les dirigeants de l'économie, les ingénieurs et les hauts fonctionnairesKuisel, 1981, p.190. Ils avaient une perception proche des syndicalo-socialistes de la mutation du capitalisme qu'ils voyaient liée à l'émergence de grandes firmes. Mais, alors que le planisme socialo-syndicalisme analysait cette évolution à travers le prisme syndicaliste ou marxiste de l'autodestruction du capitalisme, pour eux il s'agissait simplement d'adapter le libéralisme à la nouvelle donne économique et sociale. . En fait les frontières entre les deux types de plan n'étaient pas si étanches que l'on pourrait croire et au moins à partir de 1938 et du colloque Walter Lippmann, il y eut une certaine volonté de rapprochementvoir Denord, 2001, pp.31-32 sur le rapprochement entre néolibéraux et certains syndicalistes. Sur certains points, notamment le corporatisme et l'auto-discipline des producteurs, les néolibéraux français étaient certainement plus en opposition avec les libéraux américains qu'avec leurs homologues françaisvoir article Edward Mason.
Articles connexes Histoire des bourses de valeurs Notes et références
Annexes Bibliographie Richard F. Kuisel, 1984, Le Capitalisme et l'État en France, Gallimard
Catégorie:Histoire économique de la France *