thumb|Examen d'un tableau blanc interactif par des visiteurs du CeBIT de Hanovre en 2007

Un tableau blanc interactif (TBI), également appelé tableau numérique interactif (TNI) ou tableau pédagogique interactif (TPI), est l'équivalent d'une tablette graphique blanche (le « tableau ») reliée à un ordinateur dont l’image est projetée sur cette surface par un vidéoprojecteur. Les utilisateurs interagissent avec le tableau à l’aide d’un stylet qui remplace la souris ou, pour les modèles tactiles, simplement avec les doigts. Il existe aussi des dispositifs mobiles facilement transportables ainsi que des vidéoprojecteurs interactifs permettant de rendre une surface classique, comme un tableau blanc ou un mur, interactive.

Le tableau pédagogique interactif est utilisé dans de nombreux établissements scolaires. Il peut être utilisé dans de nombreux domaines d'apprentissage. Le TPI s'inscrit dans le cadre de la mise en place des TIC et des TICE.

Histoire

La société américaine Rank-Xerox, basée dans le Connecticut, a inventé le tableau blanc interactif (TBI) à la fin des années 1980. C’est plus précisément au Xerox Parc de Palo Alto que le premier « LiveBoard » a vu le jour en 1988. Le TBI avait alors pour objectif de permettre le travail collaboratif à distance.

Dès 1991, la société Smart Technologies, dont le siège social se trouve à Calgary au Canada, commercialise les tout premiers TBI. Jusqu’alors destinés aux entreprises, les TBI ont progressivement été diffusés dans le milieu scolaire pour des utilisations pédagogiques.

Domaine scolaire

Utilisation efficace La transition du tableau conventionnel au TBI a apporté de nouvelles pratiques pédagogiques, en rendant les projections plus interactives, créatives et ludiques, notamment par l'ajout de contenu multimédia ou didactiques (schémas/images).

Selon la Carte des habiletés et de l’utilisation du TBI en salle de classe.,

Pour une utilisation efficace du TBI, le laboratoire du LUTINRapport du laboratoire LUTIN, Livre Blanc de l'Usage des Tableaux Numériques Interactifs, septembre 2011. préconise de veiller aux 3 éléments suivants : la visibilité, la lisibilité et la compréhension.

Pour la visibilité, trois paramètres sont à prendre en compte :

La luminance (niveau de visibilité des informations du document), qui a pour objectif de ne pas éblouir le lecteur ; Le contraste, qui a pour but d'améliorer la lisibilité en privilégiant l'écriture noire sur fond blanc ; La réflectance (dépendante des lumières parasites venant de l'extérieur) : il faut placer l'écran de manière à éviter les reflets, à une distance raisonnable, et surtout à adapter selon le lecteur.

Pour la lisibilité, certains paramètres tels que la typographie ou la taille de police d'écriture auront un impact important sur l'attention et la fatigue visuelle de l'auditoire.

Il faut cependant noter que l'utilisation du TBI peut ne pas être adaptée à toutes les matières ou exercices proposés.

En comparaison à un rétroprojecteur, le tableau blanc interactif peut servir de tablette, malgré le clavier qui est séparé du TBI.

Il y a tout de même des limites à prendre en compte, car il s’agit d’un outil interactif et non tactile. Il y a par exemple des restrictions d'accès à certains sites et le partage de certains documents.

Le tableau blanc interactif est donc un outil considéré comme très varié, car il est capable de prendre la place d’un tableau noir, d’un projecteur en affichant des diapositives ou encore de cahier virtuel.

Études sur l'utilisation du TBI en milieu scolaire Le TBI est utilisé dans les classes de plusieurs pays, comme le Royaume-Uni (en 2009, 95 % des classes disposent d'un TBI.), le Mexique et les États-Unis et une trentaine d'autres pays dont la France, la Russie, l'Autriche, la Grèce, l'Irlande, les Pays-Bas ou la Lituanie, le Canada et également la Suisse.

Par exemple, le projet européen iTiltProjet "iTilt", Site Web. lancé par Linguapolis, l'institut pour le langage et la communication d'Antwerp (Belgique), repose sur l'étude de l'utilisation du TBI lors de l'enseignement des langues et tente de globaliser son installation dans les classes.

La ville d'Élancourt (Yvelines) fut la première ville de France à avoir testé le TBI.. Dans l'école Jean De La Fontaine, ce tableau a été utilisé par des enfants et des professeurs depuis 2007. En 2008, les élèves ont été filmés en cours de géographie pour présenter ce tableau. En 2009, une classe de CM2 de la même école est filmée en cours d'anglais. Les élèves suivaient une visioconférence avec un professeur d'anglais qui les voyait à l'aide d'une webcam.

Menée auprès d'enseignants, l’enquête de Gary Beauchamp Teacher Use of the Interactive Whiteboard in Primary Schools - towards an effective transition framework., démontre que la majorité d'entre eux utilisant le TBI, que celui-ci avait un impact important sur "le développement des compétences et l’acquisition des connaissances" pour l’élève, ainsi que sur leur motivation. Gary Beauchamp, dans cette recherche, pose le problème de l'adaptation des méthodes d'enseignement par les professeurs passant d'un tableau blanc/noir à un tableau interactif. Il avance que les équipements numériques et technologiques sont de plus en plus présents dans notre vie quotidienne et qu'il est donc important d'adapter les méthodes d'enseignement aux outils avec lesquels grandissent désormais les nouvelles générations. Il base son étude sur des observations en classe et sur des interviews lors desquelles des enseignants sont classés selon leur mode d'utilisation du TBI.

L'étude de Gary Beauchamp lui permet de définir des « stades d'avancement » lors de la familiarisation avec cet outil :

L'utilisateur novice : les enseignants commencent par utiliser le TBI comme un tableau traditionnel, en se limitant souvent à l'écriture ou au dessin. Cette simple substitution du TBI au tableau blanc/noir ne permet pas d'adapter l'enseignement à la nouvelle technologie. L'utilisateur apprenti : à ce stade, l'enseignant utilise des fonctionnalités du TBI et mobilise ses compétences informatiques existantes, par exemple à travers la projection de diaporamas ou la sauvegarde des cours présentés. L'utilisateur initié : à partir de ce stade, la familiarité avec le TBI permet d'enrichir l'enseignement en exploitant la diversité d'outils et adaptent leurs méthodes à ces nouvelles possibilités. L'utilisateur avancé : l'enseignant est capable de concevoir de nouvelles ressources pédagogiques interactives et/ou multimédia pour impliquer les élèves dans un apprentissage actif et volontaire. L'utilisateur synergique : l'offre pédagogique du TBI occulte ses prérequis techniques, les interactions avec le TBI sont intuitives et permettent à l'élève d'exprimer sa pensée. Ce stade d'avancement suppose un apprentissage flexible où l'élève peut influencer la direction de l'enseignement, en restant toutefois dans le cadre posé par l'enseignant.

Cette étude, en plus de souligner les possibilités offertes par le TBI, expose le besoin de soutien et de formation des enseignants tant sur les capacités techniques que pour l'intégration pédagogique de l'outil dans l'optique d'améliorer l'apprentissage et l'implication des élèves.

Domaines d'apprentissage Dans tous les domaines d'apprentissage, on peut avoir recours au tableau : les sciences, le français, les arts, la musique Cependant, certaines matières restent plus faciles à enseigner à l'aide des anciennes méthodes que d'autres, en particulier les langues (allemand, anglais).

Parfois, seul le vidéoprojecteur sera utilisé comme support de cours, à d'autres moments on utilisera plus l'intérêt de l'interactivité, que ce soit l'élève ou l'enseignant qui manipulent le TBI.

Avantages De nombreux avantages existent aussi bien pour les enseignants que pour les élèves.

Avantages pour les enseignants : meilleure présentation de certains contenus théoriques (Littlenton, 2010) ; variété des modes d’enseignement et d’apprentissage ; contenus enrichis (Higgins et al. 2007) ; moins de temps investi grâce à la mutualisation des ressources (Rudd, 2007) ; aide à l’organisation des cours ; permet de diversifier les méthodes pédagogiques : mise en route rapide ; partage inter-classe ; administration système rapide : favorise les interactions ; modifications en temps réel ; sauvegardes automatiques, utiles pour reprendre les différents documents ultérieurement si nécessaire.

Avantages pour les élèves : suscite de l'intérêt, de la motivation et permet une certaine stimulation ; permet d'annoter, de dialoguer et de collaborer ; permet une mémorisation visuelle ; facilite les travaux de groupes ; adapté à la jeune génération ; administration du système rapide ; interactions, collaboration, espaces d'interactions partagés (Harlow et al. 2010).

Avantages et inconvénients

Avantages Inconvénients. : utilisation possible de tous les types de médias (tapuscrits, manuscrits, images fixes, vidéos, musiques) dans le même document support de cours ; selon l'âge du lecteur ; : on peut déplacer, agrandir-réduire, souligner-surligner, agir directement sur le TNI ; Possibilité de le travail et le réutiliser (= historique) ; Le professeur fait face à son auditoire (= sur l'écriture du cours + permet d'expliciter le cours) ; pour les nouvelles générations. assez élevé ; Contraintes de (éclairage, distance) ; d'utilisation pour les jeunes élèves ⇒ TNI pas encore très répandu ; Problèmes techniques et logistiques ; des enseignants coûteuse et insuffisante ; Demande une grande + l’exposition prolongée fatigue vite (lumière bleue dans le cadre des écrans numériques : fatigue des yeux qui peuvent devenir secs, problèmes de vue) ; : certains TNI doivent être régulièrement recalibrés pour éviter un décalage entre la zone ciblée par le stylet et la zone du tableau où il agit. Résultats limités sur les apprentissages : peu d’impact mesurable sur les résultats scolaires. Les effets sont souvent faibles, temporaires, et variables selon les contextes.

Etude du TBI comme outil de dialogue L’étude de Neil Mercer, Sara Hennessy et Paul Warwick analyse comment le tableau interactif peut favoriser le dialogue entre enseignants et élèves.

Les résultats montrent que le TBI peut soutenir les échanges, la participation et la construction des connaissances grâce à ses fonctionnalités interactives. Il aide à structurer les échanges et rendre visible les raisonnements. Cependant, son efficacité dépend entièrement de la manière dont il est utilisé. L’usage pédagogique est essentiel.

Le TBI n’est utile pour l’apprentissage que s’il est un intégré dans une pédagogie dialogique.

Domaine de l'entreprise

Utilisé dans les entreprises, le TBI permet à un conférencier de présenter des données à un large public et d'interagir sur la présentation en restant debout à côté du tableau. Les logiciels fournis permettent également d'écrire ou de dessiner directement sur l'écran, à l'aide d'un feutre virtuel, du doigt ou d'un stylet. Il trouve des applications en andragogie, lors de formation ou de communication syndicale ou patronale

Le TBI est également utilisé par certains services départementaux d'incendie et secours (SDIS) pour la gestion d'opérations avec un travail sur carte. La prise de décision et l'analyse sont facilités par cet outil. De même certaines applications sont utilisées par l'armée pour la formation et la prise de décision en opération (travail sur cartes).

Des TBI sont embarqués sur des véhicules spécifiques comme celui de l'IRQUA (Institut régional de la qualité agroalimentaire) Poitou-Charentes pour faire participer le public qui vient rencontrer les producteurs du terroir.

Dans le monde de l'entreprise, les tableaux blancs interactifs sont beaucoup plus utilisés au Royaume-Uni qu'en France (en 2008, environ utilisés au Royaume-Uni contre moins de en France)..

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