La bataille de Yorktown se déroule en Virginie du au , lors de la guerre d'indépendance des États-Unis. Elle oppose les insurgés américains et leurs alliés français commandés par le comte de Rochambeau aux Britanniques commandés par Lord Cornwallis. Après 21 jours de combat, ce dernier se rend, avec le quart des forces britanniques engagées dans la guerre ; la bataille signe la défaite certaine de la Grande-Bretagne.
Contexte
Lorsque les généraux Rochambeau et Washington se rencontrent à Wethersfield dans le Connecticut le pour décider de la stratégie à adopter face aux Britanniques, ils ont l'intention de marcher sur New York, occupée par hommes sous les ordres de Sir Henry Clinton, le plus haut gradé des commandants britanniques.
Pendant ce temps, l'information parvient au général La Fayette que Lord Cornwallis a pris position à Yorktown en Virginie près de la rivière York. Avant de se rabattre sur la bourgade virginienne, Cornwallis campait avec ses hommes dans les colonies du Sud. Il en occupait une bonne partie, mais fut obligé d'abandonner ses positions pour se ravitailler et permettre à ses soldats de reprendre des forces à Yorktown. Ceux-ci étaient très exposés à la malaria, qui joua un rôle important dans l'affaiblissement ultérieur de ses forces. De plus, ses effectifs avaient aussi fondu en raison de la campagne que Nathanael Greene avait menée sans relâche contre ses troupes depuis deux ans. Clinton souhaite aussi ce mouvement sur Yorktown afin que les troupes puissent faire corps avec la Royal Navy.
Rochambeau prend la décision de marcher sur Yorktown, contrairement à la décision précédente — prise en commun avec Washington — et sans le dire à ce dernier. Washington, ayant appris la position des Britanniques en juillet, accepte avec beaucoup de récriminations cette décision de mener les troupes françaises et américaines en Virginie, espérant que Cornwallis maintienne ses forces à Yorktown. Contrairement à ce qu'il affirmera plusieurs années plus tard, Washington n'a donc pas joué de rôle réel dans la définition de la stratégie autour de la bataille de Yorktown, celle-ci ayant été faite par les Français..
Concernant les opérations navales, l'espoir est à l'évidence aussi français, Washington a la confirmation, le , que l'amiral de Grasse, qui était jusqu'alors aux Antilles, mouillait désormais dans la baie de Chesapeake avec une puissante flotte de vingt-huit navires.
La bataille gauche|vignette|Soldats américains et français lors du siège du Yorktown, par Jean-Baptiste-Antoine de Verger. De gauche à droite : un soldat noir du Régiment de First Rhode Island, un milicien de Nouvelle-Angleterre, un fusilier de la Frontière de l'Ouest, et un officier français. La bataille se déroule donc à Yorktown, colonie de Virginie assiégée depuis plusieurs semaines. D'un côté, on trouve commandés par Lord Charles Cornwallis, et de l'autre insurgés américains, les volontaires de La Fayette, menés par le colonel Armand, marquis de la Rouërie, et George Washington, ainsi que les du corps expéditionnaire français de RochambeauGuy Richard, Européens et espaces maritimes au , éditions du Temps, Paris, 1997, , ( au total).
thumb|left|Carte de la partie de la Virginie où l'armée combinée de France et des États-Unis d'Amérique a fait prisonnière l'armée Anglaise commandée par Lord Cornwallis, le 19 octobre 1781.
La flotte française assure le blocus du port de Yorktown empêchant tout ravitaillement des Britanniques par la mer (bataille de la baie de Chesapeake), tandis que les troupes terrestres franco-américaines encerclent la ville.
Après avoir pris les redoutes et bastions qui défendaient la ville, l'armée franco-américaine assiège celle-ci. L'artillerie française montre son efficacité. C'est la première utilisation du nouveau type d'artillerie conçu par GribeauvalPierre Royer, « Yorktown. La France accouche les États-Unis », Conflits, , janv.-mars 2017, p. 36-37..
Lord Cornwallis se rend. Prétendant être malade, il envoie le général Charles O'Hara signer la redditionO'Hara présente l'épée de Cornwallis que Washington ordonne de remettre à son second, le général Benjamin Lincoln .. À Londres, la défaite provoqua le renvoi du cabinet de Lord North, qui fut remplacé par des whigs favorables à la paix.
Les Canadiens français à la bataille de Yorktown
Plusieurs Canadiens français ont pris part à la bataille de Yorktown. Ainsi, par exemple, le major Clément Gosselin, Germain Dionne et plusieurs autres combattent avec La Fayette et Washington. La défaite britannique amène britanniques à se réfugier au Québec et en Nouvelle-Écosse, sur une population de . Ce sera la création du Canada anglais.
Louis-Philippe de Vaudreuil, petit-fils d'un gouverneur de Nouvelle-France probablement né en Nouvelle-France, est amiral dans la marine française à la bataille de la baie de Chesapeake devant Yorktown. Né à Québec, Jacques Bedout, lieutenant de frégate français (plus tard contre-amiral), est quant à lui sur la frégate la Railleuse.
Postérité Bataille majeure de la guerre d'indépendance des États-Unis, la bataille de Yorktown a été mise en avant aux États-Unis mais aussi en France en 2026 lors des commémorations du anniversaire de la signature de la Déclaration d'indépendance des États-Unis d'Amérique.
Une reconstitution de la bataille a ainsi été organisée par le château de Versailles les 4 et 5 juillet 2026. Cette reconstitution, qui s'est déroulée dans les jardins du parc du Grand Trianon, a mobilisé plus de 500 figurants provenant de différentes nationalités.
Ordre de bataille Armée britannique commandant en chef : Lord Cornwallis hommes 60px|right Brigade of Foot Guards (O’Hara) Light Infantry Brigade (Abercrombie) Brigade (Yorke) Brigade (Dundas) Loyalistes Contingent allemand : Ansbach-Bayreuth (von Voigt) Hessen-Kassel (von Fuchs)
200px|center|Les Américains font prisonnier Lord Cornwallis et son armée, près de Yorktown le 19 octobre. Armée française commandant en chef : comte de Rochambeau hommes 60px|right Marine : amiral de Grasse Artillerie : colonel d'Aboville Cavalerie Légion des volontaires étrangers de Lauzun : colonel propriétaire Armand-Louis de Gontaut Biron, duc de Lauzun Infanterie Brigade Bourbonnais Régiment de Bourbonnais : colonel marquis de Laval Régiment Royal Deux-Ponts : colonel comte de Deux-Ponts Brigade Soissonnais Régiment de Soissonnais : colonel marquis de Saint-Maime Régiment de Saintonge : colonel marquis de Custine Brigade Agenois Régiment d'Agénois : colonel marquis d'Audechamp Régiment de Gatinais : lieutenant-colonel de L'Estrade Régiment de Touraine (non embrigadé) : colonel vicomte de Poudenx Régiment du Port-au-Prince : colonel Joseph de Gripière, marquis de Laval
Armée américaine commandant en chef : George Washington hommes
second du général : Alexander Hamilton
60px|right Light Division (La Fayette) Brigade (Muhlenberg) Brigade (Hazen) Division (Benjamin Lincoln) Brigade (Clinton) Brigade (Dayton) Division (Friedrich Wilhelm von Steuben) Brigade (Wayne) Brigade (Gist) Virginia Militia (Nelson) Brigade (Weedon) Brigade (Lawson) Brigade (Stevens)
Notes et références
Annexes
Bibliographie
Pascal Cyr et Sophie Muffat, La guerre d'indépendance américaine, Paris, Passés Composés, 2022, 512 p. .
Jacques Leclerc, « Histoire du français au Québec : le régime britannique » dans L’aménagement linguistique dans le monde, Québec, TLFQ, université Laval, . Dictionnaire biographique du Canada, Jacques Bedout, Ottawa, Bibliothèques et Archives Canada, 2006 Dictionnaire biographique du Canada, Clément Gosselin, Ottawa, Bibliothèques et Archives Canada, 2006.
Articles connexes La Reddition de Lord Cornwallis, tableau de 1817, par John Trumbull Prise de Yorktown, tableau de 1836, par Auguste Couder Histoire de la marine française Porte Désilles Bataille de la baie de Chesapeake Alliance franco-américaine Square de Yorktown (Paris)
Liens externes . .
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