Saint-Laurent-d'Oingt est une ancienne commune française située dans le département du Rhône en région Auvergne-Rhône-Alpes. Le , elle a fusionné avec les communes du Bois-d'Oingt et d'Oingt pour former la commune nouvelle de Val d'Oingt.

Son territoire composé de la vallée de l'Azergues (affluent de la Saône) et de plusieurs vallons (ruisseaux) et collines présente un intérêt écologique (rivière à truite, tourbières, gîtes à chauve-souris) et agronomique (vignobles). Le village, rural, a une population relativement stable depuis deux siècles, et compte 834 habitants en 2014. Le tourisme est développé autour du village, qui présente également une vie locale (école, poste, épicerie, équipements culturels et sportifs).

Géographie Situé au nord-ouest du versant méridional des collines du Beaujolais, au cœur de la région des Pierres dorées, Saint-Laurent-d'Oingt est un petit village classé de 904 hectares à d'altitude, à de Lyon et de Villefranche-sur-Saône. Il dépend du canton du Bois-d’Oingt, à .

Il est desservi par la D 385 (Route BuissonnièreRoute buissonnière dans la vallée de l'Azergues, consulté le 12 novembre 2010), qui passe dans la vallée et le relie à Létra et Chamelet au nord-ouest, Le Bois-d'Oingt au sud-est. L'aérodrome de Villefranche - Tarare est situé à proximité sur la commune de Frontenas. Le village a obtenu de nombreux prix (en 2010, deux fleurs au concours des villes fleuries).

Liste des hameaux :

Communes limitrophes

Topographie Hormis l'excroissance du territoire au nord (Le Pinot) dont l'altitude monte à plus de (contreforts des crêts de Remont qui culminent à , sur la commune voisine de Ville-sur-Jarnioux), le territoire de Saint-Laurent-d'Oingt est constitué de vallons et collines. Ceux-ci sont situés entre 250 et d'altitude et orientés selon des axes nord-est / sud-ouest. Les vallons (ruisseau de Vervuis en limite nord-ouest, ruisseau de Tagnand, ruisseau de Fourcon) sont perpendiculaires à la vallée à fond plat de l'Azergues dans laquelle ils débouchent. Celle-ci descend en altitude de 272 à et constitue le point le plus bas de Saint-Laurent-d'Oingt. En limite sud-ouest, au-delà du creusement du lit de la rivière, les sols remontent jusqu'à (crêt des Femmes)Carte IGN.

Géologie

La zone dans laquelle se trouve Saint-Laurent-d'Oingt présente un intérêt géologique (avec notamment le gisement fossilifère et le gîte de Valtorte, et à proximité immédiate les circuits géologiques de « Pierres Folles », tous cités à l’inventaire des sites géologiques remarquables de la région Rhône-Alpes). Le territoire de Saint-Laurent-d’Oingt repose sur les assises primitives et les dépôts sédimentaires. À l’ouest, la terre est légère et siliceuse. À l’est, elle provient de l’effritement des assises du jurassique inférieur ; elle est siliceuse, silico-argileuse et silico-calcaire. La partie située à l’ouest contient des doses très moyennes d’azote et d’acide phosphorique. Elle est pauvre en calcaire et contient assez de potasse. À l’est, le sol renferme des doses suffisantes de potasse. L’acide phosphorique et la chaux sont représentés par des chiffres plus élevés à l’ouest.

Écologie

Saint-Laurent-d’Oingt fait partie d’une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) de type II, qui délimite le haut bassin versant de l’Azergues et du Soanan. Les cours d’eau proprement-dits sont identifiés en ZNIEFF de type I (en raison de la présence de populations remarquables d’écrevisse à pattes blanches), de même que d’autres secteurs de grand intérêt biologique, notamment l’une des deux seules tourbières connues du département du Rhône et des gîtes à chauves-sourisInventaire des Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique, , 2007.

Classée en piscicole sur les deux-tiers amont de son cours, l’Azergues traverse Saint-Laurent-d'Oingt dans la vallée. Elle est la principale rivière à truite du département du Rhône. Plusieurs groupements piscicoles sont identifiables dans l'Azergues des sources à la Saône. De l'amont vers l'aval on trouve ainsi la zone à Truite, la zone à Ombre (dont fait partie Saint-Laurent-d'Oingt), la zone à Barbeau et la zone à Brème. Divers poissons, dont certains sont en voie de disparition, vivent dans l'Azergues et ses affluents. Dans l’Aze et l’Ergues (les deux bras en amont de l’Azergues), l’Azergues jusqu'en aval de Lamure, le Soanan de sa source à la confluence du ruisseau de Dième, l’ensemble de leurs ruisseaux affluents, on trouve la truite et ses espèces d'accompagnement : chabot, lamproie de Planer, loche franche et vairon.

Histoire Premières occupations humaines Dans la période préhistorique, toute cette région était occupée : à quelques kilomètres de Saint-Laurent-d'Oingt, au Breuil sur les bords de l'Azergues, à en aval, on découvrit au toute une station préhistorique. À Saint-Laurent-d'Oingt, des découvertes permettent d'attester le passage dans les mêmes lieux, à une époque très antérieure, d’hommes utilisant des outils en silex taillé, ainsi que des nucléus, des lames, des racloirs et même une pointe de flèche, de l’époque de l’âge du cuivre (Chalcolithique environ moins 2 000 ans av. J.-C.).

Longtemps, aucune trace d'occupation pendant la période romaine ne fut attestée, tant au niveau archéologique que bibliographiqueOdile Faure-Brac, Carte archéologique de la Gaule - Le Rhône, 69/1, , . Le sommet abrupt de cette montagne avait pourtant dû inciter les Romains à s'y établir pour protéger l'Iter Magnum, voie militaire reliant Feurs à Anse et passant par Oingt (suivant le tracé actuel de la route départementale No. 96), traversant le hameau ou mâs de l’Oyasson, pour rejoindre le prieuré, d'où elle descendait vers la Saône. Cette voie était encore fréquentée au Moyen ÂgeClaude Guigues, Les voies antiques du Lyonnais, du Forez, du Beaujolais, de la Bresse, de la Dombe, du Bugey et de partie du Dauphiné déterminée par les hôpitaux du Moyen Âge, Lyon, Brun, 1877.

Des prospections récentes ont permis d’identifier trois sites, qui ont ensemble des points communs: la présence de tegulae qui atteste d’un bâti « à la romaine » sur les trois sites (couverture en tuiles de bâtiments en bois et pisé sur solin de pierre); chaque habitat possédait une meule en pierre de lave pour moudre le grain; chaque site a livré une quantité importante de tessons de céramique commune grise (ustensiles de cuisson : pot et marmite) et de céramique commune rouge (transport, stockage et transformation des aliments : amphore, pichet, pot, plat, etc.).

Les trois sites ont aussi livré leur lot de vaisselle de table en céramique fine (sigillée et luisante) et en verre. Des ateliers de production ont été identifiés : Lezoux (Puy-de-Dôme), Portout (Savoie), Val de Saône (Rhône). Les matériaux trouvés sur un des sites semblent ceux d’une villa cossue, occupée (peut-être de façon discontinue) entre le et le , mais des tessons datables du sont présents en petit nombre sur le site, laissant penser à une implantation plus précoceRenée Dupoizat, Trois Sites Gallo-Romains à Saint-Laurent d’Oingt, Académie de Villefranche et du Beaujolais – Lettre trimestrielle , décembre 2012, .

Moyen Âge À l'origine couvertes de bois et de forêts, les terres de Saint-Laurent-d'Oingt appartenaient à Gaucerand de Sémur (aussi appelé Gaucerannus Libretz), dont le père, Fredeland de Semur, et son épouse Richarde, donnèrent le août 1000 à l'abbaye de Savigny l'église de Saint-LaurentJean Martial Beaunier et Léon Besse, Abbayes et prieures de l'ancienne France: recueil historique des archevêchés, évêchés, abbayes et prieurés de France, Volume 37, A. Picard, 1933, .. L'abbaye y établit un prieuré, et le premier acte concernant Saint-Laurent-d'Oingt se trouve dans un terrier de l'abbaye de Savigny relatant cette donation. Saint-Laurent-d'Oingt est mentionné dans le cartulaire de l'abbaye sous la forme Sanctus Laurentius de Iconio.

Il n'y eut d'abord qu'un célérier dans l'abbaye de Savigny ; mais on fut obligé de diviser sa charge de bonne heure: le nom de Saint-Laurent, qu'on donnait au petit célérier, vient de ce qu'on unit à cet office le prieuré de Saint-Laurent-d'Oingt. Cartulaire de l'abbaye de Savigny suivi du Petit Cartulaire d'Ainay, par Auguste Bernard, Paris 1853, . https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k28912s.image.f2. Le grand prieur de Savigny était en même temps prieur et cellérier de Saint-Laurent-d'Oingt et nommait à la cureLa Sainte Maison de Thonon et le prieuré de Saint-Jeoire (près Chambéry) par le chanoine J.-M. Lavanchy, Impr. générale savoisienne (Chambéry), 1918, . https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57310388.hl.r=oingt.f324.langEN. Les bénédictins défrichèrent les terres et les concédèrent à ses premiers habitants moyennant une dîmeLes paroisses du diocèse de Lyon, Archives et Antiquités, par l'abbé Ad. Vachet, Les paroisses du diocèse de Lyon : archives et antiquités / par l'abbé Ad. Vachet… ; lettres-préfaces de Pierre Coullié et de Xavier Gouthe-Soulard - l'abbaye (Lérins), 1899, ..

Dalmas succéda à Gaucerand dans la baronnie de Sémur et la seigneurie de Saint-Laurent, et confirma le don qui avait été fait. La seigneurie se trouvant aux confins du Lyonnais et du Beaujolais était isolée et mal fréquentée. Damas pria Guichard le Vieux, Seigneur d'Oingt (Senior de Iconio), fils d'Umfred d'Oingt, de protéger l'abbaye de Savigny contre les tentatives de spoliateurs. Son fils, Falque (Falco) d'Oingt, protégea aussi l'abbaye de Savigny. Cet exemple ne fut pas suivi par Robert d'Oingt dont une charte de 1128 nous apprend qu'il renonça toutefois à ses prétentions sur les prières de l'abbé, et qu'il s'engagea pour lui et ses successeurs à respecter les possessions de l'abbayeAntoine Vachez, Le château de Châtillon d'Azergues: sa chapelle et ses seigneurs, Lyon: Brun, 1883; ..

Le Grand Célérier de Savigny avait l'obligation de donner aux lépreux cinq œufs tous les mercredis, vendredis et samedis du 17 décembre au 23 juin, obligation à laquelle était aussi soumis à son tour le Célérier de Saint-Laurent du 23 juin au 17 décembreAlbum du Lyonnais: villes, bourgs, villages, églises et châteaux du département du Rhône, Lyon: L. Boitel, 1844, .. On trouve dans les archives de Savigny mention d'un célérier de Saint-Laurent, Étienne Grollier, qui avait si bien mérité de son ordre qu'il fut établi après sa mort que l'on irait jeter de l'eau bénite sur sa tombe et y réciter des prières après la grand-messe hebdomadaire (ce qui se faisait encore en 1757)Abbé Jacques Pernetti, Recherches pour servir à l'histoire de Lyon ou les Lyonnais dignes de mémoire, tome , Lyon : Les Frères Duplain, 1757, .. Le prieuré disparu dès le commencement du , mais subsista comme bénéfice.

Le Lyonnais, terre d’empire, fut annexé au royaume de France en 1314. Le Beaujolais allié de la France, ne devint français qu’à la fin du . Oingt, Sainte-Paule et Saint-Laurent d'Oingt, mais aussi Ville-sur-Jarnioux se trouvaient à la frontière en Lyonnais. Un extrait des registres de la cour des aides fait état d'un différend entre les habitants de Saint-Laurent d'Oingt et ceux du Bois-d'Oingt et Légny en 151715 juillet 1517, Fol. 16, in: Louis Paris, Le Cabinet Historique, Vol. 7, 1861, .

Le fief de la Forest, dont le château contrôlait la vallée du Fourcon conduisant à Oingt et était alimenté en farine par le moulin Chabost (ou "des planches de Chabost") sur la rivière de l'Azergues, existait dès le . Outre le moulin Chabost, les dépendances incluaient aussi la ferme de la Rabillière, les Molières, et le domaine de la Jaïetière (Gennetière).

En 1482, Guillaume Romain, seigneur de la Forest à Saint-Laurent-d'Oingt, établit une chapelle en l'honneur de Saint-Michel dans l'église du Bois-d'Oingt. Il est possible que le fief de la Forest lui ait été concédé en lien avec la donation, quelques années auparavant, en 1476, du fief du Bois-d'Oingt par Jean II de Bourbon à son frère, Pierre de Bourbon, fils naturel de Charles , duc de Bourbon.