Jacques Collot, né le et mort le , est un pilote de vitesse moto français.
Biographie vignette|Jacques Collot descend en scaphandre lourd dans le gouffre du Frais-Puits (photo Gilbert Kolb, 26 mai 1946)|398x398px Jacques Collot est né le à Vesoul. Il fut apprenti mécanicien chez le constructeur de motos Terrot (Dijon), résistant, policier militaire., archéologue et spéléologue au sein du Spéléo-Club de Vesoul (SCV) et de l’Association Spéléologique de l'Est (ASE), plongeur, garagiste, amateur d'antiquités.
Il est connu pour sa carrière de pilote motocycliste privé entre 1947 et 1959, sur Terrot, Gilera et surtout Norton Manx. Il fut sacré 2 fois Champion de France Inters dans la catégorie (1956 et 1958) et surtout six fois Champion de France Inters dans la catégorie (1952, 1953, 1954, 1955, 1957 et 1958).
Ses parents Lucien et Marie Collot, mariés en 1916, ont eu un premier fils prénommé Jean en 1917. Ils avaient ouvert une épicerie puis un garage Terrot et Shell au boulevard de Besançon à Vesoul. En plus des travaux à l'atelier, Lucien Collot travaillait au dépôt ferroviaire de la Compagnie de l'Est.
État-major FFI départemental Jean Collot, son frère aîné, est mobilisé en 1939 au du de Vesoul avec le grade de maréchal-des-logis . Il est affecté au (Chef d'Escadrons de Moustier) et passe chef. Blessé au guidon de son side-car le à Verlinghem (Nord) en tentant de forcer les lignes ennemies, il meurt des suites de ses blessures à l'hôpital militaire Saint-Vaast de Béthune le . Cela détermine en bonne partie l'engagement de Jacques Collot dans la Résistance.
La collecte de renseignements La nuit, Jacques Collot décroche les affiches de propagande pour le STO ; il collecte aussi des renseignements (qui seront acheminés ensuite à Paris ou en Suisse) pour le Service de Renseignements (SR)Le SR local est animé notamment par deux personnalités vésuliennes : le garagiste André Delamotte et le docteur Jacques Normand (arrêté le 17 octobre 1941 et déporté). . Ainsi, il participe à la prise de films du camp d'aviation allemand de Luxeuil, grâce à une caméra cachée dans un tonneau attaché sur le toit d'un véhicule entre des valises. Avec le photographe vésulien René Larcher, il filme également des convois de véhicules et de troupes ennemis. Il connaît bien aussi certains membres d'autres réseaux présents à Vesoul, comme Défense de la France, Marco Polo devenu Béarn en 1943, Lorraine ou encore Libé-Nord qui font le même travail et prennent en charge des évadés, cache des réfractaires au STO etc.
Le groupe Bir-Hakeim Devenus réfractaires au STO, Jacques Collot et quelques amis vésuliens eux aussi en contact avec différents réseaux de renseignements (Pierre Clave, Roger Raymond et Jean Dené) établissent une modeste cache d’armes à la grotte d’Échenoz, constituée de matériel et de munitions récupérées çà et là. Ils s'y réunissent de temps à autre, et bientôt, Ils décident de constituer un maquis baptisé Bir Hakeim établi à la date du au lieu-dit La Côte aux Bornes, dans une ferme abandonnée depuis des décennies. Jacques Collot avait reconnu l'endroit lors d'une fouille du SCV en . Ils connaissent les difficultés du ravitaillement en temps de pénuries : les repas se limitent alors à bien peu de choses : des sardines, du sucre, etc. Ils sont d'abord équipés de 13 fusils mousquetons apportés par M. Arranz, un habitant du Magnoray qui les avait récupérés vraisemblablement après la débâcle de 1940.
Puis ils obtiennent enfin du matériel anglais (des PM Sten notamment) provenant peut-être du parachutage effectué le sur le terrain Brahms, et récupéré à l'époque par l'équipe Tinchant. Quelques jours plus tard, le groupe Bir Hakeim part et construit une baraque au lieu-dit La Côte, un campement moins sommaire et plus fonctionnel. Quelques armes françaises ont été récupérées, notamment un FM 24/29 sans culasse découvert dans la tour du château de Rupt-sur-Saône et rafistolé par le serrurier vésulien Choffel. D’autres résistants les rejoignent : les frères Rousselle, Jacques Delaval, Roger Vilminot, Marcel Péronniat… Le groupe s’installe près de Vellefaux, tantôt dans l’ancienne mine, tantôt dans les bois, en attendant l’achèvement d’une nouvelle baraque. Des grenades dégoupillées sont suspendues dans les buissons environnants, afin de prévenir toute incursion de patrouilles ennemies. D'autre part, pour échapper à un éventuel repérage ou une dénonciation, une nouvelle baraque en bois est construite au lieu-dit Le Ronvaux par Jacques Collot et Vogt. Peu après, le groupe Bir-Hakeim change encore de localisation : il trouve refuge au village abandonné des Evêques, près d’Andelarre.
Le Groupe de protection de l'état-major FFI Le , l’État-Major FFI départemental dominé par Défense de la France prend officiellement le maquis à Dampierre-sur-Linotte au lieu-dit La Ferme des Roussey. Du coup, l’époque héroïque du Groupe Bir Hakeim s’achève car il est officiellement désigné comme Groupe ou section de protection de l’État-Major FFI, renforcé par huit résistants supplémentaires et confié à la responsabilité de Marcel Péronniat (adjoint : Marcel Rouselle). Jacques Collot reçoit le pseudonyme Paillasse et le grade de sergent FFI.
À la fin du mois de , l’État-Major déménage à Filain, plus précisément au lieu-dit La Ferme des Monnins, avec l'accord de son exploitant Albert Py. Courant juillet, l'État-Major part de la ferme des Monnins pour s'installer au moulin Jean Bart, à Quenoche. Jacques Collot, en moto, traversera quelquefois des secteurs dangereux afin de porter des messages. Début août, l'État-Major déménage à Loulans-les-Forges, dans une maison située dans le parc des Grîmes. À la fin du mois, il retourne aux Monnins. Jacques Collot participe évidemment aux actions du groupe de protection de l'été 1944 : quelques sabotages, des attaques de convois par embuscades sur l'axe Vesoul-Besançon (RN 57), aux alentours de Rioz et Authoison. Le , l'État-Major, attaqué par un détachement allemand, se replie précipitamment à la ferme des Goichots; tandis que le Commandant Guépratte, Jacques Delaval, Roger Poirot et Jacques Collot tentent de défendre l'accès au bâtiment, qui sera finalement incendié par l'ennemi. Revenus sur place le lendemain, les maquisards rencontrent les premiers éléments de la DI américaine. Jacques Collot fait partie de ceux qui vont monter sur les chars Sherman afin de les guider vers Vesoul; il sera présent au défilé des FFI le à Vesoul, entouré de ses amis Roger Poirot et Pierre Clave. Avec la mise en place du préfet Thomassin et le retour d'un pouvoir légal civil, l'ex-État-Major s'installe de fait à l'Hôtel Mercédès et ses anciens maquisards sont affectés quelque temps à des missions de police. Jacques Collot (matricule ), reconnu comme ayant servi dans les FFI d' au , sera décoré de la Croix de guerre avec étoile de vermeilCitation à l'ordre du Corps d'Armée : " Sous-officier courageux et toujours volontaire pour les missions dangereuses. S'est particulièrement distingué du 15 août au 15 septembre 1944 lors des attaques contre les convois allemands sur la RN 57. Le 3 septembre 1944 à Loulans-les-Forges, a attaqué seul à la mitraillette 8 Allemands descendus d'un camion; en a tué un, blessé un deuxième et mis les autres en fuite. Le 8 septembre a réussi à franchir à travers les lignes allemandes avec une camionnette chargée d'armes, de munitions, d'explosifs et d'archives du PC départemental. Le 10 septembre aux Monnins (Haute-Saône) tient tête à un ennemi très supérieur en nombre qui attaque le PC départemental. Le 12 septembre, volontaire pour une reconnaissance entre les lignes allemandes et américaines dans le bois de Dampierre-sur-Linotte; remplit sa mission avec succès après avoir neutralisé un poste ennemi avancé avancé ". Ordre général de la région Militaire en date du 14 juillet 1945. Référence . Le Général d'Armée Chouteau, commandant la Région Militaire. . Il a contracté un engagement volontaire " pour la durée de la guerre au titre du Bataillon de Marche de la Haute-Saône " jusqu'au de la même année. Ensuite, il est affecté à la Sécurité Militaire Territoriale ( Bureau), placée sous les ordres du Colonel Lefait, du au . Puis, il est employé par le Bureau de la Subdivision Militaire de la Haute-Saône à Vesoul; il sera promu sergent-chef et démobilisé le Certificat individuel de combattant FFI (10 janvier 1945), Certificat d'appartenance aux FFI (18 octobre 1949), Certificat de présence au corps (16 mai 1945), Certificat d'appartenance au Bureau de Sécurité Nationale (18 décembre 1944), Citation à l'ordre du Corps d'Armée, Région Militaire (Ordre général du 14 juillet 1945), Fiche de démobilisation (26 octobre 1945) .
Archéologie Explorations archéologiques à Champdamoy (Quincey, Haute-Saône) en 1942 Au début de l'année 1942, sur une intuition, Jacques Collot, alors jeune chef du matériel du SCV, mène de nouvelles recherches dans la grotte de Champdamoy (Quincey). L’Est Républicain expliquera qu’il s’était mis « à étudier seul, et sérieusement, une épaisse documentation et se plongea dans la lecture de traités de spéléologie et d’archéologie ». Force est de constater qu’« au début les résultats furent décevants et les recherches furent provisoirement abandonnées ». Cet arrêt provisoire de l’exploration était dû essentiellement à d’importants blocs rocheux qui empêchaient toute progression. Une sortie récréative du SCV est planifiée le pour voir l’avancée des travaux et un dîner est même organisé sur place en présence du président spéléo belfortain Sahler. Jacques Collot reçoit les encouragements du SCV et du pharmacien vésulien Georges Garret : « Il y a encore de beaux jours pour le Spéléo-Club de Vésulien, d’autant plus qu’il voudra s’attaquer à cette question de l’homme préhistorique si passionnante et qui jusqu’ici n’a été qu’ébauchée »dans sa préface à la brochure Études Spéléologiques du président du SCV Roger Pelletier, parue en novembre 1942.. Jacques Collot met au jour des restes de poterie d'époque néolithique et des traces de foyers sous des coulées stalagmitiques ; mais rien de bien probant, en vérité.
Reprise des travaux et découvertes en 1944 Les travaux d’excavation se poursuivent au début de l’année 1944 avec l’aide précieuse des frères Jean et Robert Vautrain et en dépit des convocations du STO pour aller travailler en Allemagne. Jacques Collot déclare : « À Champdamoy où des fouilles furent entreprises depuis quelque temps, des résultats ont déjà été acquis : à 2,40 m de profondeur beaucoup de fragments de vase furent découverts et un foyer préhistorique fut mis au jour, sous une couche pure de 30 cm de stalagmite, cela nous montre bien que la grotte fut habitée depuis les temps les plus reculés et que les hommes préhistoriques se disputaient cette demeure à cause de l’eau proche et aussi au grand avantage qu’elle présente d’être tournée au soleil. Beaucoup de travaux sont encore à faire, pour trouver quelque chose d’intéressant, mais le travail est dur et la main-d’œuvre manque »Lors de l'assemblée générale du SCV organisée à Vesoul le 27 février 1944.. Ces efforts sont fructueux au printemps, mais la participation active de Jacques Collot au sein du Groupe de protection de l’état-major FFI départemental va retarder la progression des recherches. Après la Libération de Vesoul (), les opérations d’excavation reprennent grâce à quelques prisonniers de guerre mis à la disposition du SCV pour plusieurs mois.
La découverte d’une chambre funéraire ()