vignette|Drapeau du Mouvement social italien. Le Mouvement social italien (, abrégé en MSI), rebaptisé en 1972 Mouvement social italien – Droite nationale (, MSI-DN), est un ancien parti politique néofasciste..., nationaliste et plus tard national-conservateur italien, fondé le après la chute de la République sociale italienne et l'interdiction du Parti national fasciste par le gouvernement provisoire et les Alliés. Il s'auto-dissout le , pour donner naissance à l'Alliance nationale le lendemain. Le MSI a été un acteur majeur de la politique italienne pendant .
Histoire Fondation Le , le Mouvement social italien annonce sa constitution par . Une de cinq membres est nommée. La Rivolta Ideale devient le premier journal officiel du parti..
Parmi ses fondateurs, on compte pour la plupart des anciens de la dictature fasciste italienne (officiellement nommée République sociale italienne), comme Giorgio Pini, Augusto de Marsanich, Pino Romualdi, Arturo Michelini, ex-adjoint au dirigeant fédéral romain du Parti fasciste républicain et Giorgio Almirante, ancien rédacteur en chef du quotidien Tevere et chef de cabinet de Ferdinando Mezzasoma, ministre de la Culture populaire de la République sociale. Parmi les premiers adhérents, on trouve d'anciens responsables du régime comme le vieux « quadriumvir » de la Marche sur Rome, Cesare Maria De Vecchi, d'anciens détenus des camps fraîchement libérés, de jeunes militants des FAR (Fasci di Azione Rivoluzionaria) et des officiers, dont le maréchal Rodolfo Graziani, condamné pour collaboration avec les nazis, ou le commandant de la MAS (Motoscafi Armati Siluranti ou Motoscafi Anti Sommergibile) de la République sociale, le prince Junio Valerio Borghese.
Le programme du parti nouvellement créé est celui du programme socialisant, anticapitaliste et antibourgeois - la « Charte de Vérone » - élaboré au premier Congrès du Parti fasciste républicain en novembre 1943. C'est un retour non pas au « fascisme-régime », tel qu'il avait pu fonctionner au temps du consensus de masse, mais au fascisme révolutionnaire des origines. Ainsi la direction du MSI proclamait-elle dans un article publié en août 1947 dans Rivolta ideale, organe officiel du parti :
L'Arco costituzionale Pendant toute la République, le MSI a été exclu de toute coalition gouvernementale. Lorsque la Constitution de la Première République est votée, le , naît l’expression de lArco costituzionale (l'« Arc constitutionnel ») : tous les partis, du Parti communiste italien à la Démocratie Chrétienne, du Parti Socialiste au Parti Libéral, reconnaissent être unis en toute circonstance pour faire barrage au MSI, et pour l'exclure de toute alliance électorale ou gouvernementale, à quelque niveau que ce soit. Les monarchistes sont eux aussi tenus à l'écart de lArco costituzionale. L'expression sera fréquemment utilisée au cours des décennies 1960 et 1970. Cette alliance durera jusqu'en 1994, lorsque des ex-membres du MSI, devenu Alleanza Nazionale, entreront dans un gouvernement de coalition.
Au cours de son histoire, la personnalité de son dirigeant Giorgio Almirante a contribué à peu à peu adoucir son image et à gagner un respect de la part de ses adversaires politiques.
Un mouvement, un parti ou une fédération de tendances ? Le MSI n'a jamais été un parti monolithique. En fait, dès ses débuts, il fait coexister, sur le mode du compromis, différentes générations et différentes tendances. D'un côté on trouve, dès sa fondation, des fascistes dit modérés, nostalgiques du Régime, et les anciens combattants de la République Sociale, souvent beaucoup plus jeunes, rebelles et anti-capitalistes. Ceci explique que le parti va être en même temps de droite et de gauche, catholique et anticlérical, atlantiste et antiaméricain, démocratique et putschiste, réformiste et révolutionnaire.
En fait, le MSI regroupe des tendances très diverses, qui ont parfois abouti à des scissions, et parfois à des réintégrations.
Les modérés Parmi les principales tendances, on doit nommer d'abord l'aile modérée, personnifiée longtemps par Arturo Michelini (président du parti de 1954 à 1969) et Augusto de Marsanich. Pour eux, le MSI doit s'intégrer au jeu des partis, et ne pas hésiter à faire des concessions aux partis bourgeois. L'axe central de la stratégie des modérés est la constitution d'une , un front commun anticommuniste, et qui regrouperait, outre le MSI, les monarchistes (Parti national monarchiste, Parti monarchiste populaire, puis Parti démocratique italien d'unité monarchiste), le Parti libéral et le centre-droit de la Démocratie chrétienneChristophe Boutin, Politique et tradition : Julius Evola dans le siècle, Paris, Éd. Kimé, 1992, 513 p. , .
L'aile des modérés se caractérise aussi par son orientation , c'est-à-dire pro-américaine et en faveur de la participation de l'Italie à l'OTAN. Lors du deuxième Congrès du parti, en été 1949, le Pacte atlantique est condamné mais on laisse aux parlementaires la liberté de vote. Le , les députés du MSI, à l'exception d'un seul, voteront contre l'adhésion de l'Italie à l'OTAN. Mais, fin 1951, la direction des « modérés » (De Marsanich) affirme le soutien du parti au bloc occidental. La tendance sera renversée lors du retour à la direction de Giorgio Almirante en 1969.
Les révolutionnaires Pendant toute la période de présidence du parti par Arturo Michelini (1954-1969), Giorgio Almirante sera la figure de proue de l'opposition interne. Il a pris part aux instances dirigeantes du parti de 1946 à 1950, mais en sera écarté jusqu'à son arrivée au poste de secrétaire général en 1969.
L'aile des révolutionnaires se caractérise par une volonté d'opposition claire, à la fois aux partis bourgeois et au communisme. Elle est hostile à la participation de l'Italie aux institutions de l'OTAN, et favorable à une politique « méditerranéenne » de collaboration avec les États nationalistes arabes. Cette tendance a souvent été surnommée la « gauche révolutionnaire » du parti, notamment à cause de son antiaméricanisme, de son tiers-mondisme et de ses positions sociales.
Le retour de Giorgio Almirante à la tête du MSI en 1969 et sa longue présidence (1969-1987) ont assuré l’hégémonie de la tendance révolutionnaire sur le parti.
La « gauche de la gauche » du MSI L'aile gauche du MSI inclut des tendances encore bien plus « à gauche » que les « révolutionnaires » d'Almirante. Ainsi, en août 1952, à la suite du Congrès de L'Aquila, un groupe de la gauche du MSI quitte le parti pour fonder un Regroupement social républicain, qui devient en 1953 le Parti du socialisme nationalCe groupe est dirigé par Giorgio Pini (1899-1987) et Concetto Pettinato. Leur parti ne connaîtra aucun succès électoral.. Il faut aussi mentionner Ernesto Massi, un authentique « fasciste de gauche », pour lequel le fascisme se résume à la notion de socialisme national. Créateur d'un Centro Studi Nazione Sociale à l'intérieur du MSI, il quitte le parti en 1957, pour fonder un Parti national du travail.
Les radicaux En dehors des deux grandes tendances, des groupes de jeunes rebelles ont eu une grande influence sur la vie du parti. Ainsi, lors du troisième Congrès () qui entérine la politique d'insertion dans le système, les jeunes d'orientation traditionnelle les plus radicaux, influencés par les thèses du philosophe Julius Evola, créent le groupe des Figli del Sole, donnant naissance à un courant spiritualiste à l'intérieur du parti. Le même congrès donne lieu à des scissions de certains membres de la tendance de « gauche ».
Mais c'est à partir de 1954 qu'un courant radical et spiritualiste se structure. Emmené par Pino Rauti, les jeunes « évoliens », ou « traditionalistes », proposent, lors du congrès (), que le parti se replace sur des positions plus intransigeantes et effectue un travail de relecture critique du fascisme historique. Début 1955, le courant donne naissance au Centro Studi Ordine NuovoLe Centro Studi Ordine Nuovo ne doit pas être confondu avec le Movimento Politico Ordine Nuovo, fondé en , par certains des militants refusant le retour au sein du MSI., un centre d'études et de réflexion dont la première base doctrinale est constituée par la brochure Orientations de Julius EvolaAdalberto Baldoni, La Destra in Italia : 1945-1969, Rome, Pantheon, 2000, 680 p., .. Le groupe fait paraître le mensuel Ordine Nuovo, sous-titré « mensuel de politique révolutionnaire ». Le Centro Studi Ordine Nuovo se distancie totalement de l'héritage fasciste habituel du MSI et va mener un immense travail culturel. Outre Julius Evola, le groupe fait découvrir aux jeunes militants de nouveaux auteurs de référence, comme Corneliu Codreanu, Giuseppe Tucci, Pio Filippani Ronconi et René Guénon. Le groupe dépasse aussi le cadre du patriotisme ou du nationalisme pour imaginer une Europe-Nation, opposée au condominium. En peu de temps, l'influence culturelle d'Ordine Nuovo va s'accroître et dépasser le cadre du mouvement. Sa conception de la vie héroïque et aristocratique, inspirée de l'œuvre d'Evola, va exercer une forte influence sur les jeunes militants de droite, à la fois à l’intérieur et en dehors du MSI..
Lors du Congrès de Milan, en 1956, après de violents incidents entre les ailes « gauche » et « droite » du parti, le Centro Studi Ordine Nuovo quitte le parti.
En juin 1969, Giorgio Almirante, leader de la tendance de « gauche révolutionnaire », est élu à la tête du MSI. En décembre, lors d'un meeting à Rome, il lance un appel à tous les « frères séparés » à rentrer dans le parti. Il interpelle surtout les jeunes à fortifier et à renouveler le MSI. Pino Rauti et la plupart des membres d'Ordine Nuovo se laissent convaincre. Rauti dissout le Centro Studi et la plupart des adhérents réintègrent le parti. Trois membres entrent à la direction nationale du MSI, et onze autres membres sont nommés au comité central.. Le retour en force des Ordinovisti au sein du parti marque le renforcement d'une tendance profondément radicale et d'orientation nationale-révolutionnaire (mais résolument légaliste) du MSI, représentée notamment par Pino Rauti et par Adriano Romualdi.
Dans les années 1980 et 1990, Pino Rauti, soutenu par la plus grande partie des jeunes activistes, continuera d'animer les tendances radicales du parti, sous les noms de , d''', de , puis de .
L'action syndicale : la CISNAL Le MSI s'est donné pour objectif de regrouper tous les travailleurs non-communistes. Dans cet esprit est fondée, le , la Confédération italienne des syndicats nationaux de travailleurs (CISNAL). Dès sa fondation, elle compte déjà membres. Son slogan est: Ses références idéologiques sont le syndicalisme révolutionnaire et la doctrine sociale de l’Église.
En 1953 est créé le centre de soutien et d’aide sociale du syndicat, l' (ENAS).
En 1996, la CISNAL se transforme en (UGL). Elle comptait en 2018.
Organisations périphériques En est fondé l'organisation étudiante du parti, le Fronte Universitario di azione nazionale (FUAN).
Les cercles des élèves des collèges sont regroupés sous le nom de Giovane Italia, dès . En 1971, Giovane Italia fusionne avec le Raggruppamento giovanile studenti e lavoratori pour former le Fronte della Gioventù (FdG).
Début 1950 est créé un Mouvement Italien Féminin (MIF), mais son lien avec le MSI n'est officialisé qu'en 1952.
Le MSI a encore créé de nombreux centres culturels aux activités multiples, tels le Centre de vie italienne (fondé en 1955).
La presse Le MSI a toujours donné beaucoup d'importance à sa presse. À son apogée, dans les années 1970, il dispose d'un quotidien, de 5 hebdomadaires et de 15 périodiques.
Le est créé le journal quotidien , qui devient en juin. Il restera cependant considéré comme le journal de l'aile « gauche » du parti.
Le vivier culturel de la jeunesse du MSI