André Albert Marie Dunoyer de Segonzac, né le à Boussy-Saint-Antoine (Seine-et-Oise, aujourd'hui Essonne) et mort le à Paris, est un peintre, dessinateur, graveur et illustrateur français.
On retient qu'Sous la direction de Michel Laclotte et Jean-Pierre Cuzin, Dictionnaire de la peinture, éditions Larousse, 2003, ..
Biographie vignette|gauche|100px|Honoré Daumier, Le Père-Scie. André Dunoyer de Segonzac naît le à Boussy-Saint-AntoineArchives départementales de l'Essonne, commune de Boussy-Saint-Antoine, année 1884, acte de naissance , vues 13-14/108, avec mentions marginales de mariage et de décès., du mariage de Louis Dunoyer de Segonzac (1843-1937), officier de marine, et Clémence Amélie Persil (1854-1918). Côté paternel, il est issu d'une famille de la noblesse française d'extraction (1558), originaire du QuercyRaymond Nacenta, School of Paris - The painters ans the artistic climate of paris since 1910, Oldbourne Book Company Ltd., 1960..
Il a pour arrière-grand-père maternel Jean-Charles Persil qui fut garde des sceaux du roi Louis-Philippe Ier et qu'Honoré Daumier caricatura sous le sobriquet de Père-SciePaul Jamot, Dunoyer de Segonzac, Librairie Floury, Paris, 1941..
Jeunesse et formation vignette|gauche|180px|Boussy-Saint-Antoine. Il passe la plus grande partie de sa jeunesse dans son village natal à propos duquel Jean Vallery-Radot restitue des réminiscences durables : Jean Vallery-Radot et Jean Adhémar, Dunoyer de Segonzac - Gravures, dessins, aquarelles, éditions de la Bibliothèque nationale de France, 1958.. Il est du lycée Henri-IV à Paris où André Brincourt, Noir sur blanc, Fayard, 1973. - cette vocation précoce décevra l'ambition parentale de le destiner à Saint-Cyr - et où il rencontre Gus Bofa qui restera un de ses proches.
En 1900, il est élève libre de l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. En 1903, parallèlement à l'étude du malinké qui, à l'École nationale des langues orientales, lui vaudra une licence en dialectes soudanais, il entre dans l’atelier privé de Luc-Olivier Merson qu'il quitte, en mauvais termes avec ce maître, après son service militaire pour, en 1907, devenir à l'Académie Julian l'élève de Jean-Paul Laurens, puis dispose ensuite d'un atelier à l'Académie de la Palette à Montparnasse, où il reçoit les conseils de Georges Desvallières et Charles Guérin et où lui-même enseignera. Il fait la connaissance de Luc-Albert Moreau et de Jean-Louis Boussingault avec lequel il partage un atelier au 37, rue Saint-André-des-ArtsBernard Dorival, Les peintres du vingtième siècle - Du cubisme à l'abstraction, 1914-1957, éditions Pierre Tisné, 1957, .. C'est aux côtés de ces deux derniers qu'il va « Dunoyer de Segonzac », Les Muses - Encyclopédie des arts, Grange Batelière, Paris, tome 6, .. Ses premiers dessins sont publiés en 1908 dans La Grande revue et Le Témoin, hebdomadaire créé par son ami Paul Iribe.
Le jeune peintre En 1908, il commence à exposer au Salon d'automne et au Salon des indépendants, avec Paul Signac et Maximilien Luce. Son installation d'alors avenue Sainte-Marie à Chaville (alors en Seine-et-Oise, aujourd'hui dans les Hauts-de-Seine), ville qu'il habitera jusqu'à sa mortFrançois Murez. Tribune : Sauvegardons la maison et le jardin du peintre Dunoyer de Segonzac à Chaville. Connaissance des Arts, . Lire en ligne.., est liée à son attachement à la cité voisine de Versailles dont il évoque lui-même l'ancienneté : écrit-il pour souligner que, depuis l'âge de sept ans, il s'y rend chez un oncle conseiller d'État. C'est ainsi qu'il sera considéré que Musée Lambinet, Versailles au , muse des artistes, journal d'exposition, 2020. qui, cependant, continue de travailler dans son atelier parisien, au de la rue BonaparteGuillaume Gillet. Mon voisin Dunoyer de Ségonzac. Revue des Deux Mondes, novembre 2016, . Lire en ligne.. vignette|180px|Saint-Tropez. À partir de cette même année 1908, louant une maison appartenant à Paul Signac, Dunoyer découvre les paysages de Saint-Tropez, auxquels il restera fidèle en y séjournant jusqu'à la fin de sa vie. Paul Jamot situe là, puisque sa peinture d'avant 1898 demeurait confinée dans la nature morte, l'inauguration de sa peinture de paysages et Pierre Cabanne restitue : Pierre Cabanne, Le Midi des peintres, collection « Tout par l'image », Hachette, 1964, .. Pour le reste, il mène une véritable vie de nomade, à la recherche du motif surtout à travers l’Île-de-France, la vallée du Grand Morin, Feucherolles, Chennevières-sur-Marne, Guyancourt, etc. vignette|100px|gauche|Paul Poiret. vignette|150px|Isadora Duncan. En 1910, il se lie d'amitié avec le couturier Paul Poiret et rencontre Max Jacob, Raoul Dufy et Maurice de Vlaminck. Il brosse les décors des fêtes données par Paul Poiret comme, avec Raoul Dufy, ceux de la « Mille et deuxième nuit » dans les jardins du Faubourg Saint-Honoré, ou ceux de la « soirée des Butard » où, dans les bois de Vaucresson, dansa Isadora Duncan.
De 1910 à 1914, il voyage en Italie, en Espagne, en Afrique du Nord, et s’intéresse au sport et à la danse (dessins des Ballets russes d’Isadora Duncan, 1911, Les Boxeurs 1910) à propos desquels Dunoyer de Segonzac restitue lui-même que, de tous les sports, c'est de fait la boxe qui l'a le plus passionné : André Dunoyer de Segonzac, Le sport vu par un sympathisant, Académie des Beaux-Arts, novembre 1958.. Il est alors, avec Roger de La Fresnaye et Luc-Albert Moreau, bel et bien situé dans la mouvance cubiste dont il se désolidarisera rapidement. De fait, dans sa visite du Salon des indépendants de 1914, André Salmon observe qu'il évoque sous l'appellation de et qu'il situe, proche de Roger de La Fresnaye, autour d'André Lhote, André Dunoyer de Segonzac et Luc-Albert MoreauAndré Salmon, « Le Salon », Montjoie !, 1914, , ..
Première Guerre mondiale vignette|150px|Charles Despiau. De 1914 à 1918, mobilisé en tant que sergent au 353e régiment d'infanterie, il fait la guerre durement, avant d’être affecté dans une section camouflage du Groupe d'armées du Nord, puis de commander celle de la : il dirige l'atelier de camouflage d'Amiens, puis celui de Noyon, se spécialisant dans la pose des faux arbresAndré Dunoyer de Segonzac, « L'art au service de la guerre - Souvenirs d'un camoufleur (1915-1918) », Le Figaro, .Cécile Coutin, Tromper l'ennemi - L'invention du camouflage moderne en 1914-1918, éditions Pierre de Taillac, 2015. et ayant sous ses ordres le sculpteur Charles Despiau (le buste de Dunoyer de Segonzac que celui-ci exécutera en 1943-1944 témoignera de leur amitié pérenne), les peintres Charles Dufresne, Charles Camoin, Jean Puy et Jean-Louis Boussingault qui, avec lui, Jean Marchand et Luc-Albert Moreau, dans une revendication commune de l'héritage de Gustave Courbet, forment le groupe de « la bande noire ».
Il exécute de nombreux dessins de guerre, précieux par leur valeur artistique et documentaire, qui sont largement publiés dans Le Crapouillot et dans L'Élan, revue fondée par Amédée Ozenfant et où celui-ci ajoute son propre commentaire : Amédée Ozenfant, « Les dessins de guerre d'André Dunoyer de Segonzac », L'Élan, , ..
André Dunoyer de Segonzac, perçoit Hadrien Viraben un siècle plus tard dans l'étude qu'il consacre à ce second périodique, . Ses dessins ne sont pas la dénégation de massacres que d'autres saisissent par la photographie, mais Hadrien Viraben, « L'image de la guerre dans L'Élan (1915-1916), un refoulement apparent », Les Cahiers de l'École du Louvre, 2013..
L'après-guerre Dès 1919, année où il s'initie à l'eau-forte afin d'illustrer Les Croix de bois de Roland Dorgelès, il figure de nouveau dans de très nombreuses expositions, dont les principaux salons parisiens. Ses premiers paysages à l'aquarelle datent de 1920.
En 1921, il rencontre Paul Valéry, Léon-Paul Fargue, Valéry Larbaud et Jean Cocteau. En 1928, il fait un voyage aux États-Unis où il rencontre un vif succès. En 1930, il se lie d’amitié avec André Derain.
Il est membre du comité d'honneur de l'Association du foyer de l’abbaye de Royaumont et président de la Société des peintres-graveurs français.
Sous l'Occupation, il participe, en à un « voyage d’études » en Allemagne, organisé par Arno Breker, acceptant, comme d'autres artistes parmi les plus renommés, de partir visiter les hauts lieux de la culture allemande ainsi que des ateliers d’artistesLaurence Bertrand Dorléac, L'art de la défaite, 1940-1944, Seuil, 1993.Limore Yagil, Au nom de l'art, 1933-1945 - Exils, solidarités et engagements, Fayard, 2015.Tamara Ostriakova, « Instrumentalisations de l'art - Notes de lecture : Werner Lange, Les artists français sous l'Occupation, éditions Dean, Saint-Petersbourg, 2017 », Marges, , 2018..
En 1947, il est élu membre de la Royal Academy de Londres. À partir de 1951, ses œuvres peintes et gravées font l'objet d'expositions multiples en France, en Europe et aux États-Unis. De nombreuses études lui sont consacrées.
Mort et postérité vignette|gauche|180px|Cimetière marin de Saint-Tropez. vignette|120px|Thérèse Dorny (1891-1976). Quittant ce monde par la grâce d'une mort douce le – , note ce jour-là son ami Michel CiryMichel Ciry, « 17 septembre - Dunoyer de Segonzac est mort ce matin… », Détruire la nuit - Journal 1974-1975, Plon, 1977, . –, l'artiste est inhumé au cimetière marin de Saint-Tropez auprès de l'actrice Thérèse Dorny (1891-1976), qu'il avait épousée le Cimetières de France et d’ailleurs – Saint-Tropez..
On peut être surpris de voir André Dunoyer de Segonzac, après sa mort, situé par certains historiens de l'art dans le courant expressionniste. Ainsi en va-t-il en 1980 de Hans L.C. Jaffé qui retient rétrospectivement que des années qui suivirent la Première Guerre mondiale eut peu d'influence en France. En dehors de Marcel Gromaire, avec ses compositions solidement construites, aux couleurs sombres, le principal représentant de cette tendance en France fut Dunoyer de Segonzac. Le paysage fut son thème de prédilection, mais, au lieu des touches extatiques de couleur qui caractérisaient les Fauves, au lieu de la véhémence passionnée de Chaïm Soutine, on remarque dans ses tableaux une atmosphère opprimante et lourde qui les rattache aux écoles nordiques. Segonzac s'efforça de faire revivre un style classique fondé sur le retour à Paul Cézanne, mais son tempérament romantique et nordique imprima à son œuvre le sceau de sa propre personnalitéHans L.C. Jaffé, « Les dix-neuvième et vingtième siècles » dans, sous la direction de L.C. Jaffé, Le monde de la peinture des origines à nos jours, V.N.U. Books International, 1980, ..
En 1985, Georges Charensol préfère retenir que l'œuvre d'André Dunoyer de Segonzac se situe tout simplement , s'en justifiant par le constat que, pour l'artiste, il n'était pas .
Michel Charzat, constatant pour sa part en 2021 que le nom d'André Dunoyer de Segonzac, qui , n'est plus, un demi-siècle après sa mort, , retient cependant que, Michel Charzat, André Dunoyer de Segonzac (1884-1974) - La force, la nature, l'amour de la vie, éditions Gourcuff Gradenigo, Montreuil, 2021..
Œuvre À peu près indifférent aux révolutions esthétiques contemporaines, Dunoyer de Segonzac entreprend, avec ses amis Jean-Louis Boussingault et Luc-Albert Moreau, de ressusciter le réalisme de Gustave Courbet en exécutant, par la peinture à l'huile qu'il ne pratiquera plus qu'épisodiquement, au bénéfice de l'aquarelle à partir de 1925, des natures mortes, des nus, des paysages, . Pour Claude Roger-Marx, Claude Roger-Marx, Dunoyer de Segonzac - Soixante années de peinture, Galerie Durand-Ruel / imprimerie Busson, Paris, 1972..
Il donne sa définition de l'art dans l'une de ses lettres au peintre Maurice Boitel où il écrit, dans les années 1950 :
Peintures La Montagne Sainte Victoire,, vers 1925, huile sur toile, , Fondation "Regards de Provence", Marseille Nature morte au verre de vin, 1937, Huile sur toile, , Musée d'Art moderne de ParisNature morte au verre de vin