Le Potez 630 (ou : Potez 63) est un avion de chasse de l'avionneur français Potez, ayant principalement servi lors de la Seconde Guerre mondiale.
Le Potez 630 et les modèles dérivés du 63 formaient une famille d'appareils bimoteurs développés pour l'Armée de l'air à la fin des années 1930. Sa conception fut contemporaine à celle d'autres avions militaires de ce conflit tels que le Bristol Blenheim britannique ou le Messerschmitt Bf 110 allemand.
Conception et développement
Le Potez 630 fut originellement construit selon les spécifications demandées en 1934 pour la fabrication d'un chasseur multiplace (qui amenèrent également la série des Breguet 690). Deux prototypes furent proposés, avec deux motorisations différentes.
Le premier vol du prototype du Potez 630 eut lieu en ; il démontra alors d'excellentes qualités de vol. Celui du Potez 631 se déroula en .
Le Potez 63 était un monoplan entièrement métallique à ailes basses et empennage en H. Une longue verrière abritait le pilote, un éventuel observateur et commandant de mission et un opérateur radio-mitrailleur arrière qui maniait une mitrailleuse légère simple MAC 34 de .
En , la SNCAN, qui avait absorbé Potez, reçut une commande de dix appareils pour des tests. Une première commande de Potez 631, équipés de moteur Gnome et Rhône 14M, intervint dès . Comme le motoriste ne pouvait les livrer rapidement, elle fut suivie par une autre de Potez 630 équipés du moteur Hispano-Suiza 14Ab. Les moteurs du Potez 630 se révélèrent peu fiables. Leur retrait des unités de première ligne fut décidé pour les réserver à l'entraînement. La plupart des unités furent rééquipées avec des Potez 631 avant le début de la Seconde Guerre mondiale.
Le premier bombardier biplace Potez 633 vola pour la première fois fin 1937. Une centaine d'exemplaires fut commandées, lorsqu'en il fut décidé que tous les bombardiers légers devaient être triplaces : la commande fut donc transformée en davantage de P. 631. Le Potez 633 eu un succès à l'export puisque la Chine, la Grèce et la Roumanie s'y intéressèrent et le commandèrent.
Si les Potez 633 de bombardement n'eurent pas de succès en France, les Potez 637 et 63-11 de reconnaissance furent également développés peu avant l'entrée en guerre. Après les essais du prototype du modèle 637, une commande fut lancée en et livrée peu avant l'entrée en guerre. Entre-temps, le Service technique de l'Aéronautique changea complètement d'avis sur la position de l'observateur. Il s'était rendu compte que l'inconfortable gondole ventrale n'était pas un bon emplacement. Il fut donc demandé à Potez de développer une variante qui abritait l'observateur à l'avant, dans un nez vitré plus conventionnel. Le poste de pilotage fut surélevé et reculé : seule la partie avant du fuselage se différenciait des autres modèles de Potez 63. Le Potez 637 fut alors considéré comme une version de transition et aucune commande supplémentaire ne survint. Le prototype Potez 63.11 vola pour la première fois en et furent commandés. Plus de sept cents Potez 63.11 furent livrés avant , en faisant le modèle le plus répandu de la famille et le cheval de bataille de l'aviation de renseignement française, en ..
Service actif
Dans les forces aériennes françaises Initialement, les chasseurs Potez 63 devaient servir dans les escadrilles de chasse de nuit (biplace) et comme avion de commandement à la chasse (triplace), à raison d'un appareil par escadrille. Peu après l'entrée en guerre, cette organisation fut abandonnée et les appareils furent rassemblés dans une escadrille de chasse multiplace de jour (ECMJ 1/16).
Durant la Drôle de Guerre, les expériences de chasse de nuit ne donnèrent pas de bon résultat. Le Potez 631 conserva ce rôle jusqu'en 1942. Durant la campagne de France, il servit donc à la fois de chasseur diurne et d'avion de guet aérien ; et même : d'attaque au sol. Il y eut plusieurs cas de tir ami car les soldats le confondaient parfois avec le Messerschmitt Bf 110., ce qui obligea à introduire une bande blanche sur le fuselage, le Note de service du groupement /GR.21/3S du .. Le Potez 631 se révéla peu performant comme intercepteur, car trop lent pour rattraper les bombardiers allemands et près de plus lent que les chasseurs Messerschmitt Bf 109. Il connut également le service opérationnel dans l'aéronautique navale, comme chasseur diurne ; il fut rapidement remplacé par des Bloch MB-151 ; quelques exemplaires restèrent en service jusqu'en . Après le retrait des Allemands en 1944, quelques Potez 63-11 furent remis en état pour effectuer des missions de reconnaissance au-dessus des poches de l'Atlantique ; ils finirent leur carrière au centre d'essai en vol.
Des Potez 633 pour des commandes étrangères furent réquisitionnés et utilisés par l'aviation de bombardement en vol rasant, d'abord pour sa transformation sur matériel moderne en attendant les Breguet 691 et 693. Faute de moyens, ils menèrent quelques missions opérationnelles entre les 20 et . Ils finirent comme appareils d'instruction, puis furent entreposés après l'armistice. Leur sort après l'invasion de la Zone libre par les Allemands demeure inconnu. Trois Potez 63 originellement destinés à la Chine furent réquisitionnés par l'administration coloniale en Indochine française ; un seul fut remis en vol et participa à l'incident de Lang-Son, en .
La soixantaine de Potez 637 remplaça les Potez 540 et 542 de deux escadres de reconnaissance. En , ils étaient ce que l'aviation de renseignement avait de mieux. Les Potez 63-11 équipèrent les groupes de reconnaissance et, partiellement, les groupes aériens d'observation (GAO). Initialement, l'appareil devait entrer en service dans les GAO. Comme le Bloch MB-131 avait montré une grande vulnérabilité dès le mois de , les exemplaires arrivant en automne 1939 furent dirigés vers les groupes de reconnaissance dépourvus de Potez 637. Les GAO passèrent donc en second ; en moyenne, au , chaque GAO possédait six Potez 63-11 et au moins autant d'équipages aptes à les utiliser. Plus de 220 furent détruits ou abandonnés. Ces lourdes pertes s'expliquent car l'appareil de reconnaissance travaillait seul et, le plus souvent, sans escorte. La chasse française ne pouvant protéger toutes les missions, beaucoup furent interceptées, quand ce ne fut pas la DCA qui cueillit les appareils au vol. Le Potez 63.11 continua à être utilisé par l'Armée de l'air des forces de Vichy, avec laquelle il connut encore le combat en Syrie, à Madagascar et durant l'opération Torch. Les Français libres en utilisèrent également quelques exemplaires venus de Syrie affectés à des unités de circonstance. Quelques appareils furent encore utilisés en école jusqu'en 1944.
Tous les appareils de cette famille (à l'exception peut-être du Potez 63.11) possédaient des caractéristiques de vol agréables. Ils étaient conçus pour une maintenance facile. Les derniers modèles avaient même un armement lourd pour l'époque (jusqu'à douze mitrailleuses pour le Potez 63.11). Bien que de conception légère, ils démontrèrent qu'ils étaient capables d'absorber des dommages considérables. Malheureusement, les Potez 63, comme beaucoup d'appareils français de cette époque, n'avaient pas de moteurs assez puissants pour leur assurer des performances convenables, en 1939-40 ; cette lacune affectait moins les versions de reconnaissance.. Ils se révélèrent des proies faciles pour les chasseurs et pour la DCA, tout comme leurs contemporains britanniques, le Fairey Battle et le Bristol Blenheim, voire allemands.
En Grèce L'armée de l'air grecque ne reçut qu'une grosse moitié des Potez 633 commandés ; ils n'équipèrent qu'une escadrille de bombardement. Plusieurs pertes furent causées par des accidents, réduisant ainsi leur parc.
Le , il n'en restait que huit qui participèrent à la guerre italo-grecque. Leur activité est mal connue ; ils auraient été intensivement employés en mission de bombardement et de reconnaissance. Trois appareils furent perdus en opérations. Après la déclaration de guerre allemande en (opération Marita), leur trace est perdue.
En Roumanie L'armée de l'air roumaine reçut seulement la moitié de sa commande de Potez 633, également ; une petite dizaine fut encore livrée au début de l'automne 1941, grâce à l'intervention de la commission d'armistice allemande. Un premier lot de Potez 63-11 arriva en ; d'autres auraient suivis.
Les Potez 633 participèrent à l'invasion de l'URSS, l'opération Barbarossa, dès le . Ces appareils équipaient alors les deux escadrille du de bombardement (grupul 2 bombardament). Ils souffrirent modérément des combats durant la reconquête de la Bessarabie et la campagne d'Odessa, avec seulement sept pertes dont trois le premier jour. Leur campagne s'acheva mi-.
Depuis la fin juillet, une seule escadrille utilisait encore le Potez 633. Son potentiel fut renforcé par les appareils venus de France et par quelques Potez 63.1. Il semble que la majorité de ces modèles fussent utilisés pour entraîner les futurs équipages de l'aviation de bombardement. Des Potez 633 furent également attribués à deux escadrilles de reconnaissance. Les trois unités participèrent à la bataille de Stalingrad, jusqu'à la fin du mois de .
Les Potez 63 roumains finirent leur carrière dans les unités d'entraînement, jusqu'à ce que leur maintien en ligne ne soit plus possible, faute de rechange. Les aviateurs roumains se montrèrent satisfaits de leur monture, notamment de sa robustesse.
En Suisse En 1938, les Suisses à la recherche de bombardiers légers achètent deux Potez 63 : un type 630 immatriculé B-2 et un type 632 immatriculé B-1. Ces avions sont prélevés dans de commandes françaises et il est ensuite impossible d'obtenir d'autres avions. Jusqu'à leur réforme, en 1944, la fiabilité des moteurs a été un grave inconvénient et les avions n'ont guère été regrettés.
En Allemagne La production du Potez 63.11 reprit sous contrôle allemand après l'armistice. Il fut d'abord question d'achever les appareils en cours de production avant l'invasion. Ils furent utilisés comme avion de liaison ou d'entraînement ; plus d'une centaine d'exemplaires capturés en zone libre les rejoignirent. La production reprit en 1942 : ces appareils finirent majoritairement en Roumanie, voire en Hongrie.
En Italie Une quinzaine de Potez 63-11 fut capturée par les Italiens lorsqu'ils envahissent la zone libre. Ils les utilisèrent également pour l'entraînement, brièvement.
En Hongrie Tardivement, au printemps 1944, la Hongrie reçut un lot de divers modèles de Potez 63. Ces appareils étaient alors dépassés pour un rôle en première ligne. Ils servirent à l'entraînement principalement comme tracteur de cibles aériennes.
Variantes Contrairement à la plupart des appareils français contemporains, la production des Potez fut raisonnablement rapide et les premières livraisons effectuées avant la fin de 1938. Le Potez 63 était conçu pour faciliter la production de masse et il en résulta qu'un Potez 630 était plus rapide et moins cher à construire qu'un Morane-Saulnier MS-406. Tandis que le rythme de production augmentait, des modèles expérimentaux et des dérivés furent développés.
Prototypes Les Potez 630 C3 et le premier modèle équipé en moteurs Gnome et Rhône, le Potez 631 C3 , furent les deux prototypes initiaux. Ils furent suivis d'autres, de plusieurs versions.
Versions de chasse Une caractéristique typique des modèles 630 et 631 était leur armement frontal, qui consistait à la base en deux canons de Hispano-Suiza HS-9 puis HS-404 montés sous le fuselage, bien que parfois l'un des canons pouvait être remplacé par une mitrailleuse MAC 1934. Plus tard, les Potez 631 reçurent quatre mitrailleuses légères sous les ailes extérieures, il était même théoriquement possible d'en mettre six. Il disposait, en outre, d'une mitrailleuse de MAC 34 en position arrière.