L'histoire de l'élevage français retrace les grandes évolutions de l'élevage des animaux domestiques de ce pays, des premières domestications à l'élevage moderne.
L'élevage est apparu dans ce qui n'était pas encore la France au VI millénaire , avec les premières domestications d'animaux dans l'est et le sud-est du territoire actuel.
L'élevage en France Élevage sur le territoire de la Francie...
Depuis la Seconde Guerre mondiale Un important retard à rattraper Avant même le second conflit mondial, l’agriculture française est donc encore en reconstruction et n’est toujours pas autosuffisante. Elle importe environ 10 % de ses produits alimentaires et a également beaucoup recours à ses colonies pour la ravitailler en produits alimentaires. La situation va encore se dégrader pendant la guerre. En effet, pas moins de agricoles sont détenus prisonniers en Allemagne. En l’absence de cette main-d’œuvre, et avec la raréfaction de divers produits intermédiaires que sont le carburant, les engrais, les semences sélectionnées et les pièces détachées pour engins agricoles, la production se trouve profondément affectée. Par-dessus tout, environ 17 % de celle-ci est directement livrée à l’Allemagne avec l’accord du gouvernement de Vichy. S’installe donc une pénurie dans les villes, que la très forte part d’autoconsommation des campagnes n’arrange en rien. En effet, les paysans cherchent d’abord à nourrir leurs familles, voire leurs amis et les résistants des maquis voisins, ou encore à alimenter le marché noir, avant de livrer les villes.
À la Libération, la situation peine à retrouver la normale. Les opérations militaires ont ravagé plus d’un million d’hectares de terres agricoles, et les équipements n’arrivent que lentement dans les exploitations. Ainsi, comme les importations sont de leur côté gênées par la destruction des infrastructures portuaires, le rationnement reste d’actualité jusqu’en 1952, date à laquelle la production agricole recouvre son niveau de 1938.
En 1950, l’organisation de l’agriculture et les structures ont très peu changé par rapport à ce qu’elles étaient au début du siècle. Le revenu des travailleurs dans l’agriculture est très faible : on estime qu’il ne représente que 60 à 65 % du revenu moyen d’un citadin en 1950. En réalité, l’exode rural a été limité en France en comparaison d’autres pays. L’agriculture représente encore 36 % de la population active en 1946. Cette main-d’œuvre réalise un travail pénible et est très peu productive. Elle est très mal formée. L’agriculture de l’époque vit d’abord d’autosubsistance, avec des structures de petites tailles (80 % des fermes ont une surface inférieure à 20 ha).
Ces fermes de faibles dimensions ne dégagent pas suffisamment de revenu pour permettre aux agriculteurs d’investir dans des machines qui augmenteraient leur productivité. Le niveau de vie des ménages dans les campagnes est très modeste, avec des conditions de logement primaire, et l’eau courante et l’électricité souvent absentes. L’environnement socioculturel semble souvent désuet pour les jeunes qui préfèrent de plus en plus se diriger vers les villes. Le système classique de polyculture élevage, où tout est produit partout pour assurer l’autosubsistance, est également un frein à la productivité, même s’il donne à la France une extraordinaire diversité de productions. Les niveaux de production sont particulièrement faibles, avec par exemple 2000 litres de lait produits par vache et par lactation, 100 œufs produits par poule et par an, 10 porcelets sevrés par an par truie… La traction animale est encore largement prédominante, et de nombreuses maladies comme la tuberculose, la brucellose ou la peste porcine sont courantes dans les campagnes. La France est largement dépassée par les autres grands pays européens comme le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Danemark ou les Pays-Bas. Cette situation est liée à l’abondance de la main d’œuvre et à la politique fortement protectionniste du pays qui permet d’assurer un revenu aux agriculteurs français en dépit de leur mauvaise productivité. Les coûts des produits agricoles y sont bien plus élevés qu’ailleurs, ce qui interdit toute exportation et limite la consommation dans les villes.
L’élevage durant les « trente glorieuses » : une volonté politique de changer les choses Les « Trente Glorieuses », selon l’expression demeurée célèbre de l’économiste français Jean Fourastié, correspondent aux années 1945 à 1975 durant lesquelles l’économie est marquée par une forte dynamique. Ainsi, la croissance est stable à 4 ou 5 %, le progrès technique bouleverse les méthodes de production et permet d’entamer la tertiarisation de la société grâce à la meilleure productivité du travail, et la forte hausse du pouvoir d’achat permet à la France d’entrer de plain-pied dans l’ère de la consommation de masse. En parallèle, on observe une mondialisation des échanges, qui sont de plus en plus libéralisés par des accords internationaux. L’intervention de l’État est très importante en Europe occidentale à cette époque, permettant d’orienter la transformation de l’économie de l’époque.
C’est dans ce contexte très favorable économiquement que l’agriculture française va être révolutionnée pour redevenir productive.
L’amorce du changement Premiers plans de modernisation La modernisation de l’agriculture française passe d’abord par d’importants investissements, en partie permis par le plan Marshall. Ainsi, entre 1945 et 1952, d’euros sont investis par les agriculteurs pour s’équiper. Par ailleurs, le plan Monnet permet une augmentation significative de la production de tracteurs et d’engrais azotés pour améliorer la productivité des exploitations. Par contre, rien est encore fait pour restructurer cette agriculture. Le plan Hirsh, mis en place entre 1954 et 1957, s’intéresse lui un peu plus à la réorganisation des marchés et appuie la vulgarisation agricole. L’orientation productiviste prise un peu plus tôt n’est aucunement remise en cause.
Naissance de la FNSEA Pour mener à bien la reconstruction du secteur agricole, l’État à besoin d’un interlocuteur privilégié. Le ministre de l’agriculture de l’époque, Tanguy Prigent, crée la Confédération générale de l'agriculture (CGA) en 1945 pour tenir ce rôle. Cette institution comprend notamment une branche syndicale, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), qui s’affirmera plus tard comme l’interlocuteur unique de l’État. La FNSEA, très conservatrice, va en effet entrer en conflit avec la CGA, dominée par les socialistes, et finir par se substituer à elle dès les années 1950. Son président, René Blondelle, soutient l’évolution productiviste de l’agriculture, et surtout le maintien de prix garantis qui assurent un bon niveau de revenu aux agriculteurs. En parallèle se développe le mouvement des « jeunes agriculteurs ». Ceux-ci, souvent issus de la JAC (jeunesse agricole catholique), militent pour une véritable révolution agricole. Ils souhaitent un agrandissement des structures, un recours plus important aux progrès techniques que constituent la mécanisation, l’insémination artificielle ou les produits de traitement, mais sans dérive capitaliste, c'est-à-dire en conservant des exploitations à dimension familiale, tout en leur donnant le statut d’entreprise agricole. Ils critiquent également les dérives de l’agriculture familiale, où le couple est harassé de fatigue et les enfants servent de main-d’œuvre plutôt que de faire des études. Cette idée, déjà véhiculée un demi-siècle auparavant par Jean Jaurès et les socialistes, est toute nouvelle dans la bouche de fils et de filles de familles paysannes conservatrices, et cela conduira à une véritable révolution dans les campagnes.
La révolution silencieuse des campagnes Les campagnes françaises vont commencer à se vider dans les années 1950. La population active agricole s’abaisse à 29 % de la population en 1949, puis à 22 % en 1959. Cette diminution de la main-d’œuvre s’explique par la forte demande de travailleurs dans les villes, dont les conditions de vie plus confortables attirent beaucoup les jeunes. Parallèlement à cet exode rural, la productivité des exploitations augmente très rapidement pour compenser le manque de bras grâce à l’acquisition de nouveaux équipements. De nombreuses exploitations possèdent désormais un tracteur, voire une trayeuse électrique, un épandeur à fumier et même pour certaines une moissonneuse-batteuse. De nouvelles pratiques se développent, comme le retournement des prairies pour augmenter leur productivité, ou la distribution d’aliments concentrés.
Tout cela permet une augmentation de la production. Dans un même temps la population s’accroît fortement, et consomme de nombreux aliments qui ne sont pas produits en France. La balance commerciale de l’agriculture demeure donc négative, les exportations restant modérées.
L’impact des politiques agricoles La mutation de l’agriculture française vers plus de modernité est orchestrée à partir des années 1960 par les instances nationales, mais également européennes, qui multiplient les mesures visant à accompagner l’agriculture dans ses changements.
Lois d’orientation de 1960 et 1962 La loi Debré de 1960, et la loi Pisani de 1962 qui lui est complémentaire, sont mises en place à la suite de la collaboration entre le gouvernement et le Comité nationale des jeunes agriculteurs (CNJA), vecteur d’une idée nouvelle de l’agriculture. Ces deux lois visent à moderniser l’agriculture française afin de préparer son intégration dans le marché commun européen, et à permettre à terme la parité de salaire entre agriculteurs et salariés des villes. Les lois établissent notamment les bases de la « cogestion » entre l’État et les principaux organismes professionnelles que sont l’assemblée permanente des chambres d’agriculture, la confédération nationale de la mutualité, de la coopération et du crédit agricoles, la FNSEA et le CNJA. Une politique de restructuration du foncier est également prévue, à travers la création de la SAFER (société d'aménagement foncier et d'établissement rural) et de l’IVD (indemnité viagère de départ) qui va permettre le départ à la retraite d’agriculteurs âgés moyennant une petite aide financière. Cela permet une forte augmentation de la taille des exploitations, nécessaire pour améliorer la productivité de l’agriculture française.
La loi sur l’élevage de 1966 La loi sur l’élevage de 1966 inscrit dans le cadre réglementaire les évolutions de l’élevage français, et vise à mettre en œuvre une sélection génétique efficace de nos animaux d’élevage, de revoir l’organisation générale de l’élevage et de moderniser les bâtiments. Cette loi restera en vigueur plus de , preuve de sa pertinence.
Concernant l’organisation de l’élevage et l’amélioration génétique des animaux, très liées, la loi répond à l’utilisation de plus en plus importante de l’insémination artificielle, qui permet de diffuser à grande échelle des taureaux de bonne qualité. Encore faut-il sélectionner ces taureaux, afin d’optimiser le progrès génétique réalisé. La loi prévoit donc la création des Unions de promotion de la race (UPRA), qui remplacent les livres généalogiques et gèrent les programmes de sélection des races concernées et en définissent les objectifs. Ceux-ci sont validés par le gouvernement à travers le Centre national d'amélioration génétique (CNAG) L’Établissement départemental de l'élevage est créé pour gérer le contrôle de performances et l’identification animale, et est également chargé de la recherche appliquée.
La PAC