Fondé en 1874 par les Pères jésuites, le collège Saint-Joseph de Reims est un établissement scolaire catholique mixte sous contrat d’association avec l’État scolarisant de la maternelle au baccalauréat, actuellement situé entre les rues des Capucins, de Venise, de l'Équerre et des Moulins à Reims (Marne). Il dispose d’un internat de 340 lits pour les collégiens et les lycéens et propose un projet de formation, fortement inspiré de la pédagogie ignatienne, en trois étapes :

À l’école : « Éveiller et donner l’envie d’apprendre » Au collège : « Accompagner et développer l’autonomie » Au lycée : « Former des responsables par la vie en équipes ».

Résumé historique De 1608 à 1762, le premier collège des Jésuites de Reims était installé près de l'église Saint-Maurice.

Plus d'un siècle après le bannissement des jésuites du royaume de France, l'ordre religieux est universellement rétabli en 1814, par le pape Pie VII. , En les pères jésuites sont de nouveau à Reims.

L'école libre Saint-Joseph ouvrit ses portes le mercredi , le père Mertian en étant le premier directeur. Le bâtiment de la rue David fut inauguré à la rentrée d'.

À la suite du décret de Jules Ferry, interdisant l'enseignement aux congrégations religieuses non autorisées, l'enseignement fut donné par un personnel ecclésiastique et laïque, suivant l'esprit, le programme et les méthodes de la Compagnie de Jésus, de 1880 à 1889. Une société civile, fondée vers 1887 administrait financièrement le collège. À la rentrée de 1889, on put inaugurer le grand bâtiment construit sur le faubourg Cérès (actuelle avenue Jean-Jaurès).

L'Association des anciens élèves fut créée en 1893.

Le petit collège Saint-Stanislas, ouvrit dans l'ancien hôtel de Bézannes, pour les petites classes. Ce petit collège dura jusqu'en 1903 ; les classes furent alors transférées au grand collège, faubourg Cérès.

Du fait de la loi sur les congrégations les pères jésuites furent obligés de quitter le collège en 1901 et Auguste Gindre devint directeur de l'école Saint-Joseph. En 1906, il fut décidé de recourir à une installation provisoire.

La Société rémoise immobilière et d'enseignement secondaire ne put racheter les locaux du faubourg Cérès mis aux enchères en 1908 et la rentrée s'effectua dans des locaux appartenant auparavant aux Frères des écoles chrétiennes au 37, rue de Venise le . Auguste Gindre fut chargé de la direction du collège. Le personnel enseignant était composé de prêtres, d'autres ecclésiastiques et de laïcs.

La mobilisation militaire de presque tous les professeurs et surveillants dès et, à partir de septembre, les bombardements de la ville ne permirent pas de maintenir la vie scolaire. Seuls monsieur Gindre, le père Virion et le frère Oswald restèrent au collège. Les bombardements endommagèrent plus ou moins gravement les bâtiments, mais ceux‑ci ne furent pas incendiés.

Après des travaux de réparation, le collège put rouvrir en . La restauration complète se termina en 1924 et, les 28 et de cette année, se déroulèrent les fêtes du cinquantenaire, au cours desquelles eut lieu la bénédiction des plaques de marbre à la mémoire des 245 maîtres et anciens élèves morts à la Grande Guerre.

En 1926, achat d'un terrain de cinq hectares situé à Cormontreuil. Ce vaste terrain n'était que marécage, fondrières, trous d'obus noyés et étangs pestilentiels et fut remblayé par les gravats et matériaux de démolition évacués depuis la ville de Reims alors en pleine reconstruction. L'Association sportive, fondée cette même année, collecta des fonds pour financer l'aménagement d'un stade d'athlétisme : piste, portique, agrès, sautoirs, toilettes et piscine alimentée par l'eau de la Vesle.

En , fut créé le bulletin Le Sourire de Reims, réalisant une liaison entre le collège, les familles et les anciens élèves.

En , l'Association Saint‑Joseph, composée d'anciens élèves et de parents d'élèves, loua l'immeuble, pour neuf ans, à la Société rémoise immobilière, propriétaire, et prit en mains la gestion du collège.

En 1938, ce fut l'achat de l'immeuble au 31, rue de Venise, l'installation de laboratoires et d'amphithéâtres pour les cours de physique et de chimie, l'installation d'un nouveau dortoir au troisième étage du grand bâtiment, la construction d'une galerie vitrée le long des bâtiments autour de la cour du Sacré‑Cœur, la suppression du passage central pour créer le bureau du père préfet.

Une nouvelle mobilisation en troubla gravement la vie du collège : une grande partie du collège fut réquisitionné pour devenir l'hôpital complémentaire Saint‑Joseph. La rentrée se fit, le , avec 250 élèves, plus 150 élèves du petit séminaire, dont les bâtiments étaient également réquisitionnés.

La rentrée de 1942 a marqué un tournant important dans l'histoire du collège, le père Leib, recteur, lançait avec le père Kehrig et quelques autres pères, l'organisation des « Équipes » en première division.

Dans les années 1950 et 1960, il fut fait l'acquisition de diverses maisons proches du collège ainsi que du couvent de la Visitation, le gymnase, fut édifié en 1958‑59 et le bâtiment de première division en 1958‑1960.

En 1960, signature du contrat d'association accordant une aide financière ainsi que la rémunération des enseignants. La salle des belles-lettres (CDI) fut ouverte en 1962.

En 1972, la société immobilière, propriétaire du collège, fut transformée « Association rémoise immobilière et d'enseignement secondaire » (ARIES).

En 1973, la création de la traversée urbaine de l'autoroute A4 a scindé le terrain de Cormontreuil en deux parties. Le terrain situé au-delà de l'autoroute sera plus tard revendu à la ville de Cormontreuil.

La coresponsabilité pédagogique, administrative et financière fut mise en place en créant l'Association Saint-Joseph en 1978.

La communauté jésuite, qui résidait auparavant dans les locaux du collège, a déménagé dans une construction neuve située rue de l'Équerre en 1986.

En 1992, installation d'un self-service remplaçant les salles de restauration habituelles.

La mixité à l'école fut introduite à la rentée 1993, au collège à la rentrée 1995 et au lycée à la rentrée 1999.

En 1994 et 1995 fut construit un bâtiment donnant sur la rue de Venise et destiné à accueillir des salles de classe pour le petit collège.

Ouverture d'une section accueillant des enfants intellectuellement déficients à l'école en 1995 puis au collège en 1997. Ces deux classes portent actuellement le nom d'Unité localisée pour l'inclusion scolaire (ULIS).

La Visitation ainsi que les bâtiments dénommés « l'usine » furent vendus en 1998, le bâtiment situé sur la rue des Capucins fut démoli en 1999, de nouvelles salles de classe furent créées au troisième étage du bâtiment du collège et un nouveau bâtiment d'internat fut construit le long de la rue des Capucins. Les services de direction prirent possession des locaux rénovés situés au-dessus d'une nouvelle entrée, située au 177, rue des Capucins en 2001.

Ouverture en 2003 de classes maternelles au sein du petit collège.

En 2011, les Belles-Lettres se sont installées au-dessus des réfectoires et un amphithéâtre a été créé au dernier niveau de ce bâtiment.

En 2015, manquant de jeune personnel, les Jésuites décident de quitter Reims. La direction de l'établissement est confiée à un laïc, la tutelle restant cependant sous l'autorité de la Compagnie de Jésus.

Histoire

Le collège du Faubourg Cérès (1874-1907)

La fondation (1874-1875) Les pères jésuites revinrent à Reims en , à la demande de la famille Abelé de Muller, grâce à l'intervention du cardinal Gousset qui obtint l'autorisation gouvernementale, et à l'aide financière du baron de Sachs, pour assurer le service religieux spécial des familles de langue allemande, alsaciennes surtout ou luxembourgeoises, venues en assez grand nombre à Reims au cours des années précédentes.

Un groupe de pères s'installa dans une maison modeste de la place Ruinart de Brimont, actuelle place du .

En 1867, grâce à un don de cent mille francs de la baronne de Sachs ils firent construire une chapelle qui servira plus tard aux élèves du collège.

Après les désastres de la guerre de 1870 et en prévision de la fermeture prochaine du collège Saint-Clément de Metz, des avances furent faites aux pères du faubourg Cérès le pour la construction d'un collège. Monseigneur Landriot leur proposait de reprendre le collège diocésain de Rethel. Cependant Reims paraissait, par sa position et son importance la ville la plus désignée pour une fondation, et les pères cherchaient un terrain adéquat. L'occasion se présenta dans la mise en vente de la ferme Grulet, 86 faubourg Cérès, dont les terrains se prolongeaient jusqu'à la résidence de la place Ruinart de Brimont. La ferme fut achetée le ainsi que quelques autres bâtiments aux numéros 80, 82 et 84 du faubourg Cérès et un jardin voisin, le « Jardin Petit ».

Le père Grandidier, provincial, vint à Reims le , après la mort de monseigneur Landriot, prendre les dernières décisions et l'école libre Saint-Joseph ouvrit ses portes le mercredi pour les pensionnaires et le lendemain pour les externes.

Trois classes furent ouvertes, cinquième, sixième et un cours préparatoire de septième - huitième. 37 élèves furent inscrits à cette première année (Edme Barbey est le premier élève inscrit.).

Le père Henri Mertian, Supérieur, fut chargé des fonctions de recteur et le père Hoffmann, de celles de préfet.

Dans la maison d'habitation des fermiers furent installés parloir, bureaux du père recteur et du père préfet, lingerie, infirmerie, chapelle, les classes dans les dépendances, la porterie et le réfectoire dans les bergeries, les dortoirs et les études dans la première grange et la salle de gymnastique dans la deuxième grange.

Période de développement (1875-1880) Le collège prit rapidement de l'essor : à la deuxième rentrée l'effectif est de 100 élèves pour cinq classes, de la huitième à la quatrième et la troisième année, 160 élèves pour six classes, avec la troisième. vignette|Bâtiment central inauguré en octobre 1877 En 1875, le père Mertian devint père ministre et le père Cornaille, père recteur. vignette|Bâtiment central de l'actuel lycée Jean-Jaurès Comme père ministre, le père Mertian conçut le plan d'ensemble du collège et mit en chantier, en 1875, le bâtiment central, parallèle à la rue David. Ce bâtiment, construit par monsieur Collignon, architecte à Reims, fut inauguré à la rentrée d' et béni solennellement, ainsi que la statue de Saint-Joseph qui ornait sa façade, le par Benoît Langénieux.

Le père Cornaille dirigea le collège de 1875 à 1880 et le père Lacouture fut préfet de 1875 à 1886. Ce dernier était à la fois préfet de discipline et des études, professeur de mathématiques et surveillant général.

À part trois ou quatre professeurs laïques, tout le personnel était jésuite.

Le règlement était strict et austère : lever des pensionnaires à 5 heures ou 5 heures 30, congé le mercredi après-midi ; après la messe du dimanche, classe de catéchisme de 10 heures à 11 heures puis assistance obligatoire aux vêpres à 13 heures 30 même pour les externes ; une sortie pour les pensionnaires le premier mercredi de chaque mois de 11 heures à 20 heures. Les vacances étaient très réduites : au jour de l'an, de 8 heures à 20 heures ; à Pâques, vacances du lundi de Pâques au mercredi de Quasimodo ; grandes vacances des premiers jours d'août aux derniers jours de septembre.

Pour atténuer la rigidité des règlements, tout au long de l'année étaient organisées des distractions, des cérémonies, des réunions de détente variées : les grandes fêtes religieuses avec leurs offices, leurs solennités, leurs processions ; des séances d'ordre scolaire, académies, sabbatines, concertations ; des fêtes diverses, de saint Nicolas, des saints Innocents, de sainte Cécile, des enfants de chœur, des fêtes d'études, des concours de jeux, les goûters des charges, les bains de faveur aux Trois Rivières, des excursions, etc.

Premières épreuves (1880-1889)