thumb|Panneau en créole réunionnais : Camélias sa lé gayar - Les Camélias, c'est génial Le créole réunionnais est un créole à base lexicale française parlé à La Réunion. Il est issu surtout de la langue d'oïl (principalement des dialectes du nord-ouest comme le français, le normand et le gallo), qui a reçu l'influence des langues d'autres ethnies venues s'installer dans l'île, telles que le malgache, l'indo-portugais et le tamoul.
Le créole réunionnais s'est formé à l'époque de la colonisation française, à partir de la rencontre et des apports respectifs d'une part des esclaves proches des maîtres parlant un français déformé, et d'autre part de nouveaux esclaves aux origines linguistiques variées (africains, malgaches et indiens).
Usage L'usage du créole est très répandu chez les Réunionnais qui l'utilisent quotidiennement, aussi bien à la maison (« la kaz ») qu'au travail, mais il ne s'oppose aucunement à l'usage du français — la langue nationale — ni ne le concurrence, puisque ce dernier reste très majoritaire à l'écrit. Selon les circonstances, le locuteur utilisera l'une ou l'autre langue ou même les deux. On parle de situation de continuum linguistique. ; les Réunionnais sont donc bilingues. Contrairement au créole mauricien, qui était plus proche du français mais qui s'en éloigne, le créole réunionnais suit le mouvement inverse du fait de l'influence permanente de la culture française sur les médias et du français sur la vie de tous les jours. Le créole réunionnais (créole bourbonnais) est parlé aussi bien par des réunionnais sur l'île qu'en Europe, en Amérique du Nord.
Langue des Outre-mer vignette|Entrée d'agglomération de la ville de Saint-Denis en version bilingue Le ministère de la Culture distingue les langues régionales des langues des Outre-mer auxquelles appartiennent les créoles, tel le créole réunionnais.. Depuis 2005, le créole réunionnais peut être enseigné dans les écoles primaires et est étudié à l'université de La Réunion. Il dispose d'un office de la langue créole : Lofis La Lang Kréol, qui soutient des projets sur le territoire pour l'apprentissage de la langue. Le créole est la langue du Maloya, pendant la période de l'esclavage. Les artistes comme Danyèl Waro, Firmin Viry, Ousanousava, Maya Kamaty, Baster, Ziskakan, Kréolokoz, Kaliko Muzik Band chantent en créole et mettent en avant la langue régionale réunionnaise. Certaines villes (ex. : Le Port, Saint-André) ont adopté les deux langues, en signant la charte du bilinguisme de Lofis La Lang Kréol. Dès le siècle, des écrivains mettent en lumière la poésie de la langue créole comme Louis-Timagène Houat dans Les Marrons (1844) ou Marius et Ary Leblond dans le roman Le Zèzère (1903).
Prononciation En créole réunionnais, il n'existe actuellement aucun système de transcription écrit officiel, plusieurs ont été créés afin de répondre aux besoins des Réunionnais sans qu'aucun n'ait pu s'imposer.
Les règles de prononciations suivantes sont celles du système Tangol, présent dans la majorité de cet article.
Les voyelles a se prononce comme en français. On rencontre parfois â. L'accent circonflexe sert simplement à distinguer deux homonymes, mais la prononciation reste la même : kal « s'arrêter », kâl « calme », « écailler ».
La voyelle é /e/ est plus longue en créole que dans le français « été » : lalfabé « alphabet », oté « dis donc, salut ». La voyelle è se prononce [ɛ], elle est proche du français : « fèr », « faire » : sèr, « cacher », « ramasser », « mettre de côté ». Mais e après une consonne nasale (m ou n) indique une prononciation avec consonne nasale et non pas voyelle nasale : lame « lame » et fine se prononcent respectivement [lam], [fin]. ë est plus grave que e. Pour le réaliser dans sër « sœur », choisissez une prononciation intermédiaire entre les voyelles françaises de « sœur » et « serre » : flër « fleur », lodër « odeur ». Attention ! Quand ë se place en fin de syllabe comme dans krë « profond » ou blë « bleu », la prononciation est intermédiaire entre « feu » et « fée ». Selon les variantes locales, le ë peut se prononcer « eu », « è », « o » ou encore « ou ».
Pour réaliser ï dans rï « rue », choisissez une prononciation intermédiaire entre les voyelles françaises de « rz » et « re » : fïmé « fumer », okïp « s'occuper », plis « plus », la plï « la pluie ». Selon les variantes du créole, le ï peuvent se prononcer « u » (créole des hauts) ou « i » (créole des bas).
La voyelle o se prononce de manière très fermée /o/ après une consonne : koko « coco », loto « voiture ». Mais devant une consonne, le o se prononce de manière très ouverte /ɔ/ comme dans le français « colle » ou « sol ».
Lorsqu'elle sépare deux voyelles, h est une lettre muette : fahame (espèce d'orchidée) se prononce (fa-ame), Lého (milieux d'altitude) [lé-o], mahï « maïs » [ma-i].
Les voyelles nasales Dans les combinaisons an, on et in, les voyelles sont nasales : an se prononce comme dans le français « tant », on comme dans « mouton », in comme dans « matin ». L'accent créole allonge les voyelles nasales en début de mot : tant « panier », tantine « copine », longani « longane », gongon « quignon », Anpar (prononcer anpor) « s'emparer, prendre ou accueillir ». Exceptions : bien « bien », tienbo « tenir », vint-é-in « vingt et un ». En fin de mot, ces voyelles nasales - an, on, in - peuvent se combiner à une autre consonne nasale : m. La prononciation reste nasale : on prononce une voyelle nasale (an de « tant », on de « mouton » et in de « matin ») puis la consonne m. anm se prononce [an] + [m] : novanm « novembre ». onm se prononce [on] + [m] : tonm « tomber ». inm se prononce [in] + [m] : tinm « timbre ». La syllabe française « -bre » est devenue en créole une nasale m : septanm « septembre » Les voyelles nasales an, on, in se combinent aussi avec la consonne n. Là encore, on prononce une voyelle nasale (an de « tant », on de « mouton » et in de « matin »] puis la consonne n. ann se prononce [an] + [ne] : atann « attendre ». onn se prononce [on] + [ne] : ponn « pondre ». inn se prononce [in] + [ne] : tinn « éteindre ». La syllabe française « -dre » est devenue en créole une nasale n en fin de mot : défand « défendre », « empêcher ».
Les consonnes et combinaisons de consonnes Toutes les consonnes se prononcent avec force en fin de mot : doub « doubler », souk « attraper », bougg « homme », désann « descendre ». On remarque que le réunionnais n'a pas gardé les groupes de consonnes à la fin des mots d'origine française : pâl « palme », lass « asthme ». Pour différencier deux mots qui se prononcent de la même façon, on double la consonne : rant « entre » ≠ rantt « rentrer » ; mont « monter » ≠ montt « montrer ». De même, on double les consonnes s et g à la fin de certains mots pour éviter les confusions avec le français : pass passer (≠ pas), romanss « chanson » (≠ romans), largg « lâcher » (≠ large). Attention, la lettre g se prononce toujours [g] comme dans « gâter » ou « griffe », jamais [ʒ] comme dans « nuage » : gadianm « chouette », get « regarder », gitar « guitare ». La lettre r à l'initiale, comme dans rougay ou bred n'est pas loin du « r » français de « roue », « raide ». En fin de syllabe et de mot, la prononciation est bien relâchée, proche de celle d'une voyelle longue et profonde : artourn « revenir ». D'ailleurs, la présence de ce r allonge les voyelles orales. Trois consonnes - sh, zh et nÿ - n'ont pas d'équivalent en français. On peut les considérer comme des consonnes intermédiaires dans la mesure où elles se situent entre deux sons connus en français. sh correspond à une consonne sourde. Le son sh se réalise entre le « ch » de « chat » et le « s » de « sa » : shapé « s'échapper », bash « poser un lapin ». Selon les variantes il peut se prononcer clairement « s » (Créole des bas) ou « ch » (Créole des hauts). zh note une consonne sonore. Elle correspond à un son intermédiaire entre le « z » de « zone » et le « j » de « jaune » : la zhol « prison », zhako « singe », kazho « cageot », lazh « âge ». Selon les variantes locales du créole, il peut se prononcer franchement « j » (Créole des hauts) ou « z » (Créole des bas). nÿ note un son propre à plusieurs créoles (mauricien, seychellois, Principe). Il combine un peu de consonne nasale et de voyelle mouillée : n se prononce un peu comme « gne » dans « pagne » et ÿ comme le son « -aille » de « paille » [y] : pinÿ « peigne » [pin] + [-aille], konÿ « cogner » [con] + [-aille], binÿ « se laver, nager » [bin] + [-aille]. Selon les variantes locales il peut se prononcer franchement gn ou nÿ.
Les semi-consonnes Deux semi-consonnes correspondent, comme le nom l'indique, à des sons intermédiaires entre consonne et voyelle. La semi-consonne [w] se prononce [oi] comme dans « mois », « oie » ou « watt ». Elle s'écrit oi dans les mots créole d'origine française : piédboi « arbre », poi-ron « petit pois ». Dans les autres mots créoles, elle s'écrit w : pwak « brûle ». Quand elle est suivie d'une consonne nasale (in) on écrit -oin et on prononce comme dans le français « loin » : amoin « me », loin « loin », poin « pas ». y se prononce comme dans le français « paille », « kayak » : kayé, papay. À l'intérieur d'un mot, après une consonne, on prononce en deux temps : zoryé « oreiller » [zor-y é], maryé « se marier » [mar-y é]. ui se prononce comme dans le français « fuir » : fuiyapin « fruit de l'arbre à pain », kiyer « cuillère ».
Alphabet créole réunionnais Créole réunionnais FrançaisPrononciation standard (API) a a /a/ b b /b/ d d /d/ e è /ɛ/ ë eu, è /ɜ/ é é /e/ f f /f/ g g ou gu /g/ h h est muet quand il sépare deux voyelles, il sert aussi à former d'autres sons i i /i/ ï i ou u /ɨ/ k k, c ou qu /k/ l l /l/ m m /m/ n n /n/ o o /ʌ/ ou ou /u/ p p /p/ r r à l'initiale, comme en français, il est relâché en fin de syllabe et de mot, prolongeant la voyelle qui le précède s s, ç, ou ss /s/ t t /t/ ui ui se prononce comme en français v v se prononce comme en français w w /w/ y y /j/ z s, z /z/ nÿ //
c, j, q, u et x ne sont utilisés que dans les emprunts ou les digraphes ou et ui.
Variations du créole On peut distinguer des variations du créole. On ne peut résumer ce fait par l'opposition créole des hauts et créoles des bas du fait de la migration et des échanges constants de la population. Il y a des variations du créole réunionnais comme dans d'autres langues : les Parisiens ne parlent pas comme les Marseillais. Ainsi, des Réunionnais des régions nord et littorales vont préférer le son « i » pour le pronom personnel sujet « li » (« il »), plutôt que le son « u » = « lu » utilisé dans le « créole des hauts » et dans le sud. Aujourd'hui se dira « zordi » en « créole des bas » (Kréol Kaf) et « jordu » en « créole des hauts » (Kréol « blan »). Attention, les appellations « Kréol kaf » et « Kréol blan » sont incorrectes bien qu'usitées car il existe des « Kaf » utilisant le Créole dit « des hauts » et des « Blan » utilisant le Créole dit « des bas ». Exemple des différences entre créole des hauts et créole des bas : Créole des Bas : Dabitid onz èr m'i sar réstoran Sinoi manz lo rin sounouk ék brinzèl. Soman azordi m'i rèt mon kaz pou manz Ti zak boukané. Si Sinoi-là té mazine son manzé té méyèr, li tronp ali ; astèr m'i sar rèt mon kaz minm pou manzé ! Sanm la fami ni va pi alé manz laba ! Créole des Hauts : Dabitud onz eur mi sa réstoran chinoi pou manj rin sounouk ek brinjèl. Jordu pa pareil, mi rèste mon kaz pou manj ti jak boukané. Si chinoi-là la panse son manjé té méyeur, lu la tronp alu ; aster mi ress mon kaz pou manjé. Ek la famiy nou sa pu manje ter la .