vignette|Dans son film Kumu Hina, Hinaleimoana Wong-Kalu explore ses identités māhu et de femme trans et l'impossibilité de les assimiler l'une à l'autre. Un Māhū est, dans les cultures hawaïenne et tahitienne, une personne aux comportements très efféminés qui occupe une place émotionnelle, psychologique et spirituelle entre l'Homme et la Femme (Kāne et Wahīne en 'Ōlelo Hāwaī'i, Tāne et Vahīne en Rēo-Mā'ohi.)

La majorité d'entre-eux sont dotés de talents innés pour l'éducation, la médecine, la cuisine, la sexualité, la mémoire et les beaux-arts (chants, danses, poésies, confections de bijoux et de textiles en fibres végétales.)

Chaque Ari'i et Pōmare (chef, roi et reine) possédaient leurs propres Māhū.

Définitions

Dans le Rēo Mā'ohi, la langue traditionnelle tahitienne, Māhū signifie « ceux qui émanent des savoirs purs ». Il est composé de la racine du mot « pureté » avec mā, et « faire sortir » avec hū. Sa définition s'était retrouvé modifiée de l'originale peu de temps après l'arrivée des colons-européens et missionnaires en « homme efféminé » ; ce qui est une erreur de translitération puisque dans la langue tahitienne, le mot « efféminé » n'existait jamais.

Le Mémorial polynésien, un ouvrage de référence, ignore les Māhū et dans son Dictionnaire de la langue maorie, édition 1949, Tepano Jaussen, alors vicaire apostolique de Tahiti, ignore même le sens du terme Māhū en tant qu'« homme efféminé ».

L'identité Māhū, connotée comme traditionnelle et autochtone, est fréquemment opposée en Polynésie à l'identité rae rae, péjorativement associée à la prostitution et au maquillage, ainsi qu'à l'identité trans essentiellement caractérisée à travers la pratique de la transition médicale. Toutefois, selon Serge Tcherkézoff, cette distinction est trop souvent présentée comme une vérité naturellement enracinée dans les cultures autochtones, en ignorant les nuances et surtout le rôle que joue l'histoire coloniale dans l'auto-identification et l'assignation des identités sexuelles.

Selon la kumu hula (professeure de hula) contemporaine Kaua'i IkiCitée par Andrew Matzner dans . Intersections: Gender, History and Culture in the Asian Context, 6, août 2001, :

Histoire

À l'époque des rois Pōmare, elles étaient surnommées . L'une d'entre elles fut le conseiller et le confident de la reine Pōmare IV.

Les premiers navigateurs européens à avoir abordé les îles de l'archipel signalaient déjà leur présence, comme William Bligh, le capitaine du ou James Cook. Plus âgés, ils s'occupent du foyer, ils mangent à l'écart des hommes et dansent et chantent avec les femmes. Ils occupent souvent un poste de domestique auprès d'un noble.

Un māhū était un homme aux manières très efféminées qui s’habille en Pare'o et ses postures et ses gestes étaient cependant féminins. Généralement, le māhū ne cherchait pas à réprimer ou à rectifier sa façon d’être.

Plus tard, au , Paul Gauguin en peint à plusieurs reprises.

Aujourd'hui Le récit de Māhū : Kumu Hina a exprimé son inquiétude face à ce qu'elle a qualifié de récit imposé de l'étranger, généralement un récit LGBTiQ euro-américain. Bien qu'elle n'ait aucun problème avec ce récit en soi, elle a déclaré qu'il comportait une menace d'effacement de son identité.

« Je n'aime pas avoir à imposer systématiquement mon point de vue au détriment de celui de mon peuple. C'est chez moi. Même certains de mes proches pensent que je suis hostile à la culture dominante, mais c'est parce que nous sommes à Hawaï. Je dis aux gens : voici ma culture dominante, et il faut que les gens le comprennent. Ce sont des étrangers qui m'ont fait découvrir la conceptualisation et l'expression de ces expériences de vie qui, pour moi, sont secondaires par rapport à la perspective Kanaka. Pas forcément pour les autres, mais pour moi », a-t-elle affirmé. Les mahus sont respectés dans la culture polynésienne. Ils travaillent principalement dans le domaine du tourisme, de l’accueil et dans d’autres domaines relationnels.

Actuellement, une des plus célèbres est la kumu hula () Hinaleimoana Kwai Kong Wong-Kalu chanteuse de Cocoa ChandelierHokuleʻa Borofsky, Amelia Rachel, "'Gender Identity Disorder' to Go the Way of Homosexuality", in The Atlantic. Oct 29, 2012. Accessed Dec 7, 2017.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Tahiti

Hawaï

Filmographie Jean-Michel Corillion, Mahu, l’Efféminé ; Grand prix du festival international du film documentaire océanien de Tahiti, FIFO, 2004, Tahiti (Polynésie française) (2014) ; film documentaire sur Hinaleimoana Wong-Kalu

Articles connexes Hinaleimoana Wong-Kalu - contemporaine, enseignante de hula, cinéaste, artiste et activiste dans le domaine de la culture hawaïenne Bispiritualité, un concept similaire provenant des communautés autochtones nord-américaines Minorités sexuelles et de genre en Océanie

Liens externes Kumu Hina: A Place in the Middle – un site web dédié aux . "Coming Out & Overcoming - A Visit With Hinaleimoana Wong" – entretien avec Hinaleimoana Wong par Ehu Kekahu Cardwell pour le documentaire Voices of Truth de Koani Foundation "The Beautiful Way Hawaiian Culture Embraces a Particular Kind of Transgender Identity" – article de la chronique "Queer Voices" sur le thème The Huffington Post The Third Sex - Tahiti, documentaire sur Youtube https://www.lefigaro.fr/arts-expositions/kehinde-wiley-a-la-rencontre-des-mahu-la-caste-des-travestis-en-polynesie-20190531

Catégorie:Polynésie Catégorie:Transidentité chez les peuples polynésiens Catégorie:Identité de genre