Les données archéologiques sur l'époque de David et de Salomon sont constituées uniquement de ce qui est, à l'heure actuelle, attesté, démontré, à l'exclusion des interprétations plus générales que chaque archéologue peut faire. Au niveau des donnéesPortail lexical CNRTL (CNRS ATILF) : « Ce qui est connu et admis, et qui sert de base, à un raisonnement, à un examen ou à une recherche. » archéologiques, il y a un très large accord entre archéologues, indépendamment de leurs idées personnelles, alors qu'au niveau de l'interprétation et de la construction historique, on trouve entre eux des visions historiques fort différentes, voire contradictoires.

Amihai Mazar écritLes textes dont Amihai Mazar parle ici sont les textes bibliques. L'anglais « data » a été traduit par données et « archaeological finds » par constatations archéologiques. Amihai Mazar, The Search for David and Solomon: An Archaeological Perspective, 26 et 31, in Israel Finkelstein and Amihai Mazar, edited by Brian B. Schmidt, The Quest for the Historical Israel. Debating Archaeology and the History of Early Israel, 232 pages, Society of Biblical Literature, n°17, Atlanta (24 octobre 2007). :

Introduction thumb|Les grands axes de circulation qui traversent le Levant, au début du Reliant les différentes cultures, ils sont utilisés pour le commerce et les expéditions militaires. C'est à l'écart des grands axes de circulation du Levant qu'apparaissent les premiers Israélites au et qu'ils s'organisentAu cours de l'âge du fer I, selon Israël Finkelstein comme selon Amihai Mazar, les villages agropastoraux des hautes terres grandissent et s'organisent : des silos de stockage apparaissent. Israël Finkelstein The emergence of Israel: A Phase of the Cyclic History of Canaan in the Third and Second Millennia BCE, 150-178, in "From Nomadism to Monarchy: Archaeological and Historical Aspects", edited I. Finkelstein and N. Na'man, Jerusalem: Yad Izhak Ben-Zvi (1994). Amihai Mazar, The 11th Century BC in the Land of Israel, in Cyprus in the 11th Century, edited by V. Karageorghis, Nicosia: A.G. Leventis, 39-57 (1994). au et à l'époque de David et de Salomon. Le passage de l'âge du bronze tardif à l'Âge du fer I, puis à l'Âge du fer II, s'accompagne d'importants changements technologiques et d'une transformation de l'organisation sociale. Les invasions des Peuples de la mer (Philistins) s'accompagnent d'un effondrement général au , Ougarit disparaît, Megiddo, Beït Shéan, Lakish, Hazor sont détruites et l'Égypte, affaiblie, se retire de Judée vers -1150. Une nouvelle organisation plus fragmentée, avec des cités-États moins fortes, se développeVoir la 127 du travail de synthèse effectué par Jessica N. Whisenant, Writing, Literacy, and Textual Transmission: The Production of Literary Documents in Iron Age Judah and the Composition of the Hebrew Bible, manuscrit de thèse de l'université du Michigan (2008). Voir liens externes sur les sources.. À l'époque de David et de Salomon, l'ancienne culture cananéenne, avec ses puissantes cités-États proches des grandes voies de communication, va peu à peu laisser la place à la culture israélite. Les grands voisins que sont l'Égypte, Aram-Damas, puis l'Assyrie, exerceront leur influence, laissant leurs traces, particulièrement sur ces grands axes. Ces changements sont attestés par les données archéologiques du terrain : la campagne de au , vers -925, en est un exemple.

Le problème de datation propre à l'époque de David et Salomon L'archéologie ne rencontre nulle part de problème de datation propre au , sauf au levant sur les sujets qui concernent David et Salomon : la controverse entre « chronologie basse » et « chronologie conventionnelle modifiée (ou chronologie haute)» (voir Histoire de David et de Salomon : les interprétations des données archéologiques) n'est pas un simple débat technique entre archéologues, elle est brouillée par des interprétations du récit biblique. En archéologie, les datations se font avec les méthodes propres à l'archéologie, c'est-à-dire à partir de l'analyse stratigraphique, du type des poteriesVoir par exemple le très beau travail de typologie des poteries présenté dans Amihai Mazar, Hendrick J. Bruins, Nava Panitz-Cohen and Johannes van der Plicht, Ladder of Time at Tel Rehov. Stratigraphy, archaeological context, pottery and radiocarbon dates, {p.}193-255, in The Bible and Radiocarbon Dating; Archaeology Text and Science, edited by Thomas E. Levy and Thomas Higham, op. cit., de la technique au radiocarbone ainsi que d'autres méthodes. Les couches de destruction que dégage la stratigraphie, ou les inscriptions et stèles qui peuvent être découvertes, renvoient à l'histoire des puissances qui interviennent au Levant par les grands axes de communication qui la traversent : Empire égyptien, Empire Hittite, Aram-Damas, Moab, l'Assyrie, etc. Peu de traces écrites datant du ont été retrouvées au Levant, l'effondrement systémique lié aux invasions des Peuples de la mer, qui n'écrivaient pas, ayant bouleversé les puissances dominantes, qui écrivaient.

La datation traditionnelle par le style des poteries reste tributaire d'une certaine appréciation subjective du style de la poterie ainsi que de la durée de production de ce type de poteries. La dendrologie, en principe parfaite, qui détermine une date à l'année près, reste malheureusement rarement utilisable pour des raisons pratiques (elle nécessite un parfait état de conservation d'une pièce de bois). La technique de datation au radiocarbone, en principe insensible aux appréciations subjectives, a subi une véritable révolution avec l'introduction de la spectrométrie de masse par accélérateurL'ancienne méthode de dosage du radiocarbone, consistait à compter les désintégrations. La spectrométrie de masse permet, par comptage, de mesurer directement la proportion entre les atomes de et les atomes de . (on peut désormais dater des objets aussi petits qu'un noyau d'olive ou un grain de blé, puisqu'il suffit de préparer environ de carbone proprement isolé), avec l'introduction du recalage (qui permet de prendre en compte les variations de pourcentage initial de selon les époques et selon le lieu géographiqueDifférentes courbes de recalage existent, voir Hendrik J ; Bruins, Johannes van der Plicht, Hamihai Mazar, Christopher Bronk Ramsey, et Sturt W. Mannings, The Groningen Radio carbon Series from Tel Rehov. OxCal Bayesian computation for the Iron IB-IIA Boundary and Iron IIA destruction events, 270-283, in The Bible and Radiocarbon Dating; Archaeology Text and Science, edited by Thomas E. Levy and Thomas Higham, Edited by Equinox, London (2005). ) et enfin avec le développement de méthodes statistiques sophistiquées (statistique bayésienne) qui permettent de prendre en compte des événements connus par ailleurs et de calculer la probabilité pour qu'une date attribuée par le calcul soit exacte. Selon le choix qui est fait des événements connus que l'on introduit dans la statistique bayésienne, il résulte une certaine variation dans les dates obtenues : la méthode n'est donc pas parfaitement insensible aux appréciations subjectives, mais les différences restent cependant faibles, voire très faibles.

Sous la responsabilité de Thomas E. Levy et de Thomas Higham, un congrès international s'est réuni pour mener à bien cette entreprise de datations et de collecte des données. Dans leur introduction au compte rendu publié en 2005The Bible and Radiocarbon Dating; Archaeology Text and Science, edited by Thomas E. Levy and Thomas Higham, op. cit., Thomas E. Levy et Thomas Higham soulignent avec force que cette entreprise réunit les principaux archéologues, anthropologues, égyptologues, historiens de la Bible et spécialistes de la datation au radiocarboneSont signataires d'articles dans le livre : Celeste Barlow, Elisabetta Boaretto, Hendrick J. Bruins, Nava Panitz-Cohen, William G. Dever, Israel Finkelstein, Norma Franklin, Michael Friedrich, Ayelet Gilboa, Baruch Halpern, Timothy P. Harrison, Tomas Higham, A.J. Timothy Jull, Bernd Kromer, Peter Jan Kuniholm, Tomas E. Levy, Sturt W. Manning, Daniel M. Master, Amihai Mazar, Stephan Munger, Mohammad Najjar, Maryanne W. Newton, Anabel Zarzecki-Peleg, Eli Piasetzky, Johannes van der Plicht, Christopher Bronk Ramsey, Mark Robinson, William M. Schniedewind, Ilan Sharon, Andrew Sherratt, Sue Sherratt, A.J. Shortland, Sahra Talamo, Kenneth A. Wardle et Ella Werker.. Thomas E. Levy et Thomas Higham estiment que ce compte rendu fait désormais référence en la matièreChristopher Bronk Ramsey, Improving the Resolution of Radiocarbon Dating by Statistical Analysis, 63, in The Bible and Radiocarbon Dating : l'auteur, après avoir soumis l'ensemble des datations dans le compte rendu à des tests statistiques, conclut que leur cohérence interne est en général excellente. Le choix d'une courbe d’étalonnage ou d'une autre introduit, en revanche, une certaine imprécision.. Il contient, pour l'essentiel, des données archéologiques (réfutables au sens de Popper) et la place faite aux interprétations historiques (non réfutables) de ces données y est extrêmement réduite. En conclusion de leur introduction, Thomas E. Levy et de Thomas Higham soulignent que :

La controverse non complètement tranchée sur les datations est compliquée par le fait qu'un grand nombre de strates sont présentes et qu'une petite erreur de strate entraîne une grosse erreur de date. Les datations sont faites à partir du style des poteries et, maintenant, par la technique de datation au carbone 14 par spectrométrie avec accélérateur, étalonnage et traitement statistique. L'extrême précision requise explique pourquoi on ne parvient pas toujours à tirer des conclusions parfaitement claires, car une petite erreur de date (70 ans), qui n'est qu'une erreur petite au niveau de la donnée archéologique, modifie radicalement les conclusions au niveau de l'interprétation historique que l'on peut construire à partir des données. La précision actuelle d'une datation par le radiocarbone, pour une probabilité de 95 % d'exactitude (statistique à 2 σ) est typiquement de ± 35 ansThe Groningen Radiocarbon Series from Tel Rehov, équipe de Amihai Mazar, p. 292, The Bible and Radiocarbon Dating, op. cit.. L'écart de dates entre le « côté I. Finkelstein » et le « côté A. Mazar » est, typiquement, de 70 ans au maximum« Côté I. Finkelstein » : C14 Results from Megiddo, Tel Dor, Tel Rehov and Tel Hadar, 297, The Bible and Radiocarbon Dating, op. cit. « Côté Mazar » : Iron-Age 14C Dates from Tel Dan. A high chronology, 334, The Bible and Radiocarbon Dating, op. cit.. C'est pour ce qui concerne l'interprétation que les « deux côtés » construisent que la controverse est passionnée, alors qu'au niveau des données archéologiques les différences sont devenues aujourd'hui petites.

William G. Dever écrit dans ce livre :

Il ajoute :

Amihai Mazar, dans le même livre, rejette à la fois la chronologie conventionnelle introduite par Yigaël Yadin et la chronologie basse proposée par Israël Finkelstein. Critiquant ce qu'il estime être des a priori, il écrit :

Il propose une chronologie conventionnelle modifiée, intermédiaire entre la chronologie haute de Yigaël Yadin et la chronologie basse d'Israël Finkelstein. Il précise :

Alors que la place faite aux interprétations est extrêmement réduite dans le livre édité par Thomas E. Levy et de Thomas Higham, cette controverse sur les interprétations est présentée dans un autre livre, cette fois : The Quest for the Historical Israel. Debating Archaeology and the History of Early Israel, signé d'Israel Finkelstein et de Amihai MazarIsrael Finkelstein et Amihai Mazar, The Quest for the Historical Israel. Debating Archaeology and the History of Early Israel, 232 pages, edited by Brian B. Schmidt, Society of Biblical Literature, n°17, Atlanta (24 octobre 2007). , sous une forme accessible à un large public.