Le d'artillerie de montagne, héritier des batteries alpines et du d'artillerie de montagne, est localisé à Varces-Allières-et-Risset, dans la banlieue de Grenoble, au quartier de ReynièsDu nom du résistant Albert de Seguin de Reyniès mort pour la France en 1944..
Dernier régiment d'artillerie de montagne français, il a pour spécificité d'être à même de déployer son matériel en haute montagne.
Création et dénominations
Ce régiment est issu du d'artillerie de montagne, créé en 1910 à partir des batteries affectées à la défense des vallées au . : création du régiment à Grenoble 1940 : dissolution 1944 : Recréation du régiment à partir de troupes FFI
Historique des garnisons, campagnes et batailles
Entre-deux-guerres
La nouvelle codification du attribue à l'artillerie de montagne les numéros 91 à 99. Le , le d'artillerie de montagne reprend les traditions du . Il est le régiment d'artillerie de la alpine. Le 93 s'installe au quartier Hoche à Grenoble.
De mai à , un État-major de groupe et la équipée de canons de de montagne sont dirigés vers le Maroc pour être engagés dans des opérations dans le Rif. Les hommes du régiment reçoivent pour cette courte campagne une cinquantaine de citations dont treize à l'ordre de l'armée (quatre à titre posthume) et six à l'ordre du corps d'armée.
En 1938, une batterie antichar est créée au 93. Le dispose désormais de trois groupes équipés de 75M (pesants près de et pouvant se décomposer en sept fardeaux) et de 155 C 1917, ainsi que d'une batterie antichar équipée de canons de 47Historique du d'artillerie de montagne "De roc et de feu" de 2009.
Seconde Guerre mondiale
En 1939-1940 En 1939, à la suite du décret de mobilisation générale, le se dédouble pour former deux régiments : le et le (régiment d'artillerie lourde divisionnaire). Le 93 devient en le régiment d'artillerie divisionnaire de la , restée pour défendre la frontière des Alpes, au sein de l'armée des Alpes.
Mobilisé avec deux groupes de 75M ( et ) et un groupe de (), le reçoit en un quatrième groupe, le mis sur pied à Nîmes avec des 75M. Le , le V/ devient le III/ et l'ex-III/ devient le XI/ et est envoyé au Levant. Ce dernier groupe deviendra en le I/.
En , la batterie antichar du régiment et ses canons de 75/1897 hippomobiles rejoignent le . Une nouvelle batterie arrive le . Elle est rééquipée en mai de canons de 47.
La fait face à l'invasion italienne de en combattant dans le secteur fortifié du Dauphiné, ainsi que dans le secteur défensif du Rhône. Le I/ est en Ubaye et le III/ dans le Queyras. Les soldats français arrêtent les troupes italiennes et conservent la plupart de leurs positions, en n'ayant que de très faibles pertes en hommes et en matériel. L'armée des Alpes fait également face à la menace allemande sur le Rhône, notamment la motorisée allemande. Le II/, relevé début juin de ses positions dans le Briançonnais par le XI/, s'installe donc face aux Allemands autour de Lus-la-Croix-Haute. L'armée des Alpes est considérée comme invaincue au moment du cessez-le-feu et son commandant, le général Olry, écrit dans l'ordre du jour du : "Ceux qui ont fait cela ont le droit d'en être fiers".
Le est dissous le . Ses éléments sont rattachés au régional d'artillerie de la basée à Grenoble (Armée de Vichy).
En 1944-1945
En 1945, le 93 est divisé et ses éléments sont répartis dans les Alpes pour soutenir la d'infanterie alpine. À compter du la du régiment, l'une des batteries de réserve, tient deux pièces de prêtes à tirer sur le Mont-Fréty, où les Allemands sont postés. Les 8 et , les pièces françaises tirent sur la position allemande, le but étant de détruire le téléphérique de ravitaillement. C'est ainsi les combats d'artillerie les plus hauts d'Europe, à près de d'altitude..
L'après-guerre De 1940 à 1954, il change plusieurs fois d'appellation et redevient, le , le . C'est avec cette appellation que le séjourne à l'issue de la Seconde Guerre mondiale à Innsbruck, en Autriche, dans le cadre des forces françaises d'occupation. En 1949, le régiment possède différents canons : des 105 HM2, des et des 65 de montagne.
Le , un avion canadien qui transportait de retour de Rome et ses six membres d'équipage s'écrase sur la partie sommitale de l'Obiou. Il n'y a pas de survivant. Dès le lendemain matin, la section d'observateurs de haute montagne (SOHM) du est réquisitionnée pour assister les secours.
Jusqu'en 1954, de nombreux cadres du régiment partent servir en Indochine où le 105HM2 est utilisé pour appuyer les troupes françaises, dans les opérations au Tonkin en particulier.
Guerre d'Algérie
Le , le est créé pour partir en Algérie, où il devient le groupe d'artillerie organique de la d'infanterie alpine (DIA).
Un autre élément, le reste à Grenoble. C'est un centre d'instruction (CI) créé le et qui incorpore les recrues pour le en Algérie. Un troisième élément avec des canons de 155 est dirigé vers la Tunisie et devient le .
Depuis 1962
Le , la est dissoute. Le devient le régiment d'artillerie de la alpine, qui se compose des , , et bataillons de chasseurs alpins, ainsi que du de chasseurs.
En 1976, le et le s'installent dans des nouveaux locaux à Varces, qui offrent toutes les infrastructures sportives, militaires et de loisirs nécessaires à l'entrainement et à la cohésion d'une armée moderne. Le , le quartier est baptisé Quartier de Reyniès en souvenir du quartier grenoblois détruit.
En 1984, le est toujours équipé des canons , tractés par des camions GMC CCKW. Le régiment est responsable de la défense aérienne de sa division avec des half-tracks M16, équipés de quatre mitrailleuses. Tous ces matériels sont alors obsolètes.
Les restructurations des Armées
En 1999, après la dissolution de la d'infanterie de montagne et la création de la d'infanterie de montagne, le reste le seul régiment stationné en Isère.
Le , le régiment baptise ses unités élémentaires du nom d'un massif alpin voisin (les batteries prennent le nom de Vercors, Oisans, Belledonne, Cerces, Maurienne, Chartreuse, Chambaran et Taillefer).
En 2007, sur décision du chef d'État-major de l'Armée de terre, une seconde unité de réserve est créée au régiment.
En , le 93 perd une batterie de tir sol-sol au profit d'une batterie sol-air : cette nouvelle batterie arrive du de Bitche.
En 2010, la batterie des opérations devient la batterie de renseignement brigade : la BRB.
Au , avec la création de la base de défense de Grenoble - Annecy - Chambéry basée au quartier de Reyniès à Varces, le 93 perd sa batterie d'administration et de soutien (BAS). Le , le 93 perd sa deuxième unité de réserve.
Le régiment aujourd'hui vignette|thumbtime=0:16|Vidéo de présentation du régiment en 2014.
Avec les restructurations de 2011 à 2023, le régiment compte dans ses rangs près de .
Missions
Subordonné de la d'infanterie de montagne de la , il participe avec celle-ci aux différentes missions de maintien de la paix dans le monde.
Les projections se font à la fois dans le métier d'artilleur, et en unité PROTERRE (Projection, pour accomplir des missions principalement de Protection, de Professionnels de l'Armée de terre). Théâtres d'opération : République de Côte d'Ivoire, Kosovo, Tchad, Martinique, Nouvelle-Calédonie, Guyane, Djibouti, Liban, Centrafrique, Afghanistan, Sahel.
Organisation
Le est constitué des unités suivantes : 1 batterie de commandement et de logistique (BCL) 1 batterie d'acquisition et de surveillance (BAS) 3 batteries de tir sol-sol (B1-B2-B4) 1 batterie sol-air (B3) 2 batteries de réserve opérationnelle (B5 et B6)
Matériels vignette|Un TRF1 du armé par une batterie du à Djibouti en 2010.
Par le passé doté de canons de tracté () puis de modèle tracté () et de mortiers de (), il est progressivement équipé de canons CAESAR. En 2009, avec la création de sa batterie sol-air, le 93 s'équipe de missiles à très courte portée MISTRAL. Sa batterie de renseignement brigade est équipée de DRAC, les drones de renseignement au contact.
Traditions Devise
Devise du régiment : De roc et de feu Batterie de commandement et de logistique (Batterie maurienne) : Servir et combattre Batterie d'acquisition et de surveillance (Batterie Oisans) : La liberté ou la mort de tir sol/sol (Batterie Vercors) : Citius Altius Fortius de tir sol/sol (Batterie des Écrins): D'hommes et de volonté. de tir sol/air (Batterie Belledonne) : Il n'y a de richesses que d'hommes de tir sol/sol (Batterie des Cerces) : Unguibus et rostro de réserve opérationnelle (Batterie Trièves) : Semper altius servire de réserve opérationnelle (Batterie Taillefer) : Ultra Montes Servire
Insignes
Étendard du régiment vignette|upright=1.2|Revers du drapeau du . Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantes Décision /SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, , 9 novembre 2007Arrêté relatif à l'attribution de l'inscription AFN 1952-1962 sur les drapeaux et étendards des formations des armées et services, du 19 novembre 2004 (A) NORDEF0452926A Michèle Alliot-Marie : Maroc 1912-1913 Champagne 1915 Dobropolje 1918 AFN 1952-1962
Décorations centré|sans_cadre|120x120px Le , l’étendard du a été décoré de la croix de la Valeur militaire avec palme pour son engagement en Afghanistan de 2008 à 2011.
Par décision du ministre des armées en date du , le d'artillerie de montagne est cité à l'ordre de la division. Cette citation comporte l'attribution de la croix de la Valeur militaire avec étoile d'argent.
Fêtes du régiment
La Sainte-Barbe () : sainte patronne des artilleurs (et de tous les métiers associés au feu)
La Saint-Bernard () : saint patron des alpins
Liste des chefs de corps
1939 - 1940 : colonel de Werbier d'Antigneul 1940 : chef d'escadron Moureton 1973-1974 Lieutenant Colonel Lebègue 1983 - 1985 : colonel Yves Thollot 1985 - 1987 : colonel Pierre-Jacques Costedoat 1987 - 1989 : colonel Jean Claverie 1989 - 1991 : colonel Jean-Claude Rougelot (président de l'amicale des anciens du ) 1991 - 1993 : colonel Michel de Guillebon de Resnes 1993 - 1995 : colonel Christian Raviart 1995 - 1997 : colonel Jean Coulloumme-Labarthe 1997 - 1999 : colonel Bruno Lassalle 1999 - 2001 : colonel Bernard Amrhein 2001 - 2003 : colonel Georges German 2003 - 2005 : colonel Gilles Lillo 2005 - 2007 : colonel Patrick Gournay 2007 - 2009 : colonel Roland Margueritte 2009 - 2011 : colonel Eric Mauger 2011 - 2013 : colonel François-Yves Le Roux 2013 - 2015 : colonel Xavier Renard 2015 - 2018 : colonel Patrice de Camaret 2018 - 2020 : colonel Joan Guiguet 2020 - 2022 : colonel Cyril Iordanow 2022 - 2024 : colonel Cédric Germa 2024 - 2026: colonel Baudoin Aumonier 2026 - 202. colonel Benoît Pons
Personnalités ayant servi au sein du régiment
Louis Gentil (1896-1945), général et résistant, Compagnon de la Libération. Édouard Laurent (1896-1972), général et résistant, Compagnon de la Libération. Fernandel (1903-1971), au civil Fernand Joseph Désiré Contandin. Roger Frison-Roche (1906-1999).
Sources et bibliographie Historique du 93e Régiment d'Artillerie de montagne Historique du d'artillerie de montagne "De roc et de feu" de 2009.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes d'infanterie de montagne Mémorial national des troupes de montagne Musée des troupes de montagne Régiments d'artillerie français Pertes militaires françaises en Afghanistan
Liens externes Site officiel du régiment
Catégorie:Unité ou formation militaire créée en 1924 Catégorie:Unité d'artillerie française Catégorie:Unité de montagne française Catégorie:27e brigade d'infanterie de montagne