Morvan Duhamel, de son vrai nom Morvan Bourgeaux, né le à Saint-Ouen-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) et mort le à La Celle-Saint-Cloud (Yvelines), est un journaliste, écrivain et homme politique régionaliste français.

Engagé durant sa jeunesse au sein du Rassemblement national populaire (RNP) fondé par Marcel Déat en 1941, Morvan Duhamel devient après la guerre un militant anticommuniste proche de Georges Albertini et de Claude Harmel. Il est aussi un actif promoteur du régionalisme breton et de la décentralisation.

Biographie Famille Il est le fils de Maurice Duhamel, musicien et membre du Parti autonomiste breton« Fonds Maurice Duhamel »univ-brest.fr. Il a repris le pseudonyme de son père. Son vrai nom est Morvan BourgeauxFrédéric Charpier, Génération Occident, Seuil, 2005 (orthographié Bourgeaud).Jean-Pierre Bas, La Fabrique des barbouzes. Histoire des réseaux Foccart en Afrique, Nouveau monde éditions, 2015..

Activités Morvan Duhamel a longtemps été un collaborateur de l'homme de l'ombre et militant anticommuniste Georges Albertini, de 1949 à la mort de ce dernier en 1983Christophe Bourseiller, Ombre invaincue, la survie de la Collaboration dans la France de l'après-guerre, 1944-1954, Perrin, 2021.. Selon un biographe d'Albertini, Jean Lévy (Le Dossier Georges Albertini. Une intelligence avec l'ennemi, éd. L'Harmattan, 1992), il aurait été un ancien militant de la SFIO, proche de Guy Mollet et collaborateur de la Revue socialiste. Morvan Duhamel nie avoir été membre de la SFIO« Livres politiques. Quelques idées de rechange »Le Monde, 06 décembre 1992 : . Selon Pierre Rigoulot, il aurait été en 1944 un tout jeune membre des Jeunesses du Rassemblement national populaire (JNP), le parti collaborationniste de Marcel Déat dont ont été membres Albertini ( 2 du parti) et Claude HarmelPierre Rigoulot, Georges Albertini, socialiste, collaborateur, gaulliste, Perrin, 2012, .

Il est à partir de 1983 directeur de l'Institut d'histoire sociale (IHS)Frédéric Charpier, Génération Occident, Seuil, 2005., qui prend la succession de l'officine anticommuniste d'Albertini, et directeur de la revue Est § Ouest, rebaptisée Horizons nouveaux après la fin de la guerre froide et fondée par Albertini en 1949 sous le nom de BEIPINotice du BEIPI/Est-Ouest, davel.vd.chLa Revue des revues, printemps-été 1990. Il dirige aussi le périodique Chronique économique, syndicale et sociale (1993-2005)Notice de la BnF, qui prend la suite des Études sociales et syndicales de Claude Harmel, dont il était déjà le directeurJoseph Pinard, « De l'hitlérisme aux Études syndicales et sociales », La Pensée, N° 296, novembre-décembre 1993. Il quitte l'Institut en 2006, à 78 ans.

Il a aussi occupé diverses autres fonctions, souvent à la demande d'Albertini selon lui. Il a été membre du cabinet de trois présidents du Conseil économique et social (Émile Roche, ami d'Albertini, Gabriel Ventejol, syndicaliste FO, et Jean Mattéoli), de 1954 à 1990. Et Roche, et Ventejol ont présidé l'Institut d'histoire sociale. Selon ses dires, il a été la plume de Roche, écrivant ses discours et ses nombreux articles publiés dans divers périodiques. Il a été dans la deuxième moitié des années 1960 le chef de cabinet de Roche, à partir de 1965Combat, 2 octobre 1965.. Il a été en parallèle le responsable de la division des relations extérieures à la direction générale de l'Agence nationale pour l'emploi (ANPE) de 1971 à 1983Informations sociales, juillet 1983.. Il a été brièvement membre du cabinet d'Edgar Faure, ministre des Affaires sociales et du travail, en 1972.

Comme son père, il a été également un militant régionaliste et fédéraliste, en faveur de la Bretagne. Collaborateur du fédéraliste, périodique de La Fédération, il figure au cours des années 1960 dans les équipes du Comité d'étude et de liaison des intérêts bretons (CELIB) et du Mouvement national pour la décentralisation et la réforme régionale (MNDR), lancé en 1968 par Joseph Martray, dirige un temps le Centre Élysées-Bretagne, vitrine promotionnelle, culturelle et commerciale de la Bretagne à Paris, inauguré en 1967Fabrice Marzin, « Le CELIB face aux années 1968 », dans Collectif, L’Ouest dans les années 68, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2012 (Lire en ligne): installé au 4, avenue Franklin-D.-Roosevelt, il comporte un hall d'expositions, un magasin, une crêperie-bar, un restaurant, un bureau d'informations, etc., collabore au périodique du CELIB, La Vie bretonne« Le CELIB », Combat, 17 avril 1963. Joseph Martray écrira : Joseph Martray, Vingt ans qui transformèrent la Bretagne. L'épopée du CELIB 22 juillet 1950-2 février 1969, France-Empire, 1983.. Il est le secrétaire général de l'Office d'information et de documentation des élus locaux de Bretagne (ODIB), partisan d'une réforme régionale qui romprait avec la tradition jacobine et centralisatrice et s'exprimant à ce titre dans Le Monde à la fin des années 1960 et au début des années 1970. .. . Il fait ensuite partie du comité de rédaction d'Armor MagazineArmor magazine, janvier 1972 , Ibid., décembre 1969 (articles de M. Duhamel et Paul Binic) , Ibid., novembre 1969 (articles de M. Duhamel et Yves Josselin) . et collabore à La Bretagne à Paris.

Il a utilisé les pseudonymes « Civicus » et « Hervé Le Goff »Arrêt du 16 février 2023 du Tribunal fédéral suisse, search.bger.ch : évoque un article de , cité dans un autre article, négationniste, d'un autre auteur, mis en cause.. Il a aussi publié de très nombreux romans d'aventures ou d'espionnage dans les années 1960, sous plusieurs autres pseudonymes : Paul Binic (pour les éditions de l'Arabesque et aux Presses noires), Gil Bréhat (pour la société d'éditions générales), Gilles Guirec (aux Presses internationales) et Yves Josselin (pour la collection du Masque)Vie et langage, 1965 (Sous le pseudonyme d'Yves Josselin : Un agent bien tranquille (1963), De l'or en tubes (1964), Brouillard sur le Spitzberg (1965).Le Rocambole, bulletin de l'Association des amis du roman populaire, 2000.

Il publie plusieurs autres ouvrages, sous le nom de Morvan Duhamel, notamment un roman en 1974, évoquant le Concorde et l'espionnage soviétique.

Dans ses dernières années, il se fait le mémorialiste et l'apologiste d'Albertini. Ses derniers textes, notamment son Supplément aux entretiens de Georges Albertini, sont marqués par un négationnisme assez netCf. notamment l'avant- dernier chapitre, « Naissance d'une religion ». Il remet aussi en cause le massacre d'Oradour-sur-Glane dans le dernier chapitre de ce livre..

Bibliographie . Marc Gontard (dir.), Dictionnaire des écrivains bretons du , Presses universitaires de Rennes, 2002

Ouvrages « Civicus », Monsieur Mendès-France et les communistes, Pierre Amiot, 1957. Les quatre jours de Dallas, France-Empire, 1967Compte rendu : Cols bleus, 24 décembre 1966. Duel d'espions pour un Mirage, France-Empire, 1971Compte rendu : Cols bleus, 18 décembre 1971. L'Espion du Concorde, Nouvelles éditions latines, 1974 (Lire en ligne le début). « Hervé Le Goff », Les Grands Mensonges de l'histoire, Grancher, 1982 . « Hervé Le Goff », Les Grands Trucages de l'histoire, Grancher, 1982 . Entretiens confidentiels de Georges Albertini, Amalthée, 2013, 800 p. Les Écrits en prison de Georges Albertini, Amalthée, 2014, 332 p. En mission pour Georges Albertini, Amalthée, 2014, 250 p. Supplément aux entretiens de Georges Albertini, Amalthée, 2015, 210 p.

Notes et références

Liens externes

Catégorie:Naissance dans le département de la Seine Catégorie:Naissance à Saint-Ouen-sur-Seine Catégorie:Naissance en février 1928 Catégorie:Nom de plume Catégorie:Anticommuniste français Catégorie:Journaliste français du XXe siècle Catégorie:Auteur français de roman d'espionnage Catégorie:Décès en mai 2017 Catégorie:Décès à 89 ans Catégorie:Décès à La Celle-Saint-Cloud