vignette|Nef et chœur de Notre-Dame de la Garde. vignette|Vue intérieure et décor romano-byzantin.
La basilique Notre-Dame de la Garde ou plus simplement Notre-Dame de la Garde, souvent surnommée « la Bonne Mère » (en provençal Nòstra Dòna de la Gàrdia/Nouesto-Damo de la Gardi), est une basilique mineure de l'Église catholique datée du . Emblème de Marseille, dédié à Notre-Dame de la Garde (protectrice de Marseille avec saint Victor), ce sanctuaire marial domine la ville et la mer Méditerranée depuis le sommet de la colline Notre-Dame de la Garde (site classé depuis 1917à refaire.).
Elle se situe à cheval sur les quartiers du Roucas-Blanc et de Vauban, sur un piton calcaire de d'altitude surélevé de grâce aux murs et soubassements d'un ancien fort. Construite par l'architecte protestant Henri-Jacques Espérandieu dans le style romano-byzantin et consacrée le , elle remplace une chapelle du même nom édifiée en 1214 et reconstruite au . Bâtie sur les bases d'un fort du construit par en 1536 pour résister au siège de Charles Quint, la basilique comporte deux parties : une église basse, ou crypte, creusée dans le roc et de style roman, et au-dessus une église haute de style romano-byzantin décorée de mosaïques. Au sommet d'un clocher carré de de haut surmonté lui-même d'une tourelle de qui lui sert de piédestal, se dresse une statue monumentale de de la Vierge à l'Enfant réalisée en cuivre doré à la feuilleChiffres officiels donnés lors de la visite du sanctuaire..
La pierre utilisée pour la construction, notamment celle de couleur verte en provenance des environs de Florence, s’étant révélée sensible à la corrosion atmosphérique, il a été nécessaire d’entreprendre de 2001 à 2008 une longue et minutieuse restauration qui a également porté sur la rénovation des mosaïques, endommagées à la Libération par les impacts de balles et noircies au fil du temps par la fumée des cierges.
Le musée de Notre-Dame de la Garde, qui présente les d'histoire de la basilique à l'aide de nombreux ex-voto et objets d'art, a ensuite été inauguré le .
Véritable palladium de la ville de Marseille, Notre-Dame de la Garde est depuis le Moyen Âge considérée comme la gardienne des marins et des pêcheursUn haut lieu pour les marins, Basilique Notre-Dame de la Garde, consulté le 20 janvier 2013..
Une chapelle au Un site exceptionnel thumb|gauche|Ancienne carrière Honoré. thumb|gauche|Vue depuis vieux-Port de Marseille. Le panorama de la basilique Notre-Dame de la Garde donne une vue d'ensemble sur la ville de Marseille, qui s'ouvre largement à l'ouest sur la mer. Le bassin de Marseille, dont l'ouverture est liée à la rotation du bloc Corso-Sarde-Calabre et l'ouverture de la Méditerranée occidentale, forme une cuvette de bordée par des collines : au nord l'Étoile, la Nerthe, la chaîne de l'Estaque (à partir du cap Couronne à Martigues), à l'est la Sainte-Baume, le Garlaban, au sud Carpiagne, Marseilleveyre et même par très beau temps, le Mont Ventoux. De cette vaste dépression émerge un piton de calcaire urgonien (d'âge barrémien, un étage du crétacé). d’une hauteur de au sommet duquel s'élève la basilique Notre-Dame de la Garde..
Cette colline a fait l'objet d’une exploitation de carrière ouverte à partir de 1905, postérieurement à l'édification de la basilique. Cette carrière exploitée par a fonctionné jusqu'en 1946. On estime que, durant cette période, un volume de a été extraitRevue Marseille, , .. La colline qui se prolongeait en continu au sud vers les hauteurs du quartier de Gratte-Semelle, est entamée par une saignée dans laquelle la rue du Bois-sacré a été ouverte.. Cette falaise artificielle fait l’objet d’une surveillance importante, avec des visites régulières et des purges préventives pour éviter les éboulements.
Par sa situation en bordure de rivage et son élévation, la colline de la Garde était au temps de la navigation à l’estime, un point d'observation et un amer. Elle a donc sans doute été occupée depuis fort longtemps comme poste de vigie et tour de guet. En 1302, intime l'ordre de veiller à ce que des signaux se fassent le long des côtes méditerranéennes provençales ; parmi les points désignés figure la colline Notre-Dame de la Garde..
Une première chapelle thumb|gauche|Par beau temps, Notre-Dame-de-la-Garde est visible jusqu'à en merJulien Balestier, documentaire « Dans les secrets des monuments de France. Saison 1 Épisode 4 : Marseille », RMC Productions, 2023, 3 min 30 s.. thumb|Notre-Dame-de-la-Garde (chœur). En 1214, maître Pierre, un ermite de Marseille, a l'idée de construire sur la colline de la Garde (ainsi nommée depuis le ) une chapelle dédiée à la Vierge Marie. Cette colline de guet appartenant à l'abbaye Saint-Victor, maître Pierre demande à l'abbé l'autorisation d'entreprendre les travaux. L'abbé l'autorise à planter des vignes, à y cultiver un jardin et à y bâtir une chapelle. Quatre ans plus tard cette chapelle est terminée comme nous l'apprend le fait que, dans sa bulle du où il énumère les possessions de l'abbaye, le pape cite l'église Notre-Dame de la Garde.
Après la mort de maître Pierre en 1256, Notre-Dame de la Garde est constituée en prieuré. Le prieur du sanctuaire de la Garde est en même temps un des quatre prieurs claustraux de Saint-Victor.. Dès la fondation de cette chapelle des donations, qui nous sont connues par les testaments, sont faites en faveur de l'église Notre-Dame de la Garde. Elles démontrent une dévotion populaire qui va se développer au cours des siècles suivants.. En effet les marins qui avaient échappé à un naufrage allaient faire leurs actions de grâce et déposer des ex-voto à l’autel de Notre-Dame de la Mer situé dans l’église Notre-Dame du Mont ; cette pratique se détourna vers la fin du au profit de Notre-Dame de la Garde..
Cette première chapelle est remplacée au début du par un bâtiment plus important qui comprend une chapelle richement dotée dédiée à saint Gabriel..
Place forte et lieu de culte du Visite de thumb|gauche|L'éperon en calcaire rose de La Couronne correspond au saillant du bastion de la vigie de l'ancien fort. thumb|Notre-Dame-de-la-Garde (crypte). thumb|redresse|Christ face à la mer, sur le parvis. thumb|left|upright=0.7|Écusson de . right|thumb|La Passion du Christ devant la basilique. Le , la mère de , Louise de Savoie, et sa femme la reine Claude, fille de , descendent dans le midi de la France pour y retrouver le jeune roi, auréolé de sa victoire à Marignan. Le , elles montent au sanctuaire Notre-Dame de la Garde. Quelques jours plus tard, le , les rejoint et se rend également à la chapelle.. Au cours de cette visite, le roi constate que la ville de Marseille est mal défendue. La nécessité d'un renforcement du système défensif deviendra encore plus évidente en 1524 après le siège de la ville par le connétable qui s’est rallié à Charles Quint. Il s’en était, en effet, fallu de peu pour que la ville soit prise. décide alors de faire construire deux forts : l'un sur l'île d'If, qui deviendra le château d'If, l'autre au sommet de la Garde qui englobera la chapelle.. Il n’y aurait aucun autre exemple d’une coexistence entre un fort militaire et un sanctuaire ouvert au public..
La construction du château d'If sera plus rapide avec une fin des travaux en 1531, tandis que le fort de Notre-Dame de la Garde ne sera terminé qu’en 1536 pour résister à l’arrivée des troupes de Charles Quint. Pour la construction du fort avec sa forme à triangulaire à trois bastions, on utilise des pierres du cap Couronne et des matériaux de récupération provenant de la démolition d’édifices situés en dehors des remparts de la ville et susceptibles de fournir un abri aux troupes ennemies.. Parmi ces monuments détruits ayant servi à la construction du fortin figure notamment le couvent des frères Mineurs où était enterré saint Louis d’Anjou et qui était situé à proximité des cours Belsunce et Saint-Louis..
Ce fort a la forme d'un triangle dont deux côtés mesurent environ , le troisième étant de . De ce fort d'importance assez modeste qui a servi d'assise à la basilique actuelle, subsiste l'éperon royal bien visible à l'ouest de la basilique ; le haut de cet éperon a été restauré en 1993 pour le rétablir dans son état primitif en supprimant une échauguette installée dans les années 1930. Au sommet de cet éperon une table d’orientation est installée.
À l'entrée du bâtiment d'accueil qui abrite la boutique de la basilique, a été remontée la porte du fort, surmontée de l'écusson très abîmé de , c'est-à-dire les armes de France aux trois fleurs de lys avec au-dessous la salamandre. Du côté droit de l'écusson, se trouve un rond de pierre rongé par le temps où l'on aperçoit quelques vestiges d'une sculpture qui représentait l'agneau de saint Jean avec la banderole..
Guerres de religion
thumb|Vue cavalière de Marseille en 1572, au premier plan fort Notre-Dame de la Garde. En 1585, le chef de la Ligue de Provence, Hubert de Garde de Vins, veut s'emparer de Marseille et s'allie avec Louis de La Motte Dariès, second consul de Marseille. Dans la nuit du Dariès occupe le fort de la Garde d'où l'on peut prendre la ville sous le feu des canons. Mais la prise de Marseille échoue et Dariès et son complice Boniface sont exécutés..
En 1591, Charles Emmanuel, duc de Savoie, désire s'emparer de l'abbaye de Saint-Victor, bâtiment fortifié près du port. Il charge Pierre Bon, baron de Méolhon, gouverneur de Notre-Dame de la Garde, de s'emparer de l'abbaye. Dans la nuit du le sieur Méolhon s'empare de l'abbaye qui sera rapidement reprise par les partisans de Charles de Casaulx, premier consul de la ville de Marseille...
En 1594, Charles de Casaulx veut devenir maître du fort de la Garde. Pour cela il y envoie deux prêtres, Trabuc et Cabot, pour célébrer la messe dans la chapelle. Après la célébration, Trabuc qui porte une cuirasse sous sa soutane, tue le capitaine du fort. Charles de Casaulx peut prendre possession du fort et nomme gouverneur son fils Fabio.. En 1595 un mur en W est construit en contrebas du fort. Il est toujours visible et un parking est réalisé dans l’angle rentrant du mur..
Après l’assassinat de Charles de Casaulx le par Pierre de Libertat, Fabio est chassé du fort par ses propres soldats..
Dernière visite royale
thumb|Procession au lendemain de la Fête Dieu, . durant son séjour à Marseille, se rend à cheval malgré la pluie à Notre-Dame de la Garde le . Il est reçu par le gouverneur du fort, Antoine de Boyer, seigneur de Bandol.. À la mort de ce dernier survenue le , Georges de Scudéry, surtout connu comme romancier, est nommé gouverneur ; il ne rejoindra son poste qu'en , accompagné de sa sœur, Madeleine de Scudéry femme de lettres, qui donnera dans sa correspondance, de nombreuses descriptions du lieu et des environs ainsi que des différentes fêtes ou cérémonies : « Vendredi passé, qui était le lendemain de la fête Dieu, vous eussiez vu la citadelle banderolée des pieds à la tête d’une dizaine de drapeaux et, en branle, les cloches de notre clocheton, et une admirable procession rentrant au château. La statue de Notre-Dame de la Garde tenant, de son bras gauche, l’enfant nu et, de sa main droite, un bouquet de fleurs, était portée par huit pénitents déchaussés et voilés comme des fantômes ».. Georges de Scudéry dédaigne de résider au fort et préfère habiter place de Lenche, quartier aristocratique de l’époque. La garde du fort est confiée à un modeste sergent, dénommé Nicolas..