Yann Fouéré, né le à Aignan, et mort le à Saint-Brieuc, est un essayiste, haut fonctionnaire, homme de presse et homme politique français.

C'est un théoricien des idées nationalistes bretonnes. Il a été successivement propagandiste essayiste et fondateur de partis politiques.

Condamné par contumace en 1946 pour faits de collaboration, il est acquitté et réhabilité en 1955 par un tribunal militaire.

Il est l'auteur de l'essai L'Europe aux cent drapeaux.

Biographie Origines et jeunesse Yann Fouéré naît en 1910 à Aignan.

À la faveur d'une mutation, ses parents reviennent en Bretagne et s'installent à Rennes en 1912 où naît sa sœur cadette Eliette (1913-1989). Après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, Jean Fouéré est mobilisé le et rejoint le front. Sa femme et ses enfants s'installent chez les grands-parents maternels à Callac. Élevé en français dans une famille de notablesLe grand-père maternel de Fouéré est le pharmacien de la commune, son grand-oncle, Joson Quéré, est le maire de Callac et lui-même est fils du médecin Olivier Quéré, conseiller général en 1883. d'un gros bourg de la campagne bretonne, « Yannick »« Yannick », en français « Jeannot », d'après le surnom donné par son grand-père. ne conservera de cette période callacoise que des souvenirs liés à l'exotisme d'une campagne pauvre et sale, aux balades et aux parties de pêche avec son oncle, Henri Liégard. Il dira également dans ses mémoires son étonnement de voir interdite la langue du pays dans l'enceinte de l'école publique qu'il fréquente. Son grand-père Adolphe meurt peu de temps après son arrivée à Callac. Son père est blessé par balle sur le front et n'échappe que de peu à la mort, tandis que son oncle Jules est tué.

En 1919, son père, auréolé d'une citation et décoré de la croix de guerre, est rendu à la vie civile et rejoint Paris où un ami de la famille, Yves Le Trocquer, vient d'être nommé secrétaire d'État à la liquidation des stocks puis ministre des Travaux publics en . Jean Fouéré devient son secrétaire particulier. À la même époque, la grand-mère prend sa retraite, vend la pharmacie de Callac et s'installe à Saint-Brieuc. Contrairement à sa sœur qui vit avec ses parents à Paris, Yannick est confié à sa grand-mère et s'installe à Saint-Brieuc. Il est inscrit à l'école Saint-Charles où il est régulièrement inscrit au tableau d'honneur. Il passe souvent les vacances chez sa grand-mère paternelle, dans la métairie du Bas-Breil à Évran. Il y cultive son goût pour la nature et les promenades.

Sa sixième achevée, il rejoint sa famille à Paris et est inscrit en cinquième au lycée Montaigne puis au lycée Louis-le-Grand réputé pour accueillir les meilleurs élèves de province. Fouéré dira dans ses mémoires qu'il y fut un élève médiocre. La vie parisienne lui fait regretter la campagne bretonne qu'il ne retrouve que pendant les vacances.

À partir de 1925, il étudie l’histoire et les traditions bretonnes, souscrit au journal Breiz Atao, et essaie d’apprendre la langue bretonne.

Après avoir terminé ses études secondaires en 1927 dans un lycée de Clermont-de-l’Oise, il étudie le droit et les sciences politiques à la faculté de droit de la Sorbonne et à Sciences Po.

Ses études secondaires sont achevées au lycée de Clermont-de-l'Oise, au gré des affectations de son père. Faisant des études de droit (dont il sort avec un doctorat), puis en sciences politiques à l'École libre des sciences politiques. Il y obtient un doctorat en 1939.

Carrière Il entre au ministère de l’intérieur en , où il exerce en tant qu'administrateur civil.

Militant breton et fonctionnaire En 1933, Yann Fouéré créé l'Association des étudiants bretons de Paris. L'année suivante, il fonde Ar Brezoneg er Skol. En 1936, il est nommé vice-président de la Fédération des sociétés bretonnes de la région parisienne. Il est en 1938 président de l'Union fédérale des combattants.

Il participe à la rédaction de la revue Bulletin des minorités nationales en France, rebaptisé Peuples et frontières, publiée de 1936 à 1939.

Il déclare être proche de Vefa de Saint-Pierre.

Seconde Guerre mondiale Il est sous-préfet de Morlaix à la fin de 1940..

Il lance en 1941 le quotidien La Bretagne qui tire à exemplaires.. Yann Fouéré devient partisan d'une révolution nécessaire et estime que la grandeur de la province bretonne passe nécessairement par les femmes. Pour ce faire, le quotidien breton met en exergue, tout au long de sa publication, l'archétype de la Bretonne idéale.

À sa tête, il cherche, selon Yann Fournis, à ..

Il dirige le journal La Bretagne et La Dépêche de Brest à partir de 1942. La Bretagne a publié quelques textes antisémites, comme l'éditorial paru le et intitulé « Notre tradition antisémite », dans lequel Olier Guyon se félicite de l'édit d'expulsion promulgué contre les juifs par le duc Jean II de Bretagne au début du . De même, le , dans un article protestant contre la projection du film Bécassine, le journal proclame : .. Dans le numéro 209 de La Bretagne, Yann Fouéré écrit : « Nous sommes et resterons bons Bretons et bons Français »Journal La Bretagne n° 209 du 20 novembre 1941.

Au cours de l'année 1941, sous l'impulsion de Yann Fouéré, La Bretagne prend part avec d'autres journaux comme L'Heure Bretonne ou L'Œuvre, organe du Rassemblement national populaire de Marcel Déat, à une violente campagne de déstabilisation du préfet de la région de Rennes François Ripert, coordonnée par les autorités allemandes, Henri Fréville, Archives secrètes de Bretagne, 1940-1944, Éd. Ouest France, 1985 (réed. 2004), . Sur le rôle joué par La Bretagne et les autorités allemandes dans l'affaire, voir les chapitres VI et VII de l'ouvrage..

Il devient de 1942 à 1944, avec l’appui des maréchalistes, le secrétaire général du Comité consultatif de Bretagne (CCB) installé auprès du préfet de région à Rennes.

C'est dans La Bretagne que paraissent, en 1942, au moment de la grande rafle du Vélodrome d'Hiver, que paraissent plusieurs textes antisémites en langue bretonne, dans la rubrique dirigée par Xavier de Langlais, Lan hag HervéCertains de ces textes ont été traduits dans le dossier « Réécriture de l'histoire en Bretagne » de Marie-Madeleine Flambard, André Hélard et Françoise Morvan et la section de Rennes de la Ligue des droits de l'Homme (..

Grâce à son entremise entre la censure allemande de la presse et les journaux régionaux — il offre ses services à deux reprises pour limiter la prise de contrôle ou la suppression des plus puissants journaux de la région, L'Ouest-Éclair et La Dépêche —, il acquiert un rôle majeur dans le paysage médiatique régional dès 1941-1942. La Bretagne connaît des difficultés qui l'amènent à envisager un changement de rythme de parution, de quotidien à hebdomadaire. La Dépêche, journal tirant à exemplaires, est menacée de suppression par l'occupant. Fouéré en prend le contrôle en .. Jusque-là, le quotidien, dirigé par Victor Le Gorgeu, avait marqué un scepticisme certain à l'égard de la politique du gouvernement de Vichy, ayant mis sur la touche l'ancienne direction radical-socialiste..

Lorsque Vichy crée en le comité consultatif de Bretagne (CCB) auprès du préfet de région, Fouéré en devient membre, puis secrétaire général, après la démission de Prosper Jardin, de janvier à ..

Françoise Morvan indique que le nom d'Yann Fouéré figure sur la liste des agents de la Gestapo en Bretagne sous le Françoise Morvan, Miliciens contre maquisards, éd. Ouest-France, Rennes, 2010, et 202.Reproduction du passage de la liste faisant mention du nom de Fouéré.. Selon Yves Mervin, cette liste, connue depuis 1944, n'a été prise en compte ni par les tribunaux ni par les historiens dans leurs travaux.Françoise Morvan revoit et corrige un livre d'Henri Fréville, Gilles Delahaye, 11 juillet 2008..

Il déclare dans son livre La Patrie interdite :.

Après guerre En , il est envoyé en prison et est libéré pendant l’été 1945, où il fut placé en liberté provisoire. Il est poursuivi en tant que directeur du journal La Bretagne.

Accusé d’intelligence avec l’ennemi, Fouéré ne se présente pas à son procès, le : entré dans la clandestinité, il réussit en juillet à passer au Pays de Galles, où il échappe aux travaux forcés à perpétuité. Là, avec l’aide du Plaid Cymru, il publie en une brochure dans laquelle il livre sa version de l’histoire du nationalisme breton.

En 1948, il part en Irlande et rentre en France en 1955.

En 1957, il fonde le Mouvement d'Organisation de la Bretagne, dont il est le leader jusqu'en 1969.

En 1962, il écrit, dans la revue nationaliste bretonne Ar Vro, à propos du Bezen Perrot, unité de supplétifs bretons affidés des Allemands contre les maquis et versés au Sicherheitsdienst (service de renseignement et de maintien de l'ordre de la SS)., que cette milice Ar Vro, , ..

En 1966, il fonde avec Yann Goulet le Front de libération de la Bretagne.

Entre 1972 et 1975, il dirige le Strollad ar Vro et se présente aux élections législatives de 1973.

En , il est arrêté dans le cadre de l'enquête sur les attentats du FLB-ARB suspecté d'en être l'inspirateur et le complice et est libéré, sans avoir été jugé, en . Il relate sa détention dans son livre En prison pour le FLB..

Entre 1982 et 2000, il dirige le Parti pour l'organisation d'une Bretagne libre.

À la suite d'un changement de compétence des juridictions et du fait que les condamnations sont de plus en plus légères à mesure que le souvenir de la guerre s'éloigne dans le temps, il revient en France, se constitue prisonnier et est acquitté en . Mais il perdra en appel le remboursement de la spoliation de ses biens.

Dernières années Il s'installe à Saint-Brieuc en 2004.

Décès Il meurt le à Saint-Brieuc.

Vie de famille Il est le père de l'actrice franco-irlandaise Olwen Fouéré et du diplomate irlandais Erwan FouéréCurriculum vitae d'Erwan Fouéré..

Prises de position

Séparatisme

Yann Fouéré est resté en relation avec Joseph Martray qui fut, sous l'Occupation, son « adjoint le plus direct à la direction politique de ses journaux » La Maison du Connemara, ..

Son but exprimé est de « démanteler l'État français » : .

En 1957, il lance avec Ronan Goarant et Yann Poupinot le Mouvement pour l'organisation de la Bretagne (MOB), dont il est un des animateurs et financiers, ainsi que L'Avenir de la Bretagne, journal dont il est propriétaire jusqu'en 1974. Cette organisation se proclame apolitique, comme le plus souvent dans la mouvance traditionnelle de l'Emsav, jugeant les notions de « droite » et de « gauche » trop « françaises », mais se révèle dans les faits de droite ; elle défend le fédéralisme et l'unité européenne. Par ailleurs, de tendance séparatiste et ethnique., elle popularise la notion d'exploitation coloniale de la Bretagne par la France alors que le mouvement d'émancipation des peuples colonisés se développe en Afrique et en Asie.

Définition citoyenneté et nationalité Il développe l'idée d'une confusion en France et en français entre citoyenneté et nationalité : .

Hommages

À l'occasion de son décès, des hommages lui sont rendus aussi bien par des militants nationalistes bretons de gauche ou d'extrême-gauche que de droite ou d'extrême-droite, Rue 89 soutenant que c'est dans les milieux identitaires que se trouvent ses héritiers les plus directs. À la fois du fait de son grand âge et de la durée exceptionnelle de sa vie politique, il a été qualifié dans quelques rares publications de patriarche du mouvement breton.

La fondation Yann Fouéré est fondé en 1998.

Selon Jean-Yves Camus : .

Publication

L'Europe aux cent drapeaux En 1968, Yann Fouéré publie L'Europe aux cent drapeaux. Dans cet ouvrage, il développe l'idée de « Fédéralisme Européen » : l'autonomie des Nations sans État dans le cadre d'une Europe des nations plutôt que des États.

Autres publications

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie

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Liens externes

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