Judith et Holopherne ou Judith décapitant Holopherne (en italien, Giuditta e Oloferne) est un tableau du Caravage peint vers 1598 et conservé à la galerie nationale d'Art ancien de Rome.

Histoire

Cette œuvre fut commandée par le banquier génois Ottavio Costa avec plusieurs autres œuvres comme L'Extase de saint François et Marthe et Marie-Madeleine alors que le peintre est à cette période au service du cardinal del Monte. Costa était alors l'un des banquiers les plus puissants de Rome.

Elle ne fut retrouvée qu'au par Roberto Longhi dans la collection Vincenzo Coppi à RomeMichel Hilaire, Caravage, le Sacré et la Vie, Herscher, coll. « Le Musée miniature ». – 33 tableaux expliqués , 28-29. Son attribution au Caravage doit beaucoup aux recherches sur l'artiste entreprises en 1951, notamment par Pico Cellini ; le tableau est accroché hors catalogue lors d'une exposition milanaise, en cette même année 1951.

Fillide Melandroni, la plus célèbre des courtisanes à avoir posé pour CaravageRiccardo Bassani et Fiora Bellini : Caravaggio assassino : la carriera di un "valenthuomo" fazioso nella Roma della Controriforma, Rome : Donzelli, 1994, 278 , 4 consacré à Fillide Melendroni , sert de modèle pour Judith ; cette jeune femme, âgée d'environ vingt ans en 1600, est également la Catherine de Sainte Catherine d'Alexandrie (ca. 1598) et la Marie Madeleine de Marthe et Marie-Madeleine (ca. 1598-1599). Elle pose également pour le Portrait d'une courtisane qui était exposé au Kaiser Friedrich Museum de Berlin et a été détruit au cours des bombardements subis par la capitale allemande à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Description La scène, qui est issue de l'Ancien Testament (Livre de Judith, 13:8-11Voir Livre de Judith chap. 13 sur WikiSource), représente la veuve Judith qui, après avoir séduit le général assyrien Holopherne, l'assassine dans son sommeil pour sauver son peuple du tyran pendant le siège de Béthulie. Une servante l'accompagne portant un sac pour emmener la tête quand elle sera coupée, car le Caravage a figé l'instant rendant l'épisode intemporelGérard-Julien Salvy, Le Caravage, Gallimard, coll. « Folio », 2008 ,193.

La radiographie montre qu'à l'origine, Judith est représentée les seins nus ; Caravage décide finalement de les recouvrir d'un voile.

Le visage cruel de la vieille servante est sans doute inspiré par les études ou caricatures de Léonard de Vinci conservées à la pinacothèque Ambrosienne à Milan.

Analyse Bien que la scène de la mort d'Holopherne soit effectivement un épisode biblique, le choix de cette scène et la capture du moment précis de l'assassinat sont très inhabituels ; parmi d'autres œuvres de cette époque (comme le Repos pendant la Fuite en Égypte), ce tableau illustre le refus du Caravage de respecter les conventions ou la tradition picturale de son temps.

On peut y voir le symbole de la Vertu triomphant du mal et un parallèle avec la Contre-Réforme catholique en cours combattant l'hérésie à l'époque où ce tableau est peint.

Il présente un puissant jeu chromatique entre ombre et lumière, grâce à un violent éclairage latéral traversant la scène. Le peintre y exprime toute sa maîtrise de la technique du clair-obscur qui va faire sa réputation.

Dans la fiction Le tableau peut être aperçu dans la série fantastique américaine Shadowhunters. On peut notamment le voir dans une scène se déroulant dans la résidence des vampires (saison 1, épisode 11, « L'Appel du sang », vers 6 minutes 45).

La Judith de Toulouse

thumb|La Judith de Toulouse Découvert dans un grenier à Toulouse en 2014 et attribué au Caravage par l'expert en art Eric Turquin, ce tableau a ensuite été acheté en vente privée par un collectionneur américainL'affaire Caravage, réalisé par Frédéric Biamonti en 2018 et diffusé sur France 3.

Documentaire

L'Affaire Caravage réalisé par Frédéric Biamonti en 2020.

Notes et références

Bibliographie

Articles connexes Liste de peintures du Caravage

Liens externes

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