thumb|Arlésiennes, santons de Provence La tradition provençale regroupe un certain nombre de coutumes vivaces qui ont toujours cours dans l'ensemble ou une partie importante de la Provence.

Traditions calendales Les traditions calendales sont celles qui se rattachent à la période de Noël. Sainte-Barbe thumb|left|Blé et lentille de la Sainte Barbe Le , pour la sainte-Barbe, chacun doit semer du blé et des lentilles sur du coton imbibé d'eau dans une coupelle. Ces graines produisent de jeunes pousses très vertes et très décoratives (une autre version consiste à arroser des grains de blé disposés dans une grosse pigne de pin). À Noël, on dispose les petites assiettes de blé ou de lentilles - ou la pigne de pin) autour de la crèche. Une bonne pousse est signe d'abondance et de prospérité.

Cacho fio thumb|left|Lou grand et lou pitchoun au cacho fio thumb|Embrasement de la bûche du cacho fio En Provence, la soirée de Noël commençe par l'ancienne coutume païenne du cacho fioLe Gros Souper, Anita Bouverot-Rothacker, éd. Jeanne Laffitte, . Cet allumage rituel de la bûche de Noël (calendau, en provençal) correspond à un rite du feu caché et présage le retour du feu neuf, le feu du premier soleil de la nouvelle annéeArts et traditions de Noël en Provence.

La cérémonie a lieu devant la cheminée avant de se mettre à table pour le gros souper. Le plus jeune et le plus vieux portent ensemble une bûche d’un arbre fruitier (poirier, cerisier, olivier) qui doit brûler pendant trois jours et trois nuits. Ils doivent faire trois fois le tour de la table recouverte de ses trois nappesLo cacho-fio sur le site tradicioun.org. Une triple libation sur la bûche est ensuite pratiquée par le plus jeune de l'assemblée, avec du vin cuit.

Gros souper thumb|Table du gros souper Le gros souper (lou gros soupa, en provençal), est le repas maigre traditionnellement pris en famille le , avant la messe de minuit. La table dressée comporte trois nappes de taille décroissante : une pour le « gros souper », une pour le repas du jour de Noël, le lendemain midi — repas composé de viandes —, et enfin la dernière pour le soir du 25 où les restes trônent sur la table. Sur ces nappes, on dépose les blés ou les lentilles de la Sainte-Barbe, une branche de houx pour apporter le bonheur, ainsi que trois bougies. Le pain, posé à l’endroit, est coupé en trois : la part du pauvre, la part des convives et la part fétiche qu’on conserve dans une armoire. Il ne faut donc pas oublier de mettre un couvert de plus : le couvert du pauvre. Pauvre, désigne celui qui est décédé mais ce peut être aussi un mendiant qui passe et demande l’aumône. La part du pauvre est un rappel de l’episode des Evangiles où la Sainte Famille ne fut accueillie nulle part.. Le repas maigre servi n'en était pas moins fastueux. Il commençait par l'aigo boulido, se continuait par des plats de poissons dont l'alose à l'étouffée, la morue à la raïto, et de légumes, dont les épinards aux escargotsLes mets du gros souper. Après avoir dégusté les sept plats maigres de poissons et de légumes, on pose sur la table les treize desserts que l’on mangerait au retour de la messe de minuit avec le vin cuit et, pour les affamés, se servait la petite oie.. La tradition du "gros souper" est encore très vivante dans les familles provençales.

Treize desserts thumb|Les treize desserts :    pommes poires melon vert nougat noir et nougat blanc fruits confits calissons   gibassié oreillettes dattes « quatre mendiants » : noix et noisettes, figues sèches, amandes et raisins secs thumb|left|Les treize desserts :    pompe à l'huile fougasse noix noisettes nougat blanc fruits confits   pommes poires oranges raisins frais vin cuit dattes pâte de fruits

À Noël, sur un grand plateau, présentation des Treize desserts typiques. Gros souper comme desserts présentent des variantes régionales. Entre autres:

la poumpo a l’òli : la pompe à l'huile: une brioche plate à l’huile d’olive et à l'anis; la panade dans le Comtat, sorte de tarte ornée de croisillon à la courge sucrée (Gigérine)

les quatre mendiants : représentant les différents ordres religieux catholiques ayant fait vœu de pauvreté : noix et noisettes pour les augustins, figues sèches pour les franciscains, amandes pour les carmes et raisins secs pour les dominicains ; les pommes ; les poires ; le verdaù (melon vert conservé dans le grenier) ; le nougat noir et le nougat blanc ; les sorbes ; les raisins frais.

On trouve aussi :

les mandarines ; des confiseries : truffes au chocolat, fruits confits, calissons… ; la pâte de coing ou la pâte d'amande, ou les calissons à Aix, ou d'autres fruits ; les bugnes, ou merveilles, ou oreillettes : petits beignets à la fleur d'oranger, les croquettes aux amandes ; les dattes qui représentent le Christ et sont présentées sur la plus belle assiette, souvent une faïence de Moustiers. Selon la tradition, chaque convive doit manger un peu de chaque dessert pour s'assurer bonne fortune pour toute l’année.

Quatre mendiants

Les quatre mendiants, font partie de la composition des treize desserts en Provence. Ces fruits secs représentent les différents ordres religieux ayant fait vœu de pauvreté, noix ou noisettes pour les Augustins, figues sèches pour les Franciscains, amandes pour les Carmes et raisins secs pour les DominicainsLes treize desserts provençaux sur NotreProvence.fr.

Frédéric Mistral (1830-1914), donne la définition de ce que sont les quatre mendiants en Provence . Il précise que ces mendiants sont aussi dénommés pachichòis d'Avignon à MarseilleBrigitte Poli, Les treize desserts provençaux : Une coutume en mouvement, Librairie contemporaine, Montfaucon, 2002, ..

La pastorale thumb|Affiche annonçant à Château-Gombert la représentation de la pastorale Maurel en 1926 La Pastorale provençale est une pièce de la nativité parlée et chantée au moment de Noël. La pastorale la plus renommée en Provence est la Maurel. En cinq actes, entièrement en provençal sauf le qui est en français (l'acte d'Hérode) mais rarement présenté. Elle est l'œuvre d'Antoine Maurel qui l'a écrite en 1844 à la rue Nau à Marseille, où se trouvait le siège du Cercle Catholique d'Ouvriers, dirigé par l'Abbé Julien.

Antoine Maurel, né en 1815, dans cette ville en était membre, il fut tour à tour tonnelier, doreur, ouvrier miroitier, comptable puis directeur du dépôt de mendicité.

Si au départ l'argument de la pièce est très fortement imprégné de l'esprit religieux, petit à petit, du fait de la baisse de l'utilisation de la langue Provençale, cette Pastorale Maurel revêt un caractère plus culturel voire identitaire.

C'est pratiquement la seule pièce qui soit interprétée régulièrement, chaque année à l'époque de Noël, en Provence dans la langue de Frédéric Mistral. Aussi, chaque représentation attire de nombreuses personnes nostalgiques de cette langue, qui ne manquent pas d'amener avec eux leurs enfants voire leurs petits-enfants. thumb|Pastorale provençale au théâtre antique d'Arles Il existe actuellement de nombreuses Pastorales en Provence. De nombreux villages présentent leur propre pièce écrite par un habitant en français ou en provençal ; généralement elles sont jouées par les villageois eux-mêmes. Parmi les villages qui perpétuent cette tradition, on trouve notamment la commune de Tourtour (Var), dont les habitants jouent, chaque année, La Pastorale des santons de Provence, d'Yvan Audouard, en langue française..

D'autres sont plus connues, comme la Pastorale Audibert dont il existe deux versions, l'une en vers provençaux, l'autre en vers français, cette dernière comportant des chants en provençal.

Concernant les troupes, il s'agit le plus souvent de troupes d'amateurs issues d'un groupe folklorique, qui n'ont que cette pièce dans leur répertoire ou bien de troupes de théâtre le plus souvent théâtre en provençal.

Certaines ont leur salle fixe comme la Pastorale de la rue Nau ou celle de la salle Mazenod. D'autres représentent un village comme la Pastorale de Fuveau, celle de Château-Gombert, et celle d'Allauch interprétée par lou tiatre dou terraire d'alau. D'autres sont nomades et se déplacent comme un cirque, au fil des demandes, comme l'Escolo doù Miejourl'Escolo doù Miejour. Ou encore celle de Vedène qui continue de la jouer depuis plus de 100 ans, sous la direction de monsieur Alain Rubis. Mais toutes ont la conviction lors de chaque représentation de défendre une culture et de conserver un lien entre un peuple et sa langue.

Santons de Provence thumb|left|Cueilleurs de lavande thumb|Vigneronne et vigneron Le santon de Provence (du provençal santoun, "petit saint") est une petite figurine en argile qui prend place dans la crèche provençale, avec toute une série de petits personnages, figurant les habitants d’un village et ses métiers traditionnels. Tout ce petit monde, chacun muni de son présent pour le nouveau-né, fait route à travers un paysage comportant traditionnellement une colline, une rivière avec un pont, un moulin, une église, vers l’étable, surmontée de son étoile. Outre l’enfan Jèsu ou lou tant bèu pichot (l’enfant Jésus ou le si bel enfant), Sant Jousè (saint Joseph), la Santo Vierge (la Vierge Marie), lou biou (le bœuf), l’ase (l’âne), li pastre (les bergers, les pâtres) et l'ange BoufarèuLes santons sur le site lavp.ch, apparaissent lou viei et la vièio (le vieux et la vieille), lou ravi (le ravi), Pistachié, lou tambourinaire (le tambourinaire). Ont été ajoutés aussi des santons qui représentent des petits métiers : lou pescadou (le pêcheur), la peissouniero (la poissonnière), lou pourtarié d’aigo (le porteur d'eau), lou bouscatié (le bucheron), la jardiniero (la jardinière), la masièro (la fermière avec les produits de la ferme), lou móunié (le meunier, avec son sac de farine), lou boulangié (le boulanger), lou banastaire (le vannier), l’estamaire (le rétameur), l’amoulaire (le rémouleur) et la bugadiero (la lavandière), le chasseur et le ramoneur. Apparaissent aussi le curé, le moine et lou Conse (le Maire) qui se mêlent avec l'Arlésienne, l'aveugle et son fils, le boumian et la boumiane (les Bohémiens).

Crèche provençale thumb|Crèche provençale à Avignon Une crèche provençale est une crèche de Noël comportant des personnages traditionnels de la Provence, les santons (santoun, petits saints en provençal) et s'inspirant de la vie locale et dont l'invention date du . , selon la définition de Marcel Carbonel, l'un des plus prestigieux santonniers de Provence. Les artisans évoquent des personnages typiques ou célèbres de la région ou du village ou des défunts de la famille. La tradition veut que chaque année, la crèche soit mise en place dès le début novembre pour n'être défaite qu'au début janvier après l'épiphanie. Chacune se singularise par le choix de ses santons, des accessoires utilisés, des représentations des maisons villageoises et par la variété de la végétation choisie (mousse, lichen, houx, branches de pin, etc.)Noël, l'art de la crèche.

Pour harmoniser la crèche et simuler la perspective, des santons de différentes tailles sont utilisés. Les plus grands sont placés sur le devant, ce sont traditionnellement le berger et son troupeau, qui seront ensuite rejoints par les rois mages. Les santons puces sont mis dans le fond de la crèche figurant le lointain.

Les rois thumb|Un gâteau des Rois avec sa garniture de fruits confits Pour l'Épiphanie, il est de coutume de partager une brioche en forme de couronne recouverte de fruits confits, la couronne des rois. Lorsqu'il y a un enfant, celui-ci doit passer sous la table, et tandis que la personne qui fait le service choisit un morceau, l'enfant désigne la personne. Le gâteau renferme une fève grillée et un sujet traditionnellement en terre cuite. La personne qui tombe sur la fève devient le roi et le sujet la reine.

Mais on trouve à ce sujet d'autres pratiques telles que le roi choisit sa reine ou encore plus récemment, celui qui a le sujet paie la prochaine couronne.

Tradition vestimentaire