Le Parti social-démocrate (, abrégé en PSD) est l'un des principaux partis politiques roumains, de type social-démocrate, membre du Parti socialiste européen (PSE) et de l'Internationale socialiste (IS).
Il est le successeur direct du PCR (Parti communiste roumain). . De même, .
Le parti est successivement présidé par Ion Iliescu (fondateur), Oliviu Gherman, Ion Iliescu (encore une fois), Adrian Năstase, Mircea Geoană, Victor Ponta, Liviu Dragnea, Viorica Dăncilă puis Marcel Ciolacu.
Histoire Du FDSN au PSD
Le , la lutte interne au Front de salut national (, FSN), le parti issu de la révolution de 1989, entre la ligne orthodoxe menée par Ion Iliescu et la ligne réformiste de Petre Roman, élu président du parti en mars de la même année, conduit le groupe d'Iliescu à se retirer du FSN et à créer le Front démocratique de salut national (, FDSN).
Le FDSN remporte les élections législatives de 1992, et Iliescu est réélu président la même année. De 1992 à 1996, le parti dirige le gouvernement roumain à la tête du « quadrilatère rouge » du Premier ministre Nicolae Văcăroiu, comprenant en plus du FDSN : le Parti de l'unité nationale roumaine (PUNR), parti nationaliste dirigé par Gheorghe Funar ; le Parti de la Grande Roumanie (PRM), parti nationaliste fondé et présidé par Corneliu Vadim Tudor ; le Parti socialiste du travail (PSM), parti d'extrême gauche issu du PCR et dirigé par Ilie Verdeț (Premier ministre de Ceaușescu de 1979 à 1982). Néanmoins, jusqu'en 1994 et l'entrée de membres du PUNR au gouvernement, seuls les sociaux-démocrates occupent des postes ministériels. Le PRM n'est quant à lui, jamais représenté au gouvernement, mais obtient des postes dans la haute administration.
Le , le FDSN fusionne avec quatre petits partis de gauche : le Parti démocratique socialiste de Roumanie (), le Parti républicain (), le Parti coopératif () et le Parti de la solidarité sociale (). Ensemble ils donnent naissance au Parti de la démocratie sociale de Roumanie (, PDSR).
Le mois de voit la chute du PDSR, celui-ci perdant consécutivement les élections législatives, au profit d'une coalition de centre droit, la Convention démocratique roumaine (, CDR), et l'élection présidentielle, Ilescu ne rassemblant que 45 % des suffrages face au candidat de la CDR, Emil Constantinescu. À l'opposé, est un mois de succès pour le parti. À la tête d'une coalition nommée le Pôle social démocratique de Roumanie (avec le Parti social démocrate roumain (PSDR), anciennement allié avec le PD-FSN, et le Parti humaniste roumain (PUR), remporte un tiers des voix aux élections législatives et forma le gouvernement de Adrian Năstase, alors qu'Iliescu décroche un troisième mandat lors de l'élection présidentielle avec 66 % des suffrages face à Corneliu Vadim Tudor.
Le , le PDSR et le PSDR fusionnent au sein d'une nouvelle formation, le Parti social-démocrate (PSD).
Entre gouvernement et opposition En , Adrian Năstase, Premier ministre sortant et candidat du PSD, termine en tête du premier tour de l'élection présidentielle, mais est battu au second tour par Traian Băsescu de l'Alliance justice et vérité. Aux élections législatives de la même année, le PSD arrive en tête des suffrages mais sans majorité au parlement, il est repoussé dans l'opposition, laissant la place au gouvernement Popescu-Tăriceanu (PNL-PD-UDMR-PUR).
vignette|gauche|Meeting du PSD à l'occasion de la venue de Poul Nyrup Rasmussen, président du PSE Considéré comme un jeune réformateur, Mircea Geoană est élu président du parti en lors d'un congrès organisé à Bucarest. Sa victoire représente une défaite surprise pour l'ancien président, du parti et du pays, Ion Iliescu, qui s'attend à vaincre Geoană haut la main. La victoire de Geoană est attribuée par les médias au soutien de dernière minute apporté par des responsables du parti opposés à Iliescu, ainsi qu'aux gaffes faites par Iliescu lors de ce congrès, notamment l'utilisation de termes rappelant la période communiste pour désigner ses collègues..
Lors des élections législatives de 2008, le PSD, allié au Parti conservateur (nouvelle dénomination du Parti humaniste), termine premier du scrutin en rassemblant un tiers des suffrages. Néanmoins, du fait du mode de scrutin, le Parti démocrate-libéral (PDL) remporte un siège de député et deux de sénateurs de plus que le PSD, ce qui lui permet de former le nouveau gouvernement, dirigé par Emil Boc et rassemblant jusqu'au le PSD et le PDL. À cette date, l'ensemble des ministres sociaux-démocrates démissionnent, à la suite de la révocation du ministre de l'intérieur, Dan Nica, et le PSD vota avec le Parti national libéral (PNL) et l'Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR) une motion de censure contre Emil Boc, afin de le remplacer par le maire de Sibiu, et président du Forum démocratique des Allemands de Roumanie, Klaus Iohannis. Néanmoins cette nomination est refusée par le président Băsescu et la désignation d'un nouveau premier ministre doit attendre l'élection présidentielle. Lors de cette élection, Băsescu bat Geoană au second tour avec seulement 0,67 point d'avance. Un second gouvernement Boc est alors nommé dans la foulée, soutenu par le PDL, l'UDMR et l'Union nationale pour le progrès de la Roumanie (UNPR), une dissidence du PSD qui refuse la rupture avec le PDL.
À la tête de l'opposition, le PSD se choisit un nouveau président en 2010, Victor Ponta battant Geoană. L'année suivante le PSD, forme une alliance électorale avec le PNL et le PC, l'Union sociale-libérale (USL), dans la perspective des élections futures. En , dans un contexte de très grande impopularité pour le gouvernement gouvernement Ungureanu, l'USL parvient à faire voter grâce au soutien d'UDMR et de l'UNPR, pourtant membre du gouvernement, une motion de censure contre Mihai Răzvan Ungureanu. Ponta forme alors un gouvernement composé de l'USL, qui remporte près de 60 % des suffrages lors des élections législatives de novembre 2012, et les deux tiers des sièges au Parlement. Néanmoins, l'USL disparait en , à la suite du départ des ministres libéraux-nationaux du gouvernement, mais Ponta peut toutefois demeurer Premier ministre et former un troisième gouvernement, auquel prend part l'UDMR, jusque-là dans l'opposition.
Lors des élections européennes de 2014, l'alliance du PSD, du Parti conservateur et de l'Union nationale pour le progrès de la Roumanie au sein de l'Union sociale-démocrate, termine premier en remportant 37,6 % des votes et fait élire .
Après sa défaite à l'élection présidentielle roumaine de 2014 face au libéral Klaus Iohannis, Ponta forme un quatrième et dernier gouvernement. Il démissionne en . Le PSD retourne cependant au pouvoir après les élections législatives roumaines de 2016. S'ensuit une seconde cohabitation houleuse avec Iohannis. Le président du PSD, Liviu Dragnea, qui a succédé entre-temps à Ponta, ne pouvant, du fait d'une condamnation pénale, briguer que le perchoir de la Chambre des députés, la fonction de Premier ministre est successivement occupée par Sorin Grindeanu, Mihai Tudose puis Viorica Dăncilă.
Crise et résultats historiquement faibles de 2019 et 2020 Début 2019, quelques mois après le départ de l'ancien Premier ministre Victor Ponta du parti, de nombreux cadres exclus du parti depuis l'arrivée en 2016 à sa tête de Liviu Dragnea, comme l'autre ancien chef du gouvernement Mihai Tudose, rejoignent son nouveau parti, Pro Romania.
Le , le PSD est suspendu du Parti socialiste européen.
Après l'incarcération de Liviu Dragnea pour abus de pouvoir, Viorica Dăncilă est élue à la présidence du PSD en par le congrès du parti. Avec la défection de son partenaire de l’ALDE , elle est renversée avec son gouvernement par le Parlement le suivant, la quatrième motion de censure déposée à son encontre ayant été adoptée. Le libéral Ludovic Orban lui succède le ..
Largement battue au second tour de l'élection présidentielle par Klaus Iohannis en réalisant le pire score du PSD de son histoire, Viorica Dăncilă relativise l'importance de son échec et refuse de démissionner, appelant à l'organisation d'un congrès national afin de trancher la question. Mais la défection de ses soutiens et le retour de Gabriel Oprea au PSD fragilisent sa position... Elle démissionne finalement le ; Marcel Ciolacu, président de la Chambre des députés, lui succède par intérim.. Oprea est exclu dans la foulée..
Aux élections législatives de 2020, le parti garde sa première place, mais est en lourde baisse avec 28,9 % des voix. Ce résultat mène le PSD dans l'opposition, alors que le gouvernement Cîțu est formé par trois partis.
Dans l'opposition au gouvernement Cîțu (2020-2021) Après l'élection du nouveau gouvernement, le parti remonte rapidement dans les sondages, à environ 35 % d’intentions de vote. Il critique la vaccination contre la Covid-19, alors que seul un tiers des Roumains se sont fait vaccinerMirel Bran, « La Roumanie s’enfonce dans la crise politique après la chute du gouvernement », Le Monde, 7 octobre 2021 ..
Retour au gouvernement (depuis 2021) Une motion de censure, déposée par le PSD, est votée à l'encontre du gouvernement Cîțu le suivant par le Parlement, avec le soutien de l'Union sauvez la Roumanie (USR) et de l'Alliance pour l'unité des Roumains (AUR)..
Le , après plusieurs semaines de négociations, le PNL, le PSD et l'UDMR concluent une entente de base pour la formation d'un gouvernement de coalition, alors que des questions restent à résoudre, comme le nom du Premier ministre ou le principe d'une rotation à la tête du gouvernement.. Un accord de coalition est obtenu le sur le principe d'une rotation entre les deux partis après 18 mois entre Nicolae Ciucă et le président du PSD, Marcel Ciolacu, ainsi que sur la répartition des ministères..
Organisation interne Organisation
Le président du parti conduit l'activité générale du parti, du comité exécutif national et du bureau permanent national; et est responsable devant le congrès national. Il est élu à bulletin secret par le congrès pour un mandat de quatre ans.
Le président d'honneur est également élu par le congrès pour un mandat de cinq ans, parmi des personnalités reconnues du parti. Il participe aux activités des organes nationaux de direction du parti, et y détient un droit de vote.
Le secrétaire général s'occupe des services fonctionnels au niveau central et des relations avec les organisations locales. Il coordonne également le secrétariat exécutif du parti, formé de sept à neuf secrétaires exécutifs. Ceux-ci sont désignés par le Comité exécutif national, sur proposition du président, après consultation du secrétaire général.
Le bureau permanent national est composé du président, du président d'honneur, du secrétaire générale et des vice-présidents du parti. Mais y participent aussi régulièrement le président du conseil national, les chefs des groupes parlementaires, les présidents des organisations de jeunes et de femmes, le trésorier, le directeur de l'Institut social-démocrate, le représentant des présidents de județe, le représentant des maires et le représentant de la Ligue national des maires et conseillers PSD. Il se réunit chaque semaine, généralement le lundi, et constitue l'organe de gestion courante du parti.
La commission nationale d'arbitrage et d'intégrité morale veille à l'application et au respect des statuts du parti. Elle constitue l'organe juridique du parti. Elle est composée de huit membres élus par le Congrès pour une durée de quatre ans.