Le dictionnaire des rues de Draguignan est un dictionnaire des rues décrivant les principales voies ainsi que les quartiers de Draguignan, commune du Var.
Historique Draguignan est une vieille ville provençale depuis plus de mille ans ; beaucoup de ses noms de rues ou de quartiers sont issus de l'ancien provençal ou du provençal. Ainsi la connaissance des langues vernaculaires provençales, tombées en désuétude, fournit une piste pour proposer un premier lot d'hypothèses utiles afin d'orienter l'origine toponymique.
Par ailleurs, durant la Seconde Guerre mondiale, la ville de Draguignan n'a pas été une active « résistante », à l'instar de maintes petites villes françaises soucieuses de leur tranquillité. Elle n'a connu qu'une occupation limitée de à et compte relativement peu de victimes. Par contrecoup, comme pour exorciser ce fait heureux, des noms de Résistants, héros des temps modernes, signalent de nombreuses voies, écoles, places.
Noms avec une date Place du : il s'agit du rond-point situé devant la préfecture ; il fait référence à la loi du relative à l'interruption volontaire de grossesseVoir la loi..
A Place Abel-Douay honore ce général né à Draguignan et qui est l'un des rares officiers généraux à être mort sur le champ de bataille lors de la guerre franco-prussienne de 1870, lors de la bataille de Wissembourg. Il convient de noter que la commune a longtemps connu une caserne Abel Douay sur le boulevard Clemenceau, jusqu'à sa destruction en 1963 et son remplacement par le Centre administratif Joseph Collomp, ainsi que par un hôtel et des commercesOn peut voir deux cartes postales sur ce site (le glissement du curseur de la souris sur la carte postale permet d'avoir une vue de la caserne à l'époque et une vue aujourd'hui).. Porte Aiguière (en provençal : « pouarto-aiguiero ») était la porte de la ville où l'eau arrivait (aigues/eau). Non seulement il y avait ici une fontaine depuis le , mais il convient de rappeler aussi qu'un canal d'alimentation en eau, en provenance de la route de Montferrat, passait en ce lieu avant de se prolonger à travers ville jusqu'au boulevard de la Commanderie. Rue Alexandre-Ansaldi, anciennement rue Marcelin Albert, se réfère à un homme qui n’a jamais existé. Il s'agit en fait d’un canular, auquel plusieurs villes de France se sont fait prendre, puisque Alexandre Ansaldi, qui aurait été écrivain et aurait publié un livret de Maximes, est totalement inconnu du monde littéraire. La ville a attribué ce nom à cette rue le . Avenue Allende, entre Col de l'ange et Flayosc, se réfère à Salvador Allende, éphémère président socialiste du Chili, renversé par le général Pinochet en 1973. Avenue Alphonse-Gilet a évoqué entre 1964 et 2010 le charismatique directeur de l'École normale d'instituteurs de Draguignan dans les années 1920. Cette avenue, située entre l'avenue Jules Ferry et le groupe scolaire FerryPour une photographie d'A. Gilet, voir le site suivant, spécialement la section, en milieu d'article, concernant la vie à l'école normale à la fin des années 1920., a été débaptisée en 2010 et a été renommée avenue Philippe SéguinArticle de Var Matin.. Avenue des Anciens-Combattants-d'Afrique-du-Nord a été dénommée ainsi le en raison des très nombreux rapatriés d'Algérie résidant à Draguignan. Il ne faut pas oublier, non plus, que la du maréchal de Lattre de Tassigny a contribué à libérer la ville lors du débarquement de Provence. Place André-Gayrard, près du Parc Haussmann, rappelle l'action de ce médecin, grand Résistant, dévoué à la cause médicale et publique, fondateur du Rotary dracénois, d'Édouard Soldani et conseiller général du canton de Draguignan. Rue des Arcades : voir Rue Pierre Clément. Chemin des Aréniers fut réputé pour la texture sablonneuse et légère de ses sols (du provençal « arenié » et du grec classique « arènos », sable). Place des Augustins rappelle l'existence, jadis, du couvent des Augustins, fondé en 1256. Allées d'Azémar ont été créées par le baron Pierre-Melchior d'Azémar (1740-1821), nommé par Napoléon comme deuxième préfet de Draguignan (1806-1811). Cet endroit s'appelait auparavant les Aires St François et servait de décharge publique à la ville, alors située sur l'oppidum de l'Horloge. Ces allées ont été réalisées en 1807-1808 et leur nom a été attribué en 1810.
B Chemin du Baguier tire son nom du laurier-sauce (provençal : « baguié »). Ce chemin a été dénommé ainsi en 1992. Quartier de Beaussaret vient du diminutif de « sarret » (c'est-à-dire un petit sommet ou une colline de forme allongée ; on notera que par opposition, le « Seyran » est l'augmentatif, la « grande serre »). Le « beu sarret » est donc la « belle colline » ou « la colline d'où l'on a une belle vue ». Rue de la Blancherie et l'impasse de la Blancherie rappellent qu'en ce lieu se trouvaient autrefois des tanneries (en provençal : « blancarié ») et des mégisseries. Boulevard Blanqui se réfère à trois personnalités du : Jean Dominique Blanqui (1757- 1832), homme politique français, député de la Convention ; Adolphe Blanqui (1798-1854), économiste libéral et député de la Gironde ; Louis Auguste Blanqui (1805-1881), révolutionnaire. Boulevard Blum et le lycée d'enseignement professionnel du même nom de Draguignan célèbrent depuis 1979 Léon Blum, membre du Conseil d'État, secrétaire général de la SFIO et leader du Front populaire en 1936-1938. Parking Bontemps évoque la mémoire d'Alexandre Bontemps, qui fut premier Valet de chambre de Louis XIV (néanmoins le lien avec la ville de Draguignan est très ténu, si ce n'est inexistant). Rond-point Boualam-Bachaga fait état depuis 1994 du souvenir de Saïd Boualam, député algérien favorable à l'Algérie française.
C Montée de la Calade (cf. montée du Rigoulier), ancienne voie muletière, rappelle que la « calado » est en provençal une rue abrupteVar matin, 25 mars 1988, page « Draguignan », p. H 1.. Rue Camilla fait référence à Jean Camilla (1934-1996), qui fut un grand sportif, passionné de football ; chaque année se dispute un challenge qui porte son nom. Quartier Chabran honore Joseph Chabran, général de la Révolution et de l'Empire. Il a épousé une habitante de Draguignan, Louise Colla, fille d'Antoine Colla, médecin et lieutenant particulier de sénéchaussée. Louise Colla habitait 41 rue de l'observance à Draguignan. Chabran a habité Draguignan à plusieurs reprises, d'abord lorsqu'il était instituteur public chez les doctrinaires, puis durant sa vie militaire, entre deux campagnes. Une anecdote : si les fantassins étaient logés dans des casernes, les cavaliers étaient logés dans des quartiers, d'où le nom de cet établissement militaire. Rue Cisson est la rue de la mairie ; elle a pris ce nom le en l'honneur du résistant Georges Cisson, traqué et exécuté par les nazis. La rue avait porté le nom de rue St François jusqu'en 1870, puis rue Nationale de 1870 à 1945. Chemin de la Clappe provient du provençal « clapo », pierreux, caillouteux. Il a d'ailleurs été frappé par la crue du 15.06.2010Article de Var matin concernant le quartier de la clappe frappé par la crue.. Quartier Cocorelle tire son nom du provençal « coucourello », mot équivoque qui peut signifier, selon le contexte, une variété de figue, une variété d'olive, l'aristoloche clématite, la narcisse à fleur jauneDictionnaire provençal-français "Lou Pichot Tresor", Xavier de Fourvières, éd. Aubéron, 2000.. Quartier des Collettes vient tout simplement du terme « couleto », petite colline, collinette. Boulevard Colonel-Michel-Lafourcade, anciennement boulevard du Maljournal (voir ce nom ci-dessous) honore Michel Lafourcade, colonel de sapeurs-pompiers, directeur départemental des services d’incendie et de secours du Var, décédé à Draguignan. Rue du Combat n'a jamais connu de sanglante bataille ; c'était autrefois « la carriero dou coumbas » (ou « dou coumbal »), c'est-à-dire la rue ou chemin de charroi au milieu de laquelle passait un ruisseau en creux dont les eaux filaient vers le bas, la forme en combe facilitant l'évacuation des eaux de surface . Rue du Courtiou, ou rue courtil, derrière la tour de l'horloge, montre que cette rue bordait jadis les remparts (le « courtieu » étant le terrain qui bordait l'intérieur des remparts, bref le chemin de ronde) .
D Avenue Daudet célèbre le souvenir de l'écrivain provençal Alphonse Daudet. Place Delestraint rappelle depuis 1997 le souvenir de Charles Delestraint, créateur et chef de l'Armée secrète durant la seconde guerre mondiale. Avenue du Docteur-Gaston-Germon fait référence à un médecin dracénois, conseiller municipal de 1935 à 1941, auteur d'un opuscule médical remarqué en 1932Voir ici.. Place du Docteur-German honore le docteur Angelin German, médecin, chef de clinique, grand Résistant durant la seconde guerre mondiale, maire de Flayosc, candidat malheureux aux élections municipales de Draguignan en 1965 et en 1986.
E Boulevard Émile-Thomas a été désigné en l'honneur de ce résistant varois, exécuté par les nazis en 1944. Un collège dracénois porte aussi son nom. À ne pas confondre avec le directeur, sous la Deuxième République, des Ateliers nationaux. Rue des Endronnes provient du provençal « androuno », ruelle étroite (ne permettant le passage que d'un seul homme : cf. « andros » en grec classique), par extension cul-de-sac. Le nom de la rue est un pléonasme ; on devrait dire (sans parler de « rue ») les andronnes, l'andronne, les endronnes ou l'endronne .
F Rue du Fabriguier, qui débouche sur la rue de l'horloge, signifie qu'il y avait en cet endroit un micocoulier (en provençal « fabreguié »)Aucun lien avec les mots d'ancien français favrechier ou favargier » qui font référence à des activités de métallurgie ou de ferronnerie. D'ailleurs la rue du Fabriguier n'a jamais été spécialisée en ce domaine.. Quartier des Faïsses vient du provençal « faisso », issu du latin « fascia » (bande), qui est un ensemble de bandes de terres cultivables à différentes hauteurs, souvent plantées d'oliviers, soutenues par des murettes de pierre (les fameuses « restanques »). Il y a ainsi le col de Faisse en Lozère ; les faïsses de Saint-Étienne de Gourgas. Quartier des Ferrages, bordant l'avenue Pierre-Brossolette, montre qu'au se trouvent en ce lieu des terres riches et fertiles. En latin, le mot ferraticum signifie fertile, il a donné le terme provençal « ferrajo ». Beaucoup de villages provençaux comportent des Ferrages, c'est-à-dire des champs fertiles cultivés en bordure urbaine. Ainsi, les ferrages ou ferragines sont les équivalents méridionaux des courtils du nord. Le Fournas, en provençal, est un grand four où s'active le fournier/fourniller, qui cuit le pain et les mets qu'on lui apporte. Le terme est apparenté aux noms Fournels, Fourneau, Fournet, Fours et Chauffour. Quartier de la Foux, proche du provençal « fous », désigne une source abondante, qui sort avec force. Le toponyme peut aussi avoir le même sens que l'ancien français foris, signifiant en dehors. Rue François-MaugeriVoir la plaque érigée en sa mémoire. honore la mémoire d'un des trois FFI tombé lors de la libération de la ville le Georges Gayol, C'était notre Draguignan (1925-1955), , 2000, .. Rue Frédéric-Mireur (anciennement rue du collège) fait référence à Frédéric Mireur archiviste et historien dracénois qui, notamment, écrivit l'histoire de la ville et de ses rues au début du .
G Rue Gaston-Lartigau, décédé en 1951, met à l'honneur l'ancien adjudant-chef de la brigade de gendarmerie de Comps, qui s'illustra durant la Seconde Guerre mondiale et fut animateur du groupe de la Résistance de la zone de Comps. Rue du Gendarme-René-Scheers honore depuis le l'un des trois résistants FFI tombés lors de la libération de la ville le .