L'abbaye de La Celle est un ensemble architectural roman situé dans la commune de La Celle, dans le Var (région Provence-Alpes-Côte d'Azur). Ce monument historique médiéval est classé au titre des Monuments historiques par arrêté du pour les restes de l'abbaye de La Celle, bien qu'ici le terme d'abbaye soit impropre.

Ce monument appartient au conseil départemental du Var depuis 1990.

La commune de La Celle était encore au début du un hameau de Brignoles, dont elle est limitrophe. Elle est blottie dans la vallée que surplombent le Roc de Candelon et le massif de la Loube (). Le village est traversé par le CD 405. La rivière du Caramy borde le territoire de la commune. L'abbaye de La Celle se trouve au centre de ce bourg ecclésial.

Les travaux de restauration se sont achevés en par la reconstitution intégrale et la mise en valeur de cet ensemble médiévalDépliant "Abbaye de La Celle", Patrimoine du Département du Var, F. Laurier - Direction des affaires culturelles, Conseil général du Var, mars 2013.

Historique

Les origines Le site de l’abbaye de La Celle a été occupé dès l’âge du Fer (entre les ). Les fouilles récentes ont mis au jour un four et un sol de cette époque. Sur le même emplacement, une « villa » romaine s’est installée au après Jésus-Christ. Il s’agit d’une « pars rustica », exploitation agricole dont le pressoir et le fouloir ont été retrouvés dans la cuisine de l’abbaye. Cette « villa » est restée active jusqu’au . C’est ensuite au début du qu’a commencé la construction du premier monastère.

En 1011, une donation est faite à l'abbaye Saint-Victor de Marseille de terres sur le territoire de Brignoles avec une église dédiée à Sainte-Perpétue. La plus grande partie du temporel de l'abbaye se situe dans la région de Brignoles. Les femmes de ce monastère appartiennent toutes à la haute noblesse de Provence, ou du Languedoc.

L'abbaye y installe quelques moines pour assurer les offices pour la population locale. Au , le Pape Grégoire VII confirme par une Bulle, les biens de Saint-Victor, parmi lesquels figurent l'église de Sainte-Perpétue et les terres autour, avec l'église Sainte-Marie.

Ce monastère avait la particularité d'être double, dirigés respectivement par un prieur et une prieure désignés par les moines de Saint-Victor. D'un côté vivaient les hommes, ils desservaient l'église Sainte-Perpétue, les moniales utilisaient l'église Sainte-Marie. Cette abbaye avait en fait le rang de prieuré.

En 1090, Bernard III (II) de Besalú (vers 1060 - 1111), comte de Besalú et de Ripoll et vicomte de Fenouillèdes chasse les clercs réguliers de Saint Augustin et cède l'abbaye en 1099, à Richard de Millau (?-1121), abbé de Saint-Victor de Marseille, qui place de nouveau des moniales provençales venant du prieuré Sainte-Perpétue de Brignoles au monastère de Sant Joan de les Abadesses Jean-Baptiste Renault, La communication dans un réseau méditerranéen en constitution. Voyage des moines et circulation des écrits entre Saint-Victor de Marseille et ses dépendances aux , p. 529-551, article 28..

thumb|Sarcophage de Garsende de Sabran. Au , le prieuré avait une grande réputation, il accueillait des filles de bonnes familles et de haut lignage. La plus célèbre est la comtesse de Provence Garsende de Sabran ; mère de Raimond Bérenger IV de Provence; une fois veuve d'Alphonse, second fils de Alphonse II d'Aragon, elle prit le voile en 1225, comme novice et demeura en ce lieu jusqu'à sa mort vers 1242. Le prieuré comptait une centaine de religieuses entre 1267 et 1293. En 1311, on constate des contestations qui vont jusqu'au procès, concernant l'usage des biens du Monastère par la communauté de CabasseAD du Var, E Dépôt 81/158, copie de transaction de 1311, (AC de Cabasse, ancienne côte 1-FF art 2).. Au , les religieuses souhaitent se séparer de la tutelle des moines de Saint-Victor de Marseille avec lesquels elles sont en conflit permanent. Alors que les religieuses avaient déjà quitté le couvent depuis longtemps, un prieur resta pourtant sur le Domaine jusqu'à la Révolution,

La discipline s’étant relâchéeHistoire (Condensée) de la chapelle de ND de Lorette à Brignoles (Var). C’est à l’arrivée, en 1635, d’une congrégation conduite par d’Authier de Sisgaud, évêque de Bethléem, que ce dernier fut à l’origine - depuis N-D de Lorette de Brignoles -, de la réforme de l’abbaye Royale de la Celle où, en présence d'un certain libertinage des dérapages sérieux se produisaient avec de jeunes nonnes faisant leur noviciat. C'est à partir de l’indignation d'une d'entre elles, Marie de Croze, que la décision fut prise sur ordre de Mazarin de fermer le couvent., le , le cardinal Mazarin, en tant que commendataire de l’abbaye de Saint-Victor, ordonna une réforme du monastère. En mars 1660, il fit transférer les nonnes à Aix-en-Provence sous la direction des religieuses de l'abbaye du Val-de-Grâce de Paris.

Trois religieuses seulement accepteront de rejoindre Aix. Celles qui n'acceptèrent pas de se soumettre virent leurs pensions supprimées, ce qui amena la communauté à son extinction, d'autant que plus qu'aucune novice ne pouvait rejoindre ce couvent.

La Révolution Vendue et morcelée en 1792 comme bien national, l'abbaye est transformée en exploitation agricole.

L'abbaye est classée au titre des monuments historiques le , après le passage de Jean-Camille Formigé qui fit en 1868 un grand nombre d'aquarelles et de plans décrivant l'état de l'abbaye. La commune a racheté l'église conventuelle au début du pour en faire l'église communale. Durant tout le , les architectes des monuments historiques tentent de faire restaurer, de sauvegarder les bâtiments qui tombaient en ruine. Tant que ces bâtiments restent une propriété privée, les restaurations sont très difficiles.

En 1938, Sylvia Fournier, riche propriétaire de l'île de Porquerolles, achète le domaine et y installe une hostellerie-restaurant de luxe qui devient le premier établissement du Var. D'anciens bâtiments, dont l'affectation d'origine reste imprécise, deviennent un hôtel-restaurantJacques Paul Tournon, La Grande Dame de La Celle : Sylvia Fournier ou la Renaissance de l'Abbaye et de son Hostellerie, éd du Conseil Général du Var, 1900, 1999, 64. p.. Après sa mort en 1971, un autre établissement privé s'installe. L'abbaye de La Celle devient patrimoine public, aujourd'hui patrimoine du département du Var. En 1990, la commune fait jouer son droit de préemption en zone urbaine, avec l'appui financier du département auquel le monument historique est cédé. La partie qui accueillait l'hôtel est toujours une hostellerie de luxe, louée aux maisons Alain Ducasse. Toujours sur le domaine de l'ancien monastère, un autre bâtiment du département du Var est occupé par la maison des vins de l'AOC Coteaux Varois en Provence.

Après plusieurs mois de fermeture et d'importants travaux, l'abbaye, témoin de l’art roman provençal, est de nouveau ouverte au public depuis le ..

Une première exposition inaugurale intitulée VILLAE, Villas romaines en Gaule du Sud s'est tenue du au sous l'égide du département du VarAgenda - Exposition VILLAE, Villas romaines en Gaule du Sud à l'abbaye de la Celle in L'Archéologue n°159 - sept./oct./nov. 2021 p. 76.. Elle présentait en particulier de nombreux objets et pièces archéologiques remarquables issus des fouilles réalisées dans le périmètre du Var sur la période gallo-romaine, notamment, la mosaïque de la villa de Pèbre, un miroir monétaire de Néron et un relief de Méduse en bronzeConsulter le fascicule de l'exposition au format PDF sur le site abbayedelacelle.fr.

Description Église conventuelle L'église Sainte-Perpétue, partiellement disparue, était l'église paroissiale de La Celle, desservie par les moines du bourg ecclésial.

thumb|Christ d'origine italienne. L'église Sainte-Marie était l'église conventuelle réservée aux moniales. Elle est depuis le début du l'église paroissiale de La Celle.

Un sarcophage du est conservé dans l'église Sainte-Marie. Longtemps attribué à tort à Garsende de Sabran (elle n'est présente que plus tard dans le monastère), il a servi de fontaine sur la place publique après la Révolution. Vendu en 1924 par le propriétaire privé à qui appartenait l'abbaye, il est racheté par le département du Var en 1999.

Sur le mur sud de l'église se trouve un magnifique crucifix d'origine italienne de la fin du en bois polychrome à la sculpture d'un très grand réalisme. S'y trouvent également deux retables baroques du .

Bâtiments conventuels des moniales Chauffoir Le chauffoir est attenant au cellier, par une porte au centre du mur sud, une ouverture à l'ouest donnant sur le cloître.

Salle capitulaire La salle du Chapitre du apparait remarquable avec une voûte à arêtes ogivales à croisillons lourds. L'ensemble est supporté par deux piliers trapus, avec des chapiteaux ornés de dessins géométriques, de style roman.

A l'est s trouvent trois ouvertures étroites et cintrées, à l'ouest en direction du cloître, une porte et deux arcades.

Les moniales s'y réunissaient tous les jours pour lire un chapitre de la règle de saint Benoît et régler les problèmes de la communauté. Cloître des moniales Il est fermé au nord par l'église Sainte-Marie et à l'est par la salle capitulaire ; au sud par la cuisine et le réfectoire. Trois galeries donnant sur la cour subsistent.

La galerie nord est la mieux conservée. Elle dessert l'accès aux autres parties des bâtiments. Sur cette galerie se trouvent l'accès à l'église Sainte-Marie.

Le galerie ouest a été intégralement restituée en .

Le long de la galerie nord, côté jardin, six baies à colonnettes géminées. La voûte en plein cintre est renforcée par des arcs doubleaux. Les colonnes qui supportent au sud les arcs à doubleaux sont dites « à genoux ».

Bâtiments conventuels des moines Ancienne église Sainte-Perpétue Au , c'est une habitation privée. Sur le mur, une plaque rappelle aux visiteurs qu'ici vécut Marcel Cervin, prieur du monastère, élu pape en 1555 sous le nom de Marcel II (1501-1555), celui-ci mourut vingt jours après son élection.

Cloître des moines

Le jardin S'étendant sur trois hectares, il est entièrement restauré au à la demande du département du Var par un paysagiste choisi par l'architecte en chef des monuments historiques, Francesco Flavigny. Il s'inspire de l'esprit provençal. Les arbres bicentenaires ont été conservés dans le parc.

Religieuses connues Femme et fille de Pons de Léras (1135), qui les place au prieuré de Sainte Perpétue près Brignoles, Var, dépendant de l'abbaye Saint-Victor de Marseille, comme Saint-Sauveur où il avait placé son filsP. A. Verlaquet, Cartulaire de l'Abbaye de Silvanès, Rodez, 1910, n°:470; Chronique, Hugues Francigena (1161-1171) . 1385- 1410 ca- Sance et Philippines de RoquefeuilGénéalogie de la Maison de Fos et des vicomtes de Marseille.. 1420 - Perpétue de Simiane et sa sœur, Marie de Simiane, toutes deux citées à cette dateAnselme de Sainte-Marie & Ange de Sainte-Rosalie, Histoire généalogique et chronologique de la Maison Royale de France et des Pairs et Grands Officiers de la Couronne, éd, Cie des Libraires Réunis, Paris, 1766, t.II. p. 244.. 1538 - Mademoiselle de Vintimille d'Ollioules. 1538 - Mademoiselle de Castellane de Dalmisue. 1658 - Marie de Croze. S - D - Alasacie de Montpellier. S - D - Sancie de Signes. S - D - Cécile d'Évenos. S - D - Béatrice de Villeneuve. S - D - Louise de Castellane.

Prieurs (liste non exhaustive) 1310 - Isnard de Pontevès, qui devint ensuite abbé du monastère bénédictin du Mont-Cassin, puis de l'abbaye de Montmajour. 1344 - Barrale de Pontevès. 1388 - Alayette de Pontevès. 1392 - Alaxasie de Pontevès. 1424 - Baude de Pontevès.