thumb|250px|Le canal d'Orléans dans les environs de Chevillon-sur-Huillard Le projet de restauration du canal d’Orléans décidé en 2005 par le Conseil général du département français du Loiret vise deux objectifs : offrir la possibilité de randonnées douces sur les chemins de halage du canal et ouvrir le canal à la navigation de plaisance.

Ce projet est connexe au projet « Loire trame verte » de la communauté d'agglomération Orléans Val de Loire qui prévoit entre autres d’ouvrir une voie verte et de remettre en activité le port d'Orléans..

Le coût global des travaux départementaux a été évalué dans le cadre de l'étude stratégique de 2004 entre environ 75 et 80 millions d’euros hors taxes (HT) valeur 2004 suivant le système d’écluses choisi (hors honoraires d’études et de maîtrise d’œuvre), se répartissant en pour les travaux en eau, pour les travaux de la voie verte et de travaux concernant une guinguette. Les travaux sur la voie d'eau comprennent : la réfection des berges, le curage des biefs, la restauration des écluses, le renforcement de l’alimentation en eau du canal, l'intervention sur des ouvrages hydrauliques et la construction de haltes fluviales.

Contexte En 2005, le département du Loiret a décidé de s’appuyer sur le réseau de voies d’eau pour lancer le développement d’activités touristiques, affirmer son identité et structurer l’aménagement et le développement du territoire.

Le projet s’inscrit dans un ensemble de projets liés au triangle d’eau constitué par le canal d'Orléans, la Loire et à l’est, les canaux de Briare et du Loing. Ces projets sont, pour le canal d'Orléans, la remise en navigation, l'aménagement d’un itinéraire cyclable dans le cadre de l'Eurovéloroute sur la partie de cet itinéraire reliant l'Île-de-France à la Loire par les vallées de la Seine et du Loing, le soutien à des animations ; pour la Loire, la mise en place de la véloroute « La Loire à vélo », le soutien à la marine de Loire et à « La Caravane de Loire », un spectacle itinérant bisannuel, qui se tient en alternance avec le festival de Loire organisé par la ville d’Orléans tous les deux ans ; pour les autres canaux, le financement des travaux de restauration, l'aménagement d’itinéraires cyclables et du port de Briare.

Parallèlement la communauté d'agglomération Orléans Val de Loire poursuit son projet « Loire trame verte » engagé en 2002 lors de l’approbation du projet d’agglomération qui prévoit entre autres d’ouvrir une voie verte et de remettre en activité le port d’Orléans.

Le projet de restauration Le projet de restauration du canal décidé en 2005 comprend deux objectifs : offrir la possibilité de randonnées douces sur les chemins de halage du canal et ouvrir le canal à la navigation de plaisance3.

Randonnées douces L’étude stratégique propose de créer une voie verte ouverte à toutes les circulations non motorisées sur certains tronçons du canal. Les publics qui pourraient l’emprunter seraient les piétons en promenade et en randonnée, les cyclistes en promenade et en itinérance, les patins à roulettes (essentiellement en zone périurbaine) ou les usagers en fauteuils roulants.

Le projet initial prévoit l’aménagement dans un premier temps des deux sections suivantes : de Combleux à Fay-aux-Loges sur le versant Loire d’une part, dans le prolongement du projet « Loire trame verte », et de Châlette-sur-Loing au site de Grignon à Vieilles-Maisons-sur-Joudry d’autre part, en connexion avec la voie verte de l’est du Loiret projetée par le groupement constitué par l’agglomération montargoise et rives du Loing, le PETR Gâtinais montargois et le syndicat mixte du pays du Giennois.

Par ailleurs le fait de disposer de deux chemins séparés (halage et contre halage) permettrait de séparer certains types d’usagers des autres. Pêcheurs, cavaliers et randonneurs souhaitant rester à l’écart de la circulation des cyclistes et patins à roulettes pourraient ainsi être orientés sur le côté opposé à la voie verte.

Navigation fluviale

L’objectif en matière de navigation de plaisance est d’ouvrir le canal aux bateaux de plaisance (navigateurs propriétaires et loueurs) et d’étendre le circuit des bateaux-promenades.

Les bateaux-promenades Le bateau-promenade « L’Oussance » a navigué, des années 1990 aux années 2010, entre Combleux et Fay-aux-Loges sur des circuits aller-retour Fay-aux-Loges - Mardié et Mardié - Combleux.9La péniche l'Oussance vole à basse altitude dans le ciel du village de Mardié, La République du Centre, 4 février 2020. En 2020, « L’Oussance » est revendu pour être exploité dans le département de la CharenteLa péniche y mouillait depuis 1991 : pourquoi ne reverra-t-on plus jamais l'Oussance sur le canal d'Orléans, La République du Centre, 20 avril 2022.

À court terme (2012), le bateau-promenade le « Ville de Châlette ». et d’éventuels privés pourraient remonter le canal d'Orléans, après restauration du bief de Buges à Châlette-sur-Loing.

Les bateaux de plaisance Les propriétaires de bateaux pourront emprunter le canal et profiter des infrastructures portuaires existantes à Montargis et à Orléans. Des loueurs de bateaux pourront également s’installer sur les canaux du Loing et de Briare, qui disposeraient ainsi d’un réseau de navigation plus vaste, ou dans le port d'Orléans11.

Pour cette ouverture à la navigation, il sera souhaitable d’offrir aux navigateurs des haltes fluviales toutes les trois à quatre heures de navigation (avec eau, électricité et carburant), des commerces aux abords des haltes, des visites à effectuer à partir des haltes, d’une présence humaine destinée à encadrer la manipulation des écluses, sécuriser les usagers et informer sur les possibilités de visite. Exigences techniques Les exigences liées à la remise en navigation du canal imposent le gabarit suivant sur le canal : une hauteur d’eau minimale de , correspondant à un tirant d’eau de et de pied de pilote et une largeur de canal en plafond de 8 mètres au minimum7.

Accompagnement touristique L’ouverture à la navigation et aux randonnées nécessitera la mise en place d’équipements ou d’activités touristiques pour rendre le circuit attractif. En sus des panneaux d’information touristique et des plaques d’écluses en place, l’étude stratégique réalisée en 2004 prévoit d’implanter des panneaux spécifiques à la voie verte et aux nouveaux équipements5-6. Elle propose également de transformer l’usine élévatoire (dite usine électrique) à Fay-aux-Loges en équipement d’accueil, de loisirs, de restauration, de médiation culturelle et d’animation. Un espace muséographique pourrait en particulier y être installé. Les sites de Grignon et de l’étang de la Vallée pourraient aussi voir leurs activités se diversifier6-8.

Le programme de travaux Le coût global des travaux de ce projet a été évalué dans le cadre de l'étude stratégique de 2004 entre environ 75 et 80 millions d’euros hors taxes (HT) valeur 2004 suivant le système d’écluse choisi (hors honoraires d’études et de maîtrise d’œuvre), se répartissant en pour les travaux en eau (avec écluses manuelles, ou avec des écluses automatiques)63, pour les travaux de la voie verte et de travaux concernant la guinguette. Les travaux sur la voie d'eau comprennent : la réfection des berges, le curage des biefs, la restauration des écluses et le renforcement de l’alimentation en eau du canal, l'intervention sur des ouvrages hydrauliques et la construction de haltes fluviales.

Réfection des berges Les berges du canal ont une hauteur généralement comprise entre 0,5 et . Elles sont caractérisées par une forte pente, notamment au droit du niveau de batillage et sont affectées de nombreux désordres de type érosion ou affouillement. Elles sont en outre généralement colonisées par une végétation de type herbes rases ou par des massifs. Les arbres et arbustes ne s’y développent pasAnnexe 5 5.

Des protections de berges existent avant réhabilitation, mais sont peu nombreuses. Elles concernent environ 10 % du linéaire du canalAnnexe 5 6. Certaines berges, surtout à l’abord d’écluses, sont protégées par une protection en béton ou en pierre qui recouvre le talus sur toute sa hauteur, recouverte ou non de végétation. Ce type de protection est peu fréquent. D’autres berges ont par ailleurs des protections en pied, appelées tunages. Il s’agit d’éléments verticaux (palplanches, pieux en bois ou en acier ou palplanches associés à des planches de bois) fichés dans le terrain qui retiennent des éléments placés horizontalement au niveau du batillage pour limiter l’érosion associée52.

La remise en navigation risque d’entraîner une dégradation des berges avec le batillage des bateaux qui pourrait les dégrader et par voie de conséquence dégrader aussi la voie verte ou les chemins de randonnées. Lors du passage d'un bateau, deux effets se succèdent et constituent le batillage : un abaissement rapide du plan d’eau (effet de la proue) qui vient entraîner les matériaux en contact avec l’eau et situés en haut de berge vers le bas, puis une vague générée par l’embarcation qui vient se réfléchir sur le haut de berge. Les contraintes appliquées dépendent du type d’embarcation et de sa vitesse50.

Ceci serait susceptible d’entraîner des risques pour les promeneurs, des difficultés d’accostage pour les bateaux, des contraintes pour l’entretien et pourrait engendrer des fuites préjudiciables à l’alimentation en eau du canal. Ce ne sont pas moins de de bief qui sont concernés, soit de berges, dont seraient à reprendre, d’après l’étude stratégique41. Différents scénarios d’aménagement ont été étudiés dans l’étude hydraulique de 2008 selon le pourcentage de berges que l’on souhaite rendre accostables et selon la règlementation qui pourrait être retenue pour la vitesse des bateaux (vitesse limitée entre 4 et ou non)54-58.

Le coût des travaux de réfection de berges était estimé dans l'étude stratégique initiale à HT en valeur 200462, soit 58 % du coût des travaux sur la voie d'eau.

Curage des biefs Le curage des biefs, particulièrement envasés, est nécessaire avant la remise en navigation de manière à garantir le rectangle de navigation nécessaire (tirant d’air et tirant d’eau), tout en évitant de trop curer ce qui pourrait avoir pour effet d’engendrer des fuites42.

Le taux d’envasement du canal a été reconnu par sondeur bathymétrique dans le cadre de l’étude hydraulique de 2008. La technique à mettre en œuvre pour le curage dépend de la quantité, de la qualité des boues et de la nature des matériaux78. Il pourra s'agir d'un curage mécanique consistant à extraire les matériaux à l'aide d'engins à godets qui opèrent soit depuis les berges (pelles mécaniques hydrauliques), soit depuis la surface (pelle sur pontons, dragues à bennes preneuse…), soit encore directement depuis le fond du canal15. Le curage hydraulique utilisant des pompes centrifuges aspirant le mélange eau-sédiment pourra aussi être employé16.

Le volume total des boues à curer était estimé à dans l'étude stratégique de 200479, pour un coût des travaux de HT, soit 30 % du coût global des travaux sur la voie d'eau. L’hypothèse sur le volume à curer (2/3 du linéaire sur un mètre de profondeur, excepté pour les biefs de Combleux à Fay-aux-Loges) restait toutefois à préciser87.

Les études bathymétriques fines faites dans le cadre de l'étude hydraulique de 2008, conjuguées avec une limitation de la profondeur draguée dans le bief de partage, conduiraient à des volumes plus faibles. Le volume total serait désormais de se répartissant en à court terme (Loire : , Seine : ) et à moyen terme (Loire : , Bief de partage : , Seine : )18. Le coût devrait en être réduit consécutivement.

Restauration des écluses