thumb|400px|Lois concernant la tauromachie (y compris la corrida) dans le monde. La corrida en Amérique latine s'est implantée dans les pays où l'empreinte espagnole a été la plus ancienne et la plus forte. Au Mexique, où elle a été interdite une seule fois à partir de 1867 jusqu'aux années 1880, se trouvent les plus grandes arènes du monde à Mexico avec , elle a continué à se développer au Venezuela malgré l'interdiction de 1894. Elle est aussi restée très populaire au Pérou avec la feria de Lima et les Arènes d'Acho, en Colombie avec les ferias de Manizales, Cali, Carthagène des Indes et Bogota, en Équateur avec les ferias de Quito et Riobamba.

Les frontières des états d'Amérique latine n'ayant pas cessé de varier depuis le , tout comme les lois autorisant pas ou interdisant la corrida, la disparition ou le maintien de la tauromachie sur ce continent dépendent, selon Jean-Baptiste Maudet : Par impérialisme ibérique, il faut entendre les pays colonisés par le Portugal et l'Espagne. En particulier pour le Portugal, il faut citer le Brésil, qui n'a interdit que très tardivement les courses de taureaux (le ), où elles ont continué à avoir lieu jusqu'en 1960 malgré l'interdiction.

La plupart des pays où la corrida est pratiquée possèdent des écoles taurines pour la formation complète de jeunes toreros. Il en existe même aux États-Unis, dans les états limitrophes du Mexique, notamment en Californie où la plus célèbre est la California Academy of Tauromaquia de San Diegoécole taurine en Californie.

Au Mexique thumb|Arènes de Mexico, les plus grandes du monde. thumb|left|Entrée des arènes de Mexico. thumb|Naturelle de Jose Pedro Rodriguez Zavala dans les arènes de Mexico. Implantée par les conquistadors le , la corrida a connu le succès dès la première forme de fiesta brava, organisée avec du bétail importé d'Espagne. Les spectacles taurins, très populaires, y ont été renouvelés dès l'année suivante, dans le quartier de l'actuelle cathédrale de Mexico. Puis l'engouement a grandi, obligeant les autorités à construire d'autres plazas : plaza du Volador, de Volados, de Los Pelos, aux formes variables. À partir du , les architectes Iniesta Bejarano et Francisco Antonio de Guerrero y Torres ont adopté des formes quadrangulaires, puis octogonales répandues dans d'autres villes (Aguascalientes, Pátzcuaro, Veracruz), jusqu'à ce que l'évolution de la corrida (nécessité d'un callejón et de burladeros) rende plus logique la forme circulaire vers la fin du -début du .

La caractéristique de ces arènes est leur capacité à accueillir un très grand nombre de spectateurs : de en 1907, la Plaza Monumental de Mexico pouvait recevoir en 1994, en 2003. En 2010, elle a toujours la même capacitéMonumental de Mexico. Dans les plus grandes villes comme Aguascalientes ou Guadalajara, les plazas ont une capacité d'environ tout comme celles de Tijuanaarène de Tijuana capacité, qui a pour vocation d'attirer les touristes des États-Unis.

Comme dans toute l'Amérique latine, les taureaux du Mexique sont plus petits et plus mobiles que leurs cousins espagnols et permettent aux matadors un plus grand nombre de passes. Toute alternative prise en Europe doit être confirmée dans les arènes de Mexico.

Le Mexique a aussi attiré un certain nombre de toreros yankees, tel le texan Harper B. Lee au début du , cité dans toutes les encyclopédies de « Bullfighting in USA ». Il avait reçu l'alternative à Monterrey, mais il déplorait de n'être pas reconnu au Mexique même où pourtant il avait fait des émules en la personne de John Fulton. Il y a encore David Renk qui enseigne maintenant la tauromachie à la Santa Maria Bullfighting School de La Gloria, au Texas Site de la Santa Maria Bullfighting School, Raquel Martinez, une californienne qui a reçu l'alternative à Tijuana en 1981 les californiens Denis Borba (1986) et Robert Ryan, ainsi que des clubs taurins disséminés de Los Angeles à New York, et qui se retrouvent dans la « National Association of Taurine Clubs of America »site : Taurine clubs in America fondé en 1963 et dont l'activité principale consiste en des réunions devant des vidéos de corrida, des conférences, des bourses au livre. Leur bibliothèque, la Taurine Bibliophile of America, compte en langue anglaise. Le torero « yankee » Sidney Franklin est sans doute celui qui a laissé le plus de trace dans l'histoire de la tauromachie américaine.

Des écrivains ont utilisé la corrida comme scène de fond pour dénoncer les conditions du sous prolétariat au Mexique. Carlos Fuentes dans son roman La Plus Limpide Région (1958) met en scène les pelados (les pauvres) qui sèment la pagaille dans leur coin d'arène à Mexico et plus tard l'anthropologue Oscar Lewis dans son étude Los hijos de Sánchez (1961), à la fois témoignage et roman, revient sur le sujet. Les deux ont soulevé l'indignation des autorités. Le livre d'Oscar Lewis a même été interdit.

Les toreros mexicains les plus célèbres des deux côtés de l'Atlantique sont Carlos Arruza, Armillita Chico, Pepe Ortiz à qui on attribue l'invention de la passe de muleta appelée « manoletina », Alberto Balderas, Carnicerito de Méjico, Eloy Cavazos, Luis Freg et Rodolfo Gaona, inventeur de la « gaonera ».

Au Venezuela thumb|left|Arènes monumentales de Pueblo Nuevo Venezuela en 2007. thumb|Vue extérieure des arènes de Pueblo Nuevo en 2007. Beaucoup moins bien accueillie au Venezuela, la corrida des conquistadors importée pour la première fois le , a mis du temps à s'implanter. On perçoit le début d'un engouement pour les fêtes de taureaux à Caracas vers 1796, date de la construction des premières arènes, puis dans d'autres villes jusqu'en 1894, date à laquelle l'interdiction de mise à mort des taureaux, et de piques, sous l'impulsion d'association protectrices d'animaux donne un coup d'arrêt à la passion taurine. Ce qui n'a pas empêché la poursuite de corridas dès 1918 et la construction à Valencia d'une Plaza Arenas de , à San Cristóbal une monumentale de taille égale à la précédente inaugurée en 1967, à Maracaibo une arène de en 1972 enfin à Barquisimeto l'arène qui datait de 1946 fut remplacée par une nouvelle structure. L'Arène de San Cristóbal, restructurée en 1995 pour un public de 15 à continue d'accueillir des corridas très régulièrement comme le montrent les cartels de Cartels en Amérique du Sud, en alternance avec des manifestations sportives.

La corrida continue à être pratiquée au Venezuela malgré les interdictions, mais son développement est freiné par le manque de bétail adéquat. Les vaches d'origine, importées au par les conquistadors, ont transité par l'île de Hispañola(divisée ensuite en deux pays : Haïti et la République dominicaine), puis par l'île Margarita, ce qui a produit du bétail créole incapable de donner naissance à une véritable caste. D'autre part, certains éleveurs touchés par la révolution bolivarienne et par la réforme agraire de Hugo Chávez ont réduit leur activité.

Une des ferias les plus importantes se déroule à Mérida : la Feria del sol thumb|center|Arènes de Mérida.

Cuba

L'implantation de la corrida dans la plus grande partie des Antilles a suivi à peu près la même ligne historique que dans les autres pays d'Amériques latine. Implantée entre 1512 et 1515 (date de la première corrida), elle n'a connu qu'un succès relatif, avec un apogée vers la fin du due à l'arrivée de figuras espagnoles comme Luis Mazzantini le ou Guerrita l'année suivante. Les corridas furent très suivies de 1890 à 1894 dans les plazas de La Havane, Santiago de Cuba ou Cárdenas. Mais les spectacles taurins disparurent à mesure que les patriotes cubains prenaient le maquis (). Puis, avec la guerre des États-Unis contre l'Espagne qui se termina par la victoire des premiers, les corridas furent interdites le , par le général John R. Brooke qui prit le commandement de l'île. Interdiction confirmée par le général Leonard Wood, son successeur, le .

Pérou thumb|Plaza de Acho, à Lima, Pérou.

thumb|Entrée des arènes d'Acho.

On connaît mal l'histoire de l'implantation de la tauromachie au Pérou. Il paraît vraisemblable qu'elle a suivi à peu près la même « ligne » que son implantation dans les autres pays d'Amérique latine d'influence espagnole.

Selon Gilbert Lacroix, les premiers spectacles taurins auraient eu lieu dans ce pays en 1538Gilbert Lacroix, Le Monde taurin à l'heure de la guerre civile espagnole, Union des bibliophiles, Nîmes, 1988, .. Un musée taurin a d'ailleurs été construit dans les arènes d'Acho en 1962 pour célébrer les 200 ans de la construction de la plaza édifiée en 1762.

En 1993, Bartolomé Bennassar notait : . Le nombre de nouvelles arènes construites dans des villes de faible importance dans la Région de Huánuco (Andes centrales), énumérées ci-dessous, en sont encore la preuve :

Arènes de Baños Huánuco, département de Huánuco inaugurée le arène à Baños . Arène de Rondas, inaugurée le avec une capacité de Portail taurin de la ville de Trujillo (Pérou). Une autre arène est en construction à Pachas département de Huánuco, avec une capacité de arène à Pachas.

Enfin la feria la plus importante dans la région de Huánuco est celle qui se déroule le à l'occasion de la Fiesta Patria (fête de l'Indépendance du Pérou) dans la ville de Huánuco Fiesta Patria à Huánuco

Au Pérou, la tauromachie a inspiré un artisanat très actif sur le thème de la représentation du taureau.

Le taureau a également inspiré des peintres de ce pays, même ceux qui en sont partis comme Albert Lynch, né à Lima en 1851, établi à Paris où il a exposé au salon de 1890, qui a peint plusieurs scènes de genre sur le thème de la corrida, avec ; ou encore Daniel Hernández (1856-1932), qui est retourné dans son pays après avoir visité la France et surtout l'Espagne.

Les toreros péruviens les plus connus sont « El Sargento » et la rejoneadora Conchita Cintrón. La feria principale se déroule à Lima fin octobre, ou en novembreLima Acho 2012.

D'autre part, des mesures de protection de la corrida ont été prises le par le tribunal constitutionnel du Pérou :

thumb|center|upright=1.4|Paseo dans les Arènes de Acho Pérou.

Colombie

thumb|left|Arènes de Santamaría, à Bogota, Colombie. thumb|upright|César Rincón sortie a hombros. thumb|left|Le matador bolivien Luis Bolívar. thumb|left| Fête des fleurs à Medellín. thumb|Arène de Bogota la nuit. La Colombie était un pays de corridas, mais aussi de Corralejas, fêtes populaires au cours desquelles on toréait dans la même arène plusieurs novillos à la fois. C'était une adaptation des très sérieuses corridas espagnoles, dans un pays qui multipliait les fêtes, et les carnavals : carnaval de Carthagène des Indes pour la chandeleur, carnaval des fleurs à Medellín.

Puis, après de nombreuses années de débats, toutes les formes de corrida sont finalement abolies le par la chambre des représentants colombienne. Promulguée le suivant, la loi doit s'appliquer à partir de 2027, avec durant la période transitoire la garantie d'emplois alternatifs pour les personnes qui dépendent directement ou indirectement de la tauromachie.

Les correlajas

Les correlajas sont plus rurales et plus festives que les corridas, mais elles sont aussi plus dangereuses car elles ramènent aux Jeux taurins des villageois en Europe (« capeas »). Il n'est pas rare de voir des gens piétinés, encornés, voire tués. Les banderilleros risquent beaucoup pour planter leurs banderilles, opérant souvent en couple, homme et femme, allant parfois dans les gradins, quémander un billet pour leurs exploits auprès du tout puissant éleveur.

La fête peut durer trois ou quatre jours avec une quarantaine de taureaux lâchés dans l'après-midi. Les picadors font aussi partie du spectacle. Ils harcèlent l'animal avec leurs piques au sortir du toril. Les corralajas semblent s'être développées aux alentours de 1850, selon les récits de Luis Striffler qui parcourut la région en tant que membre d'une commission scientifique.

Corridas