L' fut l'un des deux principaux partis politiques à la Diète du Japon entre 1900 et 1940. Elle se partage le pouvoir jusqu'en 1932 avec successivement le Rikken Dōshikai, le Kenseikai puis le Rikken Minseitō, lors de la première réelle expérience de gouvernement parlementaire au Japon. Après l'incident du 15 mai 1932, la prise en main progressive de l'État japonais par les militaires et la division de plus en plus forte du parti en factions limite nettement son influence. Il se dissout définitivement en , pour rejoindre en octobre suivant l', nouveau parti unique créé par le prince Fumimaro Konoe afin de soutenir la politique expansionniste, nationaliste et totalitaire Shōwa.

Histoire

Création Le Rikken Seiyūkai est formé le David S. Spencer, "Some Thoughts on the Political Development of the Japanese People", The Journal of International Relations (January 1920) p325 par le prince Hirobumi Itō, l'un des du Japon contemporain et premier à avoir porté le titre de Premier ministre de 1885 à 1889 (fonction qu'il a exercée à trois nouvelles reprises par la suite : de 1892 à 1896, en 1898 et de 1900 à 1901). Il est issu de la fusion de la plupart des membres du , mouvement conservateur libéral favorable à la mise en place d'un régime parlementaire modéré, de hauts-fonctionnaires et d'aristocrates pour la plupart issus de la . Ce nouveau parti défend ainsi l'idée d'une continuité entre le hambatsu (à savoir le partage des responsabilités militaires et civiles par les héritiers des deux anciens grands domaines féodaux rivaux de Chōshū et de Satsuma, type de gouvernement incarné notamment par Hirobumi Itō) qui a prévalu durant l'essentiel de l'ère Meiji et le gouvernement parlementaire.

Le parti dominant (1900-1924) Le Rikken Seiyūkai domine le gouvernement du Japon durant 13 ans lors de la période allant jusqu'en 1923, à travers quatre Premiers ministres : - : Prince Hirobumi Itō - puis - : Marquis Kinmochi Saionji - : Takashi Hara, - : Korekiyo Takahashi

S'il ne dispose pas du poste de Premier ministre, le Rikken Seiyūkai est l'un des principaux soutiens des gouvernements de l'amiral et comte Gonnohyōe Yamamoto du au et du au , du maréchal et comte Masatake Terauchi du au et de l'amiral Katō Tomosaburō du au . Le , Takashi Hara forme le premier gouvernement entièrement constitué par un seul parti.

Il est dans l'opposition durant cette période uniquement lors des administrations du vicomte (puis marquis et enfin prince) et général Tarō Katsura (fondateur du Rikken Dōshikai pour le soutenir en 1913) de 1901 à 1906, de 1908 à 1911 et de 1912 à 1913, et de Shigenobu Ōkuma (soutenu par le Rikken Dōshikai) de 1914 à 1916.

De 1900 à 1923, la représentation du Rikken Seiyūkai à la Chambre des représentants évolue ainsi aux différentes élections législatives : 1902 : 191 sièges sur 376 (50,8 %) 1903 : 175 sur 376 (46,54 %, ) 1904 : 133 sur 379 (35,09 %, ) 1908 : 187 sur 379 (49,34 %, ) 1912 : 209 sur 381 (54,86 %) 1915 : 108 sur 381 (28,35 %, ) 1917 : 165 sur 381 (43,31 %, ) 1920 : 278 sur 464 (59,91 %)

Un des acteurs du premier bipartisme japonais (1924-1932) Après l'assassinat de Takashi Hara le , deux tendances commencent à s'opposer au sein du Rikken Seiyūkai. D'une part, les réformistes sociaux et institutionnels, qui veulent aller plus loin dans le sens d'une démocratie populaire, se regroupent autour du ministre de l'Intérieur Takejirō Tokonami, tandis que les plus conservateurs s'assemblent autour du vicomte et nouveau Premier ministre Korekiyo Takahashi. Cela aboutit à une scission le : partisans de Takejirō Tokonami quittent le parti et créent le .

Conséquence de cette division, le Rikken Seiyūkai perd la majorité aux élections législatives du , en n'obtenant que . De plus, il n'est alors plus que la troisième force politique de la Chambre des représentants derrière le Kenseikai de Takaaki Katō (partisan du suffrage universel direct masculin et principal opposant du Rikken Seiyūkai depuis sa création en 1916) qui a gagné et le Seiyū Hontō de Takejirō Tokonami qui a fait élire . Toutefois, une coalition tripartite, appelée du , est formée entre le Kenseikai, le Rikken Seiyūkai et le de Tsuyoshi Inukai. Cela aboutit au gouvernement de Takaaki Katō du au . Le , le Rikken Seiyūkai absorbe le Kakushin Kurabu et redevient la deuxième force de la Chambre des représentants. Après la mort de Takaaki Katō et la formation d'un nouveau gouvernement cette fois entièrement composé du Kenseikai (avec le soutien à la Diète du Seiyū Hontō, les deux partis finissant par fusionner le pour former le Rikken Minseitō), le Rikken Seiyūkai, désormais présidé par Giichi Tanaka, retourne dans l'opposition.

La crise financière Shōwa provoque la chute du Cabinet du Kenseikai le , et le Rikken Seiyūkai retrouve le pouvoir. Giichi Tanaka est le nouveau Premier ministre. Aux élections législatives du , le Minseitō et le Rikken Seiyūkai font pratiquement jeu égal avec respectivement 218 et . Le gouvernement Tanaka reste toutefois minoritaire à la Chambre des représentants et, ayant perdu le soutien de la Chambre des pairs et même de l'empereur Hirohito, il doit démissionner le . Le pouvoir revient au Rikken Minseitō et Giichi Tanaka est remplacé à la tête du Rikken Seiyūkai par Tsuyoshi Inukai. À la même époque, Takejirō Tokonami, qui a quitté le Minseitō en pour s'opposer à sa position jugée trop conciliatrice à l'égard de la Chine et plus généralement en politique étrangère, retourne au Rikken Seiyūkai. Aux élections législatives du , le Rikken Seiyūkai est une nouvelle fois battu avec contre 273 (et la majorité absolue) au Minseitō.

Le , face aux attaques répétées du Rikken Seiyūkai, de l'armée et de la Chambre des pairs, le Cabinet Minseitō de Reijirō Wakatsuki chute et l'empereur nomme pour le remplacer Tsuyoshi Inukai. Celui-ci, afin d'obtenir une majorité, décide de faire dissoudre la Chambre des représentants le . Et, aux législatives anticipées du , le Rikken Seiyūkai obtient une très nette majorité avec .

Face à la montée en puissance des militaires (1932-1939) Lors de l'incident du 15 mai 1932, Tsuyoshi Inukai est assassiné par des soldats radicaux qui tentent alors un coup d'État. Celui-ci échoue, mais marque le point de départ d'une influence grandissante des militaires sur le gouvernement du Japon. Pendant l'essentiel des , le Rikken Seiyūkai et le Minseitō soutiennent tous deux des gouvernements d'unité nationale tendant à limiter ce militarisme grandissant tout en ne réussissant pas à empêcher (voire en facilitant parfois) les actions impérialistes grandissantes menées par l'armée, dirigés par des militaires modérés, des aristocrates ou des hauts-fonctionnaires sans étiquette. Le seul de ces Cabinets auxquels le Rikken Seiyūkai ne participe pas est celui de Keisuke Okada du au : en effet, le nouveau Premier ministre a nommé ministre Takejirō Tokonami, opposant interne au président du parti, Suzuki Kisaburō. Ce dernier décide ainsi d'exclure Takejirō Tokonami, les autres ministres Seiyūkai du gouvernement Okada ainsi que leurs partisans (ces derniers fondent le « Comité Shōwa » ou Shōwakai).

Aux élections législatives du , le Rikken Seiyūkai redevient le deuxième parti de la chambre avec tandis que le Minseitō en obtient 205 et le . Face à cet échec, la position de Kisaburō Suzuki se retrouve très affaiblie et il doit démissionner de la présidence du parti en . Se met alors en place une présidence collégiale de quatre membres : l'ancien ministre de l'Éducation Ichirō Hatoyama, le ministre des Chemins de fer Yonezō Maeda, celui de l'Agriculture Toshio Shimada et Chikuhei Nakajima. Aux élections suivantes du , le Rikken Seiyūkai se maintient à , mais réduit son écart avec le Minseitō puisque celui-ci redescend à .

Vers la disparition (1939-1940) En , le parti se scinde en deux factions qui se réclament tous deux du nom de Rikken Seiyūkai : l', pro-militaire, de Chikuhei Nakajima, et la , plus libérale et anti-militaire, de Fusanosuke Kuhara. Toutes deux se dissolvent en , respectivement le 30 et le 16. Leurs membres rejoignent à sa création le l' et soutiennent désormais totalement la politique expansionniste, nationaliste et totalitaire du Japon durant la Seconde Guerre mondiale. Il est nettement anti-communiste.

Le Parti libéral du Japon fondé après la guerre en 1945 par Ichirō Hatoyama est son héritier.

Liste des dirigeants thumb|Siège du défunt Rikken Seiyūkai, vers 1930. Présidents (1900-1937) 1900 - 1903 : Prince Hirobumi Itō (Premier ministre de 1900 à 1901) 1903 - 1913 : Marquis Kinmochi Saionji (Premier ministre de 1906 à 1908 et de 1911 à 1912) 1914 - 1921 : Takashi Hara (premier roturier à être Premier ministre de 1918 à 1921) 1921 - 1925 : Vicomte Korekiyo Takahashi (Premier ministre de 1921 à 1922) 1925 - 1929 : Baron et général Giichi Tanaka (Premier ministre de 1927 à 1929) 1929 - 1932 : Tsuyoshi Inukai (Premier ministre de 1931 à 1932) 1932 - 1937 : Kisaburō Suzuki

Commission intérimaire de présidence (1937-1939) Ichirō Hatoyama Yonezō Maeda Toshio Shimada Chikuhei Nakajima

Dirigeant de l'Alliance réformiste (1939-1940) Chikuhei Nakajima

Dirigeants de la Faction orthodoxe (1939-1940) – : Commission intérimaire de présidence : Fusanosuke Kuhara Chūzō Mitsuchi Kenkichi Yoshizawa - : président Fusanosuke Kuhara

Idéologie

Le Rikken Seiyūkai a pour base électorale essentiellement les grands entrepreneurs des Zaibatsu (à l'exception notable de Mitsubishi qui a toujours soutenu l'autre principal parti constitutionnaliste), les hauts-fonctionnaires et les grands propriétaires terriens. Elle se réclame du libéralisme politique anglo-saxon dans le sens où elle défend la mise en place d'un parlementarisme et d'une démocratie populaire. Mais elle est surtout conservatrice sur le plan social, protectionniste sur le plan économique et défend une politique étrangère nationaliste, expansionniste en Asie et agressive à l'égard de la Chine. Elle est en cela nettement moins méfiante à l'égard des militaires que ne l'est pendant longtemps le Minseitō, tout en tentant d'empêcher les éléments les plus radicaux de l'armée de prendre le contrôle du gouvernement.

Bibliographie S. IWAO, Dictionnaire historique du Japon, Volume 2 : L-Z, éd. Maisonneuve & Larose, 2002, .

Références

Annexes

Bibliographie

Articles connexes Hirobumi Itō Ère Meiji Ère Taishō Taisei Yokusankai Constitution du Japon

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