Alejandro Martín Bahamontes, dit Federico Martín Bahamontes ou Federico BahamontesComme tout le monde en Espagne, Federico Bahamontes a deux noms de famille : celui de son père (Martín) suivi de celui de sa mère (Bahamontes). Cependant, dans la vie courante et dans les médias, il est courant de ne citer que le premier nom (soit celui du père) ou, si celui-ci est très courant et que le second ne l’est pas (comme c’est le cas ici) de ne donner que le deuxième nom (celui de la mère) ; ainsi, il est désigné régulièrement par son seul second nom, Bahamontes. Pour autant, si on emploie le prénom, les sources espagnoles privilégient son prénom suivi de ses deux noms de famille soit « Federico Martín Bahamontes » et non simplement « Federico Bahamontes » tel que souvent relayé dans les pays non hispanophones, notamment les médias en français., né le à Val de Santo Domingo, dans la province de Tolède en Espagne, et mort le à Valladolid, est un coureur cycliste espagnol.
Surnommé « l'Aigle de Tolède », il est considéré comme l'un des meilleurs grimpeurs de l'histoire du cyclisme. Professionnel de 1954 à 1965, il a notamment remporté le Tour de France 1959 et le Grand Prix de la montagne de cette épreuve à six reprises, ce qui en fait le deuxième coureur (à égalité avec Lucien Van Impe) en nombre de victoires sur ce classement après Richard Virenque.
Federico Bahamontes est également monté à deux autres reprises sur le podium du Tour de France ( en 1963 et en 1964) et une fois sur le podium du Tour d'Espagne ( en 1957). Il compte onze victoires d'étapes sur les grands tours dont sept sur le Tour de France, trois sur le Tour d'Espagne et une sur le Tour d'Italie, ainsi qu'un titre de champion d'Espagne en 1958.
Grimpeur surdoué, constamment tourné vers l'offensive, il est capable de produire des accélérations fulgurantes dès que la route s'élève pour distancer ses concurrents, comme le prouvent ses cinquante-deux passages en première position au sommet d'un col, le meilleur total pour un coureur du Tour de France. Reconnaissable à sa silhouette longiligne, il se montre moins à l'aise dans les descentes. Bien que faisant preuve de tempérament, il doit plusieurs de ses échecs à un moral fragile, souvent affecté par sa rivalité avec son compatriote Jesús Loroño.
Biographie vignette|gauche|Sculpture de Federico Bahamontes à Tolède, don de la fondation Soliss. Jeunes années Alejandro Martín Bahamontes naît le à Val de Santo Domingo, dans la province de Tolède où son père, Julián Martín Losana., exerce la profession d'ouvrier-cantonnier chargé de la construction et de la réfection des routes. Sa mère, Victoria Bahamontes San Cristobal, est mère au foyer ; prénommé Alejandro, il sera toujours appelé Federico http://www.marca.com/2009/06/26/ciclismo/1246034821.html. Federico, l'aîné de la famille, a trois sœurs, prénommées Juliá, Luisa et Carmen.. Six mois après sa naissance, la famille s'installe à Tolède car le père y est nommé responsable d'un élevage de poules et de canards, puis se réfugie à Madrid après le siège de l'Alcázar de Tolède pendant la guerre civile. En 1939, la famille regagne Tolède et Federico retourne à l'école. Son père le place très tôt en apprentissage dans un atelier de menuiserie. Peu attiré par la profession, Federico quitte son apprentissage et se fait engager dans un atelier de réparation et de location de bicyclettes, tout en proposant ses services de coursiers à différents commerçants du centre de Tolède..
Attiré dans un premier temps par le football, il s'inscrit au départ de sa première course cycliste, organisée par la Phalange, le à Tolède. Deuxième à l'arrivée, celui qui est surnommé « la laitue » en raison de ses cheveux frisés et de sa maigreur relative par rapport à sa taille, impressionne ses concurrents. Le suivant, il remporte sa première victoire, dans une autre course disputée à Tolède..
Premiers pas chez les amateurs En 1948, Federico Bahamontes est sélectionné pour le championnat « Éducation et Repos » à Madrid. Il heurte un spectateur, chute à proximité de l'arrivée et doit se contenter de la . En 1949, il remporte ses premiers succès d'envergure avec le Trophée Luis Guijarro et le Tour d'Ávila dont il remporte le classement général et le prix du meilleur grimpeur.. En accord avec son père, il décide de se consacrer entièrement au cyclisme. En 1950, il effectue son service militaire au régiment automobile de la Réserve générale. Ses qualités sportives et sa bonne tenue lui valent l'estime de ses chefs et de nombreuses permissions pour s'entraîner. C'est au cours de cette période qu'il rencontre sa future femme, Fermina Aguilar Sánchez. L'année suivante, il multiplie les succès : il remporte le titre de champion d'Espagne amateur sur le circuit de Mieres dans les Asturies puis, sur le Tour d'Ávila, il gagne le classement général et le prix du meilleur grimpeur comme deux années plus tôt..
Federico Bahamontes intègre la catégorie des indépendants au début de la . Inscrit sur la course Madrid-Tolède, à laquelle de nombreux coureurs professionnels prennent part, il ne peut finalement participer car des pièces administratives manquent pour établir sa licence d'indépendant. Autorisé à prendre le départ mais hors concours, il franchit la ligne d'arrivée le premier tandis que la victoire finale revient à Julián Berrendero. Sur le Tour de Castille, il se montre à la hauteur des meilleurs et n'est devancé que par l'Italien Giancarlo Astrua. Il gagne ensuite le Tour d'Albacete. En 1953, il domine la concurrence sur le Tour de Malaga en s'imposant lors de trois des cinq étapes. Il s'adjuge également le championnat de Castille des indépendants, puis participe au Tour de Catalogne où il se classe et remporte le prix du meilleur grimpeur..
Carrière professionnelle Révélation sur le Tour de France (1954) thumb|upright|alt=Photographie d'un cycliste sur son vélo, portant un maillot rouge.|Sélectionneur espagnol, Julián Berrendero retient Bahamontes dans son équipe pour le Tour 1954. Conseillé par Santiago Mostajo, Federico Bahamontes se rend en France au début de pour participer à la course de côte du Mont-Agel, le . Aligné sous la maillot de la formation Splendid, il surprend les favoris comme Gilbert Bauvin et remporte la victoire. Le suivant, il se classe du Grand Prix de Cannes et fait forte impression : en tête au passage du col du Pilon, il est rejoint dans la descente par les autres coureurs qui le devancent au sprint. Lors du Grand Prix de Monaco, il démontre une nouvelle fois ses qualités de grimpeur en passant en tête à La Turbie.. De retour en Espagne, il prend la du Grand Prix d'Eibar dont il remporte le prix du meilleur grimpeur. Julián Berrendero, directeur sportif de l'équipe d'Espagne, le retient alors dans sa sélection pour le Tour de France malgré les critiques de la presse qui le juge inexpérimenté. Il lui fixe comme objectif de se battre pour le Grand Prix de la montagne..
Dès la première étape pyrénéenne, il franchit en tête le col d'Aubisque, mais en difficulté dans les descentes, les favoris le rattrapent et il termine à plus de sept minutes du vainqueur à Pau, le Belge Stan Ockers. Le lendemain entre Pau et Luchon, il passe en tête au Tourmalet et au col de Peyresourde. À nouveau en difficulté en descente, il est rejoint par Gilbert Bauvin et se classe .. Entre Toulouse et Millau, il marque de nombreux points dans les différentes ascensions du jour, relâchant son effort une fois le sommet franchi, et se classe dans le même temps que le vainqueur de l'étape, Ferdi Kübler. Il conforte sa au classement des grimpeurs en s'échappant dans les quinzième et seizième étapes en compagnie de Robert Varnajo, sans toutefois pouvoir disputer la victoire d'étape. Entre Lyon et Grenoble, il passe en tête au col de Romeyère, escaladé pour la première fois dans l'histoire du Tour, puis, se désintéressant de la descente., s'arrête auprès d'un marchand pour lui commander une glace qu'il consomme avant de repartir. Premier dans la rampe de Laffrey, au col Bayard, au col du Galibier ou encore au col de la Faucille lors des étapes suivantes, il s'assure la victoire dans le Grand Prix de la montagne avec un total de contre 53 à Louison Bobet, le vainqueur du Tour. Au classement général, Federico Bahamontes prend la .. Les primes gagnées au sommet des cols lui assurent un gain de , soit plus que ce qu'il a gagné depuis cinq ans qu'il se consacre au cyclisme. Le nouveau comme le surnomme la presse joue de sa popularité pour être engagé sur plusieurs critériums d'après Tour. Le , il est accueilli triomphalement à Tolède et reçu à l'hôtel de ville où le maire le décore. Souhaitant d'ores et déjà assurer sa reconversion, il décide d'investir son argent dans un magasin de cycles, vélomoteurs, armes et accessoires..
Federico Bahamontes connaît des résultats plus discrets lors de la , en remportant notamment la course de côte du Mont-Agel, comme l'année précédente, ainsi que celle du mont Faron et le Tour des Asturies. Engagé pour la première fois sur le Tour d'Espagne, il se classe à la du classement général final.
Au pied du podium sur le Tour et la Vuelta (1956) Federico Bahamontes ouvre sa saison 1956 par la course de côte du mont Faron, disputée en ligne. Devancé par Valentin Huot, il bat Charly Gaul au sprint pour la . Il se présente au départ du Tour d'Espagne avec de réelles ambitions. Les premières étapes offrent peu de spectacle avec, principalement, des arrivées au sprint. L'équipe d'Espagne se distingue lors de la étape, un contre-la-montre par équipes à Montjuïc qu'elle achève à la , derrière l'équipe de France. Bahamontes prend également la du contre-la-montre individuel entre Bayonne et Irun derrière Claude Le Ber, ce qui lui permet de remonter à la du classement général, à près de de l'Italien Angelo Conterno, leader depuis sa victoire dans la deuxième étape. Bahamontes termine finalement de ce Tour d'Espagne, une déception d'autant plus importante que son principal rival espagnol, Jesús Loroño, se classe à de Conterno..
Bahamontes participe ensuite au Tour d'Italie où il se distingue en prenant la du contre-la-montre de Saint-Marin derrière Jan Nolten, puis de celui en altitude entre Bologne et San Luca, battu par Charly Gaul. Dans la étape entre Merano et Trente, il attaque avec le Français Jean Dotto et passe en tête du col de Costalunga mais les conditions climatiques épouvantables qui frappent les coureurs, avec des bourrasques de neige, le poussent à l'abandon. Vainqueur de l'étape, Charly Gaul remporte également le Giro..
Federico Bahamontes est aligné sur le Tour de France 1956 à la tête de l'équipe d'Espagne en compagnie de Jésus Loroño. Dès la première étape, les Espagnols sont en déroute, à l'exception de Miguel Poblet. Bahamontes finit à plus de du vainqueur André Darrigade. Il se reprend lors de la quatrième étape, un contre-la-montre sur le circuit de Rouen-les-Essarts, qu'il termine au derrière Charly Gaul et Jean Brankart. À la sortie des Pyrénées, où il est passé à l'offensive, sans succès, il pointe au à près de du nouveau maillot jaune, Jan Adriaensens. Échappé dans la entre Toulouse et Montpellier, il se classe , dans le même temps que le vainqueur Roger Hassenforder et reprend au peloton. Le journaliste Albert Baker d'Isy souligne la performance de Bahamontes dans les colonnes de Miroir-Sprint, insistant sur le fait que le coureur espagnol, principalement attendu en montagne a cette fois profité d'une étape de plaine pour refaire une partie de son retard, ce qui lui permet d'envisager à nouveau la victoire finale dans ce Tour de France malgré sa au classement général.. Lors des étapes suivantes, il gagne encore quelques places..