Le , qui porte actuellement le nom de « Synerglace Ligue Magnus », est le plus haut niveau français de hockey sur glace. Il a été créé lors de la saison 1906-1907.
Les vainqueurs du championnat reçoivent la Coupe Magnus. Le niveau de jeu de cette ligue est généralement considéré comme intermédiaire. Il est plus faible que celui de la Ligue nationale de hockey d’Amérique du Nord et des championnats européens majeurs menés par la Ligue continentale de hockey d’Eurasie. Le championnat français est classé européen par la fédération internationale..
La Ligue Magnus compte en principe douze équipes engagées depuis la saison 2016-2017.
Historique
Les précurseurs (1907-1914) Palmarès 1906-1907 : SC Lyon 1907-1908 : CP Paris1911-1912 : CP Paris1912-1913 : CP Paris1913-1914 : CP Paris Le premier club français est créé en 1894 sous le nom de Hockey Club de Paris, avant d'être renommé en 1896 club des Patineurs.
En 1903, un Palais des Glaces est inauguré à Lyon qui permet la création de plusieurs équipes de hockey dont la plus importante est le Sporting Club de Lyon. Des rencontres sont organisées entre Parisiens et Lyonnais dès l’année d’ouverture et après quelques championnat de France « officieux », et l’établissement d’un règlement commun en 1905, Lyon remporte le premier titre. de champion de France en 1907, qui se joue sur un match sec. Hélas pour le hockey français, en 1908, la glace du Palais de Lyon, en trop mauvais état, entraîne la disparition de la patinoire et du Sporting Club de Lyon par la même occasion. Sans adversaire pour les Parisiens, le championnat de France n’est plus disputé pendant trois ans, après ses deux premières éditions.
Un nouvel opposant pour le club parisien arrive en 1910 : cette année se crée le Hockey Club Chamonix-Mont-Blanc ., ce qui permet de relancer le championnat de France en 1912. Mais les nouveaux venus ne font pas le poids face au Club des Patineurs et les trois éditions du championnat de France précédant la Première Guerre mondiale se concluent sur des victoires écrasantes des Parisiens sur les Chamoniards.
Paris contre Chamonix (1919-1930) Palmarès 1919-1920 : SC Paris1920-1921 : SC Paris1921-1922 : SC Paris1922-1923 : Chamonix1923-1924 : Chamonix1924-1925 : Chamonix1925-1926 : SC Paris1926-1927 : Chamonix1928-1929 : Chamonix1929-1930 : Chamonix1930-1931 : Chamonix Au sortir de la guerre, le club de Chamonix est devenu compétitif : après trois défaites face au Skating Club Paris, vite renommé Sports d’Hiver Paris, il remporte son premier titre de champion de France en 1923.. Les années suivantes, le championnat de France, qui se joue toujours sur une confrontation unique, est remporté sept fois par Chamonix avec une victoire au passage pour les Parisiens en 1926. En 1926-1927, il est créé un critérium des équipes secondes, pour permettre à d’autres clubs de se mêler à la bataille., cela porte ses fruits car lors de la saison 1930-1931, il est créé deux niveaux : une première série (toujours avec Chamonix et le CSH Paris) et une seconde avec des nouveaux clubs tels que Saint-Gervais ou encore Megève..
Les années folles (1931-1938) Palmarès 1931-1932 : Stade Français1932-1933 : Stade Français1933-1934 : Rapides de Paris1934-1935 : Stade Français1935-1936 : Français Volants1936-1937 : pas de titre1937-1938 : Français Volants En 1931, débutent les « années folles » du hockey sur glace, à la suite de la rénovation du Vélodrome d'Hiver – plus connu sous le nom de « Vél’ d’Hiv’ » – par l'américain Jeff Dickson. Il « monte » également des équipes de hockey, en particulier, grâce aux grands clubs sportifs parisiens que sont le Racing Club de France et le Stade français, en faisant venir également à grands frais et à grand renfort de publicité des Canadiens francophones – ou Américains comme Charles Ramsay par exemple.
Le hockey sur glace devient alors le spectacle à la mode à Paris et connait un énorme succès populaire, incomparable avec la situation du hockey aujourd’hui. Les joueurs tels Ramsay deviennent de grandes vedettes auprès du public parisien et les spectateurs viennent en masse avec des affluences pouvant atteindre . Les clubs historiques ne peuvent suivre, le CSH Paris disparait en 1937 et Chamonix ne joue que les deuxièmes rôles.
Reprise de la domination de Chamonix (1939-1956) Palmarès 1938-1939 : Chamonix1941-1942 : Chamonix1943-1944 : Chamonix1945-1946 : Chamonix1948-1949 : Chamonix1949-1950 : RC France1950-1951 : RC France1951-1952 : Chamonix1952-1953 : Paris UC1953-1954 : Chamonix1954-1955 : Chamonix En 1937, c’est la fin des années folles du Vél’ d’Hiv’ : pour rentabiliser les investissements, Dickson augmente le nombre de matchs et commence à tirer sur la corde : le public se lasse, les affluences diminuent et la société Jeff Dickson fait faillite. En 1938, le système de refroidissement du Palais des Sports rend l’âme.
À partir de la Seconde Guerre mondiale, Chamonix reprend sa domination, son seul adversaire parisien survivant étant les Français volants. Mais de nouveaux clubs s’engagent dans le championnat de France, à Paris et dans les Alpes comme Gap, Briançon, Villard-de-Lans ou encore Saint-Gervais. Le champion de France commence à ne plus être désigné après un match simple entre les deux meilleurs clubs mais après un vrai championnat où toutes les équipes se rencontrent.
L’ACBB et Saint-Gervais en trouble-fêtes (1956-1968) Palmarès 1955-1956 : CP Lyon1956-1957 : Boulogne-Billancourt1957-1958 : Chamonix1958-1959 : Chamonix1959-1960 : Boulogne-Billancourt1960-1961 : Chamonix1961-1962 : Boulogne-Billancourt1962-1963 : Chamonix1963-1964 : Chamonix1964-1965 : Chamonix1965-1966 : Chamonix1966-1967 : Chamonix1967-1968 : Chamonix
Une patinoire fédérale est inaugurée à Boulogne-Billancourt et le club omnisports de l’ACBB monte alors une équipe de hockey en 1951. Philippe Potin, héritier de l’enseigne Félix Potin, est alors le « mécène » de cette équipe de l'ACBB, qui devient rapidement un des meilleurs clubs de France. Ainsi, l’équipe remporte le titre national en 1957, 1960 et 1962 et peut même rivaliser avec les grands clubs européens en remportant trois Coupes Spengler consécutives en 1959, 1960 et 1961, sans doute le plus grand succès européen d’un club français de l’histoire ..
La domination de l’ACBB ne dure pas : Potin se désengage du club et après avoir pris la tête du hockey français en 1962 puis de la FFSG en 1964., il se retrouve ruiné en raison de son soutien au sport et à de mauvais investissements. Le club de l’ACBB reste dans les meilleures équipes de France pendant toutes les années soixante mais après son forfait pour la saison 1971-1972., il ne reviendra jamais au plus haut niveau.
Renaissance olympique (1968-1979) Palmarès 1968-1969 : Saint-Gervais1969-1970 : Chamonix1970-1971 : Chamonix1971-1972 : Chamonix1972-1973 : Chamonix1973-1974 : Saint-Gervais1974-1975 : Saint-Gervais1975-1976 : Chamonix1976-1977 : Gap1977-1978 : Gap1978-1979 : Chamonix 1968 est une année charnière, celle des Jeux olympiques de Grenoble. L’équipe de France, entrainée par Pete Laliberté, ne fait pas de miracle sur le plan sportif et finit à la dernière position. Mais grâce à la télévision, tout un pays découvre le hockey sur glace et de nombreuses patinoires sont ouvertes les années suivantes. : de douze surfaces en 1967, on en compte plus de soixante un an après les JO. De nombreuses villes françaises, où le hockey était absent jusqu’alors, disposent bientôt d’un club. C’est ainsi le cas de Reims, Rouen, Tours, Amiens, Toulouse, Bordeaux, Strasbourg, Nice., etc. et le hockey sort des Alpes et de Paris et se développe « en plaine ».
Le nombre de clubs et de joueurs augmentant, d’autres clubs compétitifs apparaissent, d’abord dans les Alpes : Saint-Gervais est le premier club à remporter le championnat de France en 1969, en dehors des villes de Chamonix, Lyon et de la région parisienne. Saint-Gervais remporte également les titres 1974 et 1975, tandis que Gap remporte ceux des années 1977 et 1978. Mais le reste du temps, c’est malgré tout toujours Chamonix qui remporte les titres. Autre conséquence du développement du hockey en France, la première série est divisée en une nationale A et une nationale B en 1973. Le championnat de France compte alors trois niveaux différents.
Succès de la plaine (1980-1990) Palmarès 1979-1980 : Tours1980-1981 : Grenoble1981-1982 : Grenoble1982-1983 : Saint-Gervais1983-1984 : Megève1984-1985 : Saint-Gervais1985-1986 : Saint-Gervais1986-1987 : Mont-Blanc 1987-1988 : Mont-Blanc1988-1989 : Français volants1989-1990 : Rouen Le hockey continue à se développer hors de ses bastions historiques : en 1979, si Chamonix remporte un trentième et dernier titre, en 1980, c’est Tours qui remporte le titre national. En plus d’être le premier titre d’un club créé à la suite des JO de Grenoble, c’est aussi le premier titre d’un club de plaine, c’est-à-dire en dehors des Alpes, de Paris ou de Lyon. Tours est également précurseur en étant le premier club à réaliser un recrutement à l’extérieur et non pas basé sur les joueurs locaux et en payant ses joueurs ouvertement, comme des professionnels – le semi-professionnalisme étant la règle auparavant.
L’arrivée du professionnalisme continue en 1984 avec l’ouverture du Palais omnisports de Paris-Bercy, devant servir à accueillir les matchs des Français Volants, privés de patinoire fixe depuis quelques années. L’arrivée des Volants au plus haut niveau et cela dans l’enceinte de Bercy, donne un vrai coup de projecteur médiatique et les médias commencent à suivre le hockey sur glace. Certains matchs du championnat sont même télévisés. à la télévision publique et les Volants sont invités au journal de 13 heures par Yves Mourousi. Mais le club parisien, même favori, n’arrive pas à remporter le titre, condition pour rester au POPB, et quand il remporte le titre en 1989, il est déjà relégué dans la patinoire annexe. Le hockey, comme le basket, a l’impression d’avoir été utilisé pour faire parler de l’enceinte pour ensuite être « jeté » au profit de spectacles plus rentables comme les concerts. Il faut dire que le club parisien a dû faire face à une très forte opposition du club de Saint-Gervais, opposition encore plus forte quand ce dernier fusionne avec le club de Megève pour former le Mont-Blanc Hockey Club en 1986.
Nouveau signe du développement et de l’ouverture du hockey à cette époque, d’autres nouveaux clubs gagnèrent leur premiers titres : Grenoble HC en 81, Megève en 84, Rouen en 90, Brest en 1997, Amiens en 1999, Reims en 2000. On note également la création de la coupe Magnus pour la saison 1985-1986 et en 1986, c’est également la création du championnat de France féminin.
Mais les différents succès, tant sportifs que médiatiques, et l’arrivée du professionnalisme et l’escalade financière qui a suivi, ont fait croire au hockey français qu’il est plus beau qu’il n’est en réalité, les déficits financiers sont légion et les forfaits de clubs se succèdent : Épinal en 1984, Chamonix en 1988, Saint-Gervais/Megève et Gap en 1989.
Déroutes financières (1991-2001) Palmarès 1990-1991 : Grenoble1991-1992 : Rouen1992-1993 : Rouen1993-1994 : Rouen1994-1995 : Rouen1995-1996 : Brest1996-1997 : Brest1997-1998 : Grenoble1998-1999 : Amiens1999-2000 : Reims2000-2001 : Rouen Pour la saison 1990-1991, la Ligue nationale est créé en tant que ligue « professionnelle » fermée, à gestion autonome, dont les clubs sont censés accéder sur dossier.. Dès 1991-1992 c’est la fin de la Ligue nationale. qui se transforme en une élite à seize clubs avec ascenseur sportif, à la suite des multiples abandons et dépôts de bilan.. Car l’hémorragie au lieu de s’arrêter, explose avec la ligue « pro » : des huit équipes partantes en Ligue Nationale, seul le Rouen Hockey Club ne connait pas de soucis financiers. Certains restent au plus haut niveau (Amiens, Grenoble), d’autres retombent au plus bas niveau national (Tours, Briançon, Bordeaux, Paris).