Le Diable à quatre ou la Double Métamorphose est un opéra-comique en 3 actes de Michel-Jean Sedaine et couplets de Pierre Baurans, créé à la Foire Saint-Laurent le et repris salle Favart le .
Personnages Le marquis. La marquise. Jacques. Margot, femme de Jacques. Lucile, femme de chambre de la marquise. Marton, femme de chambre de la marquise. Un cuisinier. Un cocher. Un maitre d’hôtel. Zambulamec, magicien. Le père Ambroise, joueur de vielle aveugle. Danseurs, danseuses, domestiques du marquis.
Résumé Acte I Le cuisinier sort de sa cuisine très en colère, car la marquise, sa maitresse, y a tout brisé, et renversé la soupe des gens. Lucile vient annoncer que la marquise est sortie, après lui avoir jeté au visage un verre d’eau qu’elle lui avait demandé d’apporter. Marton s’étant mise à rire, à ce spectacle, la marquise l’a giflée. Regrettant la complaisance du marquis, leur maitre, pour sa femme, tous trois sont déterminés à quitter le service de la marquise. Le cuisinier explique que le marquis est faible par amour. Demandez à qui entre, comment il traite sa femme, quand elle lui manque, dit le cuisinier ? , répond ce dernier, qui annonce ensuite aux domestiques que le marquis a donné dix écus au maitre d’hôtel, pour les régaler. Tous les gens du château se mettent à danser au son du vielleux aveugle, Ambroise. Tandis qu’ils finissent une contredanse, la marquise arrive et fait une scène terrible. Malgré les objections du marquis, elle bat Lucile, invective et casse la vieille sur la tête de l’aveugle.
Marton vient annoncer que le , qui s’est égaré de son chemin, demande asile au château. Furieuse, la marquise veut faire rouer de coups le docteur, qui n’est, selon elle, qu’un misérable fainéant digne des galères. Plus accommodant, le marquis fait rentrer sa femme, et promet au docteur de lui envoyer un de ses gens qui le conduira chez son fermier. Outré de la méchanceté de la marquise, Zambulamec, , jure de se venger de l’affront qu’il vient de recevoir. Accourue trop tard pour prendre part au divertissement, le femme de , Margot, veut en profiter, prendre une prise de tabac, auquel elle a pris gout, depuis que son mari le lui défend. Arrivé entretemps, Zambulamec avise Margot, qu’il veut faire servir à sa vindicte, et affirme voir dans les lignes de sa main une position de marquise avec trois carrosses pour le lendemain. Il ordonne ensuite aux démons d’intervertir, à la faveur de la nuit, la marquise et Margot. Chacune doit se réveiller, à l’insu de leurs maris, dans le lit de l’autre.
Acte II Le théâtre représente la boutique du savetier Jacques. se réveille à terre, la tête sur un escabeau, très étonné de se trouver couché par terre et tout habillé. Croyant qu’il est cinq heures, il appelle sa femme Margot, endormie sur un méchant grabat, au fond de la boutique. Pendant qu’il boit un coup d'eau-de-vie, pour se remettre de sa surprise, la marquise se réveille à son tour, sous les traits et les habits de Margot. Elle appelle sa petite chienne et ne trouve pas les cordons de sa sonnette. Prenant le chant de Jacques pour celui de son cocher, elle se promet de mettre ce coquin à la porte. Elle appelle sa femme de chambre Lucile. Jacques qui croit qu’elle lui demande du feu, bat le briquet et allume sa lampe. Stupéfaite de se voir couverte de haillons et sur un grabat, la marquise croit qu’on lui a joué un tour, tandis que Jacques croit sa femme devenue folle.
Ayant reçu une gifle, pour avoir voulu l’obliger à travailler, il va chercher son tire-pied et la corrige d’importance. Lorsqu’elle feint de s’évanouir, il lui jette un seau d’eau sur le corps. Lorsque Lucile vient demander ses pantoufles, Jacques lui demande si la marquise fait . Quand Lucile répond que , , répond le savetier. Furibonde, la marquise demande à Lucile, si elle la reconnait. Comme celle-ci ne voit en elle que Margot, elle lui saute dessus et l’accable de coups, mais Jacques l’oblige séance tenante à demander pardon à genoux. Lucile se retire. Jacques se met à l’ouvrage, et demande sa perruque, mais pendant qu’il se baisse pour ramasser quelque chose, la marquise lui jette sa perruque, le bat, le culbute et se sauve. Jacques lui court après au château et se promet bien de la corriger.
Acte III Le théâtre représente l’appartement de la marquise. Margot, superbement habillée est endormie sur une bergère. À son réveil, sa parure l’ébahit, mais elle se ressouvient de la prédiction de Zambulamec. Lorsque Lucile arrive, tremblant d’être grondée, elle ne reçoit, au contraire, que des paroles de la plus grande douceur de Margot, sous les traits de la marquise. Déconcertée par ce changement, Lucile fait apporter le chocolat du déjeuner à la « marquise », qui demande plutôt du pain et un demi-setier de cidre. Elle déchire ensuite les feuillets d’un poème très estimé de la marquise, pour confectionner les papillotes destinées à la friser. Lorsque le marquis arrive, Lucile lui annonce au sujet de . , demande le marquis, mais lorsque la « marquise » lui donne des preuves du changement surprenant qui vient de se faire dans son caractère, le marquis, enflammé, tombe à ses genoux. Lorsque la véritable marquise arrive, Lucile lui refuse l’entrée. Avisant un miroir, elle se voit enfin sous la figure de Margot, et comprend le sort que lui a jeté Zambulamec. Elle se désole, mais en pure perte, car le marquis, qui la prend pour une folle, la met à porte.
Jacques, qui court après sa femme, arrive et la trouve. La menaçant de son tire-pied, il veut la forcer à réintégrer le logis familial, lorsque Zambulamec apparait et révèle la métamorphose qu’il a effectuée. , s’exclame le marquis, qui demande néanmoins à Zambulamec de remettre les deux femmes dans leur premier état. Lorsque la marquise revient, ans sa forme première, elle promet, corrigée par cette épreuve, d’être douce à l’avenir. Jacques annonce tristement son déclin social à sa femme, qui réplique : . Lorsque tous les domestiques viennent exprimer leur allégresse, la marquise les approuve, avant de se retirer avec le marquis, pour ne pas les gêner. On apaise les réticences du l’aveugle, qui chante tandis que l’on danse, et la pièce se termine par un vaudeville.
Inspiration Le Diable à quatre s’inspire d’un opéra anglais, The Devil to Pay ou The Wives Metamorphosed (1731), de Charles Coffey et John Mottley, réduite par Theophilus Cibber, traduite, en 1756, par Claude-Pierre Patu, sous le titre Le Diable à quatre, ou les Femmes métamorphosées..
Musique La musique, parodiant Vincenzo Legrenzio Ciampi, Egidio Duni, Baldassare Galuppi et Giuseppe Scarlatti, est attribuée à Jean-Louis Laruette et à Philidor.
Historique Le livret de Sedaine a fait l'objet d'une seconde version, mise en musique par Bernardo Porta et créée le salle Favart sous le même titre avant d'être remanié par Auguste Creuzé de Lesser et représenté sous le titre Le Diable à quatre ou la Femme acariâtre le au théâtre Feydeau, avec une musique de Jean-Pierre Solié.
Christoph Willibald Gluck en donna une version opératique au château de Laxenbourg en 1759..
Notes et références
Éditions . .
Bibliographie critique . . .
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