Klaus Iohannis (prononcé en roumain : ), né le à Sibiu, est un homme d'État roumain, président de Roumanie du au .
Professeur de physique, issu de la minorité des Saxons transylvains, il s'engage en politique après la révolution roumaine de 1989 en rejoignant le Forum démocratique des Allemands de Roumanie (FDGR).
En 2000, il est élu maire de Sibiu, sa ville natale. En 2013, il adhère au Parti national libéral (PNL), formation de centre droit dont il devient président l'année suivante.
Candidat pro-européen à l'élection présidentielle de 2014, il l'emporte au second tour avec 54 % des voix face au Premier ministre social-démocrate, Victor Ponta, présenté comme le favori du scrutin. Devenu le premier chef d'État issu d'une minorité de Roumanie, Iohannis est réélu au second tour de l'élection de 2019 avec 66 % face à Viorica Dăncilă.
Alors qu'avec son homologue moldave Maia Sandu, il fait partie des soutiens les plus actifs de l'aide à l'Ukraine pendant la guerre russo-ukrainienne, il échoue à devenir secrétaire général de l'OTAN et la fin de sa présidence est marquée par une forte impopularité. Son second mandat est cependant prolongé de plusieurs mois en raison de l'annulation de l'élection présidentielle roumaine de 2024 par la cour constitutionnelle, en raison des fraudes imputées au candidat pro-russe Călin Georgescu au moyen, entre autres, de l'usage intensif du réseau social TikTok. Menacé de destitution par le Parlement, Iohannis choisit de démissionner.
Biographie Enfance et famille
Klaus Werner Iohannis est né le , dans une maison du centre historique de Sibiu. L'orthographe originale de son nom (qui est allemand) est « Johannis », mais le nom a été enregistré par un officier d'état civil comme « Iohannis » sur son acte de naissance. Il parle l'allemand et le roumain, ainsi que l'anglais.
Ses parents, Susanne et Gustav Heinz Johannis, sont issus de la minorité allemande de Transylvanie. Il a une sœur plus jeune, Krista Johannis (née en 1963). Son père a travaillé comme technicien dans une entreprise, tandis que sa mère était infirmière. En 1992, ses parents décident d'émigrer vers l'Allemagne et de s’installer à Wurtzbourg, comme une majorité de saxons après la chute du rideau de fer. Cependant, Iohannis choisit de rester vivre et de travailler en Roumanie. Il a déclaré dans un entretien que sa famille vit à Cisnădie depuis le ..
En 1989, il épouse Carmen Lăzurcă, professeur d'anglais au collège national Gheorghe Lazăr de Sibiu ; ils n'ont pas d'enfant. Iohannis est membre de l'Église évangélique de la confession d'Augsbourg de Roumanie, l'église luthérienne germanophone de Transylvanie.
Carrière dans le système scolaire Après avoir été diplômé de la faculté de physique de l'université Babeș-Bolyai de Cluj-Napoca, Klaus Iohannis passe son doctorat. Il est professeur de physique du secondaire dans diverses écoles et collèges à Sibiu, notamment, de 1989 à 1997, au collège national Samuel von Brukenthal, la plus ancienne école germanophone en Roumanie. De 1997 à 1999, il est inspecteur général adjoint de l'école de Sibiu, et de 1999 jusqu'à son élection comme maire, en 2000, il est inspecteur scolaire général, chef des écoles publiques du județ de Sibiu.
Parcours politique Débuts Il rejoint le Forum démocratique des Allemands de Roumanie (FDGR/DFDR), parti politique roumain représentant la minorité allemande, en 1990. Il siège au conseil d'administration de l'éducation en Transylvanie à partir de 1997 et au conseil local du parti à Sibiu à partir de 1998.
Maire de Sibiu vignette|redresse|gauche|Klaus Iohannis en tant que maire de Sibiu (2005).
En 2000, le FDGR à Sibiu l'investit candidat à la mairie. Bien que la part de la minorité allemande dans la population totale de Sibiu soit descendue à 1,6 %, Iohannis est élu avec 69,18 % des voix. Il est ainsi le premier maire d'origine allemande d'une ville roumaine depuis Alfred Dörr, qui fut maire de Sibiu de 1940 à 1945, mais dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale, alors que la Wehrmacht occupait le pays, et que le dictateur fasciste Ion Antonescu était l'allié du Troisième Reich.
Klaus Iohannis est facilement réélu en 2004, avec 88,7 % des voix. En 2008, il remporte un troisième mandat avec 87,4 %, puis un quatrième en 2012, réalisant un score de 78,4 %.
En tant que maire, il réussit à relancer la restauration des infrastructures de la ville, de son centre historique et à effectuer un resserrement de l'administration municipale. Iohannis est également largement crédité de faire de la ville l'une des plus populaires destinations touristiques de la Roumanie grâce à la rénovation complète du centre ancien. Il établit des contacts avec de nombreux investisseurs étrangers. Sibiu est désignée capitale européenne de la culture en 2007, avec Luxembourg, qui choisit de partager ce statut avec Sibiu du fait que beaucoup des Saxons de Transylvanie ont émigré au depuis ce qui est aujourd'hui le Luxembourg jusqu'en Transylvanie..
Le , Iohannis est désigné « personnalité de l'année pour une Roumanie européenne » () par l'organisation Eurolink - Maison de l'Europe.
Émergence au niveau national Le , au lendemain du renversement du gouvernement du libéral-démocrate Emil Boc, il est proposé comme candidat au poste de Premier ministre par le Parti social-démocrate (PSD), le Parti national libéral (PNL) et l'Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR/RMDSZ), majoritaires au Parlement roumain. Sa candidature est rejetée le lendemain par le président Traian Băsescu..
Il décide de rejoindre le PNL le et se voit aussitôt nommé premier vice-président du parti, sous la présidence de Crin Antonescu. Ce dernier ayant démissionné le , Klaus Iohannis est élu le suivant pour prendre sa succession.
Le , le Parti national libéral annonce son départ du gouvernement, en réaction au refus de Victor Ponta de désigner Klaus Iohannis comme ministre de l'Intérieur..
Après le rapprochement de son parti, le Parti national libéral, et du Forum démocratique des Allemands de Roumanie avec deux autres partis du centre droit, le Parti démocrate-libéral et Force citoyenne, Klaus Iohannis est désigné candidat de cette nouvelle coalition, l'Alliance chrétienne libérale (ACL), en vue de l'élection présidentielle de 2014..
Président de Roumanie Élection et investiture
vignette|Klaus Iohannis au Sénat de Pologne, en 2015. Le , il arrive en deuxième position du premier tour, avec 30,4 % des voix, derrière le Premier ministre, Victor Ponta, qui est présenté comme le favori et qui totalise 40,3 % des suffrages.. Au second tour, le , Klaus Iohannis est élu avec 54,43 % des suffrages exprimés, profitant d'une hausse de la participation due à une mobilisation relativement forte (64,1 % de votants), notamment de la jeunesse.
Klaus Iohannis succède à Traian Băsescu, au pouvoir depuis 2004, le , devenant ainsi le sixième président de Roumanie.. Dans une autobiographie publiée en , il revient sur la campagne électorale, qui selon lui avec des scandales et ..
Cohabitation avec Victor Ponta La collaboration avec le Premier ministre social-démocrate Victor Ponta s'est détériorée à la suite des visites à l'étranger du Premier ministre sans en informer le président, mais surtout avec la mise en examen de Victor Ponta par la Direction nationale anticorruption pour 22 chefs d'accusation de corruption présumés, incitant Iohannis à exiger sa démission.. De même, Iohannis exprime son mécontentement avec les tentatives de modifications apportées au Code pénal..
Il tient une série de consultations avec les partis politiques représentés au Parlement le , le but de ces discussions étant d'obtenir un accord politique qui assurant d'ici 2017 un budget minimal équibalent à 2 % du PIB pour le ministère de la Défense nationale ; cet accord sera par la suite signé par toutes les forces politiques.. Le second tour de consultations est consacré au vote de la diaspora roumaine, au financement des campagnes électorales et des partis et aux levées d'immunités parlementaires..
Le , une décision de la cour d'appel de Brașov lui fait perdre une de ses maisons de Sibiu, dont il est devenu propriétaire au moyen de faux documents...
Gouvernement Cioloș Au début du mois de , à la suite de l'incendie de la discothèque Colectiv et de la démission du Premier ministre Victor Ponta, Klaus Iohannis organise des consultations, en vue de la formation d'un nouveau gouvernement, avec les groupes parlementaires, comme exigé par la Constitution, mais également avec des représentants de la société civile. Il se rend également place de l'Université, afin de rencontrer les manifestants qui s'y réunissent contre la corruption..
Le , il annonce la nomination de Dacian Cioloș comme Premier ministre, déclarant .. L'ensemble du nouveau gouvernement est composé d'individus n'étant condamnés ou poursuivis pour corruption et est composé d'un tiers de femmes...
Retour au pouvoir du PSD vignette|Klaus Iohannis, Angela Merkel et Jean-Claude Juncker lors d’un sommet du PPE, en 2018. Les élections législatives de fin 2016 voient la victoire du PSD.
Début 2017, peu après la nomination du gouvernement Grindeanu, Klaus Iohannis participe aux manifestations contre le projet de réforme du Code pénal et d'amnistie des faits liés à la corruption. Le , il annonce qu'il ne promulguera pas la réforme controversée de la justice votée par le PSD..
Le ministre de la Justice, Tudorel Toader, lance le une procédure de destitution à l'encontre de Laura Codruța Kövesi, chef de la Direction nationale anticorruption (DNA), tandis que le président Iohannis, à qui il revient de mettre fin à ses fonctions s'il le souhaite, affirme qu'il s'est déclaré .. Le , une manifestation est organisée pour la soutenir.. Kövesi reçoit aussi le soutien du Conseil supérieur de la magistrature.. Le , la Cour constitutionnelle ordonne au président de la destituer, estimant que le président ne possède pas de pouvoir .. L'opposition estime que la décision, prise par six juges sur neuf, de la cour.. Menacé de destitution par le PSD, Klaus Iohannis destitue finalement Laura Codruța Kövesi le .. Le , le ministre de la Justice nomme pour lui succéder Adina Florea, procureure à la cour d'appel de Constanta et réputée proche des sociaux-démocrates..
Élection présidentielle de 2019
Le , il annonce son intention de briguer un second mandat présidentiel.. Il arrive en tête du premier tour avec 37,8 % des suffrages, devant l'ancienne Première ministre Viorica Dăncilă. Il refuse de débattre avec celle-ci en vue du second tour.. Il est réélu le avec 66,09 % des suffrages exprimés. et prête serment le suivant..
Candidature au secrétariat général de l'OTAN Le , Klaus Iohannis annonce sa candidature pour succéder à Jens Stoltenberg au secrétariat général de l'OTAN.. Mais le gouvernement roumain apporte son soutien à Mark Rutte, ancien Premier ministre des Pays-Bas, ce qui conduit Klaus Iohannis à se retirerJack Schickler, Mark Rutte devrait être le prochain chef de l'OTAN après le retrait de Klaus Iohannis, euronews.com, 20 juin 2024 . Selon les médias, il s'est ainsi tiré une « balle dans le pied » alors que la candidature de Mark Rutte avait été validée par tous les États membresPaul Cozighian et Cyrille Louis, En Roumanie, la piteuse fin de règne du président Klaus Iohannis, lefigaro.fr, 27 décembre 2024.
En , son nom est rayé de la liste des chefs d’État conviés à rencontrer le nouveau patron de l’alliance transatlantique en pleine crise politique intérieure, ce qui fait de lui un paria sur la scène internationale.
Impopularité, crise politique de 2024-2025 et démission
vignette|redresse|Klaus Iohannis en 2024.