Hugo Koblet (Prononciation en allemand standard retranscrite phonémiquement selon la norme API.), né le à Zurich et mort le à Uster en Suisse, est un coureur cycliste suisse. Surnommé le « Pédaleur de charme », il est le premier non Italien vainqueur du Tour d'Italie en 1950. Il a également remporté le Tour de France l'année suivante. Professionnel de 1946 à 1958, il compte notamment à son palmarès trois succès dans le Tour de Suisse en 1950, 1953 et 1955, ainsi que le Tour de Romandie 1953 et un total de treize victoires d'étape dans un grand tour. Champion de Suisse sur route en 1955, Hugo Koblet est également un excellent coureur sur piste : médaillé de bronze du championnat du monde de poursuite en 1947, puis d'argent en 1951 et 1954, il obtient huit titres consécutifs de champion de Suisse de la discipline entre 1947 et 1954.
Il se distingue également sur les courses de six jours, en remportant notamment celles de Chicago et New York avec Walter Diggelmann et celles de Hanovre, Francfort, Dortmund et Bruxelles avec Armin von Büren. Associé à ce dernier, il forme un duo redoutable dans les courses à l'américaine.
Reconnu pour son élégance sur le vélo, de même que pour le soin qu'il apporte à son apparence physique, Hugo Koblet est souvent opposé à son compatriote Ferdi Kübler, l'un des meilleurs cyclistes de son époque. Les deux hommes entretiennent une certaine rivalité due à leur différence de caractère.
Hugo Koblet meurt à l'âge de des suites d'un accident de la route.
Biographie Jeunes années Hugo Koblet naît le dans l'appartement situé à l'étage de la boulangerie que tiennent ses parents, au de la Hildastrasse à Zurich. Sa mère, Héléna Gross, originaire du canton des Grisons, travaille avec acharnement pour assurer la bonne marche du commerce familial alors que son père, Adolf Koblet, est affaibli par une longue maladie. Le frère d'Hugo, lui aussi prénommé Adolf, est son aîné de cinq ans. Dans sa jeunesse, Hugo présente une silhouette chétive et une extrême maigreur. Il est envoyé à l'âge de dans la famille de sa mère à Pontresina, près de Saint-Moritz. Il y séjourne plusieurs années et pratique alors de nombreux sports comme le ski ou le hockey sur glace dans l'équipe de son école primaire..
À son retour à Zurich, Hugo Koblet refuse de se mettre au service de la boulangerie familiale et choisit de travailler à l'usine. Il entre en apprentissage à au sein de l'entreprise Belmag, un fabricant de lampadaires et d'objets en acier ou en étain. Il en sort trois plus tard après avoir obtenu un diplôme d'orfèvrerie.. Dans le même temps, il se passionne pour le cyclisme et se déplace régulièrement à bicyclette mais ses parents s'opposent à ce qu'il pratique ce sport. Pour autant, il fréquente le magasin de cycles tenu à Zurich par le champion suisse Léo Amberg, troisième du Tour de France 1937 et avec qui il effectue régulièrement des sorties à vélo. Le , Koblet s'aligne sur une course contre-la-montre à Dietikon et remporte la victoire malgré un vélo inadapté. Désormais conscients des capacités de leur fils, ses parents l'autorisent à signer sa première licence au .. En 1944, sur un vélo de course prêté par son ami Giusti Grabs, il remporte le Tour des Quatre-Cantons dans la catégorie juniors, après une échappée en solitaire.
Dès ses premières courses chez les amateurs, Hugo Koblet démontre son talent, de même que lors des entraînements de son club où il est épaulé par Gottfried Weilenmann, l'un des meilleurs routiers suisses de l'époque. Son manque d'endurance lui vaut cependant de connaître parfois des défaillances en fin de course, comme sur le Souvenir olympique entre Berne et Lausanne où il lâche prise dans la côte d'Yverdon-les-Bains après avoir mené pendant plusieurs kilomètres le groupe de tête.. Sur les conseils de Léo Amberg, il se consacre en premier lieu à la piste afin de s'endurcir et de travailler sa souplesse. Amberg l'embauche également dans son magasin de cycles et veille personnellement à son entraînement sur le vélodrome d'Oerlikon.. Le , Koblet remporte avec son club le championnat de Suisse de poursuite par équipes. Il s'affirme très vite comme un excellent pistard et gagne notamment plusieurs matchs de poursuite individuelle contre les meilleurs amateurs suisses, comme Leo Weilenmann ou Jean-Pierre Burtin, détenteur du record national de l'heure.
La notoriété de Koblet s'étend vite à l'étranger. Il est invité en à une réunion sur piste au Parc des Princes à Paris où il est battu en poursuite par Émile Carrara mais remporte l'américaine, associé à Oscar Plattner. Il est ensuite convié au Vélodrome d'Hiver pour participer à plusieurs réunions entre les mois de novembre et de janvier suivants..
Carrière professionnelle Succès sur piste et premiers résultats sur route (1946-1949) vignette|alt=Photographie d'un vélodrome en plein air avec quatre coureurs en piste.|La piste du vélodrome d'Oerlikon, où Koblet remporte de nombreux succès. Hugo Koblet signe une licence professionnelle en 1946 : il est alors le plus jeune coureur suisse de cette catégorie avec Charles Guyot. Dans le même temps, après plusieurs ajournements, il doit effectuer son service militaire au d'infanterie, ce qui perturbe sa première saison professionnelle.. Parmi ses principaux résultats, il prend la quatrième place du Grand prix de Nantua, une épreuve remportée par Émile Idée en présence de nombreux coureurs de renom..
L'année suivante, Koblet participe aux épreuves sur route au sein de l'équipe Amberg-Helvetia et prend le départ de la classique Milan-San Remo. Après deux crevaisons dans l'ascension du passo del Turchino, il perd de nombreuses minutes à réparer car ses doigts sont engourdis par le froid. Il termine la course au sur trente-six concurrents, à plus de cinquante minutes du vainqueur Gino Bartali. Koblet réussit ensuite une bonne performance sur Zurich-Lausanne en prenant la troisième place dans le même temps que le vainqueur Renzo Zanazzi.. Au Tour de Romandie, il se classe mais contribue à la victoire de son équipe dans le contre-la-montre disputé lors de la première étape. C'est encore une fois sur piste qu'il obtient ses meilleurs résultats : fin juillet, fort de son titre de champion de Suisse de poursuite, il prend la médaille de bronze du championnat du monde de la discipline à Paris. Battu en demi-finale par Antonio Bevilacqua, il remporte le match pour la troisième place face à Gerrit Schulte.. Peu après, il remporte sa première victoire sur route en individuel sur le Tour de Suisse. Dans le premier tronçon de la première étape, divisée en trois parties, il s'échappe peu après le lancement de la course et s'impose à Siebnen avec plus d'une minute d'avance sur Ferdi Kübler. Il doit cependant abandonner dans la septième étape après une chute dans la descente du col du Pillon, alors qu’il occupait la dixième place du classement général.
Lors de la , Hugo Koblet rejoint la formation Tebag où il assume un rôle d'équipier auprès de Ferdi Kübler. Ce dernier s'impose sur le Tour de Romandie puis sur le Tour de Suisse tandis que Koblet s'illustre en remportant à chaque fois une étape. Son aisance en montagne, tout comme le soutien apporté à son leader, sont salués par les spécialistes, mais un différend financier oppose les deux hommes et Koblet choisit de rejoindre l'année suivante l'équipe Cilo, en tant que leader. Son début de saison est néanmoins perturbé par une série de blessures. Une chute sévère lors des Six Jours de Buffalo, puis une autre lors de la réunion d'ouverture du vélodrome d'Oerlikon l'obligent à observer trois semaines de repos. De retour à la compétition, il remporte un nouveau titre de champion de Suisse de poursuite mais, le lendemain, il est renversé à l'entraînement par une automobile. Koblet retrouve son meilleur niveau sur le Tour de Romandie en gagnant la quatrième étape entre Porrentruy et Payerne. Il contribue ainsi à la bonne tenue de sa formation Cilo qui remporte le challenge par équipes. Quelques semaines plus tard, la malchance le frappe encore : sa jambe est fracturée dans une collision avec un motocycliste alors qu'il s'entraîne sur une route près de Bellinzone, peu avant le départ du Tour de Suisse. Immobilisé pendant un mois, il entame alors une longue période de convalescence..
Victoire sur le Tour d'Italie (1950)
Hugo Koblet se montre en grande condition dès le début de la . Il s'empare du maillot de leader dès le premier jour du Tour de Romandie en se classant dans le groupe de tête lors des deux demi-étapes. Il conserve cette position jusqu'à la quatrième et dernière étape : retardé par plusieurs crevaisons, il doit à chaque fois réparer seul car ses coéquipiers sont distancés. Le Français Édouard Fachleitner profite de la situation, aidé par Ferdi Kübler qui recherche la victoire d'étape, pour ravir la première place à Koblet, finalement deuxième de l'épreuve par . Il est ensuite retenu dans la formation dirigée par Learco Guerra pour disputer le Tour d'Italie, au même titre que ses compatriotes Leo et Gottfried Weilenmann, et se distingue en gagnant la sixième étape à Locarno, à la veille de la journée de repos, alors qu'un autre Suisse, Fritz Schär, porte le maillot rose depuis le deuxième jour de course. Koblet profite d'un deuxième succès à Vicence lors de la huitième étape pour s'emparer de la première place du classement général. Alors que Fausto Coppi, triple vainqueur de l'épreuve et tenant du titre, se fracture le bassin, seuls Gino Bartali et Jean Robic semblent en mesure de menacer la position de Koblet. Ce dernier, malgré un furoncle qui le fait souffrir et qu'il soigne par des injections de pénicilline, résiste aux assauts de ses adversaires et s'impose finalement avec plus de cinq minutes d'avance sur Bartali. Il devient par là même le premier coureur étranger à remporter le Tour d'Italie depuis la création de la course en 1909... Considéré jusqu'alors comme un excellent rouleur, il démontre également ses qualités de grimpeur en s'attribuant le Grand Prix de la montagne de ce Giro. Après cette victoire retentissante, le journaliste Albert Baker d'Isy le présente alors comme le ..
Hugo Koblet confirme sa domination dès la fin du mois de juin en remportant un nouveau succès sur le Tour de Suisse. Vainqueur de trois étapes, dont celle entre Genève et Lausanne pour laquelle il devient le premier coureur à établir une moyenne supérieure à en contre-la-montre, il s'impose au classement général avec plus de cinq minutes d'avance sur Jean Goldschmit et un quart d'heure sur Ferdi Kübler, seulement cinquième. Souhaitant se reposer, il renonce ensuite au Tour de France, que Kübler remporte. Koblet effectue son retour lors du championnat du monde de poursuite, à Liège, où il réalise le meilleur temps des séries avant d'être éliminé dès les quarts de finale face au Néerlandais Wim van Est. Koblet connaît un nouvel échec sur le Grand Prix des Nations, dans lequel il concède douze minutes au vainqueur Maurice Blomme, puis se reprend sur une autre épreuve contre-la-montre, le Grand Prix de Suisse, en battant Pierre Barbotin et Jean Brun..
Victoire sur le Tour de France (1951) vignette|alt=Photographie en noir et blanc d'un cycliste portant un maillot marqué d'une croix suisse et de l'inscription La Perle.|Hugo Koblet sur le Tour de France 1951.