Les Progressistes. est un parti politique fondé en 1981 en tant que section du Parti socialiste (PS) en Nouvelle-Calédonie par des dissidents du Parti socialiste calédonien (PSC), partisans de la création d'un mouvement soutenant clairement la nouvelle majorité présidentielle de François Mitterrand. Étant donné le caractère particulier de la vie politique néo-calédonienne, où le clivage principal se fait entre partisans et opposants à l'accession à la souveraineté, la gauche locale est essentiellement représentée par les mouvements indépendantistes du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) et donc la section du PS est relativement réduite. Pour le Congrès de Reims de 2008, il y avait ainsi 49 inscrits sur les listes du vote pour les motions en Nouvelle-Calédonie Résultats définitifs, Congrès de Reims, www.rue89.com. Fin 2016, le parti se détache du PS et change de nom.

Histoire

Création

La section locale du Parti socialiste en Nouvelle-Calédonie a été créée au lendemain de l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République par des dissidents du Parti socialiste calédonien (PSC). Ce dernier, créé en 1976 et engagé en faveur de l'indépendance depuis 1979 (membre du Front indépendantiste puis du FLNKS), est nettement plus à gauche que son homonyme métropolitain. Son secrétaire général, Jacques Violette, a ainsi été proche avant son arrivée en Nouvelle-Calédonie en 1969 de la Ligue communiste d'Alain Krivine. Max Chivot (né en 1946, qui fut membre du Conseil de gouvernement de 1978 à 1979) et Jean-Paul Caillard (médecin, né en 1941), deux figures du PSC et tous deux anciens participants du mouvement étudiant de Mai 68 (fondateurs de l'Association des jeunes calédoniens à Paris AJCP puis, après leur retour sur le Territoire, de l'Union de la jeunesse calédonienne UJC qui se veut le pendant européen des « Foulards rouges » kanaks), souhaitent relayer localement l'action de la nouvelle majorité sur le plan national tout en restant attaché au principe d'indépendance inter-ethnique. Max Chivot, avec Jean-Paul Caillard comme suppléant, sont d'ailleurs candidats aux législatives de dans la , contre le sortant anti-indépendantiste et affilié au RPR Jacques Lafleur mais aussi contre le candidat du Front indépendantiste, soutenu par le PSC, François Burck (membre de l'UC).

Historique des participations électorales élections législatives du : Max Chivot, avec Jean-Paul Caillard, est candidat dans l'ancienne deuxième circonscription de la Nouvelle-Calédonie (dite « circonscription Ouest » car correspondant à la côte Ouest de la Grande Terre, dont le Grand Nouméa). Ils sont battus, le sortant Jacques Lafleur (RPCR, RPR) étant réélu dès le premier tour. élections territoriales du : ce scrutin est caractérisé par le boycott actif décidé par le FLNKS (nouveau nom du Front indépendantiste qui est passé dans une stratégie de lutte), ce qui marque le début des Évènements politiques et sociaux qui opposeront violemment partisans et opposants de l'indépendance jusqu'en 1988. La section locale du PS apporte son soutien au mouvement Libération kanak socialiste (LKS, indépendantiste modéré fondé en 1981 par des dissidents du Palika, dont le grand-chef de Guahma à Maré Nidoïsh Naisseline), qui comme lui refuse la violence et appelle à continuer le combat pour l'accès à la souveraineté par une action légaliste et réformiste à l'intérieur des institutions. Les listes LKS obtiennent 7,33 % des suffrages exprimés et six sièges (mais aucun pour le PS) sur 42 à l'Assemblée territoriale. élections régionales du : le PS de Nouvelle-Calédonie s'allie à nouveau au LKS, avec son premier secrétaire Jean-Paul Caillard en dernière position sur la liste de la Région Sud. Cette dernière, menée par le LKS Henri Bailly, récolte 3,26 % des suffrages de la Région et aucun siège. élections provinciales du : après la réélection de François Mitterrand et la signature des accords de Matignon sous l'égide du gouvernement de Michel Rocard, Max Chivot, redevenu premier secrétaire en 1988, mène une liste baptisée « Majorité présidentielle » dans la Province Sud. Elle inclut des dissidents du FLNKS (comme le maire Palika de Sarraméa Patrick Holero en deuxième position). Jean-Paul Caillard pour sa part figure en neuvième place de la liste FLNKS de François Burck (qui a succédé la même année à Jean-Marie Tjibaou, assassiné, à la présidence de l'UC). La liste « Majorité présidentielle » n'obtient que le score sur 11 avec seulement 2,09 % des suffrages provinciaux, et aucun élu. élections provinciales du : la section rejoint en Province Sud la liste de Raphaël Mapou sous l'étiquette Union nationale pour l'indépendance (UNI), formation du Palika qui s'oppose dans toutes les provinces sauf celle des îles Loyauté aux listes officielles du FLNKS tirées par l'UC. Max Chivot est présent en . La liste obtient 4,3 % des votes dans la Province, et aucun siège. élections provinciales du : la section fait cette fois partie de la liste unitaire du FLNKS dans le Sud, menée par le président du Front et grand-chef de Saint-Louis Rock Wamytan. Son nouveau premier secrétaire depuis l'année précédente, Atélémo Moléana, est en , Jean-Pierre Aucher en et Jean-Paul Caillard en . Elle obtient 6 sièges dont 5 au Congrès, donc aucun pour le Parti socialiste. élections provinciales du : le PS en Nouvelle-Calédonie s'allie une nouvelle fois à l'UNI d'Adolphe Digoué en Province Sud qui, outre le Palika, réunit également désormais le RDO et l'UPM. Du fait d'une profonde division des indépendantistes en six listes, dont trois se réclamant du FLNKS, ceux-ci n'ont plus aucune représentation à l'Assemblée provinciale du Sud. La liste Digoué obtient toutefois le meilleur score du camp indépendantiste, avec 4,62 % des suffrages exprimés. élections européennes du : Atélémo Moléana est en troisième place de la liste « Et Maintenant, l'Europe sociale » du PS, menée par Jean-Claude Fruteau dans la circonscription Outre-Mer. Celle-ci obtient le deuxième meilleur score en Nouvelle-Calédonie, avec 17,22 % des voix locales contre 33,94 % à l'UMP de Margie Sudre. élections municipales des 9 et : la section est présente sur des listes d'ouverture menées par le FLNKS dans le Grand Nouméa, notamment à Nouméa où quatre personnes du PS-NC sont présentes parmi les 10 premiers noms de la liste « Alternatives citoyennes-Une ville pour tous » menée par Sylvain Pabouty (FLNKS-Palika), à savoir Maryvonne Carpentier (), Michel Jorda (), Jean-Pierre Deteix (, ancien membre de l'UC et fondateur dans les années 1980 de l'Agence kanak de presse AKP tout en étant à l'époque secrétaire général du gouvernement provisoire de Kanaky ou GPK de Jean-Marie Tjibaou) et Atélémo Moléana (), elle obtient au voix et 4,62 % des suffrages exprimés pour aucun élu ; à Dumbéa, avec Jean-Pierre Aucher en sur la liste « Dumbéa avec vous » menée par Aloïsio Sako (FLNKS-RDO) qui obtient 430 suffrages (6,32 %) au et également aucun siège ; à Païta sur la liste « Union citoyenne avec le FLNKS » menée par Louis-Jean Païta (FLNKS-UC) qui obtient 421 voix (7,97 %) au et aucun conseiller. élections provinciales du : la section participe à la liste « Ouverture citoyenne » qui, en Province Sud, réunit des dissidents du FLNKS (la tête de liste Louis Mapou, Marie-Claude Tjibaou, Élie Poigoune) mais aussi du Rassemblement-UMP et se veut neutre sur la question de l'indépendance pour se concentrer sur un « progressisme social » et la création d'un « destin commun ». Michel Jorda, désormais premier secrétaire, est en . La liste obtient 4,91 % des suffrages provinciaux, et aucun élu. élections européennes du : Daniel Roneice, responsable du programme de formation Cadres avenir et membre de la section néo-calédonienne du PS, est présent en dans la circonscription Outre-Mer (et la deuxième dans la section Pacifique) de la liste « Changer l'Europe maintenant, avec les socialistes » d'Ericka Bareigts. Celle-ci n'obtient que le score, et 5,38 % des suffrages, en Nouvelle-Calédonie. élections législatives des 10 et : Michel Jorda, premier secrétaire de la section et médecin à Nouméa, est candidat dans la circonscription, avec pour suppléante Marie-Paule Robert, ancienne responsable du centre de traitement des violences conjugales. Ils obtiennent le et avant-dernier score avec et 3,62 % des suffrages exprimés. Dans la , le PS néo-calédonien soutient la candidature FLNKS de Jean-Pierre Djaïwé (Palika), qui arrive en tête du premier tour mais est battu au second par l'anti-indépendantiste de Calédonie ensemble, Philippe Gomès. élections municipales des 23 et : à Nouméa, le PS-NC constitue avec le Palika le socle de la liste « Engagement citoyen » menée par Marie-Claude Tjibaou (DVG, dissidente du FLNKS et de l'UC), avec Michel Jorda comme porte-parole et plusieurs personnalités dont parmi les 10 premiers noms de la liste : Marie-Paule Robert (), Jean-Pierre Deteix () et Alex Rodriguez ().

Positionnements du parti

La section reprend les valeurs et principes fondamentaux du PS national. Elle est depuis 2006 majoritairement proche de Ségolène Royal. Elle a ainsi soutenu sa candidature à la primaire du , le premier secrétaire de l'époque, Atélémo Moléana, déclarant à la fermeture du bureau de vote à midi : « La campagne a consisté en un banquet républicain. La grande majorité des adhérents est favorable à Ségolène Royal, mais Dominique Strauss-Kahn a quelques soutiens. Je crois que Laurent Fabius n’en a qu’un seul »« Georges Frêche, raciste !- Annexes de la communication du 17 novembre 2006 », An Nou Allé !, 16/11/2006. La section vote également très majoritairement pour la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes lors de l'élection du Premier secrétaire : au premier tour, 52,95 % des suffrages se portent pour elle, 29,41 % sur Benoît Hamon et 17,64 % pour Martine Aubry.. Au second tour, le PS néo-calédonien obtient une certaine médiatisation nationale pour être au cœur de la polémique sur le décompte des voix qui oppose les partisans des deux candidates restantes, Royal et Aubry. En effet, le premier résultat donné par la direction socialiste fait valoir que Martine Aubry ne devance Ségolène Royal que de 42 voix. Or, en raison d'un problème informatique, les votes de la section néo-calédonienne (dont, parmi les 16 voix qui s'y sont exprimées, 13 ont opté pour Royal) n'ont pas été décomptées. S'y ajoutent d'autres contestations des résultats en Polynésie française, dans la Moselle, l'Alsace et à LilleC. F., « Royal reste au PS et exige un nouveau vote... La Nouvelle-Calédonie pourrait faire basculer le scrutin », 20minutes.fr, 22/11/2008. La direction socialiste de Nouvelle-Calédonie appelle toutefois à l'apaisement, et son premier secrétaire, Michel Jorda, propose de s'inspirer du gouvernement local pour aboutir à une « présidence collégiale ».. Le PS de Nouvelle-Calédonie est particulièrement partisan du principe de démocratie participative.

Localement, le Parti socialiste milite pendant longtemps pour une indépendance pluri-ethnique, et le maintien après l'accès à la pleine souveraineté de liens forts, voire d'une association, avec la France. Il a toutefois nettement nuancé son propos sur le sujet en se concentrant, sur le plan de la question institutionnelle, sur la pleine application des accords de Matignon puis de Nouméa et la mise en place d'un destin commun. Ainsi, Michel Jorda précise en : « L’avenir de la Calédonie, il est là, et dans un processus de décolonisation, qui n’est pas forcément synonyme d’indépendance ».. Plus explicitement, en , présentant le changement de nom de la section socialiste pour devenir « Les Progressistes », Michel Jorda affirme que celle-ci défend désormais le non à l'indépendance et estime nécessaire le maintien des compétences régaliennes au niveau national français.