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Salmo salar , le Saumon atlantique, Saumon de l'Atlantique ou Saumon d'eau douce, est une espèce de poissons téléostéens, de la famille des Salmonidés. Il vit dans les zones tempérées, fraîches et froides de l'océan Atlantique.

Il est élevé de façon intensive en pisciculture (en mer, en cages flottantes) depuis les années 1980. La Norvège en est le plus gros producteur.

Dénominations Nom scientifique valide : Salmo salar Linnaeus, 1758Noms vulgaires (vulgarisation scientifique) : Saumon atlantique.., Saumon de l'Atlantique, Saumon d'eau douce, Ouananiche, Saumon, Saumon de Gaspé, Saumon atlantique d'eau douce, Saumon bécard, Saumon commun, Saumon d'Atlantique, Saumon d'Europe, Saumon noirNoms vernaculaires (langage courant) : bécard, bec croche, bradan, charognard, grilse, gwennig, izokin, kelt, madeleineau, parr, peal, ravalé, samlet, saumon de descente, saumon d'été, saumoneau, smolt, tacon, tacon atlantique, tacon de descente, taquon, tocan

Description Longueur maximale observée : pour le mâle et pour la femelle. Poids maximum : , avec un record de Longévité maximale observée : entre 9 et .

Répartition géographique vignette|Répartition géographique du saumon atlantique. Il est originellement présent dans quasiment tous les pays baignés par l'océan Atlantique situés au nord du fleuve Hudson (États-Unis) et du fleuve Miño/Minho (Espagne/Portugal). Cette aire de répartition inclut la mer Baltique et se prolonge jusqu’à la péninsule de Kola en Russie.

Cycle de vie vignette|Alevin d'un saumon atlantique.Comme tous les autres saumons, il revient à sa rivière natale pour rejoindre ses frayères près des sources, dans les bassins versants, de la fin de l'automne (pour les axes migratoires très longs) jusqu'au printemps; en Amérique du Nord. Le retour (dévalaison) se fait essentiellement durant l'été. L'adulte sexuellement mature a passé de un à trois ans en mer, ce qui explique les différences de taille des saumons (dont le poids double à chaque année passée en mer) ; selon leur stade de croissance on les nomme :

Les madeleineaux ou unibermarins dont le poids est près de ont passé en mer. Les dibermarins dont le poids est d'environ ont passé en mer. Les tribermarins dont le poids dépasse ont passé en mer.

Le saumon atlantique peut survivre à plusieurs fraies. Lorsqu'il revient pour se reproduire, on le nomme alors rédibermarin et son poids peut varier de 2 à plus de .

Fraîchement arrivés en rivière, ils ont une couleur très argentée, qui va cependant s'assombrir durant l'été. Ils cessent alors de se nourrir et cherchent à remonter la rivière vers le site où ils sont nés. À la fin de l'automne, les saumons auront rejoint les frayères, souvent en amont et qui ont comme caractéristiques d'avoir une eau peu profonde, bien oxygénée par un bon courant et ayant un lit de gravier.

Les œufs pondus à l'automne passent tout l'hiver enfouis dans le gravier, oxygénés par l'eau rapide de la rivière.

L'éclosion a lieu en mars ou en avril, en fonction de la température. Les alevins s'enfouissent alors un peu plus profondément dans le gravier de la rivière, ce qui leur évite d'être emportés lors de la débâcle printanière. Ils y demeurent 5 à , se nourrissant du contenu de leur sac vitellin. Fin avril, début mai, les alevins émergent du gravier et commencent à s'alimenter de larves d'insectes. Ils fréquentent les endroits où la rivière est peu profonde et le courant important (radier).

La croissance en rivière est très variable selon que l'on se trouve au sud ou au nord de l'aire de répartition de l'espèce. En Amérique du Nord, à la fin du premier été, les alevins mesurent environ et prennent alors le nom de tacons. Les tacons sont très semblables physiquement à leurs cousines les truitelles, qui fréquentent les mêmes rivières.

Après deux à trois années en rivière, parfois plus, les tacons mesurent environ et sont prêts à s'en aller en mer au printemps. Leur livrée devient argentée, presque identique à celle des adultes. Il semblerait que ce soit à cette période que le smolt ou saumonneau mémorise l'odeur de sa rivière : c'est la smoltification.

À la crue du printemps les pré-smolts ou smolts, dévalent vers la mer. La grande majorité quittera les estuaires pour entreprendre une migration qui les conduira sur les côtes du Labrador, de Terre-Neuve et du Groenland.

Ouananiche

Le saumon d'eau douce est une variété de la même espèce que Salmo salar mais qui vit uniquement en eau douce, surtout sur les grands plans d'eau (lac Saint-Jean, lac Memphrémagog, lac au Sorcier, lac de Moosehead, lac Champlain) du Québec et qui fraye dans les rivières. Les anglophones appellent cette variété . Les Québécois préfèrent le terme « ouananiche » emprunté aux langues autochones locales (cris, attikameks, innus) pour wananich, lui-même issu de ouan(an) « saumon égaré, perdu » et de –ichi « petit », soit un saumon de mer adapté à la vie en eau douce, et par conséquent un petit égaré.

Cette variété se nourrit surtout de poissons fourrages comme l'éperlan arc-en-ciel.

Pêche commerciale Canada La pêche commerciale au saumon atlantique fait l'objet d'un moratoire de la part du gouvernement canadien depuis 1998. Ces mesures font partie de la stratégie intégrée du gouvernement canadien pour la conservation à long terme du saumon atlantique.

Pêche sportive Canada thumb|Pêcheur au saumon sur la rivière Matapédia, (Québec) Au Canada, c'est dans les provinces de l'est, celles dont les rivières se jettent dans le golfe du St-Laurent que Salmo salar est présent : Québec, Terre-Neuve et Labrador, Nouveau-Brunswick et Nouvelle-Écosse.

La pêche sportive se pratique presque exclusivement à la mouche et dans plusieurs rivières la remise à l'eau (no-kill) est obligatoire. Ceux qui pratiquent la pêche sportive du saumon atlantique se nomment saumoniers.

Pour le Québec, la fédération des gestionnaires des rivières à saumon du Québec (FGRSQ), à travers sa marque de commerce Saumon Québec, offre toute l'information sur la pratique de l’activité, ainsi que les rivières disponibles.. Il est à noter que la plupart des territoires où se pratique la pêche sont gérés par des organismes sans but lucratif.

Europe France En France, à la fin du , la pêche du saumon en rivière n'est plus pratiquée que par quelques centaines ou milliers de personnes, soit parce que le saumon a disparu, soit parce qu'il est devenu si rare que sa pêche a été interdite ou fortement réduite, en accord avec les fédérations de pêche et dans le cadre des comité de gestion des poissons migrateurs (COGEPOMI).

La disparition de l'espèce sur l'ensemble du territoire français a quelque chose de « remarquable » : ). Selon le Traité raisonné de la pisciculture et des pêches publié par le en 1914, les petits fleuves côtiers bretons produisaient autrefois à eux seuls environ de kilogrammes de saumonLouis Roule (1914) Traité raisonné de la pisciculture et des pêches, J.-B. Baillière et fils, 1914 734 p., cité par VibertMR Vibert (1943), "Protection du saumon, possibilités de réacclimatation", Bulletin français de pisciculture, , n° 128, janv-mars 1943 (Extrait : page/archives ONEMA. De cette « culture ancestrale » du saumon, autrefois partagée sur l'ensemble du territoire français, ne subsistent que peu de choses.

Les scientifiques estiment que la régression du saumon est multifactorielle, associant plus ou moins et de manière différente selon les régions concernées la surpêche, la pollution de l'eau, la dégradation des habitats (marins, saumâtres et d'eau douce), la dégradation des zones de frayères (envasement, colmatages, gravières, pollution…), l'artificialisation des cours d'eau et de leur débit, la construction de nombreux barrages infranchissables et seuils difficilement franchissables pour les saumons, les apports chroniques de pesticides et d'engrais dans les cours d'eau et le manque d'efficacité de certaines échelles à poissons. Comme pour l'anguille et d'autres espèces le déclin du saumon semble général dans tout l'hémisphère nord, ce qui laisse penser que les changements globaux (réchauffement climatique Jonsson B, Jonsson N, A review of the likely effects of climate change on anadromous Atlantic salmon Salmo salar and brown trout Salmo trutta, with particular reference to water temperature and flow. J Fish Biol. 2009 Dec; 75(10):2381-447., acidification des océans et pluies acides, pollution mercurielle) puissent aussi être en cause. Ces causes de régression et d'autres, qui concernent d'autres espèces de saumons et d'autres salmonidés sont détaillées dans l'article saumon, au paragraphe Causes de régression des saumons sauvages].

En dehors de quelques petits fleuves côtiers de Bretagne (Élorn, Couesnon…) et de quelques rivières des Pyrénées (Gave d'Oloron, Gave de Pau…), et malgré les efforts de connaissance et de réintroduction d'alevins ou de confortement de populations, le saumon a disparu ou est quasi-éteint. Ce recul a aussi entraîné la disparition d'une activité économique et socioculturelle très importante en France, du Néolithique à la fin du .

Dans le Gaves d'oloron et l'Adour, dans le sud-ouest de la France la pêche continue d’être pratiqué sur les Saumons de l'Adour.

Survie de l'espèce Surpêché dans presque tous les cours d'eau de l'Atlantique Nord où il peut encore être trouvé, le saumon atlantique est en régression continue depuis plusieurs siècles, et plus rapidement depuis quelques décennies, en dépit de nombreux efforts faits pour le réintroduire, soutenir ses populations ou faciliter sa migration.

De nombreux facteurs de régression, avérés ou fortement soupçonnés ont été identifiés par la recherche depuis au moins 10 ou . En particulier il souffre de la pollution de l'eau, de la dégradation physique et morphologique des rivières, et de la présence de nombreux barrages qui l'empêchent de remonter les cours d'eau pour s'y reproduire. Il aurait disparu d'environ rivières et fleuves d'Europe et d'Amérique et de nombreux affluents.

Diverses maladies peuvent être transmises aux saumons sauvages via les piscicultures.

Pression de pêche En Europe et Amérique du Nord, comme en France, elle n'est pas connue avec grande précision, mais elle est parfois a priori importante eu égard au nombre de saumons et à la fragilité de leurs populations. Dans les années 1980, plusieurs pays, dont la Norvège, ont racheté les droits des pêcheurs afin d'alléger la pression sur l'espèce.

En France, la pression de pêche est ancienne et les pêcheurs de l'amont et de l'aval étaient en rivalités pour exploiter ce poisson migrateur, chaque groupe souhaitant que l'autre lui laisse plus de saumons ; ainsi, lors d'une enquête publique visant à soumettre toute la Loire au régime des échelles à poissons (ce qui avait été rendu possible par une loi du ), les concessionnaires de sédors (ou polets), grands filets tendus en travers de la basse-Loire près de l'estuaire se plaignaient (via une pétition datée du ) du fait que les pêcheurs de haute- et moyenne-Loire sont eux autorisés à pêcher de jour comme de nuit et toute l'année au moyen de filets flottants (vouillés) mesurant plus de de long, alors que les premiers ne pouvaient tendre leurs sédors que le après que les plus gros saumons soient passés. C'est finalement paradoxalement l'industrialisation qui a presque sauvé le saumon en imposant l’approfondissement de l'entrée de la Loire pour faire de Nantes un port de mer, ce qui a permis aux saumons d'échapper plus facilement aux filets tendus par les pêcheurs professionnelsBachelier, R. (1964). L'histoire du saumon en Loire. Bulletin Français de Pisciculture, (212), 86-103 ()..