La maison de Clermont, puis Clermont-Tonnerre, est une famille subsistante de la noblesse française, d'extraction chevaleresque, originaire du Dauphiné. Sa filiation est prouvée depuis le .
Histoire
Origines La famille de Clermont est originaire du Dauphiné, très probablement de Clermont-en-Viennois (faisant aujourd'hui partie de la commune de Chirens), situé en haut d'une colline près du lac de Paladru..
La première mention du château féodal de Clermont remonte à 1107, lors du partage du pagus de Sermorens entre les diocèses de Vienne et de Grenoble. L'analyse archéologique du terrain laisse à penser une installation plus ancienne.. La possession de la seigneurie de Clermont n'est attestée qu'avec Guillaume [I] (, fils de , toutefois, l'implantation de cette famille pourrait elle aussi être antérieure
D'après la légende, le nom de Clermont viendrait de la situation géographique du château, sur un mont, éclairé par le soleil, Clair-mont. Les premières armes familiales étaient parlantes : un mont surmonté d'un soleil.
Premiers degrés La plus ancienne généalogie concernant la famille date du , par Gaignière (1661), ces travaux ont généralement été repris. Ainsi, la filiation est considérée comme indiquait Chaix d'Est-Ange (1912).
Le premier membre connu du lignage est Siboud ou Soffred ou encore (vers 1060-1090/94) un chevalier (miles) d'Hauterives (nord de la Drôme) et probablement seigneur d'Estrablin, près de Vienne. Il serait vraissemblablement seigneur de Clermont et de Saint-Geoire, en Dauphiné, sans que cela ne soit toutefois attesté. L'historien Félix Bernard (1949), d'après l'analyse du cartulaire de Domène, avançait comme hypothèse qu'il pourrait être le fils cadet d'Aynard de Domène et d'Alix de Savoie... L’onomastique semblerait valider cette hypothèse.
a plusieurs fils, dont l'aîné Soffred Siboud dit , Guillaume Soffred, en possessions de biens dans le comté de Sermorens, doyen du chapitre de Vienne, avant de devenir archevêque de Vienne (1164), et Amédée (), dit l'Ancien ou le Vieux, possédant plusieurs châtellenies du nord de la Drôme, ainsi que de Clermont et de Saint-Geoire, avant de devenir moine à Bonnevaux, père de l'évêque Amédée de Lausanne ().
Selon la tradition, en , aurait aidé le pape à chasser l'usurpateur et qu'il aurait reçu en remerciement le droit d'arborer les clefs de Saint-Pierre et la tiare papale en armoiries.. Rivoire de La Bâtie (1867) a rappelé qu'il était .
La filiation devient plus claire avec Guillaume [I] ( ), fils de , qui est le . En 1203, il rend hommage pour ses terres de Clermont, Saint-Geoire et Crépol à l'évêque de Vienne.
Bienfaiteurs d'Hautecombe La famille compte parmi les bienfaiteurs de l'abbaye d'Hautecombe. Amédée de Lausanne, fils d'Amédée de Clermont le Vieux, en devient abbé en 1139. Il est certain qu'entre 1139 et 1144, ses oncles, Guillaume Soffred (Geoffroy) et Siboud Soffred (Sibaud II) font des dons au couvent..
Plusieurs membres sont inhumés dans l'abbaye, notamment Guillaume et de Sibaud de Clermont, frères muets, ainsi que leur nièce Marguerite de Clermont (Domina Margarita de Claromont), veuve d'Humbert de Montbel, décédée en 1327 ou peu après.
Seigneurs dauphinois
En 1220, Siboud [IV/V], seigneur de Clermont et de Saint-Jeoire, fils de Guillaume [II], épouse Béatrix, fille et unique héritière du seigneur Martin de Virieu, avec qui s'éteint la branche aînée des Virieu. La famille conservera la seigneurie de Virieu jusqu'en 1573, 204J1 à 204J9..
Amédée/Amé, seigneur de Hauterives, un autre fils supposé de Guillaume [II], est à l'origine de la branche savoyarde des Clermont-Mont-Saint-Jean.
Au cours du , le seigneur de Clermont se rapporche des dauphins de La Tour. Le , Aynard II de Clermont rend hommage du dauphin . Il reçoit la vicomté de Clermont en Trièves, que la famille conservera jusqu'en 1566, distincte de la baronnie de Clermont, en Viennois. Le dauphin le nomme le connétable et grand-maître héréditaire du Dauphiné, tout en lui reconnaissant le titre de premier baron-pair de la province.
Héritage de Tonnerre Le titre de Tonnerre passe à la famille à la suite du mariage de Bernardin de Clermont, vicomte de Tallard, avec Anne de Husson (), dame de Husson et héritière du comté... Leur fille, Louise , hérite des biens de sa mère, tandis que son frère, Antoine III () en est écarté. Sans descendance, Louise fait de son neveu, Henri Antoine de Clermont, son successeur. Autorisé par le roi d'associer à son patronyme celui de « Tonnerre », il meurt lors du siège de La Rochelle (1573), Charles-Henri, petit-neveu de Louise, ..
Subsistance Subsistante.., la famille est adhérente, tant pour la branche ducale que la branche cadette, de l'Association d'entraide de la noblesse française, depuis 1935Page « La table des familles - C », sur le site de l'Association d'entraide de la noblesse française (lire en ligne)..
Titres et honneurs Titres Les membres de cette famille ont porté les titres suivants : Seigneurs, barons, puis comtes de Clermont en Viennois, créé le , par lettre du roi Henri II. Duc de Clermont et Pair de France, par brevet du , par le roi Charles IX, confirmation le en faveur de Henri Antoine de Clermont . Marquis de Cruzy et de Vauvillers, en 1620. Duc de Clermont et pair de France , par lettres patentes de , données à Versailles, titre subsistant. Baron de l'Empire, par lettres patentes du , au profit de Alexandre Louis de Clermont-Tonnerre.. Comte de l'Empire, pour Louis, baron de Clermont-Thoury. Vicomtes de Tallard (1439-1600)., Pair héréditaire, par lettre patentes du . Duc-Pair-héréditaire, par lettres patentes du . Duc de Clermont-Tonnerre, à titre personnel par le cardinal Jules de Clermont-Tonnerre, par ordonnance du . Prince romain, par bref pontifical de 1825, pour le duc Gaspard-Paulin, confirmation du titre le . Marquis héréditaire, par lettres patentes du roi Charles X, le , sur institution du majorat des terres de Bertangles. Marquis de Mont-Saint-Jean (St-Pierre-de-Soucy), par lettres patentes du duc de Savoie, le .
Honneurs de la Cour La maison de Clermont-Tonnerre a obtenu douze fois les Honneurs de la Cour, au cours du , sur preuves d'une filiation suivie depuis 1080. Le généalogiste des Ordres du Roi Bernard Chérin, réputé pour son intégrité, a pu écrire à son sujet : « La haute ancienneté de la Maison de Clermont-Tonnerre, la nature, le nombre et l'étendue de ses possessions, ses services, ses dignités et ses alliances marquent son rang entre celles du premier ordre ».
Autres titres Marquis de Mont-Saint-Jean (1681) selon le père Anselme et ses continuateurs, ou le chevalier de Courcelles) Vicomte de Clermont-en-Trièves (actuel Monestier-de-Clermont), premier baron, connétable et grand-maître héréditaire du Dauphiné (1340) Comte de Tonnerre (1496-1684), à la suite du mariage de Bernardin de Clermont et d'Anne de Husson. Comte de Thoury (1629) Marquis de Montoison (1630) Duc de Piney-Luxembourg et Pair de France (1631) Prince de Tingry (1631) Baron et comte de Dannemoine (1651) Comte de Roussillon (1670/1673?)Acquis par François de Clermont-Chaste des créanciers du duc de Ventadour : Charles de Baschi, Pièces fugitives, pour servir à l'histoire de France, , 1759Érigée en comté en 1465 en faveur de Louis de Bourbon, amiral de France, État de la France, Henri de Boulainvilliers, , 1727 Marquis de La Bâtie d'Albanais (1681).Seigneurie acquise par Antoine de Clermont-Mont-Saint-Jean en 1328 de Perceval de Barges avec approbation du comte de Savoie. Érigée en marquisat par , en faveur de François de Clermont, elle fut vendue en 1789. Comte de Saint-Cassin (1681) Marquis de Chaste (1688) Comte d'Épinac (1719), par héritage, à la mort de Anne-Georges de Pernes, en 1719 Marquis de Clermont-Tonnerre (1750) (confirmé en 1830) Duc de Clermont-Tonnerre, pair de France (1775) (le duché s'assied sur le marquisat de Vauvillers) Baron de CourcellesNobiliaire de Normandie, É. de Magny, , 1863-1864 Baron de MaupertuisMaintenu en 1669 Comte de MannevilletteHérité, en 1701, des Hannivel, comte de Mannevillette. Il s'assoit sur les terres de Lihus Marquis de CrèvecœurHérité des mêmes Hannivel, et comme le précédent il passera dans la famille de La Rochefoucauld Comte de MorgesTitre porté par les Clermont-Chaste, venant de l'union de François-Alphonse et de Claire de Morges, dame de Noyers Seigneurs d'Aiguebelette-le-Lac (1305), de Clermont (1305).
Certains titres, venus d'autres familles, sont apparus grâce aux femmes, comme ceux de duc de Retz (et barons de Surgères, Dampierre, Vivonne ; Catherine de Clermont) ou duc d'Uzès.
Connétable et grand maître héréditaire du Dauphiné C'est en 1340 que ce titre est accordé aux Clermont et plus particulièrement à Aynard de Clermont, vicomte de Clermont en Trièves, seigneur de Clermont en Viennois, de Paladru, etc. par le dernier dauphin du Viennois, Humbert. Aynard de Clermont se trouvait lié à la maison de Savoie par sa mère, Béatrix de Savoie, et au dauphin par une de ses aïeules, sœur du dauphin. Humbert, pour s'attacher la maison de Clermont, proposa à Aynard de devenir son vassal en échange de tenir la première place dans ses conseils. Par le même accord il créa deux titres, celui de Premier capitaine des armées du Dauphin, et celui de Grand Maître de la Maison du Dauphin et de la Dauphine. Il fut ajouté que si le seigneur de Clermont devait entrer en guerre contre les comtes de Savoie, le Dauphin et ses successeurs se devaient de rembourser les Clermont pour les dépenses qu'ils auraient engagées. Lorsque le Dauphiné fut attaché à la France, en 1349, le nouveau dauphin, Charles, fils aîné de , reçut l'hommage de Geoffroy de Clermont, fils d'Aynard, et confirma ce qui avait été accordé en 1340Claude-Rémi Buirette de Verrière, Annales historiques de la ville et comté-pairie de Chalons-sur-Marne, 1788, p.???..
Ces titres ont, par le temps, pris l'appellation de connétable et grand maître héréditaire du Dauphiné et de 1340 à 1789, il fut l’apanage des aînés de la maison de Clermont.
Branches L'actuelle branche ducale de la famille, subsistante, a sa filiation suivie depuis la fin du XIe siècle. L'actuelle branche des marquis de Clermont-Tonnerre, anciennement Clermont-Thoury, s'y rattache au . La branche de Montoison s'y rattache au début du , celles de Chaste, Gessans et Mont Saint Jean au .
La plupart de ces branches sont éteintes, seules subsistent au XXIe siècle la branche ducale et celle dite des marquis. Toutes descendent de , baron de Clermont, et d’Adélaïs d’Albon qui vivaient en 1080. Branche des seigneurs de Clermont, puis comtes de Clermont et de Tonnerre ; Branche des marquis de Cruzy, puis ducs de Clermont-Tonnerre ; Branche des comtes de Thoury, puis marquis de Clermont-Tonnerre (seigneur de Bertangles) ; Branche des marquis de Montoison ; Branches des seigneurs d'Hauterives et de Surgères ; Branche des seigneurs de Chaste, puis marquis de Charpey et de Chaste ; Branche des seigneurs de Chaste-Gessans ; Branche des marquis de Clermont-Mont-Saint-Jean (à Saint-Pierre de Soucy ?), implantée en SavoiePrésent dans le comté de Savoie, ils sont marquis de La Bâtie d'Albanais (1732), comtes de Saint Cassin, de Sacconay, de Villanova Mondovì, barons de Flaxieu et seigneurs d'Aiguebellette, Alby, Candie, Cessens, Challonges, Chanaz, Chaumont, La Colliette, Desingy, Le Fléchet, Gaillard, Grésy, Jarsagne, Martigniat, Mecoras, Montfalcon, Montferrand, Saint Pierre de Soucy, Rubaud, Sainte Hélène du Lac, Truaz, Verel. in ., et des seigneurs de Rubaud..
En 1816 et 1817, Louis François Marie de Clermont Tonnerre, sans descendance, adopta ses deux neveux Prosper Tillette de Mautort et Eugène Tillette de Mautort, enfants de sa sœur Louise Élisabeth de Clermont-Tonnerre et de l'époux de celle-ci, Jean Baptiste Adrien Tillette de Mautort, issu d'une famille d'Abbeville anoblie en 1577. Leurs descendants portent le nom "Tillette de Clermont Tonnerre".
Personnalités