L’usage des majuscules en français est encadré par des conventions orthographiques et typographiques. Le non-respect de celles-ci, par l'usage incorrect d'une minuscule ou d'une majuscule, constitue une faute d'orthographe. Pour certains auteurs, qui font la différence entre capitale et majuscule, celle-ci n'est pas régie par ces conventions.

En français, une majuscule est un repère visuel qui facilite la lecture d'un texte.

Règles générales Principes Traditionnellement, la majuscule est réservée à la première lettre d'un mot, sauf dans le cas de noms composés (Pays-Bas, le Très-Haut).

Si la première lettre est ligaturée, alors toute la ligature est en capitale (Œuvre).

Le fait que la première lettre d'un mot soit une majuscule ou une minuscule dépend de la nature du mot et de sa place dans la phrase ou dans le texte.

Accentuation des capitales vignette|Rue Gabriel Fauré ou Gabriel Faure.

En français, selon l'avis de l'Académie française, . L'institution recommande donc l'usage d'accent ou tréma sur une majuscule, tout comme l'utilisation de la cédille et de la ligature. Si beaucoup de publications écrivent les majuscules (comme les capitales) avec les accents et autres signes diacritiques, au même titre que les minuscules, nombre d'éditeurs (Grasset, Actes Sud), d'organes de presse (Le Monde, Libération) ou de services officiels (le Journal officiel de la République française, page 14.) s'en dispensent en suivant la tradition typographique (cf. ci-dessous). Par exemple : État s'écrit Etat dans certaines publications françaises.

Au Québec, . Selon l'édition 2015 du Guide du typographe : ..

Les signes diacritiques et ligatures restent reproduits par les éditeurs de publications académiques et dictionnairesLe Petit Larousse, le Petit Robert et le Dictionnaire Hachette, par exemple..

Historique La pratique de l'accentuation a évolué dans la langue française. Elle existe à la fin du Moyen Âge et se normalise tardivement. Dès les débuts de l'imprimerie, les imprimeurs s'efforcent de graver et reproduire les signes diacritiques tels qu'ils apparaissent dans les manuscrits. La bible de Gutenberg les reproduit déjà et la question est réglée dès les années 1470 pour les alphabets plus compliqués comme l'alphabet grec.

La pratique tendant à ne pas indiquer les accents sur les majuscules et les capitales trouve sa source dans l'utilisation de caractères de plomb à taille fixe en imprimerie. La hauteur d'une capitale accentuée étant supérieure, la solution était alors soit de graver des caractères spéciaux pour les capitales accentuées en diminuant la hauteur de la lettre, soit de mettre l'accent après la lettre, soit simplement de ne pas mettre l'accentMajuscules et accents, sur j.poitou.free.fr, site de Jacques Poitou, ancien professeur à l'université Lumière Lyon 2 (consulté le 18 septembre 2014).. Les machines à composer étant d'origine anglo-saxonne (Monotype, Linotype), il n'était pas prévu de mettre des accents aux capitales. En composition manuelle, il existait des capitales accentuées avec un accent en crénage débordant du corps du caractère. Il existait aussi – dans les gros corps – des « accents postiches » qui pouvaient être placés, dans l'interligne, au-dessus des capitales.

Claviers physiques et logiciels en informatique Les systèmes informatiques et certains claviers d’usage national laissent subsister des problèmes. Par exemple, pour la disposition de clavier AZERTY fourni avec Microsoft Windows pour la France, l’accent aigu est associé à sa lettre (é) et n’a pas, comme l’accent grave, de touche morte. La raison est que pour cette disposition de clavier, les touches mortes ‹ accent grave › et ‹ tilde › ont été ajoutées par détournement de caractères informatiques ; or, aux débuts de l’informatique, le caractère associé à l’accent aigu était le guillemet simple générique « ' », utilisé pour représenter l’apostrophe en français. Dans cette disposition de clavier sous Windows, l’« É » ne peut être saisi qu’à l’aide du pavé numérique ; +144, ou +0201. D’autres solutions, comme la table des caractères et le clavier virtuel, sont accessibles dans le système ou dans certains logiciels tels MSKLC. ou Portable Keyboard Layout. permettant un fonctionnement des touches en surcouche, indépendamment du pilote Windows déjà installé.. Un raccourci clavier est présent dans Microsoft Word : +, . Avec un clavier sous GNU/Linux ou avec un clavier Macintosh, l’« É » est accessible par , et pendant que les capitales sont verrouillées.

+ Principaux raccourcis clavier, pour obtenir des majuscules accentuées À Â Æ Ç È É Ê Sous GNU/Linux (pour une configuration sous Debian Strech, avec sélection du clavier français (variante)). Sous Macintosh , , , , , Sous Microsoft Windows , , , ,

Ë Ï Î Ô Œ Ù Ÿ Sous GNU/Linux (pour une configuration sous Debian Strech, avec sélection du clavier français (variante)). + Sous Macintosh , , , , , Sous Microsoft Windows , , , , , ,

Si la touche morte pour l’accent aigu n’existe pas sur le clavier AZERTY français, elle est en revanche présente sur le clavier AZERTY belge, le clavier QWERTY canadien et le clavier QWERTZ suisse. Le clavier « canadien français » a des touches mortes pour tous les accents ainsi que la capitale de l’É en de sa minuscule. Le seul pilote de clavier fourni par Microsoft avec Windows qui permette d’écrire directement en français (y compris les ligatures) est le clavier canadien multilingue standard, de type QWERTY. Dans l'environnement X Window (utilisé par GNU/Linux, BSD et autres systèmes apparentés à Unix), l'utilisation de la touche de composition permet l'obtention des majuscules accentuées. Sur Macintosh, la touche permet les accents et ligatures du français et quelques diacritiques ou lettres spéciales d'autres langues (ø, æ, ß).

D'autre part, la disposition bépo permet de produire tous les caractères de la langue française (y compris les ligatures e dans l’o et e dans l’a, et les guillemets français « … »). Il possède en particulier les lettres É, È, À, Ç (et Ê pour les claviers de ) en accès direct.

Attribution de la majuscule en fonction de la place du mot Les majuscules s'utilisent : au premier mot d'un texte ; au premier mot d'un alinéa : c'est notamment traditionnellement le cas en poésie au début de chaque vers ; dans le cas d'une phrase divisée en alinéas, cette règle n'est plus toujours respectée aujourd'hui ; au premier mot suivant un point (également après le point d'interrogation, le point d'exclamation et les points de suspension, uniquement quand ils équivalent à un point, c'est-à-dire qu'ils achèvent la phraseTERMIUM Plus, Majuscule ou minuscule?, consulté le 08/09/2015., sauf après un point abréviatif ; au premier mot d'une phrase citée, sauf si la citation est intégrée dans une autre phrase, notamment si elle ne forme pas grammaticalement une phrase, une minuscule étant alors utilisée.

Quand la majuscule est due à la place du mot, elle ne se place qu'à la première lettre d'un nom composé dont les éléments sont reliés par des traits d'union. Exemple : « Avant-hier, je me suis couché tard. »

Attribution de la majuscule en fonction de la nature du mot Règles générales d'attribution Les majuscules s'utilisent : pour les noms propres de personnes (Jean Dupont, le marquis de Sade), d'institutions (la Comédie-Française), de navires (le Tonnant), de marques commerciales et de modèles d'objets (la Caravelle, la Coccinelle), de lieux (Berlin, le mont Blanc, océan Atlantique, les Tropiques), d'objets astronomiques (la Terre, la Voie lactée, Mars), de périodes (le Pliocène, le Carême, la Restauration), des idées divinisées (la Fortune, la Liberté) ; pour les surnoms (Jack l'Éventreur, l'Étrangleur de Boston) ; pour indiquer le sens particulier d'un mot (état et État, la toile et la Toile (le web)) ; pour certains mots comme marque de déférence (ainsi, certains auteurs mettent la majuscule aux possessifs et aux pronoms personnels se rapportant à Dieu) ; pour les noms des objets étudiés dans la terminologie scientifique ; pour distinguer des unités lexicales constituées d'une seule lettre.

Quand la majuscule est due à la nature du mot, elle se place à la première lettre d'un nom composé dont les éléments sont reliés par des traits d'union, ainsi qu'aux premières lettres de tous les substantifs, adjectifs et verbes formant ce nom composé. Exemples : le Très-Haut, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, Saint-Jacques-de-Compostelle ou la rue du Cherche-Midi.

Règles particulières d'attribution Antonomases

De nom propre Certains noms propres sont devenus des noms commun, par un processus d'antonomase. Dans ce cas, ils perdent la majuscule, sauf si le rapport avec la valeur primitive est toujours perceptible. Ainsi, les appellations génériques de certains vins ou fromages sont des noms communs, alors qu'elles viennent de noms de région ou de ville. Par exemple, on écrit un bordeaux pour désigner un vin de Bordeaux et un cantal pour désigner un fromage du Cantal. Des noms de personnes sont également touchés par le phénomène de l'antonomase : un browning désigne une arme inventée par Browning. En revanche, on écrit un Van Dyck pour un tableau peint par Van Dyck.

De nom commun Le procédé d’antonomase inverse consiste à transformer un nom commun en un nom propre pour désigner une réalité ou une personne en particulier, et non plus seulement la chose générale définie par le nom commun. Ce nom propre, mis à la place de ce qu'il désigne dans la phrase, peut être composé (voir ci-dessous les règles qui leur sont propres). Le mot prend alors la valeur d’un nom propre, y compris pour l'usage de la majuscule. C’est, par exemple, le cas de « État » et « Homme ».

Un « état » est une manière d’être. L’autorité qui gouverne un territoire est l’« État ». En revanche, le mot « états » au sens d'« assemblée provinciale chargée de voter l'impôt en dehors des pays d'élection » garde une minuscule (les états de Bourgogne, les états du Languedoc) : l'État français ; un coup d'ÉtatLe Nouveau Petit Robert, juin 1996 ; une voiture en bon état.

En science, on met une majuscule à « hommeVoir homme dans le dictionnaire de l'Académie française, neuvième édition » lorsque celui-ci désigne l’ensemble du genre Homo, mammifère de l’ordre des Primates : l’homme de Cro-Magnon ; les droits de l’homme ne concernent qu’une partie du genre Homo ; les origines de l’Homme désignent les origines du genre Homo..

Autres exemples : le Général (désignant le général Charles de Gaulle ou le général de Gaulle) ; la Pucelle (désignant Jeanne d'Arc) ; l'Empereur (désignant Napoléon Bonaparte) ; l'Élysée (désignant la résidence du président de la République française) ; Monsieur, frère du roi, appellation donnée à l'aîné des frères puînés du roi de France, du (avec majuscule) monsieur le Prince (désignant Henri-Jules de Bourbon-Condé, prince de Condé) ; monsieur le Duc (désignant le duc d'Enghien, fils aîné du prince de Condé) ; monsieur le Grand (désignant le grand écuyer, grand officier de la couronne responsable des grandes écuries) ; monsieur le Premier (désignant le premier écuyer, grand officier de la couronne responsable des petites écuries).

Au théâtre ou à l'opéra, lorsqu'un protagoniste n'est pas désigné par son nom et n'est connu que par sa fonction, et si celle-ci désigne une personne unique dans la distribution, elle prend la majuscule, par exemple le Jardinier, le Soldat, la Fée, à comparer à un garde, une fée.

Noms composés

La majuscule est utilisée pour le premier mot d'un nom composé comme le requiert la règle générale et pour les mots qui, à l’intérieur d’un nom composé, requièrent en eux-mêmes la majuscule : Afrique du Sud ; Stade français Paris rugby ; Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), parce que l’expression Internationale ouvrière employée seule requiert une majuscule ; Organisation des Nations unies (« Nation » ayant ici en fait le sens de « État »).