Casimir Mouret de Montrond dit Casimir de Montrond (1769-1843) est un diplomate français, officier de cavalerie et aide de camp.

Vie familiale Casimir de Mouret de Montrond est né le à Besançon. Son père, Louis Philibert de Mouret de Montrond, est officier des gardes françaises ; il est seigneur de Montrond, Châtillon et Trévillers ; en 1751, le roi lui accorde le droit de retrait féodalhttp://cdn1_3.reseaudescommunes.fr/cities/1456/documents/wdg5qeqkadur7c4.pdf et érige Montrond en comté en 1767..

Sa mère, Angélique Marie d'Arlus du Tailly, comtesse de Montrond (morte en 1827), est une écrivaine royaliste, présumée être l'auteure-compositeur du Troubadour béarnais, une chanson royaliste ayant pour refrain « Louis, le fils de Henri, est prisonnier dans ParisLa royale maison de Savoie: roman historique, Volume 1 Par Alexandre Dumas, Lucien Chavoutier ».

Première carrière politique et arrestations Sorti de l'École militaire en , Casimir de Montond est affecté comme sous-lieutenant au régiment de Ségur-Dragon, puis, comme mestre de camp cavalerie, à Douai. Lors d'un passage à Nancy, il défie en duel le comte de Champagne et le tue. Il reste dans l'armée jusqu'en 1792 sous les ordres des généraux Théodore de Lameth et Charles-César de Latour-Maubourg.

À la fin du XVIIIᵉ siècle, il se tourne vers la politique et devient rapidement une figure très appréciée des salons parisiens. Esprit brillant, joueur passionné et séducteur invétéré, il se lie étroitement avec Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, dont il devient l'ami inséparable, et qui le surnommera Le beau Montrond. Tout au long de sa vie, il agit à la fois comme son confident et comme son intermédiaire politique. Plus tard,Talleyrand reconnaîtra lui-même avoir été fasciné par cet homme, au point de lui confier la gestion de son « cabinet occulte ». Montrond était chargé de traiter avec des individus douteux voleurs, escrocs, aventuriers ou espions que Talleyrand fréquentait, mais avec lesquels il ne pouvait pas se permettre d’être directement associé.

En 1792, Casimir de Montrond accompagne à Londres Aimée de Coigny qui est inquiétée après la journée révolutionnaire du 10 août 1792, et dont le mari, le duc de Fleury, est un de ses amisSon chef au régiment de Mestre de camp général et son compagnon de jeu habituel.. En , redoutant le séquestre de ses biens, Aimée, toujours accompagnée de Casimir de Montrond, qui est devenu son amant, revient en France au moment du procès de Louis XVI. À la veille du vote de la loi des suspects, elle entraîne de Montrond à Mareuil-en-Brie, où ils vivent quelques mois avant d’être arrêtés alors qu'il s'enfuyaient vers les Pays-Bas. Incarcérés à la prison Saint-Lazare, ils apprennent que leurs noms ont été placés sur une liste de proscription, avec le risque d’avoir à répondre d’une accusation de conspiration dans les prisons, ce qui est la mort assurée. Grâce à un indicateur de prison, et moyennant la somme de cent louis, ils obtiennent que leurs noms soient enlevés de cette liste. Ils sont libérés après la chute de Robespierre en , se marieront en 1795, mais se sépareront à l'issue de leur lune de miel à Londres, pour divorcer en 1802.

Sa connaissance profonde des arcanes de la politique ainsi que ses relations, parmi lesquelles il comptait de nombreux financiers, permettent à Casimir de Montrond de s'enrichir considérablement à la Bourse. En 1809, il tombe en disgrâce pour avoir imprudemment critiqué le système impérial et est contraint de quitter Paris. Après quelque temps passés à Anvers, il se rend à Spa où il rencontre Pauline Borghese. Il retourne à Anvers en 1811 et est arrêté sur les ordres de Napoléon puis envoyé à la forteresse de Ham. Au bout d'un mois d'emprisonnement, il est autorisé à résider à Châtillon-sur-Seine sous surveillance policière, « d'où il s'évadera, en vieux dandy, avec ses perruques, ses parfums et son bidet d'argentEmmanuel de Waresquiel, Le Prince immobile. ». Il trouve refuge en Angleterre.

Retour en grâce Il revient en France lors de la Première Restauration et, pendant les Cent-Jours, se voit confier la mission de se rendre à Vienne afin de convaincre Talleyrand de soutenir les intérêts de Napoléon, de rencontrer Metternich et Nesselrode et de ramener si possible Marie-Louise d'Autriche et le roi de Rome. Lors de la Seconde Restauration, il connaît de nouveau le succès social, bien qu'il reste toujours sous surveillance policière. Lorsque Talleyrand tombe en disgrâce, il l'accompagne au château de Valençay et continue de le seconder dans ses intrigues. Il le suit à Londres en 1832 et revient à Paris quelque temps avant sa mort le .

Citations D'après les Souvenirs et Anecdotes du Capitaine Rees Howell Gronow, Montrond est à l'origine de bons mots faussement attribués à Talleyrand : « La parole a été donnée à l’homme pour l’aider à cacher sa pensée. » « Défiez-vous des premiers mouvements ; ils sont presque toujours bons. » «Il vit sur son mort.» (de Montrond a toujours bluffé)

Bibliographie Henri Malo, Le beau Montrond, Paris, Éditions Émile-Paul Frères, 1926. Claude-Isabelle Brelot, La noblesse réinventée ou la noblesse franc-comtoise - 1814/1870, Thèse Emmanuel de Waresquiel, Talleyrand : Le prince immobile, Fayard, 2003, p. 226-228 Émile Honoré Ledoux, Le comte Casimir de Montrond né à Besançon (1769-1843) d'après l'Histoire d'une merveilleuse (Madame Hamelin) de M. le comte Marquiset, Besançon, Dodivers, 1910.

Notes et références

Cet article incorpore du texte provenant d'une publication appartenant maintenant au domaine public : Chisholm, Hugh, Ed (1911). Encyclopaedia Britannica (Eleventh ed.). Cambridge University Press.

Articles connexes Familles subsistantes de la noblesse française

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