Une stratégie régionale pour la biodiversité (SRB) est une stratégie déclinant (à échelle régionale) une stratégie nationale ou « supra-nationale » (Le projet de Réseau écologique paneuropéen est un exemple de stratégie « supra-nationale » pour l'Europe, la CDB (Convention sur la diversité biologique est un autre exemple, qui concerne l'échelle planétaire). C'est aussi un cadre et outils de cohérence pour les stratégies plus locales (de niveau infra-régional), via le SRCE notamment en France.

L'objectif général d'une SRB est double : contribuer (à échelle régionale) à restaurer, protéger et mieux gérer la Biodiversité, et s'inscrire dans la cohérence d'une approche écosystémique prenant en compte les échelles globales et locales. Pour atteindre cet objectif, une SRB réunit généralement un état des lieux, un programme décliné en plans d'action et un système d'évaluation et d'indicateurs, susceptible - lors de mises à jour périodiques - de réorienter ou prioriser certaines actions. Une SRB vise à assurer la restauration, conservation et utilisation durable de la diversité biologique, y compris via une large participation de tous et chacun (écocitoyenneté, sciences participatives). Pour l'UICN, UICN, Page internet intitulée Quelle implication des collectivités territoriales pour la biodiversité ? Lien vers la page, consultée 2010/11/26/.

La force et la portée juridique d'une SRB varient selon les motivations régionales et locales, mais aussi selon le Droit du pays où elle s'applique. Les SRB peuvent ainsi être opposables aux tiers en ayant une valeur de loi en Allemagne, Espagne, Italie ou Belgique, car les Lander et régions y ont pouvoir, dans une certaine mesure (qui est celle de la subsidiarité) de légiférer, avec parfois un pouvoir de police de l'environnement. Inversement, dans les États plus centralisés, les SRB sont moins contraignantes et essentiellement incitatives (via l'écoéligibilité et la contractualisation notamment) ; C'est le cas en France où à la suite d'un amendement du projet de loi Grenelle II, les documents d'urbanisme doivent prendre en compte la trame verte et bleue et non plus s'y conformer).

Pourquoi l'échelle régionale ? De l'échelle planétaire aux échelles locales, plusieurs niveaux de collecte de données et de déclinaison et mise en cohérence des actions sont nécessaires. Pour la biodiversité, l'échelle régionale est souvent considérée comme pertinente, voire privilégiée et nécessaire pour la mise en place de synergies et stratégies efficaces. Au niveau mondial, une recommandation de l'UICN Recommandation approuvée au congrès mondial UICN de Bangkok en 2004 insistait sur la nécessité d'intégrer les collectivités locales au sein de l'UICN et de les considérer comme des acteurs majeurs de la conservation de la biodiversité. Lors de la conférence des Parties de la CDB (Convention sur la diversité biologique) à Bonn en , un engagement a également été pris en direction des collectivités locales.

En Belgique, les régions jouent un rôle majeur dans la protection de l'environnement comme en Allemagne et dans d'autres États fédéraux. En France, le législateur a confié aux régions une compétence en matière de d'aménagement du territoire (et de Parcs naturels régionaux, réserves naturelles régionales…). L'échelon régional est estimait l'UICN en 2008Gouvernance et biodiversité - Étude comparative, V. GERVASONI. Comité français de l'UICN, Paris, 2008, ., pour les , et comme Florence CLAP & Valérie MORAL - UICN France, avec coordination de Sébastien MONCORPS (UICN France) et Gérard Moulinas ; Biodiversité & Collectivités Panorama de l'implication des collectivités territoriales pour la préservation de la biodiversité en France métropolitaine; Comité français de l'UICN ; janvier 2010, Paris, France ; ) ; C'est aussi une échelle importante pour l'approche scientifique de la biodiversité, avec par exemple en France, les conseils scientifiques régionaux de la protection de la nature (CSRPN).

En 2010, dans le monde de nombreuses régions ont mis en place ou mettent à jour une telle stratégie, dans le cadre de l'Année de la biodiversité et du protocole de Nagoya adopté par la Conférence mondiale sur la biodiversité, de Nagoya (2010). En France ceci se fait dans le contexte de la décentralisation. Dans la plupart des régions, pour les questions concernant la biodiversité, existe un travail partenarial avec les régions voisines et les départements, dont certains ont aussi une stratégie territorialisée pour la biodiversité (ex : Politique Stratégique Départementale des ENS de l'Isère, appuyée sur un pôle départemental de recherche sur la biodiversité qui se veut être une E.N.S, Pôle de recherche biodiversité, Corridors, listes rouges et plans de conservation en Isère?, Présentation diaporama d'Arnaud Callec, pour le Groupe de travail « Biodiversité et collectivités », 12 juin 2008), ainsi qu'avec les agglomérations.

L'ampleur du travail ne permettait pas de créer un outil national de cartographie ex nihilo. Plusieurs régions et Conservatoires régionaux se sont dans les années 1900 dotées de puissant outils cartographiques (ECOMOS en Région Île-de-France, SIGALE en Région Nord-Pas-de-Calais, PAC-nature en Région Bretagne…) Digitale I puis Digitale II DIGITALE II Système d’information sur la flore et la végétation sauvages du CRP/CBNBL pour le Conservatoire botanique national de Bailleul… en lien avec les PNR, les grandes agglos et les DIREN, devenues DREAL (pour l'intégration des espaces protégées, ZNIEFF, Natura 2000 devenu …). L'État s'est doté de l'outil CARMEN et du SINP (développé par le MNHN, le Muséum national d'histoire naturelle). Une recherche d'interopérabilité et d'ouverture de ces outils aux sciences citoyennes et collaboratives est en cours.

Objectifs

Avec un objectif général de contribuer à la restauration d'un bon état écologique des milieux (eau, air, sols) et des écosystèmes, cette stratégie est construite à l'échelle territoriale d'une région. Elle doit donc être adaptée à ses caractéristiques historiques et biogéographiques (région littorale, marine, continentale, montagneuse, etc.), son degré d’anthropisation (plus ou moins urbanisée, cultivée, écologiquement fragmentée, et à son degré d'écopotentialité. Par exemple, en France, elle vise à : fournir un cadre régional permettant d'intégrer une approche écosystémique dans les documents de prospective, d'aménagement et de planification régionale (SRAD(D)T, chartes de Parc naturel PNR, Réserves naturelles régionales, etc.) ; permettre la cohérence écologique à toutes les échelles. En France les profils environnementaux régionaux et les SSC ENR (schémas de services collectifs Espaces naturels et ruraux) de la Loi LOADDT y ont contribué, en tant que documents de planification à 20 ans, visant à encadrer les politiques territoriales de l'État pour permettre la mise en œuvre de stratégies globales et durables en matière de services collectifs. Plus récemment, les SRCE (Schémas régionaux de cohérence écologique) proposés par le Grenelle de l'environnement, inscrit dans le droit par les Lois Grenelle I et Grenelle II ont complètent ce dispositif ; permettre une bonne connectivité du réseau écologique transfrontalier (réseau écologique paneuropéen en Europe) ; offrir un cadre de cohérence à la déclinaison plus locale des trames vertes et bleues (en France dans les SCOT, PLU, PLUs intercommunaux, Agenda 21 régionaux ou locaux…). Pour l'UICN, il s'agit aussi de Quelle implication des collectivités territoriales pour la biodiversité ?.

En France

Selon l'UICN, mi 2010, 9 régions disposaient d'un document nommé stratégie régionale pour la biodiversité et 10 autres étaient engagés dans une politique volontariste en faveur de la biodiversitéRéunion de lancement du programme Reverse(European project to preserve biodiversity) (Voir Synthèse de la conférence REVERSE : La Biodiversité : un enjeu environnemental et économique pour les territoires ; 25 juin 2010 à bordeaux, voir /8). La démarche peut se faire de manière très partenariale entre la DREAL et la Région, comme en Auvergneprésentation détaillée et contexte de la mise en place d'une nouvelle stratégie régionale pour la biodiversité.

Le cadre juridique

La stratégie régionale doit être établie et mise en œuvre « dans le respect des compétences des collectivités territoriales et en concertation avec l’ensemble des acteurs concernés ». La loi laisse les régions libres de choisir leurs méthodes d'élaboration et de gouvernance, leur contenu et leur forme ou rythme de mise à jour.

Le contenu des SRB (existantes ou en préparation)

Elles déclinent et éventuellement précisent la Stratégie nationale pour la biodiversité (adoptée en 2004, et en cours de révision), qui stipule que ses orientations Stratégie nationale pour la biodiversité (Version 2004, en révision en 2010). .

Dans ce pays, avant le (vote du Grenelle I) la loi n'avait pas prévu de cadre précis pour les stratégies régionales ; selon l'UICN : . Elles varient selon les régions, leur passé, leur connaissance scientifique du patrimoine naturel et des spécificités géomorphologiques, climatiques, socio-économiques…). Selon l'UICN toujours, toutes ces stratégies s'articulent néanmoins autour de 3 priorités :

Développer et communiquer la connaissances scientifique sur la biodiversité et sa gestion (Atlas, observatoires, histoire environnementale, évaluation environnementale et autres outils pour le Porté à connaissance…). La Région Nord-Pas de Calais, dans le cadre de son SRADT, a par exemple alors que la DIREN précisait le profil environnemental régional et soutenait la réalisation d'une étude sur l'écopotentialité régionale. En Alsace, alors que la Région déclinait localement son Schéma de Trame verte et bleue, la Fédération Alsace-Nature a (en 2008) accompagné le travail du COMOP (Comité opérationnel) Trame verte et bleue via une mission d’expérimentation « Trame verte et bleue » dans le cadre du Grenelle de l'Environnement. Une équipe d'experts associatifs a fait un état des lieux des moyens disponibles de rétablir techniquement et écologiquement les continuums biologiques les plus vitaux pour le maintien ou la restauration de la biodiversité. Mettre en œuvre, animer et rendre pérenne une protection et une gestion restauratoire des habitats et espèces (souvent via un réseau de réserves naturelles régionales, des nationales et une trame verte et bleue visant à peu à peu restaurer la connectivité écologique du territoire. Parfois, le patrimoine génétique de certaines espèces fait l'objet de mesures conservatoires (en partie ex-situ quand ces espèces sont très menacées, sous forme de banque de graines par exemple) ; Renforcement de l'information, de la communication et de la sensibilisation portant sur le patrimoine naturel régional.

À Nagoya en 2010, à la suite de l'évaluation du projet URBIO, l'ONU a aussi admis qu'il fallait mieux prendre en compte la biodiversité banale et la biodiversité urbaine dans les stratégies de déclinaison de la convention mondiale.

Outils de déclinaison, accompagnement et évaluation

La stratégie se décline sur le terrain, aux échelles locales via différents outils et partenariats, aux échelles régionales, mais - pour des raisons de cohérence écologique - également parfois à des échelles supra-régionales.

Aux échelles suprarégionales

C'est d'abord la déclinaison régionale de la stratégie nationale pour la biodiversité a été adopté en 2004. Elle est en cours de révision en 2010, à la suite des évaluations montrant que son objectif (comme celui de l'Europe), qui était de stopper l'érosion de la biodiversité en 2010) n'a pas été atteint), et à la suite de la loi Grenelle 1 qui prévoit de la renforcer pour art.23 de la Loi Grenelle I .